CARMEN
Caelitus ergo fàve vali sacra Virgo recenti, Ne mea cœlituum perturbent carmina cantum. Dum sacrata cano, sacratos mitte susurros, Ut curvata queam magni laquearia Templi Reddere, nec gracilis minuat pncconia versus. Non me Gastalidum levior juvat aura sororum, Te pênes est certas in carmina fundere vires. Hue ades atque favens sacris illabere cœptis, Quale sit, et quantum vasto sub fornice Templum;
• Au verso du manuscrit que nous publions, est l'attestation du don fait aux Ursulines, en ces termes : • Et le XXIX" juillet 1729 Nous avons placé et enfermé la partie considérable du crâne et de la mâchoire de sainte Ursule donnée par Nous aux Religieuses Ursulines de cette ville, comme il est dit en d'autre part, dans deux reliquaires de bois doré dont nous faisons don aux religieuses, et que nous avons cachetez du sceau de nos armes, affln que lesdites reliques, telles que nous les avons tirées des reliquaires de notre église, ne puissent être changées, et conserver toute l'authenticité qu'elles avoienl danslesdils reliquaires dont U est fait mention dans nôtre procez-verbal en l'autre part, et Nous avons permis et permettons auxdites religieuses Ursulines de nôtre ville épiscopale, d'exposer sur leur autel et dans leur église iosditcs reliques, comme on les exposoit cy-devanl dans nôtre
cathédrale.
t MICHEL, Évéque de Montauban. Par Monseigneur: GAY, tecrêtaire,
* Extrait du Ltnus poëtici rhelorices alumnorum regii Monta Ibanen sis Collegii S. Jetu, Menlalbani, Teuliôres, 1742; collection Forestié.
Taie mini, Virgo, fas sit, tantumque sonare. Régis et accrescat tanto tua gloria Templo.
Hic ego, felici, nisum si Virgo secundet Ausplcio, et tendat laxos in carmina nervos, Exequar ex imo totum fundamine Templum.
Haud ego crediderim tantas mortalibus ©des Deberi; supeneque manus monumenta putarim. Artifices habuisse Deos num credere civos Par foret? aut facili, angelicos, molimine cactus Construxisse sacram triplici sub fornice molem. Quis décor huic Templo? et raro quœ forma labori? Num superis referendus honos? mortalia vincit Artîs, ex humante iabor hic molimina curae.
Nobile sublimes caput ambitiosa per auras Surrigit, et superas inlrat domus ardua nubes. Signaque diversis miscens diversa figuris, Nobilis in quantos se tendit fabrica tractus ? Hinc Tempii faciès pandit venerabile limen, Tollit et augustae, super ostia, frontis honorem In ter saxosas ingenti mole columnas.
Quatuor in média stant signa toreutica fronte. Ardua nec desunt geminae fastigia turri, Queis super impositus rubîginis inscius orbis Gernitur. Et Christi rutilantla signa Trophaei, Splendida quae facili surgunt fastigia tecto, Induit aptati lucescens lamina piumbi.
Externœ quamquam decus haud ignobile formse, Augustique capax moles amplissima Tempii, Intima conspicuam superant miracula frontem. Exhibet insignis quot signa toreutica fornix? Quae vivas spirant, nullo discrimine, formas. Clara nec augusto concesserit œmula tecto Forma pavimenti, magnis quae consita saxis Emicat ; et magnas petit inter caetera laudes.
Arte laboratis pars cingitur intima clathris, Quos 6uperare nefas, praefixis undique telis, Quae prohibent sanctas ultra se inferre sub arces. Quis docor altari ? species quam rara quaternis Frontibus? angelicas spirantia signa figuras Aram bina gerunt, sacro sub pondère lœta. Simplcx elfulget, nec non augusta superbie Maj estas arae : divinam exacta per artem Singula : materies quanquam de marmore raro Extat, et aligerum vivis sulTulta figuris, Rarâ conspicuœ min or est tamen arto figurae, Altari nullum concedit honore sacellum.
Quas pietate colit, per magnis sumptibus aras
84 HISTOIBB dk l'église DB MONTàUBâîI.
Exornat praesul : captiva tenent mirantia vinclis Lamina divitibus. Nec justas improba laudes Lingna neget manui, nadis quœ providet aris. Assiduas sacre curas qui intenditis arae, Iudigno vestras vereor ne carminé laudes Imminuain ; at laudum illiciis quœ Musa résistât? Laudis quanta seges ! Musae quœ copia fandl ! Nec mirum poscat linguas centum oraque centum. Vos pietas décorât, summasque modestia dotes, Çxornans, praestat dignos altare ministres.
Andréas Calmel, Montalbanensis, Rhétor.
APPENDICE III
Testament de Michel de Verthamon K
Au nom de Dieu soit fait, Amen.
Nous, Michel de Verthamon de Chavagnac, conseiller du Roy en ses conseils, Evoque et Seigneur de Montauban, désirant faire mon testament je l'ai commencé par le signe de la sainte croix au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Je veux que mon corps étant séparé de mon âme soit enterré dans le cimetière de l'hôpital Saint-Jacques de cette ville, et que le jour de mon décès et les deux jours suivants il soit dit des messes pour le repos de mon âme par tous les prêtres séculiers et réguliers de ladite ville, laissant mes honneurs funèbres à la direction des syndics et administrateurs dudit hôpital que je nomme mes exécuteurs testamentaires.
Je donne et lègue à tous mes officiers et domestiques qui seront à mon service au temps de ma mort une année de gages, outre ce qui. pourra leur être dû.
Plus je donne et lègue à chaque maison de religieux de mon diocèse la somme de 100 livres une fois, payable dans trois mois
* D'après une copie faite dans ua registre petit ia-i° appartenant aux Archives de l'Évêché.
après mon décès, à la charge par lesdits religieux de dire des messes pour le repos de mon âme.
Je donne et lègue au chapitre de mon église cathédrale la somme de 4330 1. qui me sera due par les Etats de la province du Languedoc pour ma présence, voulant néanmoins et ordonnant que si ladite somme ne m'était pas due, elle fût payée audit chapitre par mes héritiers bas nommés, laquelle somme de 1330 1. une fois payée au chapitre, il sera tenu de la placer en rente bien établie pour être ladite rente distribuée aux seuls bénéficiers présens qui auront assisté à l'office des morts qui aura été chanté tout entier et à la grand'messe qui de suite célébrée pour le repos de mon âme le jour de mon anniversaire ou tel autre jour de chaque année qui sera choisi par le chapitre et annoncé la veille sur la table ordinaire du chœur.
Plus je donne et je lègue à M° Gay, mon aumônier, la somme de 300 1. de pension annuelle et viagère payable de six en six mois par avance, laquelle pension prendra fin à son décès ou lorsqu'il sera pourvu et jouira paisiblement d'un bénéfice qui soit au moins d'un pareil revenu de 300 1.
Je donne ei lègue à Me François Michel de Verthamon seigneur de la Pleau, chevalier de Tordre royal et militaire de St. -Louis, mon frère , tous les biens que je me trouverai posséder lors de mon décès, qui me seront advenus du chef de mes père et mère et de mes oncles, et tout ce que mon dit frère me pourra luimême devoir alors de son propre, et moyennant je lui défends de n'en plus prétendre ni demander sur mon hérédité pour telle cause ou prétexte que ce puisse être, et dans le cas qu'il viendrait à faire quelque autre demande ou prétention à mes héritiers, je révoque par exprès le legs que je lui fais et que je veux que le tout cède et vienne au profit de mes héritiers, et en tous mes autres biens meubles et immeubles, noms, voix, droits, raisons et actions qui m'appartiennent ou qui pourront m'appartenir j'institue mon héritier universel et général l'hôpital St.-Jacques de la présente ville de Montauban, laissant aux syndics et administrateurs dudit hôpital le soin d'exécuter tout ce qui sera de ma présente institution pour placer à l'acquittement de ses dettes ou acquisitions
de bonnes rentes au profit dudit hôpital les sommes qui proviendront de ma succession et de la vente des meubles, effets et argenterie; voulant et ordonnant que tout soit vendu le plus tôt qu'il sera possible et que rien ne soit livré sans être payé comptant par les acheteurs ou sans donner de bonnes cautions restantes à Montauban, qui s'obligent solidairement par acte en faveur dudit hôpital, lequel je charge de payer mes dettes et susdits légats.
Et telle est ma volonté par laquelle je casse révoque et annulle tous autres testaments, codicilles et dispositions à cause de mort que je pourrais avoir cy devant faits, voulant que le présent soit le seul valable par forme de testament, codicile, donation à cause de mort et de toute autre meilleure manière que de droit pourra valoir. Lequel j'ai fait écrire par une personne de confiance et à moy affidée ; et après l'avoir lu et relu l'ayant trouvé conforme en tout à ma volonté, je l'ai signé ici au bas et au fond de six pages la présente comprise, à Montauban le cinquième juin veille de la Pentecôte 4745. + Michel, évoque de Montauban signé.
Codicille.
Au nom de Dieu soit fait.
Je soussigné Michel de Verthamon de Chavagnac, évoque et seigneur de Montauban, voulant à suite de mon dernier testament mystique déposé devers Me Morin norc de cette ville le 5 juin 4745, disposer de la portion d'hérédité qui m'est depuis avenue par le décès de feu Mgr l'évêque de Luçon, mon frère, je le fais par le présent Codicille en la forme que suit :
Premièrement, je donne et lègue à dame Thérèse de Verthamon, ma sœur, veuve de M. le Comte de Lescours, la portion me concernant de tous les biens immeubles et patrimoniaux appartenans à mondit frère lors de son décès, et à son défaut je les donne et lègue à Mre de Lescours son fils ayné, et au cas ledit de Lescours vienne à décéder je lui substitue l'un de ses enfans maies, Tordre de primogéniture observé; et si le susdit de Lescours décède sans enfants maies, je lui substitue Mre de Verthamon de Faugeras l'alné, ou à son défaut l'un de ses enfans maies ledit ordre de primogéniture observé, et au cas le susdit de Verthamon
de Faugeras l'ayné décède sans enfans, je transfère ladite substitution à son frère puiné, ou à son défaut à l'un de ses enfants le même ordre de primogéniture observé, pour par cellui à qui ledit legs aviendra en jouir et disposer à ses gré et volonté, en payant les dettes établies sur les biens de patrimoine tant de mon chef que de celui dudit feu êvêque de Luçon.
Secondement, je donne et lègue tous les autres biens et effets de ma dite portion de succession aux pauvres de l'hôpital de la ville de Luçon pour par eux jouir après mon décès des biens et effets à eux légués, dans le cas qu'ils se trouveront lors de mon dit décès en nature, et que je n'en aye pas disposé autrement, à la charge par ledits pauvres de prier Dieu pour le repos de mon âme et de celle de mon frère. De quoy je charge expressément M1"8 les administrateurs dudit hôpital.
C'est ainsi que j'ai fait le présent codicille que je veux et ordonne être valable selon la forme et teneur mon testament cy
dessus énoncé, lequel je confirme en tant qu'il peut être besoin, voulant néanmoins que mes héritiers institués dans ledit testament ne portent aucun obstacle ni opposition sous quelque prétexte que ce soit à l'exécution du présent codicille, déclarant que je l'ai fait écrire dans cette page par une personne en qui j'ai confiance; et après l'avoir lu attentivement et trouvé en forme de ma volonté, je l'ai signé à Hontauban dans le palais épiscopal, le 42 mars 4759.
t Michel de Verthamon, évêque de Montauban, codicillant.
NOTE BIBLIOGRAPHiaUE.
Outre les Mandements et Ordonnances signalés dans le cours de la présente Biographie, les ouvrages ci-après furent publiés sous l'épiscopat de Mgr de Verthamon :
1° Le vray Chrétien instruit et sanctifié dans ses exercices. Heures nouvelles avec des prières et des explications édifiantes, etc., par M. de Vignolles, docteur de Sorbonne. — Paris, Montauban, 1738, in-8°. — Ce livre est dédié à M. de Verthamon.
2° Pratique de Vadoration perpétuelle de Jésus-Christ dans le Saint Sacrement de rautel, établie dans le diocèse de Montauban, sous l'autorité de Mgr l'Évêque. — Montauban, 1746, petit in-8°.
Z* Conduite pour la Bienséance civile et chrétienne, recueillie de plusieurs auteurs. — Montauban, vers 1745, in- 12.
4° Noël chanté dans l'église cathédrale de Montauban Pan 1750. — Montauban, 1750. in-4°.
5° Bulle du Jubilé de Vannée sainte. — Mandement de Mgr l'Évoque de Montauban, Instruction sur les Indulgences et Jubilé. — Montauban, 1751, in-8\
6° Maximes spirituelles qui peuvent conduire une âme à la perfection, tirées des ouvrages du P. Nierembergh. — Montauban, 1751, in-18.
7° rnstruetions, Prières et Cantiques à Vusage des Missions. — Montauban, vers 1752, in-16.
8# Abrégé de la Doctrine chrétienne, pour l'usage de la jeunesse. — Montauban, vers 1755, in-16.
9° La Confrairie du très saint Sacrement, établie dans l'Église de Montauban, 1757, in-12.
NOTA. — Diverses quittances des imprimeurs de PÉvêché constatent la publication de Statuts diocésains sous cet épiscopat. (Archives départementtaies, série 6, liasse 165.)
ANNE-FRANGOIS-VICTOR
LE TO^ZETIELIEllR, IDE BBBTEUIL
Somma m e. — l. Critiques et roman. — 2. Origine, parenté et premières années du nouvel évéque. — 3. Sa nomination, le sacre et la mise de possession de l'évêché. — 4. Prestation de serment et entrée de révoque dans son diocèse. — 5. Expulsion des Jésuites. — 6. Réorganisation du Collège. — 7. Le premier Catéchisme diocésain. — 8. La Congrégation des Artisans à Montauban. — 9. Calamités et fléaux : la grande inondation. — 10. Établissement de TOflicialité. — il. Affaires concernant la réduction du Chapitre cathédral. — 12. Fin du débat précédent et contestation sur la clôture de la Régale. — 13. Publication des Avertissements du Clergé.
— 14 et 15. L'évoque outragé; réclamation générale du Clergé. — 16. Principaux bienfaits de l'évoque. — 17. Mort de Louis XV et sacre de Louis XVI. — 18. Passage du duc de Chartres, du duc de Mouchy et de Joseph Labre.
— 19. Le grand-vicaire M. de la Loge ; entrelien chez un protestant. — 20. Mandement allégeant les pénitences du Carême. — 21. Circulaire pour la suppression de certains jours fériés. — 22. Mandement au sujet de la sécheresse. — 23. Ordonnance de prières pour la naissance d'un enfant royal. — 24. Introduction de la liturgie gallicane. — 25. Munificence du chanoine de La Tour; bibliothèque de la ville. — 26. Nomination à l'abbaye de Belleperche; divers Mandements et prières publiques. — 27. Approches de la Révolution; circulaire épiscopaie au sujet des rentes royales. — 28. La* Constitution civile et la célèbre Exposition. — 29. L'évoque refuse le serment et se dérobe à la réclusion. — 30. Arrestation de l'évoque et de ses receleurs. — 31. La prison de Rouen; souffrances, derniers moments et mort de l'évêque. — 32. Bonheur qui lui fut réservé: conversion de La Harpe. — 33. Éloge écrit par les contemporains. — 34. Armoiries, sceau et portraits.
1. Historiens, biographes et romanciers ont été plus ou moins sincères, plus ou moins justes à l'égard de notre évêque. Ne tenant compte ni des temps ni du milieu dans lequel il