‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 3)Chapitre 2 sur 96 · CIIAP. I. — EPITRE DE SAINT URBAIN I · texte numérisé non relu

CIIAP. I. — EPITRE DE SAINT URBAIN I

2. Le Liber Pontilicolis ne mentionne aucun décret rendu parle EfAtradi pape saint Urbain I. La mesure relative aux vases sacrés ne revêtit UrtMi» I. point le caractère d'une décision législative; et, de fait, l'usage du verre se retrouve longtemps encore après cette époque, pour les vases sacrés proprement dits. Il est même resté licite jusqu'à nos •"ours, pour les burettes servant à contenir le vin et l'eau nécessaire* au sacrifice. Qnui qu'il en soit, le Corpus juris canonici nous a con« serve quelques fragments d'une Épître de saint Urbain, dont le texte entier se trouve dans les Dêcrétales. Sans prétendre attribuer k cette Epître une authenticité absolue, il serait cependant téméraiie, en l'absence de tout moyen de contrôle, de la rejeter a priori, Nous avons eu jusqu'ici assez de preuves de la légèreté avec laquelle les critiques du xvii* siècle répudiaient les monuments de l'antiquité ecclésiastique, pour que cet exemple nous rende au moins plus circonspects. Voici les passages les plus importants de l'Épître Ad omnes christianos , de saint Urbain : « Frères bienaimés, il convient aux disciples de Jésus-Christ d'imiter Celui dont ils ont l'honneur de porter le nom. Vous n'ignorez pas qu'une foule de chrétiens fervents ont maintenu, depuis les temps apostoliques, et maintiennent encore aujourd'hui, avec la grâce de Dieu, la pratique cie la vie commune. C'est là un usage qui est surtout convenable à ceux qui ont été appelés à partager l'héritage du Seigneur ; je veux parler des clercs. La multitude des croyants, lisons-nous au livre des Actes^ n'avait qu'un cœur et qu'une âme. Aucun d'eux n'appelait sien ce qu'il possédait en propre ; tout était commun entre eux. Les possesseurs de maisons ou de champs !es vendaient, en réalisaient le prix et venaient le déposer aux pieds des Apôtres '. Les prêtres ^, les clercs et les fidèles, com- * prirent donc tout d'abord qu'il y aurait pour chaque Église un Hvaii[ag(! léei à ce que les trésors accumulés ainsi par leur charité fussent administrés par l'évêque. C'était assurer dans le présent et dans l'avenir une meilleure répartition de ces richesses, soit pour

' A'-t.. IV, P,-2-^7. — ' Ouseslio : Scimus eos non ignorare, 37; qusestio !, F»"*

i/enies n .ifiu snieidctei.

le plus grand éclat du culte divin, soit pour le plus équitable soulagement de chacun des frères. Les sommes provenant du prix des héritages et des maisons qu'ils donnaient, furent dès lors immatriculées à l'Église, qui pourvoyait ensuite à la subsistance de ceux gui s'étaient dépouillés en sa faveur. Or, dans chaque parochia ', administration de ces fonds appartenait dès le principe, comme ♦.lie appartient encore et doit demeurer à l'avenir, aux évoques, qui tiennent la place des Apôtres. C'est sur ces fonds que les évêques, et leurs fidèles dispensateurs *, doivent prendre ce qui est nécessaire à ceux qui veulent mener la vie commune. Ces trésors se nomment « oblations, » parce qu'ils ont été offerts au Seigneur. Ils ne doivent donc être employés à aucun autre usage qu'au service des autels, à l'entretien des fidèles qui vivent en communauté et à la subsistance des frères indigents. Ce sont en effet les ex-voto des pieux chrétiens, la rançon des péchés, le patrimoine des pauvres, remis au Seigneur pour cette unique destination. Si quelqu'un donc, ce qu'à Dieu ne plaise! en disposait autrement, qu'il tremble d'encourir la damnation d'Ananias et de Saphira, en se rendant coupable du même sacrilège. C'est là, frères, un exemple formidable. Nous ne devons point considérer les biens de l'Église comme des biens qui nous appartiendraient en propre '. Ils sont le patrimoine commun et l'oblation faite au Seigneur. C'est donc avec révérence qu'il convient de les dispenser fidèlement, sans les détourner jamais de leur usage légitime *. » Quelle que puisse être l'opinion qu'on adopte au sujet de l'authenticité d'une telle Épître , son opportunité à l'époque du pape saint Urbain

* Nous avons déjà eu roccasion de faire remarquer, à propos des Épître.i de saiDt Ignace, l'anliquité de cette dénomination. Disons seulerueul ici qu'une des raisons pour lesquelles on croyait devoir répudier l'aulhenticité ou texte de saint Urbain I était précisément ce terme de parochia, auquel on assignait une origine beaucoup plus récente.

* Epinœpi et fidèles dispensatores eorum. Cette mention des économes de l'évêqùe paraissait aussi un anachronisme, avant la découverte des PhtlosO" phumena.

' 12, qusestio l. Res Ecclesia non quasi. — * Urbani Epistola, Pairol. grœc, tom. X, col. 133.

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