CHAPITRE PREMIER
SOMMAIRE
§ I. épItre de saint urbain I.
I. Notice de saint Urbain I, d'après le Liber Pontificalis. — 2. Épître de saint Urbain I. — 3. Synchronisme.
4. Travaux d'Origène. — 5. Épître de Jules Africain à Origène, au sujet de l'authenticité de l'histoire biblique de Suzanne. — 6. Réponse d'Origène. — 7. Le titre de Pape dans la primitive Église. — 8. Le droit exclusif de l'Église à l'interprétation et à la fixation du canon des Ecritures. — 9. Le docteur alexandrin Ammonius Saccas. — 10. Excommunication d'Origène.
il. Persécution des légistes. — 12. Synchronisme. — 13. Les noces de la Tierge Cécile. Conversion de Valérien son époux, — 14. Conversion de VIII. 1
Tiîiurce, frère de Valérjpn. — 15. Inlerrogatoire et condamnation de Valérien et de Tihurce. — 16. Conversion de Maxime, officier du prétoire. — 17. Martyre di'3 siiiiis Valérien, Tiburce et Maxime. — 18. Arraaialiou et interrogatoire (..• mainte Cécile. — 19. Martyre de saiata Cécile. — 20. Preuves historiques, tri(HlioiitielIes et moDumenteiles de la véracité des Actes de sainte Cécile.
g IV. UABTTRB DB SAINT CRBAIN I.
11. Soipt iàoucement et interrogatoire. — 22. Martyre de saint Urbain I
83. Notice de saint Pontien, d'après le Liber PonUficalis. — 24. Situation d'Origène, après son excommunication. — 25. Meurtre d'Alexandre Sévèie. Avènement de Maximin le Tlirace. Sixième persécution généiale. Martyre de saint Puntien.
§ I. AVÈNEMENT HT MARTTRE.
?$. Notice de saint Antéros, d'après le Liber Pontificalis. Élection et mort. — 27. Synchronisme.
§ II. ÉGUSB D'OBISNT.
S8. Influence d'Origène sur l'Église d'Orient. — 29. Miracles de saint Grégoire le Thaumaturge. — 30. Election de saint Alexandre le Charbonnier au siège éyiâcopal de Comane. — 31. Relâchement dans ks mœurs des fidèles.
§111. (ED7BES D'OBIGÈNB.
W. Dernières années et mort d'Origène. — 33. Apologie d'Origène par le martyr saint Pampbile. — 34. « Exhortation an martyre» d'Origène — 35. « Épître» d'Origène à saint Grégoire le Thaumaturge. — 36. « De la Prière. » — 37. De Resurrertione carnis, — 38. « Stromates » d'Origène. 'E^yii-ziy.oL. — 39. Uni- TersaUtè de l'Église au temps d'Origène. — 40. Dogme, discipline et cuUp. — 41. Désordres et abus ûélris par Origène. — 42. Méthode erronée d'iiUerf>rélatiou des Écritures. — 43. Le Jlepi 'Apx<j^'^ d'Origène.
§ I. Épltre de saint Cubain I.
loHee de 1. « Urbain, Romain d'origine, dit le Liber Pontificalis, eut pour i"àS?' père Pontien. Ce vrai confesseur de la foi, siégea huit ans, onze lifilafar mois et douze jours, sous le règne d'Alexandre Sévère, depuis le
CHAP. I. — EPITRE DE SAINT URHAIN I. ô '
consulat de Maxime et Elien (222), jusqu'à celui d'Agricola et Clementinus (230). Il renouvela en argent les vases sacrés de l'autel et fit faire vingt-cinq patènes de ce m/tal, pour les divers Titres de se ville. Par son enseignement, des multitudes d'âmes furent converties à la foi, et admises à la grâce du baptême. De ce nombre fut Valérien, d'origine patricienne, époux de la bienheureuse Cécile, que le saint pontife dirigea dans la voie du martyre. Un grand nombre d'autres lui durent de même cette palme glorieuse. En cinq ordinations, au mois de décembre, il imposa les mains à neuf prêtres, cinq diacres et huit évoques destinés à diverses églises. Il fut enseveli dvans la catacombe de Prétextât, sur la voie Appienne, le viii des calendes de juin (24 juin 230). Le siège épiscopal demeura vacant durant trente jours. »
La demeure de Pontien, dans la région des Uiberovennutes, avait, on se le rappelle, abrité saint Calliste. Le fils de Pontien succéda au titre glorieux du pape martyr ; il ceignit cette couronne pontificale qu'il devait lui-même teindre de son sang. Le titre de verus confessor, donné par le Liber Pon'.ificalis à saint Urbain I, n'est point, comme l'avait cru Tiilemont, exclusif de celui de martyr. Saint Urbain confessa le nom de Jésus-Christ à deux reprises diffé' rentes, devant les juges de Rome *, avant de consommer son sacrifice par le glaive. Nous avons rencontré, dans les Actes latins de saint Denys TAréopagite, cette même expression employée pour rappeler, d'une façon sommaire, les persécutions subies par le disciple de saint Paul antérieurement à son arrivée dans les Gaules. « Tiilemont, dit fort judicieusement dom Guéranger, a voulu voir dans cette antonomase du Liber Pontificalis une raison de refuser à saint Urbain le titre de martyr, prétendant que le martyre de ce pape n'est appuyé que sur ses Actes, qui n'ont, selon lui, aucune autorité. Si Tiilemont eut pris la peine de consulter les diverses éditions du Sacramentaire de saint Grégoire, qui représente la tradition de l'Église romaine sur les saints qu'elle honore, surtout quand ils ont été ses pontifes, il eût vu que saint Urbain, bous la
» Boîiaud., Ad. sanct., tom. \'i, maii. pag. 7.
4 PONTIFICAT DE SAIA. > ..lAIN I (222-230).
rubrique des calendes de juin, est constamment qualifié de pape et martyr '. » — La mesure du nouveau pape, relative à la substitution d'un métal précieux et résistant au verre, dont un décret de s;iint Zéphyrin avait recommandé l'usage pour les vases sacrés , indique, dans l'Église de Rome, un accroissement de ressources qu'il convient de noter. Au sein des catacombes, où saint Urbain I tenait le sceptre d'une royauté proscrite, affluaient des chrétiens opulents qui avaient à cœur de consacrer leurs richesses au service des autels. Nous en aurons bientôt un exemple dans la famille consulaire delà vierge Cécile et de son fiancé Valérien. Ce furent, sans nul doute, les pieuses largesses de ces riches Romains, qui permirent au pontife de relever ainsi la majesté des cérémonies saintes et l'éclat du culte divin. Les musées chrétiens de Rome possèdent encore aujourd'hui quelques spécimens des vases d'argent qui servirent au ministère ecclésiastique sur les autels des catacombes. On y remarque des amphores {bure/tes), où sont gravés soit les têtes de Notre-Seigneur et des Apôtres, soit le miracle des noces de Cana, quand l'eau fut changée en vin, à la parole du Fils de Dieu. Parmi ces vénérables reliques de l'Église piimitive, on trouve des colatoria de dimensions diverses. Ces instruments , véritables passoires , servaient au diacre qui les plaçait au-dessus du calice, au moment où il versait le vin, pour retenir tous les corps étrangers qui auraient pu se trouver mêlés au liquide. Une cuiller à encens est surtout remarquable par sa forme : le manche, terminé en fer de lance, se divise dans toute sa longueur en douze médaillons carrés, qui rappellent les douze pierres précieuses du rational mosaïque, jeprésentant les douze tribus d'Israël. Il y aurait, dans la reproduction de ces antiques monuments par l'orfèvrerie chrétienne de nos jouis, quelque chose de moins arbitraire et de moins factice que les copies de style et d'époque postérieurs, dont le caprice des tiibricants et un goût fort douteux encombrent nos églises ^
1 D. Guéranger, Hist. Je sainte Cécile, pag. 22.
* La haii-ologie latine (lom. CXXVil, col. 1327) reproduit un dessin exactde ces trois objets de l'ameublement des catacombes; deux modèles d'amphore ou bunttes; une cuiller pour l'encens et deux modèles de colalorium.