ARMAND
CH^TTIDIR/U- IDE TRÉLISSAO
La vie de ce prélat nous est déjà connue en grande partie. Nous l'avons trouvé vicaire-général de Mgr de Breteuil, puis administrateur du diocèse durant la période qui précéda la restauration de notre siège épiscopal. Il suffit de relater ici les débuts et la fin de sa carrière.
Jean-Armand Chaudru de Trélissac naquit et fut baptisé au château de ce nom, aux environs de Périgueux, le 23 mars 4759. Il trouva dans sa famille les saines traditions, la sévérité de mœurs et l'urbanité auxquelles restait encore fidèle la noblesse de province. Ces trois choses furent, toute sa vie, le fond de son caractère. Après ses premières études, suivies avec succès au couvent des Augustins de Mortemart (Limousin), il alla étudier la philosophie et la théologie au séminaire de Saint-Magloire et à Sainte-Barbe. Selon l'usage il y prit ses grades, et venait d'obtenir le bonnet de docteur en Sorbonne, lorsque, sur de puissantes recommandations, Mgr de Breteuil, nommé à notre évêché, l'appela auprès de lui en qualité de grand-vicaire.
Homme d'esprit et de bonne tenue, M. l'abbé de Trélissac brilla dans les salons de Pévêché, alors le rendez-vous de la haute soeïèlè moiftalbanaise. Mgr de Breteuil lui destinait le rang de Prévôt dans son Chapitre^ il rencontra des oppositions dans les privilèges du corps, et offrit en dédommagement à son jeune protégé la cure de Castelmayran. M. de Trélissac en prit possession au commencement de l'année 4790. Mais comme il était retenu à Montauban la plus
grande partie du temps par la confiance de son évêque, il s'associa deux vicaires : l'un était chargé de l'instruction des enfants, l'autre administrait la paroisse.
Au moment où grondait l'orage révolutionnaire, l'évêque étant parti pour les États généraux, d'où il ne devait plus revenir, son grand-vicaire gouverna le diocèse jusqu'au jour où le coup de foudre éclata. Il était alors dans sa cure. Le 6 mars 1794 la municipalité, pleine d'estime pour son curé, vint le pressentir à propos du serment constitutionnel. M. de Trélissac appelle son vicaire, et ensemble ils rédigent cette déclaration : « Nous soussignés, curé et vicaire de la paroisse de €astelmayran, déclarons que nous prêterons le serment, quand nous en serons requis, d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi ; de veiller avec soin sur le troupeau qui nous est confié, et de maintenir de tout notre pouvoir, dans ce qui est du... ...le roi et politique !, la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et sanctionnée par le roi, exceptant les objets qui dépendent entièrement du Pape et de l'Église 2. > Sur les représentations des délégués qui voulaient le conserver quand même à leur paroisse, et lai promirent de dire à la population que tout avait été réglé pour cela, séance tenante il ratura les mots de la déclaration que nous avons soulignés, et ajouta au-dessous : « et déclarent ne point vouloir faire l'exception ci-dessus mentionnée, mais faire le serment purement et simplement tel qu'il est exigé H. »
On remarquera que tout ceci n'était qu'une promesse; que le curé traitait comme à l'amiable avec les délégués, venus pour tout sauvegarder, et qu'enfin rien ne prouve que M. Trélissac ait prêté le serment solennellement et publiquement. Nous trouvons au contraire le renseignement suivant : c II ne fut point recherché pour le serment; ses amis, à son insu, répandirent le bruit qu'il était en règle avec la République 4. » Au reste, lorsque les temps devinrent plus mauvais et que le clergé eut à choisir entre l'exil ou la fidélité
■, « Ces mots en italique ont été bâtonnes, plus une lacune remplacée ici par des points.
s Mots bâtonnes.
• Extrait des registres de la mairie de Castelmayran, communiqué par M. l'abbé Coutensou, ex-curé de cette paroisse.
*' * Cf. Courrier de Tarnret-Qaronne, n» du 26 août 1817, dans la relation des funérailles.
f Tome IL IX. 3
34 '" HISTOIRE DE LKGLISB DE MOÎ1TAUBAN.
à la loi [anti-religieuse, M. de Trélissac abandoona sa cure. S'il n'èmigra pas el rentra dans la vie privée, cette résolution lui fut imposée par des'circonstances exceptionnelles. Sa sœur, en effet, obligée de quitter le couvent de Montmartre, à Paris, dont elle était prieure, était venue lui demander asile pour elle et surtout pour une jeune enfant, Stéphanie de Beauharnais, pupille de la future impératrice Joséphine. À elles s'était joint un chanoine de la capitale, l'abbé Matignon ; il lui obtint'du conseil municipal le titre de vicaire, et ensemble ils vécurent dans le presbytère de Castelmayran depuis le 7 décembre 4792 jusqu'au 4er nivôse (21 décembre) de Tannée suivante. Alors ils se démirent l'un et l'autre en présence de Hugenny, commissaire civil, délégué par le représentant du peuple, en séance à Toulouse, et déclarèrent « qu'ils veulent faire désormais leur résidence à Castelsarrasin '. » Le lendemain, 22, il remit au maire l'inventaire détaillé de tous les objets du culte et s'en fit délivrer un reçu, comme il l'avait fait précédemment (45 mai; lorsqu'il avait eu à livrer les vases sacrés et les reliquaires dont il obtint de retirer les reliques. Désireux cependant de réparer le mal qu'avait pu causer un moment de défaillance, un des premiers actes de son épiscopat fut d'en faire amende honorable devant son ancienne paroisse, à laquelle, comme témoignage d'attachement et de réparation, il laissa l'étole pastorale qu'il portait dans cette cérémonie 2.
Après avoir abdiqué sa cure il attendit, dans la société de quelques intimes, le moment où il pourrait reprendre ses habitudes ecclésiastiques. Plusieurs années devaient s'écouler : il les passa tour à tour à Bordeaux, à Castelsarrasin, à Montauban, chez des amis de famille; et partout il se fit aimer par sa politesse, et respecter par la régularité de sa vie. Il veilla avec un soin paternel sur la jeune orpheline dont sa sœur faisait l'éducation, de concert avec Mm* Caprony. Mlle de Trélissac, qui s'était chargée de cette enfant abandonnée et sans ressources, lui avait dit en quittant Paris: « Je ne sais point si nous
* Autorisation datée de la Grave Bec du Tarn, le dernier jour de la troisième décade de frimaire, an II. (Cf. Registres de Castelmayran.)
a Les paroles et les larmes de l'évoque firent d'autant plus d'émotion que la plupart ne savaient que vaguement ea qui avait eu lieu en 1791, et que les autres ignoraient ce qu'était le serment constitutionnel.
aurons toujours du pain, mais vous pouvez compter que le peu que nous aurons, nous le partagerons avec vous. » L'enfant comprit la situation et répondit admirablement aux soins que lui prodiguèrent ses bienfaiteurs.
Lorsque la Terreur fut passée, la situation politique étant devenue meilleure, on put entrer en relation avec Mme Joséphine de Beauharhais, alors mêlée à la société du Directoire ; celle-ci demanda instamment qu'on continuât à garder sa pupille. Bonaparte, premier consul, ayant épousé Joséphine, écrivit une lettre très flatteuse à M. de Trélissac l'invitant à lui amener sa parente. Frappé des bonnes manières et de l'éducation de la jeune fille, Napoléon voulut récompenser l'abbé de Trélissac : il lui proposa un évêché. Celui-ci s'excusa sur sa jeunesse. Alors le premier consul lui remit un titre de rente de dix mille francs, disant : « Ce que vous n'auriez point voulu accepter d'un simple particulier, vous ne pouvez le refuser au chef do l'État3, i
Avec le calme ramené par l'Empire, nous avons vu la résurrection de notre siège épiscopal, et M. de Trélissac choisi par les trois évèques de Toulouse, Cahors et Agen pour administrer, en leur nom, les parties de ces divers diocèses qui se trouvaient comprises dans la circonscription du nouveau département de Tarn-et-Garonne. Dans cette circonstance encore l'Empereur insista pour lui faire accepter cet évèché, puisqu'il en prenait toute la charge par les fonctions délicates qu'il allait remplir. Nouveau refus de M. de Trélissac. Vint Mgr de Cheverus; il se l'attacha à titre de grand-vicaire* c Ces deux cœurs si bien faits l'un pour l'autre, s'unirent intimement, et, s'inspirant l'un l'autre, produisirent des fruits suaves de tolérance et de charité catholique que tout le monde connaît. Telle était la force des liens qui les attachaient, que M. de Trélissac, presque septuagénaire, ne pouvant se séparer de son ami 2, » consentit à rompre avec ses relations et à suivre le nouvel archevêque de Bordeaux. Là notre grand-vicaire s'occupa peu d'une administration dont les hom-
1 D'après des notes communiquées par M. Vialeltes-d'Aignan, officier supérieur de marine, qui tenait cjs détails de Mgr de Tréiis3ac lui-môme.
* Extrait de la Circulaire des vicaires-capitulairos deMontauban annonçant la démission de révoque.
mes et les choses lui étaient étrangers. Jouissant de la confiance absolue de son illustre ami, il assista régulièrement aux conseils de l'archevêché, et s'y fit toujours remarquer par une discussion polie et un tact sûr dans le discernement des affaires. Il sut entourer sa retraite de la rue Judaïque d'estime et d'amitié, et arranger sa vie pour bien mourir. Mais la Providence lui ménageait des destinées dont il n'avait jamais eu l'ambition.
Les haines anti-religieuses réchauffées en 1830 poussaient le gouvernement à supprimer les sièges épiscopaux créés en 1817. Dans l'intervalle de la lutte parlementaire Mgr Dubourg, qui gouvernait notre Église, est appelé à celle de Bordeaux. La vacance allait peutêtre faire renaître l'idée de suppression. Mgr de Cheverus vit le danger, et fidèle à son amour pour son ancienne épouse, il présenta M. de Trélissac au roi et appuya fortement sa nomination. Le nom si populaire de l'archevêque de Bordeaux, les honorables antécédents de son grand-vicaire furent, en effet, une puissante recommandation. Le 5 mars 1833, le ministre de l'intérieur, le comte d'Argout, lui annonça la volonté du roi à ce sujet ; il voulait bien cependant l'en aviser avant de rendre la chose officielle. L'abbé de Trélissac refusa avec une telle politesse que le roi put dire : « C'est l'évêque le plus poli de mon royaume. » Malgré les objections présentées, le 27 mai une seconde lettre du ministre l'informait en ces termes : c Le roi, persuadé que le bien de la religion vous appelle à la tète de ce diocèse, et qu'il lui serait impossible de faire un choix plus conforme aux vœux de la population, qui n'a pas oublié la sagesse de votre administration comme pro-vicaire général, a cru devoir passer outre sur les motifs d'excuôe que vous m'avez invité à lui soumettre. » Les provisions royales furent expédiées. Ce fut un coup de foudre pour l'évêque élu. Le sacrifice qu'on lui demandait répugnait plus qu'autrefois à sa conscience. Il ne pouvait se faire à l'idée de se séparer du pontife qui lui imposait cette obligation de recommencer dans un âge avancé une carrière de graves devoirs et de soucis. Il partit pour Paris, comptant déterminer le nonce à ne pas viser sa présentation. De son côté, au contraire, le gouvernement insistait auprès du représentant du Souverain-Pontife pour hâter la préconisation ; car l'on avait tout lieu de craindre que si le siège de Moutauban n'était point occupé avant la rentrée des Chambres, la gauche n'obtînt sa suppression.
Les bulles arrivèrent, et le 24 novembre 4833 Mgr de Ghèverus venait le sacrer et l'installer dans son Église, au milieu d'une joie inénarrable. Dix ans entiers Mgr de Trélissac se dépensa, malgré son âge, au bien de son diocèse. Gomme œuvres principales établies ou affermies sous son administration nous signalerons la constitution définitive du Refuge, confié aux religieuses de Notre-Dame de Charité f; les deux établissements de Miséricorde, où les Dames de Nevers et de la Présentation se dévouent aux soins des malades à domicile; les écoles des sœurs de la Sainte-Famille plus spécialement consacrées à l'instruction de la classe pauvre. Le clergé lui doit le renouvellement des Conférences ecclésiastiques et la fondation de la Caisse des retraites pour les prêtres âgés ou infirmes.
En 4842, sentant que ses forces le trahissaient et que ses souffrances allaient en s'aggravant, il songea à demander un coadjuteur. Le roi le dissuada de cette idée. Cependant, convaincu de la difficulté qu'il avait de répondre aux besoins du diocèse, le 28 novembre 4843, quand le Chapitre vint le complimenter pour le 40e anniversaire de
< Pour compléter l'historique de cet établissement (voir ci-avant, p. 12-13), nous analyserons ici le compte-rendu de l'œuvre fait à Mgr de Trélissac par son grand-vicaire, M. l'abbé Pouget, en date du 20 août 1836. Depuis dix ans l'association allait en prospérant; le nombre de personnes dévouées aux Pénitentes s'était accru. Aux soins donnés aux pécheresses par le dévouement des maltresses, s'était ajouté l'enseignement que plus de 80 jeunes personnes venaient recevoir dans cette sainte maison. A la demande des fondatrices un appel avait été fait aux religieuses de Notre-Dame de Charité ; Monseigneur l'avait approuvé le 23 juin 1836^ Le 16 juillet suivant les vicaires capitulaires de Bayeux, avec l'agrément du chapitre de la Communauté de la Charité du Refuge de la ville de Gaen, donnèrent l'autorisation à «Mesdames Rosalie-Chariot te-Jalie Go utllaux-Dumbsnil, dite en religion sœur Saint -Jban l'Évangeliste, et Louise-Thôrôse-Ànne-JeanneHABiBEL, dite sœur de Sawt-Athanasb, l'une et l'autre de ladite Communauté de la Charité du Refuge de Caen, à sortir de cette Communauté, pour se rendre, la première en qualité de Supérieure, et la seconde en qualité d'Assistante, à la Maison du Refuge de la ville de Montauban, dont est supérieur M. l'abbé Pooget, grand-vicaire de ce diocèse, gouverner cette Maison conformément aux règles et constitutions de l'ordre du Refuge, telles qu'elles sont suivies dans la Communauté de Caen, et y séjourner autant que les Supérieurs de Caen et Monseigneur l'Bvêque de Bayeux le jugeront convenable. «Le rapporteur ajoute: « Apr$s cette lecture, Monseigneur s'est approché de la grille du chœur. La supérieure a fait à genoux devant le Prélat, selon l'usage de l'Ordre, une profession de foi parfaite et contenant toutes les garanties, puis une profession particulière de soumission et de fidélité, à laquelle Monseigneur a répondu avec une dignité, une bonté, une présence d'esprit qui nous a tous comblés de joie, et le Te Deum a diguement couronné celte consolante cérémonie. * (Cf. Archivée de VEvéchè; papiers concernant le Refuge.) Nous avons dit floc. citai.) qu'en 1841 cette communauté céda la maison qu'elle occupait aux religieuses de la Sainte-Famille, et s'établit sur le point qu'elle habite présentement.
38 HISTOIRE DE i/ÉGLISE DE MOTTAUBAX.
son installation , il lui fit part de sa détermination d'abdiquer et de sa nomination au canon icat de Saint-Denis, dont le roi venait de le gratifier. Malgré les supplications des chanoines il persista dans sa résolution, et la fit agréer au pape Grégoire XVI, le 26 décembre. Le 3 janvier 1844, âgé de 85 ans, il adressait cette lettre à ses diocésains: • Nous sentions que depuis longtemps le fardeau de l'épiscopat devenait trop pesant pour notre faiblesse, et voyant que la mort tardait à venir, nous aurions voulu, sans briser les liens qui nous attachaient à nos enfants bien-aimés, leur continuer utilement le dévouement de notre sollicitude paternelle par le dévouement d'un autre nous-môme; nous aurions voulu qu'un prêtre, sanctifié par l'onction qui fait les pontifes, eût tenu pour nous, d'une main ferme, la houlette que nos mains défaillantes laissaient échapper, et que, s'inspirant de notre amour pour notre troupeau, il eût veillé à notre place et volé partout où le bien des âmes réclamait vainement notre impuissante vieillesse... Il nous eût été doux d'attendre ainsi îamort et de reposer nos derniers regards sur vous, en vous souriant comme un père sourit à sa famille. Dieu ne Ta pas voulu : adorons ses desseins. Mais les infirmités de notre âge allant toujours croissant, nous avons cru que c'était pour nous un devoir supérieur de descendre d'un siège où nous ne pouvons plus remplir les augustes fonctions imposées aux pontifes; et, comme il y a dix ans, le désir seul de vous être utile nous contraignit à devenir Vévèque de vos âmes, nous avons voulu, en cessant de l'être, vous donner une nouvelle preuve d'amour et de dévouement. Et le Souverain-Pontife a daigné céder à nos vœux, en agréant la démission de notre titre d'évôque de Montauban. » Dans les termes les plus flatteurs il parle à ses diocésains du successeur qui lui est donné; et, se recommandant aux prières de tous, il leur dit : « Quand vous apprendrez la mort du vieux pontife qui vous aima, donnez, nous vous en conjurons, donnez une prière à son âme, plutôt qu'une larme à sa mémoire. » Le 3 avril 1844 il embrassait son successeur, qui le supplia « de se considérer toujours comme le père et l'évèquc de son ancien troupeau. »
Le vénérable vieillard vécut trois ans et demi dans la solitude qu'il s'était faite en dehors de l'évèché. Il s'attacha pour le service de sa chapelle, un aumônier, M. Delbrel-Jovian. Ses facultés mentales
Tenant à baisser progressivement, à la suite de cruelles souffrances, après huit jours d'agonie, le vendredi 20 août 1847, à midi, il s'endormit dans le Seigneur. Il avait 88 ans 5 mois. En annonçant cette mort au diocèse, son successeur, Mgr Doney écrivait : t Pendant trois ans que nous avons eu le bonheur de vivre près de lui, nous avons pu apprécier toutes les qualités excellentes qui le distinguaient; et nous n'avons pas été plus étonné du respect qui environnait sa vieillesse que nous le sommes des regrets universels qu'il a emportés dans sa tombe. Ces sentiments, il les commandait par son affabilité, par une politesse exquise et pleine de bienveillance pour tous, par la dignité qui se montrait constamment dans toute sa personne. Mais il les a commandés bien plus puissamment encore par les touchantes et généreuses dispositions qu'il a faites dans son testament en faveur des pauvres et pour soutenir les nombreuses institutions de charité qui existent dans notre ville épiscopale. Six cents francs sont légués aux pauvres de chacune des six paroisses de Montauban, cinq mille aux sœurs de la Présentation, quatre mille à celles de Notre-Dame de Charité du Refuge, trois mille aux sœurs de Nevers, deux mille à celles de la Sainte-Famille, etc. » Ayant constitué pour légataire universel son neveu, lieutenant de vaisseau en retraite, seul membre de sa famille qui lui survécut, il donnait par testament 31,700 francs à distribuer entre les pauvres et les établissements de charité de la ville.
Son corps fut exposé dans un des appartements disposé en chapelle ardente. Mgr Doney, alors absent, appelé en toute hâte, arriva pour fixer le jour des funérailles {. Elles furent célébrées le 27 août,
* L'acte de sépulture est ainsi relaté dans YObituaire du Chapitre : « L'an mil huit cent quarante-sept, Monseigneur Jean-Armand Chaudru de Trôlissac, ancien curé de Castelmayran, en ce diocèse, vicaire-général de Mgr de Breteuil (évoque de Montauban), administrateur du diocèse de Montauban pendant quatorze ans, grand-vicaire de Mgr de Cheverus (évoque de Montauban, archevêque de Bordeaux), évoque de Montauban en mil huit cen t trente-trois, Commandeur de l'Ordre de la Lêgion-d'Honneur, démissionnaire en mil huit cent quarante-trois, Chanoine-Évôque du premier ordre au Chapitre royal de Saint-Denis; décédé le vingt avril 1817, à midi, muni des sacrements de notre sainte More l'Église, par Monsieur l'abbé Rivais, vicaire-général du diocèse, en présence du Chapitre, et inhumé à la cathédrale dans la chapelle do saint Thôodard le vingt-sept août 1847. La cérémonie a été faite en entier par Mgr Jean-Marie Doney, évoque de Montauban, assisté de MM. Mabile et de Vaulchier, vicaires-généraux; diacre, M. Capmeil, chanoine titulaire, et sous-diacre, M. Viguio, curé de l'église Saint-Pierre, 4 Moissac. Le Chapitre et le clergé du diocèse étaient présents à la cérémonie. En foi de ce. . . »
10 HISTOIRE DE l'ÉGUÇE DE MONTAUBAN.
à 9 heures du matin, avec toute la pompe due à son rang d'évéque, de chanoine de Saint-Denis et de commandeur de la Légion-d'hooneor» dernier titre qu'il avait reçu le 6 mai 1838. Mgr Doney présida à cette funèbre cérémonie, au milieu d'un nombreux clergé et d'une foule considérable. Toutes les autorités- civiles et militaires assistèrent en corps au cortège qui se déroula, avant l'office, dans les principales rues de la ville. Selon les désirs du vénérable défunt et sur l'autorisation demandée au ministre, ses restes furent inhumés dans la chapelle de la cathédrale dédiée à saint Théodard, chapelle qui depuis cette date est devenue le tombeau de nos évoques. Sur le mur qui longe le côté gauche de cette tombe, placée au niveau du sol et recouverte d'une simple dalle, on lit cette inscription, gravée en lettres d'or, sur une plaque de marbre noir :
ici REPOSE LA DÉPOUILLE MORTELLE DE BfONSEIGn,
jean CHAUDRU p* TRÉLISSAC, chanoine évèque
du chapitre royal de st-dbms, ancibn évêque de montauban,
commandeur de l'ordre royal de la légion d'honneur,
NÉ AU CHATEAU DE TRÉLISSAC (dordOOSE) LE 22 MARS 4759, DÉCÉDÉ A MONTAUBAN LE 20 AOUT 4847.
Mgr de Trélissac avait pour armes : t Uazur, à la fasce d'or accompagnée de trois fleurs d'or, posées deux en chef une en pointe. • Ces trois pièces que nous qualifions t fleurs » et non t roses, » comme le disent certains, représentaient des lys. Ainsi ces armes étaient parlantes: Trois lis (très lis); l'azur du fond figurant Peau (aqua, oc), d'où Trélissac. Pas dç devise; au-dessus de l'écu la
CINQUIÈME PÉRIODE. — JJSAN YH DE TRÉLISSÀG (1833-4844). 41
couronne des seigneurs de Montauban ; au bas, comme pendantif, la croix de la Légion-d'Honneur. Son portrait a été lithographie par 6. de Galand.
BIBLIOGRAPHIE
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1842, 30 avril. — Mandement ordonnant des prières en faveur de l'Église d'Espagne.
1842, 17 juin. — Circulaire sur plusieurs pointe de discipline.
1843, 12 févr. — Mandement du Carême, sur la Miséricorde divine.
1844, 3 janv. — Lettre-circulaire annonçant au diocèse l'abdication du siège.
1844, 10 janv. — Lettre-circulaire des vicaires-généraux capitulaires annonçant leur installation et traitant de l'abdication de l'évéque.
Cuivre. — Collection Foreslié