III
Voilà pourquoi il est écrit dans les Psaumes : « Souvener-vons, Seigneur, de l'Église que vous avez rassemblée dès le commencement '. » Ainsi, les premiers fondements de l'Église ont élé posés dès l'origine des choses, et saint Paul confirme cette vérité quand il dit : (! L'Église est édifiée non-seulement sur la base des Apôtres, mais sur celle des prophètes 2. » Or, le premier sur la liste des prophètes, fut Adam, qui prophétisa le grand mystère de l'union du Christ avec son épouse, TEglise ^. »
39. C'est dans son Commentaire sur le Cantique des Cantique»^ que le docteur alexandrin s'exprime de la sorte. « Supérieur à tous les écrivains, dit saint Jérôme, Origène s'est montré dans ce livre supérieur à lui-même *. » Nous ne pouvons qu'indiquer ici, pour l'opposer à une récente et injurieuse exégèse, l'interprétation donnée, il y a dix-sept cents ans, par Origène, à ce poème inspiré de Salomon. « L'époux, dit-il, c'est le Christ; l'épouse est l'Église, cette Église dont l'Apôtre a dit qu'elle est immaculée, sans rides, pure, sainte et sans tache. Assez longtemps, le baiser de l'époux à sa fiancée avait été transmis par la bouche de Moïse et des prophètes. L'Époux, le Verbe incarné, vint enfin lui-même et son nom (f e Jésus fut comme ud parfum divinement versé sur le monde 5. Dans son intégrité , l'épouse est très-belle ; elle est unique , la colombe des célestes jardins ! L'unité lui a donné naissance , l'unité fait sa force , sa grâce et sa splendeur ^. » Le cours des 'Eï^nY^rix» présente dans son ensemble toute la constitution et la doctrine de l'Église. Pierre en est le chef visible. <( Comme il n'avait personne au-dessus de lui sur la terre, dit Origène , Pierre apprend du ciel le secret de la vocation des Gentils. Ce n'est pas une seule voix qui se fait entendre à son oreille ; trois fois , le message céleste lui est répété , comme ^ chacune des personnes de l'auguste Trinité avait voulu lui
• Psalm., Lxxiv, 2. — * Epbes., 11, 20. — ^ Origen., In Cantic. cantic. comment., lib. M; Patrol. grœc, tora. XIII, col. 134. — * Origenes, cum in cœieri^ libis omnesvicerit, in Cantico caniicorum ipsesevicit. Hieronym. ad Damasum l'aî>aui; Pairol. grœc, tom. XIll, col. 35. — * Origen., In Cantic. cantic. ,îih. I, boni, 1, cap. i-iv. — 6 Ibid., v.
CHAP. I. — CEUVBI-S d'ORIGÈNB." 99
parler tour à tour '. » Ailleurs, rapprochant la parole de Notre- Seip:neur adressée à saint Pierre : « Je te donnerai les clefs du royaume des deux, » de cette autre où le Seigneur disait aux apôtres réunis : « Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel ; tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel, » Ongène fait cette remarque : « Il faut cependant qu'il y ait une prérogative spéciale pour Pierre. Or, si nous entendons bien ces deux passages, nous en trouverons une immense. Pierre a reçu non pas la clef d'un seul ciel, mais la clef de tous les deux. Ce que lient ou délient les autres apôtres n'est lié ou délié qu'en un seul point du ciel ; leur pouvoir ne va pas au delà. Pierre seul lie et délie sur tous les points du ciel*. » La hiérarchie de l'Église se complète par les évoques, les prêtres, les diacres, les ministres inférieurs et les simples fidèles. « Les évêques et les prêtres, dit Origène, sont les yeux; les diacres et les ministres les mains; le peuple les pieds du corps mystique, dont Jésus-Christ est le chef. » Les veuves et le.? vierges forment un ordre à part, dans la communauté des fidèles chrétiens *. Ainsi constituée, l'Église, au temps d'Orîgène, avait envoyé ses colonies sur tous les points du monde. « Toute la terre salue avec allégresse son Sauveur ! prophétisait Ézéchiel. Or , reprend Origène, les Juifs aveugles lisent cette parole, ils en voient la réalisation, sans comprendre ni l'une ni l'autre. Ils confessent que le prophète entendait parler de l'avènement du Messie; ils sont forcés de reconnaître qu'aujourd'hui le nom du Christ est prêché par tout l'univers ; et ils s'obstinent à ne pas voii QV.2 le Christ est le Messie ! Avant la prédication du Christ, câand donc la terre des Bretons reconnut-elle la religion d'un seul Diea ? Quand donc les peuplades de la Mauritanie, l'univers tout entier, offrirent-ils ce magnifique spectacle de l'unité d'une même foi ? Aujourd'hui, grâces aux églises disséminées jusqu'aux
1 Grigen., In Levitic, hom. 7; Pairol. grcec, tom. XU, col. 483. — *Origen., In MaWu, tract. Xlll; Patrol. grœc, XIII, col. H80. — ' Origeu., In Matth. comment.:, D. Ceillier, édit. Vives, tom. II, pag. 231, not. 9. — * Origen., Comm. in Epist. ad fiom., lib. X, cap. xvii; Patrol. grœc, tom. XIV, col. 1278; Ibid., lib. VIII, Epist. ad Roman.
ICO lO.MiflCAT DE SAÏMT ANTÉROS (235-236).
•^vtré^Jités du monde, la terre entière salue avec -lUôgressc le nom da Dieu d'Israël; elle est entrée dans le partage des proruesses, et devenue capable d'hériter du royaume des cieux '. ;> 0;i remarquera .e témoignage écrit par Origcne vers l'an 230. époque où la cri-
iqae gallicane du dernier siècle prétendait que nos l'égions septentrionales des Gaules devaient attendre vingt ans encore les premiers missionnaires de la foi. Pour qu'il ne puisse rester ; ombre d'im doute sur la portée de cette parole d'Origène, ci qu'on ne se croie pas le droit de l'écaiter comme une formule oratoire se prêtant à l'élasticité d'une interprétation que chacun serait :!brc de resserrer ou d'étendre à son gré, le docteur alexandrin ;evicnt à diverses reprises sur le fait extraordinaire de l'universalité si rapidement conquérante de l'Église. « Qui ne s'étonnerait, ;lit-il, de voir déjà réalisée la prophétique parole de Jésus-Christ : Mon évangile sera prêché dans tout le monde? La prédiction est : our nous un fait accompli, A l'heure où je parle, dans toutes les lerres qui sont sous le ciel, chez les Grecs, les barbares. :,artout, l'Évangile de Jésus-Christ a été prêché aux sages et aux i-jnorants, aux peuples et aux rois. Le Verbe, la parole divine. a vaincu tous les obstacles de l'ordre naturel. Il n'y a pas une >eui'e race d'hommes qui soit restée en dehors de ce prodigieux mouvement ^. » — Ce miracle de premier ordre que l'illustre docteur constate ainsi ne l'empêche pas de signaler au rationalisme .sophistique des partisans de Celse les moyens préparatoires et les voies providentielles que le gouvernement divin avait ménagés ■our un pareil résultat, « Dieu, dit-il, en prévision de l'unité
•pirituelle à laquelle il voulait appeler le monde, rassembla les nations sous le sceptre unique et universel d'un empereur romain. Une multiplicité de royaumes fractionnés et ennemis eut augmenté inutilement pour les Apôtres la difficulté de la mission donnée par Jésus-Christ : Allez, enseignez toutes les nations. Voilà pourquoi Jésus-Christ naquit sous le règne d'Auguste, le premier des Césars
' Origen., In Ezechiel homii. IV. Patrol. grœc, tom. XIII, col, 698, — « Oriceii.. Contra Celsun,, îib. Il, cap. xv; Patrol. grœc. lum. XF, col. 824,
CllAP. I. — ŒUVRES D'ORIGÈNE. 101
ç^i ait fusionné dans l'unité d'un même empire les multitudes dispersées par tout l'univers. Sans cette unité préalable, comment les Apôtres eussent-ils pu s'introduire parmi des peuples armés les uns contre les autres, dans une hostilité implacable et sans fin? Il fallait à la doctrine de paix, qui nous défend de rendre à notre ennemi injure pour injure , un monde pacifié, oîi l'on put pénétrer sans autres armes que celles qui frappent toujours nos têtes, parce qu'elles sont aux mains de nos persécuteurs ' ! » Voilà toute l'accommodation providentielle admise par Origène dans le grand fait de l'évangélisation universelle et simultanée du monde. Elle ne ressemble guère à certaines théories récentes, qui prétendent que le monde était chrétien par toutes ses aspirations, philosophiques, politiques et sociales, avant de l'être en fait par la foi. D'ailleurs, de même qu'aujourd'hui l'Église est véritablement catholique, bien qu'elle n'ait point encore achevé la conversion de l'Inde, du Japon, de la Chine et des îles de l'Océanie ; au temps d'Origène, elle l'était de même, malgré des restrictions analogues, que le grand docteur a pris soin de noter, comme pour mieux accentuer sa pensée et renverser d'avance la thèse des adversaires de l'apostolicité des églises de notre patrie. «Ainsi, dit Origène, l'Évangile n'a pas encore, que nous sachions, été prêché dans toutes les peuplades de l'Ethiopie, surtout chez celles qui habitent par delà les sources du Nil. Les Sères (Chinois), au fond de l'Orient, n'ont pas encore ouï la bonne nouvelle. Chacune des tribus Bretonnes ou Germaniques, par delà l'Océan, n'a pas encore embrassé la foi. Il en est de même d'autres peuplades barbares, chez les Daccs, les Sarmates et les Scythes, dont un grand nombre n'ont point encore mtendu la parole cvangélique. Mais leur tour viendra, elles l'entendront ^. » Visiblement, dans ce passage, Origène fixe les exceptions telles qu'elles se produisaient de son temps. En principe général «Toutes les races d'hommes avaient été évangélisées, » bien que chaque fraction en particulier ne l'eût point été encore. Mais qui
> Patrol. grcec, cap. xxx, col. 850. — * Origen., /» Maiih, tomment, ttriet. Patrol. grcec, tom. XIII, col. 1053.
doute que si la Gaule, l'une des provinces les plus uniflées de rempire romain, n'avait point alors été évangélisée, Origèns ne l'eût inscrite en première ligne, avant les Chinois, avant les nègres inconnus des sources du Nil, avant les Sarmates et les Daces?
40. Au point de vue dogmatique, liturgique et disciplinaire, les 'E^r,Yr,Ti/.a d'Origcne ne sont ni moins précieux, ni moins ;ntéressants pour l'histoire. C'est là qu'il faut aller chercher la véritable doctrine du maître. Par son étendue et la variété infinie des ma^ tières, cette collection échappa à la frauduleuse malveillance des hérétiques. Nous allons donner une analyse rapide des points principaux qui y sont formulés , en renvoyant par des notes exactes au texte même du grand docteur. En thèse générale et absolue, Origène enseigne comme une vérité incontestable que les écrivains sacrés ont été les organes du Saint-Esprit ; que tous les livres saints, soit de l'Ancien, soit du Nouveau Testament, ont été divinement inspirés '. Son Canon des Écritures est exactement semblable à celui que l'Église catholique a fixé depuis *. Il distingue très-nettement les trois personnes de l'auguste Trinité , Père, Fils et Saint-Esprit, en affirmant leur unité divine '. Son exposé du mystère de l'Incarnation n'est pas moins orthodoxe, et le fait est important à constater, en présence de l'hérésie formulée par l'auteur des Philosophumena, ce livre dont on voulait attribuer la responsabilité à Origène. « Nous ne séparons pas, dit-il, Jésus du Fils de Dieu. Après l'Incarnation, l'âme et le corps de Jésus furent unis dans une seule et même personne avec le Yerbe de Dieu *. Nous croyons donc et nous affirmons, comme une réalité certaine, que le Fils de Dise, Dieu avec son Père de toute éternité, est le Verbe lui-même qui, dans l'Incarnation, prit un corps mortel et une âme humaine ; que ce corps et cette âme furent dès lors, non point associés par une simple alliance, mais intimement, étroitement, indissolublement unis à la divinité, dans une seule ei mêma
* Origen., Contra Celsum, lib. V, cap. lx; Patrol. grœc, tom. XI, tfk. 1273. — • D. Ccillier, Hist. génér. des auteurs eccle's., tom. Il, pag. 205-208. — ' Origen., Soniil. XII in Numéros. Patrol. grœc, tom. XII, col. 657. — ♦ Origeo., ^jutr^ Ceitum, lib. II, cap. ix; Patrol. grœc, tom. XI, col. 810.
cnAP. I. — ŒUVRES d'origène. 103
personne qui est Dieu '. » Il est impossible, croyons-nous, d'exprimer une condamnation plus énergique du système Dithéite^ rêvé par le schismatique auteur des Philosophumena. Origène oppose la même fermeté de doctrine aux imaginations de la Gnose. Il prouve la réalité matérielle et palpable du corps de Jésus* Christ, « né d'une Vierge, dit-il, conçu par l'opération du Saint- Esprit, sans que la virginité de Marie ait rien perdu de sa fleur immaculée '. » La Rédemption du monde a .été le prix des souffrances et du sang de Jésus- Christ, réellement versé pour nous. « Et qui donc, demande Origène, pouvait sauver l'âme de l'homme et la conduire à Dieu, sinon le Verbe de Dieu devenu chair pour racheter l'homme charnel, pour se manifester sous une forme visible à des yeux qui n'eussent pu contempler le Verbe invisible en tant qu'il était en Dieu et Dieu lui-même '? Après sa Passion, avant de ressusciter son corps du tombeau, il descendit aux limbes pour délivrer les âmes des saints, et, après sa résurrection et les derniers jours de sa présence corporelle sur la teryç, il s'éleva triomphant dans les cieux, d'où il reviendra un jour *. » Le dogme du péché originel est étroitement lié, dans l'esprit du docteur alexandrin, avec toute l'économie du mystère de la Rédemption, « Toute âme humaine, dit-il, apporte en naissant la souillure contractée par la déchéance d'Adam, notre premier père. Voilà pourquoi l'Église administre le baptême pour la rémission de ce péché même aux petits enfants * qui n'ont pu commettre encore ni les péchés graves que nous nommons mortels , ni les infractions moindres que nous nommons vénielles ^. » Nous avonp^âéjà cité les témoignages relatifs à l'Eucharistie, et au soin que les fidèles pre* naient de ne pas laisser tomber à terre la moindre parcelle dd
1 Origen., Contra Celsum, lib. III, cap. XLi, col. 973. — * Origen., In Luccm homilia, 14; Patrol. grœc, tom. XIII, col. 1386; ibid., homil. XVII, col. 1845; In Levitic. homilia 12; Patrol. grœc, tom. XII, col. 539. — ' Origen.. Contra Celsum, lib. VI, cap. Lxviii; Patrol. grœc. , loin. XI, col. 1401. —* Origen.» In lihrum Regum, homil. 2; Patrol. grœc, tom. XII, col. 1020 et seqq.; In Jereyniam, homil. 9, col. 348. — * Origen., In Levitic.^ homil. 8, cap. lîi; Patixil. yrœc, tom. XII, col. 496. — * Origen., In Ezechiel, hom. 9, cap. ii ; Patrol. grcBc, toQi. XIII, col. 734.
corps de Jésus-Christ. « Notre Pâque, à nous chrétiens, dit Origène, c'est le Christ immolé. Nous renouvelons chaque jour cette fête, en mangeant la chair du Verbe '. Nous nous donnons alors le saint baiser dont parle l'Apôtre, et dont l'Église conserve l'usage. Ce baiser est saint parce qu'il est chaste comme l'Église notre mère ; iiarce qu'il n'a rien de commun avec le baiser de Judas, qui portait l'amour sur les lèvres et la trahison dans le cœur ; parce qu'il est un gage mutuel de paix, dans la simpUc'té d'une conscience sincère et d'une charité non feinte ^. •* Ces paroles d'Origène nous portent à croire que, dans la pensée de la primitive Eglise, il y avait une relation mystique entre la communion et le baiser fraternel. Après la première communion du Cénacle, Jésus-Christ avait reçu le baiser de la trahison. Les frères, en se donnant le baiser de l'amour sincère, protestaient contre le crime du premier apostat. La doctrine d'Origène sur la confession, ou exomologèsc, se recommande d'elle-même à la sérieuse attention des protestant?. « Le pénitent qui a recours à Vexomologèse, o\ confession de ses péchés , dit-il , tient réellement ce langage au ministre qui l'écoute : Comprends, ô mon frère, que je suis un homme fidèle, mais faible, dont l'infirmité a pu se laisser vaincre par la tentation. Et maintenant, dans ses remords et sa douleur, mon âme pousse des rugissements de désespoir. Je cherche le remède à ma blessure, je cherche la guérison de mon âme. Voilà ce que dit le pécheur, et, au prix d'une confusion passagère qui accompagne l'aveu, il achète le pardon et le triomphe solennel pour le jour du jugement ^. Ainsi, la divine Écriture nous apprend à ne point celer notre péché dans l'intérieur de l'âme. De même que, dans l'ordre physique, l'estomac chargé d'une ./ourriture indigeste ou d'un amas de bilû sc soulage par le vomissement; de même, dans 'ordre de la grâce, le pécheur, tant qu'il retient et cache sa faute, demeure comme suffoqué. Mais lorsque, devenu son propre accusa-
•Origen., Contra Cehum, lib. VIII, cap. xxii ; Patrol. graea, lom. XI, col. 1552. — > Origen., In Epist. ad Roman., lib. X, cap. xxxili; Patrol. grcec.f tom. XIV, col. 1282, 1283. — » Origan., In Psalm., xxivii, homil. 11 ; Patrol, greec, tom. XII, col. 1380, 1381.
CUAP. I. — OEUVRES D'OHIGÈNE. lUo
teur, il confesse son péché, ce vomissement produit la guérison spirituelle. Préoccupez-vous donc uniquement de bien choisir le ministre à qui vous vous confesserez. Cherchez entre mille le anédecin à qui vous devrez confier la cause secrète de vos langueurs, et qui devra savoir, lui, être infirme avec son infirme pénitent, pleurer avec lui, pratiquer enfin la discipline du Christ : tondouloir et compatir. D'un tel médecin , savant à la fois et miséricordieux, recueillez toutes les paroles, suivez tous les conseils. Si, après mur examen, il juge que l'état de votre âme soit tel que, pour votre salut et pour l'édification des frères, il soit expédient de faire en public la confession de votre faute, soumettez vous a son jugement '. » Ainsi, dans la ferveur de leur repentir, il n'était pas rare que les pénitents de la primitive Église fissent publiquement, devant les frères assemblés, l'aveu de leur faute. C'était à la lois une réparation du scandale et une humiliation satisfactoire. Mais cet aveu public ne devait avoir lieu que sur l'avis du confesseur qui appréciait les questions de convenance et d'opportunité. Il y avait donc des confesseurs et une science de la confession, au temps d'Origène. La parole de Jésus-Christ aux Apôtres : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez : » cette divine institution du sacrement de Pénitence avait donc produit d'elle-même la confession individuelle. Origène, Tertullien, tous les Pères apostoliques le croyaient, comme l'Église catholique le croit, le pratique et l'enseigne aujourd'hui encore.
41. Cette majesté radieuse, cette pureté immaculée de la sainte tglise, épouse bien-aimée du Christ, dont Origène aimait à décrire les splendeurs, les institutions et les gloires, n'étaient pas plus respectées de son temps qu'elles ne le sont de nos jours par une foule d'ambitieux vulgaires, d'esprits sordides et d'âmes basses qui compromettaient le nom de chrétien, en persistant aie porter. N(*us avons précédemment surpris en flagrant délit de manœuvres coupables, de schismatique perversion et de vile cupidité, un
* OrigeD , In Psalm. xxxvil, cap. vi ; Palrol. qrcec. tom. Ail, col. î3.'6.
premier antipape, pénitent plus tard, du nom de Natalius, et un second, l'auteur des Philosophumena, dont malheureusement noua pouvons craindre l'impénitence finale. La pieuse et éloquente indignation d'Origène, quand il flétrit la conduite et la doctrine de pareils hommes, est une protestation indirecte contre le systèma qui avait prétendu identifier le docteur alexandrin avec l'auteur des Philosophumena. « Disons-le donc en rougissant, s'écrie Origène, il en est qui, dans l'Église du Christ, aiment les festins et recherchent les tables somptueuses. Il en est qui convoitent honteusement les premières chaires; qui se remuent et s'agitent, d'abord pour devenir diacres. Quels diacres, hélas ! non pas ceux dont parle la sainte Écriture, mais ceux qui, sous d'hypocrites prétextes, dévorent les maisons des veuves. Aussi, quel jugement formidable leur est réservé ! De pareils diacres, conséquents avec leur cupidité, ambitionnent plus tard les premières chaires entre les prêtres. Insatiables d'honneurs, ils intriguent pour se voir enfin décorés parmi les hommes du nom d'évêques, comme ces Pharisiens qui ne résistaient pas à l'ambitieuse vanité de porter le titre de Rabbi. Quand donc méditeront-ils la parole de l'Apôtre : a II faut que l'évêque soit irréprochable, sobre, hospitalier, prudent, chaste, modeste et sans ambition ' ? » Que les princes de l'Église apprennent donc à secouer le joug de la chair et du sang; qu'ils ne laissent point le gouvernement spirituel comme un héritage à leurs parents, à leurs proches, ou à leurs amis. Qu'ils s'en remettent complètement au jugement de Dieu pour le choix de leurs successeurs *. En chassant des portiques du Tecple les vendeurs de colombes, j'estime que Notre-Seigneur nous enseignait à ne livrer point les églises à des évêques, prêtres ou diacres avares, desp^)tes, ignorants et irréligieux ^. Dans la pensée de Jésus-Christ, un prince de TÉglise, c'està-dire un évêque, doit être le serviteur des serviteurs. Voilà ce que nous enseigne le Verbe de Dieu. Hélas ! soit ignorance, soit dédain
' I Timotli., ni, 2, 3; Origen., In Matth. comment ariorum séries, cap. XI; Palrol. grœc, toiu. XIII, col. 1G16. — » Origen., In Numéros homil. XXII, cap. IV; Patrol. fjrœc, tom. XII, col. Tii. — * Oiigau., Comment, in Matth. , tom. XVI, cap. ixii; Patrol. grœc, tom. XIU, col. 1418.
CnAP. I. — ŒUVRES n'ORIGÈNE. 107
de ce précepte du Sauveur, notre infirmité est telle que parfois nous dépassons le faste des princes des nations, nous environnant de satellites comme des rois ; dans un appareil de terreur, nous rendons aux pauvres surtout l'accès difficile près de notre personne, faisant aux visiteurs qui viennent nous demander quelque grâce un accueil tel que les tyrans et les plus cruels des princes en feraient à peine à des suppliants. Dans la plupart des églises, dans celles des grandes villes notamment, il n'est pas rare de rencontrer des princes du peuple de Dieu qui montrent cette hauteur vis-à-vis même des plus illustres disciples de Jésus-Christ. Il s'en trouve qui abusent de leur autorité pour accabler les petits et les pauvres sous le poids des plus rigoureuses menaces, ne conservant nulle égalité dans le gouvernement de leurs sujets ; quand ils devraient au contraire songer que, si la modestie et l'équité sont le devoir strict de tous les chrétiens, elles sont plus spécialement encore obligatoires pour ceux qui sont revêtus des dignités de l'Église '.» Certes, des passages comme ceux-ci renversent de fond en comble la thèse surannée des historiens qui ne trouvaient pas une seule trace d'abus à reprendre, dans les trois premiers siècles de l'Église, afin de se réserver la joie de ne signaler que des abus dans tous les siècles subséquents. Mais aussi il faut convenir qu'en s'élevant avec cette vigueur apostolique contre les intrigues, le faste, la tyrannie insupportable des ambitieux de son temps, Origène ne laissait à personne, dans l'avenir, le droit de l'accuser lui-même d'une ambition semblable, et de lui prêter le triste rôle accepté par l'auteur des Philosophumena.
42. Ces extraits suffiront pour donner une idée de la manière Méthode toute pratique dont le grand docteur interprète l'Écriture. La pu- Yerp"r?tauÔD rôle divine était pour lui une règle de conduite, comme elle était une règle de foi. C'est en ce sens qu'il donnait à son Commentaire le titre d"E£rjY^ujca (Interprétation de la loi). Il n'aurait guère atteint le but qu'il se proposait si sa méthode eut été réellement celle que
» Origen., In Matth. comment., tom. XVI, cap. vni ; Patrol. grœc, lom. XIII, col. 1394.
des Ecriture;
les Bénédictins, éditeurs de ses œuvres, résument en ces termes «L'Écriture a trois sens, littéral, moral, mystique ou allégorique. Certains passages ne se prêtent qu'à un seul de ces trois sens ; d'autres admettent à la fois le sens littéral et le sens mystique. En général, le sens littéral suffit pour l'instruction et l'édilication des fidèles. Cependant ia lettre seule offre parfois »lcs faussetés, des absurdités, des contradictions, des impossibilités manifestes; de là sont émanées des erreurs infinies. Le sens mystique, ou allégorique, est autorisé par le Nouveau Testament : il est absolument nécessaire pour défendre la vérité des Écritures, et prouver qu'elles sont véritablement dignes de Dieu. Il est extrêmement difficile, sinon impossible, d'atteindre tous les sens mystiques que récèle en soi l'ICcriture. Les règles suivantes pourront cependant aider dans cette recherche : 1° Toute la loi cérémonielle du Testament Ancien est si absolument figurative qu'il ne faut jamais y voir le sens littéral, mais y appliquer toujours et partout le sens allégorique; 2° Toutes les fois qu'il est question de Jérusalem, de l'Egypte, de Babylone, de Tyr, ou d'autres localité terrestres, il nous faut les entendre des régions célestes, demeure des âmes; 3" !1 faut abandonner la lettre et recourir au sens mystique toutes les fois que la lettre paraîtra fausse, inutile, ou indigne de Dieu. » Tel est le compendium de la méthode dite d'Origène. Et l'on reste stupéfait, ajoutent les Bénédictins, quand on entend ce grand homme soutenir un paradoxe aussi pernicieux que celui-ci : « La lettre des deux Testaments renferme des erreurs, des absurdités, des contradictions, des impossibilités manifestes •. » C'est là, dirons-nous à notre tour, le système erroné qui fut condamné par l'Église, aux m' et iv" siècles, sous le nom de l'Origénisme. Mais ce système était-il réellement celui du docteur alexandrin? On aura quelque raison d'en douter, si l'on veut bien considérer que l'exposition de cette doctrine se trouve nniquement dans le livre mpi 'Apyûv, ce traité d'Origène notoirement altéré, falsifié, interpolé et surchargé par les hérétiques. Nous
» Delarue, Synopsis Origenianœ melhodi ad Scripturarum inlerprelalionem. Patrol. grœc, tom. XII, praefatio ia 'ElTjyr.Tixa, col. 10 et seq.
CUAP. I. — OEUVRES d'ORIGÈNE. 109
citions tout à l'heure des passages, où, dans son Commentaire suî l'Écriture, Origène affirmait que, dans les Livres saints, tout jusqu'au moindre iôta fut dicté par l'Esprit de Dieu et inspiré par le A6yo; divin. Par quelle étrange aberration d'esprit, oubliant cette doctrine qui est celle de Jésus-Christ, des Apôtres et de l'Église entière, le docteur alexandrin, ce ferme génie, cette poitrine d'airain ou de diamant , aurait-il pu proférer contre l'Esprit-Saint et le Verbe de Dieu un blasphème aussi impie? Origène passa trente années à rédiger la collection laborieuse des Ociaples et des Hexaples ' ; à noter scrupuleusement jusqu'au moindre trait, jusqu'au dernier obélos., dont il rencontrait des variantes dans les divers manuscrits de l'Écriture. Et l'on croirait que ce grand homme se fût imposé une pareille tâche , s'il eût été persuadé que ce livre unique, la Bible, qu'il transcrivait au prix de tant d'efforts, d'abnégation et de sacrifices, était au fond un tissu d'erreurs manifestes, de contradictions palpables, d'impossibilités matérielles, historiques et morales! J'avoue que, sans nier absolument la possibilité d'un égarement si lamentable , il me faudrait, pour l'attribuer à Origène, une autre autorité que celle du nepÊ 'Âpxwv, dont l'altération par des mains hérétiques était déjà un fait accompli du vivant même de son auteur, lequel se plaignait amèrement de l'abus qu'on faisait de son nom et de ses ouvrages. Les huit livres d'Origène contre Celse * n'ont pas subi cette flétrissure de l'hérésie. Or, dans cette réfutation du philosophe épicurien, le grand docteur défend ligne à ligne, mot à mot, lettre à lettre , l'intégrité , la véracité , l'inspiration des quatre Évangiles. Commen'i donc eût-il pu établir, en principe de son exégèse, que la lettre des deux Testaments fourmille d'erreurs, d'absurdités, de contradictions et d'impossibilités manifestes?
> Origen., Odapl. et Hexapl. Fragm. Pair, grœc, tom. XVI, XVI bis, XVI ter.
* Orlgen., Contra Celsum, lih. VllI; Patrol. grœc, tom. XI, col. 638-1682- Nous en avons donné une rapide analyse, tom. VII de cette Histoire, pag. 72. Il serait inutile d'examiner ici plus en détail ce grand ouvrage d'Origène, où nous retrouverions exactement les mêmes objections et les mêmes réponse» déjà produites dans le récit évangélique de la vie de Notre-Seigneur. (Cf. tom. IV et Y de cette Histoire.)
1 [0 PONTIFICAT DE SATNT ANTÉPOS (235-236).
u 43. Tel est l'état de la question par rapport à Origène. Entre les
^d (ir^rne'!" principes qu'il a soutenus réellement et ceux qu'une fraude hérétique a visiblement introduits dans ses ouvrages, il y a un abîme. Resterait h établir une ligne de démarcation entre les uns et les autres ; cela ne serait possible qu*à une seule condition, celle de découvrir le texte grec primitif du mp^ 'Apywv, tel qu'il sortit de la plume d'Origène, c'est-à-dire entièrement débarrassé des interpolations et surcharges apocryphes. Or, nous ne possédons pas même un texte grec de ce livre. Il ne nous en reste qu'une traduction latine, publiée par Rufm, au iv* siècle, et composée non sur un texte grec authentique mais sur un texte interpolé. L'autorité d'un pareil ouvrage est faible, aux yeux d'une critique impartiale. Ajoutons qu'au point de vue du droit canonique elle est nulle. Un des principes du droit, quand il s'agit de juger de l'orthodoxie d'un écrivain, est celui-ci : Tout livre posthume, publié sans que l'auteur ait pu lui donner sa forme définitive, ne saurait être admis comme représentant exactement la doctrine de l'auteur. Cette règle, empreinte éminemment de la prudence et de la tendresse maternelles de l'Église, trouvera plus d'une fois son application dans le cours de cette Histoire. Nous croyons qu'elle se peut invoquer à propos du llepi 'Apx^v, dont la version latine actuelle, faite sur un texte altéré, ne fut publiée que bien longtemps après la mort d'Origène, qui s'était doucement éteint dans la communion de l'Église, laissant une mémoire aussi admirée que chérie des plus saints personnages de son époque. Quoi qu'il en soit, voici une analyse sommaire de ce fameux traité, tel que nous le possédons aujourd'hui. Il se composait primitivement de huit livres ; mais déjà, au temps de Rufin, les quatre derniers étaient perdus, et la traduction latine du prêtre d'Aquilée fut ainsi restreinte à la première moitié de l'œuvre. Incidemment il nous faut noter la disparition si rapide, un siècle seulement après la mort d'Origène, de son ouvrage capital. On devine sans peine et vraisemblablement sans aucune espèce de jugement téméraire une manœuvre hérétique, dans la suppression complète de tous les exemplaires pri- Enitifs remplacés subitement par un texte manifestement tronqué.
CHAP. I. — ŒUVRES D'ORIGÈNE, lij
Pour achever de jeter la confusion dans un sujet déjà hérissé ds doutes et de difficultés inextricables, Rufin nous avertit, dans uav première préface de sa traduction, qu'il a pris la liberté de retraa cher tout ce qui ne lui paraissait conforme ni à la doctrine d'Ori» gène, ni à colle de l'Église •; et, daas une seconde, motivée par les réclamations et les attaques qui s'élevèrent aussitôt l'apparition des deux premiers livres de sa version, il nous prévient encore que « pour abréger, il a retranché ce qu'il a voulu «. » Au premier malheur d'une interpolation hérétique s'ajoute donc la nouvelle calamité d'une version arbitrairement faite. La part d'Origène en tout cela devient de plus en plus difficile à déterminer. Le premier livre des Principes, ou Depi' 'Apxûv, se divise en sept chapitres, dont l'objet est clairement indiqué par les titres mêmes ; De Dieu; du Christ; de l'Esprit-Saint; de la Chute; des Créatures raisonnables; de la Fin ou Consommation; enfin des Natures corporelles et incorporelles. Destiné à la réfutation des erreurs de la gnose de Valentin, de Marcion et de Basilide, ce premier livre établit le dogme de l'unité de Dieu, seul principe de toutes choses, essentiellement bon et immuable. Dieu personnel et incorporel, un flans la trinité de ses hypostases. Cette exposition du dogme catholique est à peu près irréprochable. Il n'en est pas de même des opinions exprimées à plusieurs reprises sur la préexistence des âmes ; sur la nature des anges que l'auteur suppose capables de mérite ou de démérite , prétendant que la hiérarchie des chœurs angéliques est fondée sur le degré de leurs vertus morales. Nous ne parlons point ici, comme d'un reproche sérieux, de la théorie relative anx sphères célestes. On a dit que fauteur du lit^i 'Apx«v enseignait ex professa que les astres étaient habités. Ce n'est pas là véritablement sa pensée ; il suppose que les astres ont une âme. Paut-il entendre par là qu'ils sont régis par les anges que Dieu a préposés à leur garde? Ce sens ne répugnerait en rien à la foi catholique. Mais il est plus vraisemblable que l'auteur considérait
1 Rufini, Prologus ad lîepî 'Apxtôv. Pair, lat., tom. XF, col. 113. — « Orlgen,, ïlepi 'Apxwv, ad iib. III, prsefdlio Rufiai; Patrol. grœc, tom. XI, col. 248.
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réellement les corps célfsics comme des personnalités animées, d'une nature différente et plus sublime que la nôtre. A cette époque, l'astronomie dépourvue des instruments de précision qui ont si considérablement modifié ses systèmes, ne soupçonnait çaa le volume, la dimension et la nature vraie des corps célestes. Nul donc ne pouvait songer à la possibilité que les astres fussent peuplés de créatures plus ou moins semblables à nous. L'auteur du nepî 'Apxwv se contente seulement d'indiquer que ces régions de lumière pouvaient être les échelons du royaume des cieux, pour les âmes délivrées du corps. Cette vue ne manque ni de grandeur, ni d'harmonie. Les chapitres du IP livre sont ainsi intitulés : De la perpétuité des natures corporelles ; du Commencement du monde et de ses causes; le Dieu de la loi et des prophètes est le même que le Père de Jésus-Christ Notre-Seigneur; du Juste et du Bien; de l'Incarnation du Christ; de l'Esprit-Saint; de l'Ame; du Monde; du Mouvement des créatures raisonnables, bonnes ou mauvaises, et de ses causes ; de la Résurrection ; du Jugement, du feu et des peines de l'enfer ; enfin des Promesses éternelles. Les erreurs s'accentuent plus nettement dans ce livre. L'auteur enseigne que les bienheureux ne sont pas impeccables, et que, dès-lors, leur félicité n'est point nécessairement éternelle. Par voie d'analogie, les peines de l'enfer ne dureront pas non plus toujours. Après des myriades de siècles surajoutées à d'autres myriades, les mauvais anges elles damnés deviendront les amis de Dieu et alors se consommera pour jamais la grande réconciliritîon qui remplira d'une paix sans fin les rivages de l'éternité. Ce sont là autant d'imaginations hyperboliques, que l'Église a positivement condamnées. Le IIP livre est presque entièrement consacré à l'examen d'une question fort ardue, celle du libre arbitre ; l'auteur s'y montre presque partout irréprochable. Il n'en est pas de même du IV' livre, où il expose sa théorie sur l'interpr6tation des Écritures, dont nous avons reproduit plus haut l'analyse. Ainsi le bien et le mal, le vrai et le faux, le rationalisme et la foi, la grandeur du génie catholique et les puérilités du Visionnaire se côtoient dans ce livre du nepî 'Apyûv, resté comme
'.ilAP. I. — CEUVRES D'ORIGÈNE. 1 ?3
' !i point d interrogation suspendu sur la mémoire d'Origène. T'n Kiot de Bossuet nous semble donner la conclusion pratique : «( Leç ^•uvres d'Origène, dîsait le grand évêque deMeaux, ont ^,té autre >is rigoureusement défendues, à cause de ses erreurs ou de celies qu'on avait glissées dans ses livres. Maintenant que res matières dont il s'agissait sont tellement é.'^laircies qu'il n'y a plus de péril qu'on s'y trompe, vous pouvez le . ire à cause de la piété qui règne dans ses ouvrages, en vous souvenant néanmoins que c'est uu auteur dont ï'autorîté n'est pas égale à celle des autr«>s Pères*. î)
So3saef., Lettre* de piété et de direction, LeUrfi 3.9
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