IV. PARABOLES
30. Parabole du bon Pasteur. <— 31. Un seul bercail un seul pasteur, —32. Parabole du bon Samaritain. — 33. Cr^alion évangélique de l'idée et du terme <de «<Procbain. '» — 34. La Montée du sang sur la route de Jérusalem à Jéricho. — 33. L'héritage entre deux frères. Paraboles des serviteurs vigiiauts, et du dispensateur infidèle. '— 3fi. Le iroyawme 4oBué par Dieu à l'Église. ~ 37. Détails de mœurs locales.
§ V. LA F^TÈ WSS IENCÊNIES.
38. Récit évangélique. — 39. Nom et origine de la fête des Encéuies. — 40. Le portique de Salomon. — 41. Harmonie du récit évangélique avec les mœurs et les lois juives.
§ I. Départ de la Galilée.
1. « Or, ditl'Évangéliste, la solennité nationale des Juifs, appele'e fête des Tabernacles, était proche. Les frères de Jésus lui dirent: Quittez ce pays, et montez avec nous en Judée, a6n que les disciples que vous y avez soient témoins des œuvres que vous accomplissez. Car celui qui veut être connu ne doit pas agir en secret» Puisque vous opérez des merveilles, manifestez-vous au monde. — Ses frères parlaient de la sorte, parce qu'ils ne croyaient point en lui. Jésus leur répondit : Mon heure n'est pas encore venue. Quant à vous, chaque jour vous est bon. Le monde n'a aucun sujet de -^ous haïr, mais il me poursuit de sa haine, parce que je rends de iui le témoignage que ses œttvfes sont
CHAP. Mil. — DÉPART DE LA GALILEE,
rationalisme propos des
frères obscurs (la
JÎ:SUB,
cette solennité; pour moi, je n'y vais pas encore. Mon heure n'est pas yenne. — Il resta donc en Galilée, attendant le départ de ses frères pour se mettre en chemin, et il évita de se mêler à la foule, recherchant le silence et le secret *, »
2. Tel est le passage de l'Évangile qui a inspiré au rationalisme ^'j?^||"^j°'*moderne la théorie des « frères obscurs de Jésus, lesquels lui faisaient de l'opposition ^. » En vérité l'opposition n'était pas fort redoutable de la part de ces hommes qui sollicitent le Sauveur de choisir, pour se manifester au monde, un théâtre plus vaste et plus brillant. Leur foi. n'était sans doute point encore élevée à la perfection divine, dont les Apôtres eux-mêmes furent si longtemps à comprendre le caractère. Cependant, au point de vue purement humain, est-il un seul des plus illustres nilionalistes dont l'amourprnpre n'accueillerait axe: empressement un pareil hommage? Si l'on venait lui dire : ïl ne suffît pas à votre gloire de rayonner dans Je cercle étroit de votre patrie : le monde entier vous réclame et vous at'end; nous douions qu'il se tînt fort offensé d'un tel langage et qu'il le prît pour une déclaration de guerre. L'opposition prétendue des « frères » du Sauveur est donc une opposition chimérique. Mais le rationalisme insiste. Le nom de « frères, » dit-il, est bien réellement l'expression employée par l'Évangile. Or, les « frères » de Jésus, désignés ici, ne pouvaient être ni Jacques le Majeur et Jean, fils de Zébédée, ni Jacques le Mineur et Jude ou Thaddée, fils de Cléophas, cousins-germains de Jésus, puisque tous les quatre faisaient partie du collège apostolique, et croyaient à leur Maître, tandis que les frères, dont il est question dans ce passage, « ne croyaient point en lui. » Donc Jésus-Christ eut réellement des frères. Il est impossible, faute de renseignements, de savoir s'ils provenaient du côté paternel ou maternel. Dans le premier cas, la virginité de Joseph, dans le second cas celle de Marie serait une invention apocryphe. Tout ce qu'il est permis dalhnner légitimement, c'est l'exislence de « frères obscurs » de Jésus, dont {'histoire ne nous a pas conservé le nom. Telle est, dans toute sa
* Joau., VIT, 1-1 0,-2 Vie de Jésus, pag. 24«
ÉPOQUE (an 1-312).
force, l'objection des modernes critiques; elle a le privilège de la louveauté ; jamais l'exégèse antique ne la rencontra sur son clienin. Malheureusement pour la jeune école rationaliste, cotte fameuse objection suppose une ignorance absolue des premiers îléments de l'histoire évangélique. Notre siècle a repris, avec une -jdeur et un zèle qui l'honorent, l'étude sérieuse et approfondie de toutes les généalogies si longtemps oubliées des Pharaons de rÉgypte, dos Sargonides d'Assyrie, des Maharadjas de l'Inde, des Fils du ciel de l'empire chinois. Nous savons aujourd'hui le nom de tous les frères et de tous les cousins de Sésostris ou de Salmanasa)-, et, certes, nul ne rend plus que nous justice aux progrès accomplis en ce genre par la philologie moderne. Elle a rétabli des anneaux lumineux dans la chaîne des âges; l'avenir rendra justice à ses efforts. Mais plus nous avons le droit d'être fiers de ces glorieuses conquêtes, plus nous avons le devoir de maintenir les résultats positifs, obtenue par l'exégèse des siècles antérieurs, dans le champ de l'histoire évangélique. La science profane ne saurait à aucun titre faire oublier la science sacrée. Or, la lignée généalogique de Notre-Seigneur Jésus-Christ a été l'une des plus éclairées 'de toute l'histoire du monde '. Il y a seulement un siècle que sa notoriété
' Le tableau suivant résume , dit Cornélius a Lapide, tout l'enseignement des Pères et des Docteurs de l'Église, et fait comprendre la véritable relation des alliés ou frères de Jésus avec le Sauveur :