‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 79 sur 97 · CHAP. II. — LES SEPT ENVOYÉS DE SAINT PIERRE DANS LES GAULES · texte numérisé non relu

CHAP. II. — LES SEPT ENVOYÉS DE SAINT PIERRE DANS LES GAULES

texte de Grégoire de Tours est une faute de copiste. La leçon au thentique est celle-ci : Claudio^ qui Gaïo vita defuncto siibrogatm imperium Romance reipublicœ oblincndo minish^abat , sicut fideli rela* tione retinetur, primum et summum Christi Tolosana civiias sanctum Saturninum habere cœperat sacerdotem '. Ce qui signifie : « Sous Claude, successeur de Gains (Caligula) dans le gouvernement de la république romaine, la ville de Toulouse eut pour premier pasteur saint Saturnin. » Tel est ce monument primitif, dont Grégoire de Tours ne lut qu'une copie défigurée, et que Ruinart n'eut pas l'occasion de connaître. « Après l'Ascension de Notre-Seigneur au ciel, ajoutent les Actes, au commencement delà prédication apostolique, Saturnin, profondément affermi dans la foi, devint le disciple et l'envoyé de l'apôtre saint Pierre. » La date des empereurs concorde ici avec la date apostolique. La contradiction entre le consulat de Dèce et de Grains (250) avec le martyre d'un envoyé des apôtres disparaît. Ajoutons que tous les détails apocryphes que Grégoire de Tours lisait dans la Passion de saint Saturnin, telle ^iU/a ait sons es yeux, manquent dans celle-ci*. Le débat est CiOS mamtenant,

m prinionlio prœdicaliones evangelica Saturninus, sanctissimœ fidei certissime credulus, npostoli Pétri exstitit discipulus.

1 Pour comprendre comment la transformation des deux noms Claudio et Gaïo en ceux de Decio et Grato fat possible, sous la plume de copistes ignorants, il suffit de rappeler que, dans l'antiquité, les noms propres n'étaient jamais écrits qu'en abréviation. Un coup d'œil jeté sur le texte du manuscrit siuaïtique, par exemple, fera saisir de suite cette observation. Les caractères ainsi disposés : CUIO; GO, représentaient vraisemblablement, dans les mauusci"its primitifs de la Passiou de saint Saturnin les deux noms que le copiste devait rétablir dans leur intégrité. Où conçoit dès lors facilement qu'un copiste inexpérimenté ait pris le G pour l'abréviation ordinaire du titre de Consulibus , et ouil ait interprété 1>10 par Decio, GO par Grato.

* S. Grégoire de Tours dans ce fameux xxviii« chapitre de l'Histoire des francs (.livre II}, dont nous avons cité la première moitié, continue ainsi : • Lorsque Saturnin fut pris et conduit au Capitole, ses prêtres s'enfuirent et le laissèrent emmener seul. Se voyant ainsi abandonné, on rapporte qu'il fil cette prière : Seigneur Jésus-Christ, exaucez-moi du haut du ciel ! Faites que jamais, dans toute la durée des siècles, cette I<;glise ne voie élever un de ses enfants à l'épiscopat. » La Possio authentique de saint Saturnin ne dit pas un mot d'une prière aussi invraisemblable, et aussi indigne du cœur d'un apôtre et d'un martyr. Du reste, nous donnerons plus loin les détails historiques de la mort de saint Saturnin.

et la vérité historique se fait jour de toutes parts. Après une pareille déconvenue de la critique , commencera-t-on enfin à compter avec la tradition , avec la croyance immémoriale de toutes les Églises, avec le texte des martyrologes , avec les monuments de notre histoire nationale, avec les témoignages des Pères et des docteurs, avec l'enseignement de l'Église romaine , mère et maîtresse de toutes les autres? C'est à elle que nous devons le maintien complet, intégral, de nos gloires apostoliques. Pendant qu'on les obscurcissait à plaisir parmi nous , elle les faisait resplendir sur tout l'univers ; et l'on vit la nation très-chrétienne se refuser seule aux hommages que le reste du monde catholique lui décernait !

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