VI. LA CROIX DU GOLGOTHA
Î2. Le crucifiement. -- 23. Les sept paroles de Jésus en croix. La mort. — 24. Prodiges arrivés à la mort de Jésus. — 25. Confirmation du récit évangélique par l'histoire profane.
212 HISTOIRE DE l'ÉGLISE. — I" ÉPOQUE (aN 1-312).
§ VII. LA SÊPDLTDBE.
SÔ. Le Crurifragîum. La plaie du cœur de Jésus. — 27. La sépulture par Joseph d'Arimathie et Nicodème. — 28. Le sceau des pontifes sur le tombeau de Jéfus.
§ I. La anear de sang.
L'agonie 1. 0 Selon sa coutume, dit l'Évangile, Jésus se rendait sur la ^^VaVg"^" montagne des Olliviers. Les onze le suivaient. Il vint à la villa, nommée Gethsémani *. Là, se trouvait un jardin, parfaitement connu de Judas, le traître, parce que le Seigneur s'y retirait d'ordinaire avec les disciples. Jésus y entra et dit aux apôtres : Asseyez-vous ici, pendant que j'irai prier à l'écart. Restez vousmêmes en prière, pour ne point entrer en tentation. — Prenant alors avec lui Pierre, Jacques et Jean, il commença à leur manifester des sentiments d'effroi, de dégoût, de tristesse et d'angoisses. Mon âme, leur dit-il, est triste jusqu'à la mort ! demeurez ici et veillez avec moi. — S 'étant ensuite éloigné, environ à la distance d'un jet de pierre, il se mit à genoux et priait, en disant : Père, si vous le voulez, éloignez de moi ce calice. Cependant, que votre volonté soit faite, et non la mienne! — Or, un Ange du ciel lui apparut, le fortifiant. Et Jésus se prosternant la face contre terre, tomba dans une véritable agonie, insistant dans sa prière poui voir, s'il était possible, s'éloigner de lui cette heure. Abba. Père ! disait-il, s'il se peut, écartez ce calice de mes lèvres ! Tout vous est
* Gethsémani, « Pressoir d'Olives. » Au pied du moat^ dit des Oliviers, 1< désignation d'une localité ainsi désignée était toute naturelle. On sait que Ici pressoirs des anciens, creusés dans le sol, et enduits d'une couche de citnenl ou de bitume, étaient placés soit dans la vigne, soit dans le champ d'oii< ▼iers, dont les grappes et les fruits, pressés avec le pied, ou écrasés avec ut. fouloir à main, laissaient couler le liquide dans le réservoir artificiellement disposé. Ces habitudes locales nous font comprendre les expressions bibli< ques : Quis est iste qui venit de Edom, tinctis vestibus de Bosra? Torcular cal' cavi solus (Is., LIIII, 1, 3). Fodit in ea torcular (Matth., m, 33). Mais par quel symbolisme divin, Jésus-Christ, le fruit du Testament Ancien, choisit pour son Jigonie et sa sueur de sang le Gethsémani du mont des Oliviers ! 11 ee place lui-même sous le pressoir; et chaque goutte de sang représente la Rédemption du monde!