‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 2)Chapitre 78 sur 97 · CII.VP. II. — LES SEPT ENVOYÉS DE SAINT PIERRE DANS LES GAULES · texte numérisé non relu

CII.VP. II. — LES SEPT ENVOYÉS DE SAINT PIERRE DANS LES GAULES

convenir que la tradition proteste unanimement contre le prétendu témoignage de saint Grégoire de Tours; et que toutes ses voix redisent, avec le monument de lÉglise d'Arles : « Sous Claude, l'apôtre Pierre envoya dans les Gaules, pour prêcher aux Gentils la foi de la Trinité, Paul. »

82. Le nom de Martial, le troisième envoyé de saint Pierre, n'est Saint MarUa

h Limoges.

pas moins célèbre. « Vénérable père, s'écrie Forlunat, Rome et la Gaule vous honorent, au second rang, après Pierre, comme plus jeune que lui, et son inférieur en dignité, et simultanément avec Pierre, comme son égal dans la prérogative de l'apostolat. La tribu de Benjamin vous vit naître d'un sang illustre ; la ville de Limoges conserve maintenant voire corps sacré '. » Les Actes authentiques de saint Maitial nous apprennent, en effet, qu'il fut l'un des soixante-douze disciples du Sauveur, qu'il était Hébreu d'origine, fils de la tribu de Benjamin, qu'il vint d'Anlîoche àRorae avec saint Pierre , et fut envoyé par le Prince des apôtres , pour évangéliser les Gaules *. «Martial, dit le vénérable Bède, l'un des soixante-

• Martialis résonant hic veracissima gesta.

Tellus te Romana.... te Gallica tel/us Posf Petrum, recolunt juniorem, parte secundd, Cum Pefro recolunt œquulem sorte priori. Benjamita tribus te gessit sanguine claro ; Vrbs te nunc relinet Lemovica corpore sancto.

[Patrol. lat., tom. LXXXVIII, pag. U5.)

2 Les Actes de saint Martial, connus sous le nom d'Auréllen, ne remontent pas au delà de la première période du sixième siècle. Ce sont ces Actes que Launoy, Sirmoad et autres accusaient d'interpolations, d'anachronismes, d'invraisemblances de tout genre. M. l'abbé Arbellot a eu la bouue fortune de retrouver dans le manuscrit u» 3851 de la Bibliothèque impériale de Paris, une copie des Actes primitifs de suint Martial, « Actes que Beuoît de Cluse, » au onzième siècle, croyait perdus depuis l'incendie du monastère de Saiat- » Sauveur (858) et que Pierre le Scolastiqne (X« siècle), appelle le petit livre » de la vie de saint Martial. » Nous avons soigneusement étudié ces Actes, qui occupent les folios 30, 31 et 32 du manuscrit. Ils présentent tous les cai^ctères d'authenticité désirables, et M. l'abbé Arbellot, qui se propose de les publier, a le droit de dire que « la critique la plus sévère ne trouvera «rien à reprendre dans ce texte précieux. » (Lettre de M. l'abbé Arbellot, publiée dans le Courrier d'j Lif7ioges, 20 décembre 1853.)

douze disciples de Jésus-Christ, fut envoyé de Rome dans les Gaulej par le bienheureux Pierre. Il commença ses prédications dans la ville de Limoges et ne termina sa vie qu'après avoir ruiné le culte des idoles, et rempli la cité du nom de Jésus-Christ *. » Deux fois confirmée par l'autorité des souverains pontifes, la première, en 1031, parle pape Jean XIX, la seconde, en 1834, par Pie IX, la tradition de Tapostolat de saint Martial resplendit désormais d'un éclat immortel. L'apôtre de Limoges protège toujours la noble cité qu'il enfanta à Jésus-Christ.

Récente 83. Austrcmoine (Sîremonius) à Glermont, Gatieu à Tours, Sa-

dépouverte

qni réhabilite tumiu à Toulouso et Valèrc à Trêves, ont laisse les mêmes souve-

la trariilion , , . .

et termine la nirs. Ou sétouuera peut-être que le nom de Saturnm soit rangé

controverse. v^ ,. t ■ r^ '

parmi les fondateurs apostoliques de nos Eglises, quand saint Grégoire de Tours s'appuyait précisément du texte des Actes de saint Saturnin pour reculer à l'époque de Dèce l'évangélisation de la Gaule. Il est vrai que le même historien dans un autre ouvrage nous dit que « Saturnin avait été ordonné par les disciples des apôtres. » Cette contradiction aurait dû, seule, rendre plus circonspecte la critique du xvii* siècle. Mais il fallait que toutes les incohérences, toutes les témérités, disons le mot, toutes les audaces, conspirant contre la vérité, obtinssent d'abord les honneurs du triomphe. La science devait ainsi se flageller elle-même. Voilà, en effet, qu'après tant de discussions, la controverse se termine par une découverte inespérée, qui réduit à néani les lourds sophismes, échafaudés, depuis trois cents ans, contre une tradition immortelle. Un exemplaire des véritables Actes de saint Saturnin vient d'être retrouvé à Florence , dans un manuscrit du xi* siècle ^. Le fameux

1 Lemovicas civttate deposifio Martialis episcopi, qui fuit unus ex sepluaginta duûbus, qui a Romanâ urbe a B. Petro in Gallias missus, in urbe Lemovicind prœdicare exorsus est; eversisque simulacrorum ritibus, repldâ jam urbe credu^ litatis migravit a sœculo. (Patrol., Marlyrol. Vener. Bedœ , tom. XCXIV pag. 931.)

^ Passio sancti Satumini episcopi. Le manuscrit dont il est ici question se trouve à la bibliothèque Riccardi de Florence. Parmi les parchemins du xi^ siècle, il porte le n» 223. Le texte en a été publié récemment à 7oulou^e, avec une traduction française : Post Salvatoris nostri Domini ad cœlos ascensum,

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