I. SOLLICITUDE PONTIFICALE
12. Notice de saint Etienne I, d'après le Liber Pontificalis. — 13. Lettre de saint I>enys d'Alexandrie i saint Etienne I pour lui apprendre le retour de l'Orient à l'unité catholique. — 14. Traité de saint Cyprien de Opère et Eleerwsijnis. — 15. Correspondance diverse de saint Cyprien. Sa lettre à saint Etienne I au sujet de Marcien, évêque d'Arles. — 16. Discussion de la lettre de saint Cyprien au point de vue de la chronologie des évêques de Gaule. — 17. Lettre de saint Cyprien et du quatrième concile de Carlhage au sujet des évêques espagnols Basilide de Léon et Martial d'Aatorga. — 18. DiscussioQ de la lettre syoodale.
§ II. DE REBAPTIZAKOIS.
19. Le baptême de» hérétiques. Opinion de saint Cyprien. — Î8. La qnesUonân
baptême dans le sens catholique. — 21. Réserves critiques de M»' T zznnisur l'authenticité des monuments. — 22. Concile d'Icône et de Syonade en AàiiJ-
Mineure. — 23. Le parti de la conciliation. — 24. Lettre de Firmilif^n; évêqae de Césarée en Caiipadoce, à saint Cyprien. — 2b. Discussion de la lettre de Firmilien. — 26. Cinqniorae concile de Carthage, premier sur la qufîslion da baptême. Lettr'"" syiioilnle. — 27. Véritables notions théologiques. — 28. Lettre de saint Cyprit-o au Idïqce Magnus. — 29. Lettre do saint Cyprien à Qulutus, évêque de Mauritanie. — 30. Sixième concile de Carlhage, deuxième sur la question du 'oaptème. Lettre synodale au pape saint Etienne 1. — 31. Réponse du pape saint Etienne. Lettre de saint Cyprien à Pompée, évêque de Sabra. — 32. Lettre de saint Cyprien à l'évêque Jovien ou Jubaïen. — 33. Septième toucile de Cartliage, troisième sur la question du baptême. — 34. Discussion critique de M9' Tizzani sur l'authenticité des monuments. — 35. Huitième concil'î de Carlhage, quatrième sur la question du baptême. Rétractation de eaiut Cyprien et des évéques d'Afrique.
§ in. HUITIÈME PERSÉCUTION GÉNÉRALE.
Synchronisme. — 37. Martyre du pape saint Etienne I.
§ I PevséMitloiif fiaerre et Peate*
i. « Lucius, dit le Zîèer Pontificalis, était Toscan d'origine. Il naquit à Lucques et eut pour père Lucinus. Il reçut la couronne du martyre et siégea depuis le consulat de Gallus et Volusien (252) jusqu'à celui de Valerien III et Gallien II (254). Après avoir été exilé pour la foi, Dieu permit qu'il retournât sain et sauf à son Église. Il prescrivit, par un décret, que deux prêtres et trois diacres accompagneraient partout l'évêque, pour constituer auprès de sa personne le témoignage ecclésiastique. Il fut décapité le m îles nones de mars (3 mars 254), par ordro de Valerien. En se rendant au lieu du supplice, il confia le gouvernement de l'Église à Etienne, son archidiacre. En deux ordinations, au mois de décembre, il imposa les mains à quatre prêtres, quatre diacres et trois évêques destinés à^ diverses églises. Il fut enseveli dans le cimetière de Calliste, sur la voie Appienne, le"viii des calendes de septembre. Après lui, le siège épiscopal demeura vacant pendant trente-cinq jours. »
La promotion da f.(«ive&u paf^ç ^a Uàù.9 ^t^. Atifical ne fit que le
ulIAP, lY. — i'ERSÉCUTION, GUERRE lîT PESTE. 29^
désigner plus spécialement à la proscription de Gallus, dont la politique à l'égard des chrétiens semble avoir été de frapper de préférence les pasteurs, pour mieux atteindre le troupeau. Saint Lucius I fut donc exilé, comme son prédécesseur, et reçut, au lieu inconnu pour nous de son bannissement, des lettres de saint Cyprien qui le félicitaient de sa glorieuse confession.
2. La peste frappaiL alors aux portes de l'empirt Pèce le Jeune, qui venait de mettre à mort saint Cornélius, en fut, a ^lOme, l'une des premières victimes ; ou peut-être, car le fait n'a pas été suffisamment éclaircij on mit sur le compte de la peste le poison qui lui fut versé par ordre de Gallus. Mais c'était eaAfrique surtout que le fléau sévissait avec une horrible intensité. Le courage des fidèles chancela un instant, en iace de ce nouveau genre de péril. Saint Cyprien adressa alors à son clergé et à son peuple le livre De Mortalitate^ un de ses plus beaux écrits. « Le monde semble crouler, dit l'évêque de Carthage; ce n'est pas l'épuisement de la vieillesse, on dirait qu8 c'est la fin dernière et universelle. Voilà donc pour les chrétiens la moment de rendre grâces à Dieu ; une prompte mort va nous soustraire aux ruines, aux naufrages et aux tortures des persécutions. Considérez, très-chers frères, que pour nous, étrangers à ce monde, pèlerins sur cette terre, la peste est la délivrance. Elle nous arrache aux pièges de ce siècle pour nous transporter dans la patrie, dans les joie? du royaume éternel. L'exilé à qui l'on ouvre le chemin du sol natal, ne s'empresse-t-il pas de traverser les mers, pour aller revoir dans la patrie les êtres chéris qu'il y a laissés? Or notre patrie à nous c'est le Paradis. Là nous avons tous nos aïenx, les patriarchesi' tous nos parents, les saints. Ils nous attendent, le- ihœurs glorieux des apôtres; le bataillon sacré des prophètes ^ innombrables phalanges des martyrs ; la légion immaculée • = vierges ; enfin toutes ces âmes miséricordieuses qui ont accom[ili les œuvres de la justice par leurs largesses envers les pauvres, et qui, fidèles aux préceptes du Seigneur, ont échangé les patrimoines de la terre contre les célestes trésors! Volons vers eux. Les rejoindre, aller au Christ, n'est-ce pas pour nous 'o bonheur suprême? (jue Jésus-Christ Notre-Seigneur lise cette pensée au fond de nos âmes! L'ardeur de
notre foi sera la mesure de notre récompense • ! — Donc, que l'épidémie, avec son flux d'entrailles épuise toutes nos forces corporelles; que le feu bouillonnant jusque dans la moelle des os, dessèche la langue dans le gosier ; que des vomissements ébranlent tout l'organisme ; que la fièvre ardente injecte les yeux de sang ; que parfois même, sous l'influence de la contagion morbide, la putréfaction gagne les pieds et fasse détacher quelques membres ; que notre corps s'afl'aisse dans une langueur qui abat toutes les facultés, paralyse les jambes, obstrue les organes de l'ouïe et de la vue 2; qu'importe ! — Messager céleste, le fléau vient explorer la justice de chacun et interroger notre âme ; pour observer si l'homme Bn pleine santé va servir le malade ; si les proches aiment tendrement ceux qui leur sont unis par les liens de la parenté ; si les maîtres prennent pitié de leurs serviteurs défaillants ; si les médecins n'abandonnent pas le pestiféré qui implore leurs secours ; si la colère étouffe ses emportements; si l'avarice éteint, en présence du tombeau, son insatiable soif de l'or; si l'orgueil apprend enfin à courber la tête; si une méchanceté audacieuse consent à s'adoucir; si les riches, voyant tomber à leurs côtés ceux qui leur étaient chers, distribuent aux pauvres des biens qui ne trouveront plus d'héritiers. Supposons que l'épidémie ne procure aucun autre avantage, elle aura du moins cette utilité pour les chrétiens et pour les serviteurs de Dieu, qu'en apprenant à ne pas craindre la mort, ils commenceront à désirer le martyre. N'appelez donc pas du nom de funérailles ces devoirs sublimes que vous impose le fléau. Ils deviennent un triomphe pour les âmes fortes; ils préparent la couronne immortelle parmi les ruines du trépan ^. » Les échos de cette éloquente parole, recueillis de siècle en siècle par le catholicisme, ont inspiré l'héroïsme des Borromée, des Bclzunce et des Sœurs de charité. Mais il y avaitàCarthage, à côté des terreurs pusillanimes qu'il fallait relever, des scrupules d'un genre tout diflérent qu'il fallait guérir. Nous transcrivons cette page de saint Cyprien.
* 8. Cypr., de Mortalitate, cap. xxv-xxvi; Patrol. laL, toin. IV, col. 600-602. — «Nous avons reproduit le texte latiQ de ce passa^'e, tom. VU de colle Hist.^ pag. 257. De Mortalit., cap. xiv. — » ibid., cap. XVI.