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sang, et le calme ne peut être rétabli que grâce à l'intervention des troupes venues de Montpellier. Cependant la municipalité monlalbanaise fut appelée à la barre de l'Assemblée nationale, qui la suspendit ; deux de ses membres montèrent sur l'échafaud, et les autres durent émigrer ou se cacher pendant la Terreur, tandis que les administrateurs nîmois ne furent nullement inquiétés1. Deux historiens peu suspects, M. Taine et M. Mary-Lafon, que nous avons eu souvent occasion de combattre dans cet ouvrage, frappés eux-mêmes par cette conduite inexplicable, ont cru devoir faire remarquer cette inconséquence, cette injustice, le premier dans les Origines de la France contemporaine*, le second dans son Histoire du Midi*.
II. Entre temps l'Assemblée Constituante opérait ses réformes. Elles nous atteignirent tout particulièrement, tant dans la constitution civile que dans l'administration religieuse. Les décrets de janvier et juillet 1790 suppriment notre siège épiscopal; et, par la division de la France en 83 départements, la ville de Montauban, siège de Généralité, de Cour souveraine des aides, de Bureau des finances 4, devint simplement, malgré son importance commerciale, le chef-lieu d'un district du
* Furent guillotinés à Paris, on mars 1794, M. de Cieurac, le maire qui éLail en exercice pendant ces troubles, ainsi que le chef des volontaires, M. de Chaunac. Le 21 du môme mois, lorsque la commission militaire de Bordeaux fit exécuter le jeune Didier de Broca, à?é de 22 ans, elle lui reprochait de s'être < réuni aux fanatiques qui massacraient les patriotes de Montauban dans la désastreuse journée du 10 mai. • Il fallait une victime aux Bordelais, qui tenaient à se venger de n'avoir pu mettre nos concitoyens à la raison.
» La Révolution, 1. 1, p. 325. — Nous signalerons ici trois gravures Commémora tives de cet incident et qui font partie de la Collection Forestiô. La première a pour titre : Les premiers Martyrs de la liberté française ou le Massacre de la garde nationale de Montauban, composé par B. Espinasse; J.-B. Simonet, sculp. La seconde: Massacre des patriotes de Montauban; Prieur inv. et del.; Bertault, sculp. La troisième est une Vue de la place Sainle-Calfterine de Moissact au moment où un détachement de Bordelais part pour ramener la paix à Montauban.
» Tome IV, p. 393.
4 Puisque nous en avons fini avec ces divers sièges d'administration, voici en peu de mots leur historique, tel que nous le trouvons dans Y Annuaire du département :
« Avant 1790, la principale circonscription administrative était la Généralité; dans cotte circonscription, l'Intendant représentant du pouvoir central, réunissait les attributions les
Lot f. Les principales villes-maîtresses de notre ancien diocèse, réparties entre les trois départements de la Haute-Garonne, du Lot et du Tarn, dont les évoques résidaient à Toulouse, Cahors et Alby, furent classées comme communes, cantons ou districts. Dans le ressort du district de Montauban, qui releva pour le spirituel de l'évêque de Cahors, et pour le temporel du directoire du Lot, furent placés les onze cantons de : Caylus, Caussade, Nègrepelisse, Montpezat, Bruniquel, Molières, Lafrançaise, Puylaroque, Monclar, Mirabel et Réalville. — Le district de
plus étendues ; nommé par commission, et par conséquent révocable, il avait la plénitude des pouvoirs administratifs et certaines attributions judiciaires. L'Intendance était divisée en subdôlêgations, ayant à leur tôle un subdôlégué représentant de l'intendant La Généralité de Montauban fut créée en 1695, par Louis XIII, et cjmprit d'abord onz e élections : Monfauban, Cahors, Figeac, Villefranche, Rodez, Milliau, Rivière-Verdun, Armagnac, Comminges, Lomagne et Astarac. La Marguerie en fut le premier intendant. En 1716 Louis XV retrancha de la Généralité de Montauban, pour les annexer à la Généralité d'Auch, les cinq dernières élections. — La Cour des Aides, cour souveraine jugeant en dernier ressort toutes les questions d'impôt, fut créée à Cahors par édit du mois de juillet 1612. — • Elle résida en cette ville jusqu'en 1662. — A cette époque elle fut transféréo à Montauban ; mais, par suite des protestations de ses membres, cette mesure ne fut exécutée qu'en 1662, à la suite d'un nouvel édit de 1661. En 1790 la Cour des Aides se composait de cinq présidents, y compris le premier, de doux chevaliers d'honneur, vingt-deux conseillers, deux avocats-généraux, un procureur général, deux substituts et deux greffiers en chef. Le Bureau de l'élection, chargé de la répartition de certains impôts et de la juridiction en première instance afférente à cette répartition, avait été créé en 1581. Transféré à Moissac en 1627, il fut rétabli à Montauban en 1633.
La juridiction du sénéchal de Quercy, dont l'origine est fort ancienne, avait primitivement son siège à Cahors. Lorsque le comté de Toulouse eut été réuni à la couronne do France, le nombre des sénéchaux de la région fut porté à six, et l'un d'eux eut son siège à Montauban. En 1563, le sénéchal fut transféré à Moissac, et revint à Montauban, après la paix, en 1569. La guerre l'éloigna de nouveau en 1621. Rétabli à Montauban en 1622, après la paix de Montpellier, il fut de nouveau transféré à Moissac en 1628. C'est en 1629 que le sénéchal revint définitivement à Montauban, où il resta jusqu'à la Révolution. La création du Présidial remonte au mois d'avril 1630. — Le Bureau des Finances, principalement chargé de surveiller i'assielle de l'impôt et de percevoir les deniers revenant au trésor royal, fut institué a Montauban en 1635 : ce fut une conséquence de la création de la Généralité. Il se composait, en 1790, d'un président, d'un chevalier d'honneur, de vingt-sept conseillers, do deux avocats du roi, de deux procureurs, de quatre greffiers, do deux receveurs-gônéfaux des finances, de six receveurs particuliers et de quelques huissiers.
* A plusieurs reprises M. Poncet-Delpech, député de la sénéchaussée du Quercy, tenta de faire établir Montauban comme centre de département. Les députés de Toulouse et do Cahors firent de grandes oppositions à cause des intérêts de leurs villes. Les influences locales firent adjoindre notre ville au ressort du Quercy. Cf. les détails et correspondances dans le Journal national. L'abbé de la Pause de Mondésir, docteur de Sorboune et vicaire-général de Besançon, écrivit nombreux Mémoires à celte même fin, mais sons plus de succès. (Voir ces écrits rares dans la collection Forestiô.)
Ckfirlsarrasiû, dépendant de l'érêcbé de Toulouse et du direci: jre de la flaute-Garonne eut les quatre cantons de Grisolles, llviitech. Saint-Porquîer et Villebrumier. — Dans le même refait ecclésiastique et civil furent distribués les cantons de RcâumonL Verdun et Saint-Nicolas de la Gra?e, relevant du district de Grenade. — Le canton de Vîllemur et ses dépendance* rentrèrent dans le district de Toulouse. — Au diocèse dWlbr. directoire du Tarn, furent incorporées 28 paroisses, o-j»iit II dépendirent du canton de Salvagnac. 16 de celui de Bataétens. et 1 de celui de Puylaurens.
Pour mieux préciser, nous mettons en forme de tableau le classement qui fut opéré à cette époque. En comparant cette nomenclature de noms avec celle que nous avons dressée lors de la constitution de notre Église, on se rendra facilement compte des changements qui survinrent. Certaines églises ou paroisses avaient disparu depuis des temps pins ou moins éloignés, quand arriva la réformation de 1790 : ce fait est dû principalement aux désastres entraînés par les guerres du XVIe siècle. Quelques autres ont surgi dans l'espace qui nous sépare du XIVe siècle, époque de la fondation du diocèse primitif; pour la plupart, elles ne sont que des annexes de prieurés, paroisses ou abbayes dues à l'accroissement et à l'agglomération de la population, ainsi qu'à la générosité de fondateurs laïques ou religieux. Dans le tableau de l'an 1517 nous avons relevé 180 titres de paroisses, prieurés, annexes ou bénéfices divers '; dans le suivant nous comptons 158 localités sorties de notre diocèse pour passer dans ceux de Cahors, Toulouse et Àlby. Mais, pas plus ici que là, nous ne prétendons donner le chiffre absolu des clochers. Ces églises ou paroisses se répartissent comme suit :
* Cf. t. I, biographie du Guillaume I de Canlaillac, fasc. IV, p. J8-4o.
BÉPAMmOH DES PAROISSES DE LAHCIEI DIOCÈSE, ER 1790.
DISTRICT
CANTON
PAROISSES ET ÉGLISES
CANTON ACTUEL
Diocèse de Cahore
Notre-Dame. •
1 Saint-Orcns. 1
Saint-Étienne. '
Gasseras. / Montauban Ouest.
Léojac. [
Saint-Martial. i
Bellegarde.
Saint-Jacques.
Saint- Jean.
' Ann. deS.-Martial (supp.)
Saint- Joseph.
Fonneuve.
Montauban Est.
MONTAUBAN/ montauban {
i Falguiéres. /
j Villemade. 1
\ Saint-Hippolyle. | Ann. de Villemade (sup.)
1 Saint-Fabien. j id.
Saint-Pierre-Gampredon. i
Piquecos. . Laflrançaisc.
Saint-Maurice.
Courondes. j
Belmontet. J
Saint-Caprais. J Annexe de Belmontet.
Chouastrac. ) Monclar.
Genebrières. 1
Sainte-Marie de Tauge. ] Supprimée.
Marnhac. / Ann. deS.-Mich.-des-Lials
Montalzat.
Gastanède.
Montpezat.
DISTRICT
CANTON
PAROISSES ET ÉGLISES
CANTON ACTCBL.
Diocèse de Toulouse.
! Saint-Sauveur.
| Saint-Jean.
Notre-Dame d'Alem.
Gandalou.
Labastide du Temple.
Les Barthes.
I Meauzac. l C&stelsarrcin.
c\stelsarrasin( Ventillac.
Saint-Martin de Belcassë.
Lagarde.
Albefeuille.
Annexe de Lagarde.
Barry-d'lslemade.
Supprimée.
Gravel.
id.
Gastelferrus.
St.-Hicolas-de-la-Grave.
Saint-Aignan. \
Castelsarrasin
Canals. ]
^ l Dieupentale. 1
| Fabas. [
grisolles. { campsas. ) Grisolles.
1 Labastide-Saint-Pierre.
i Orgueil.
\ Nohic.
Montech. ]
Verlhaguet. 1
Bresso,s- \ Montech.
Brial.
MONTECH. /
Finhan.
Montbartier.
Saint -Lizier.
Montbéqui.
Bessens.
Lapeyrière,
Annexe supprimée.
Grisolles.
Annexe de Bessens.
DISTRICT