‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 4)Chapitre 26 sur 77 · CHAP, I. — SACRE DE S, AUGUSTIN ET DE S. CHRTSOSTOME · texte numérisé non relu

CHAP, I. — SACRE DE S, AUGUSTIN ET DE S. CHRTSOSTOME

« Mais, dit M. de Rossi, quelle pouvait être îa memoria du saint martyr Hippolyte, à laquelle commençaient les galeries édifiées per le prêtre ilicius? Dans cette direction, en face de la basilique Paden liana, au vico patricio, se trouve précisément une petite église qui porte encore aujourd'hui le vocable et le titre de Saint-Hippoîyte. La tradition prétend que là était autrefois la demeure d'Hippolyte, lequel, d'après les Actes des martyrs, ayant été chargé d'arrêter saint Laurent, l'avait amené dans sa demeure comme un captif et avait été converti par lui à la foi. L'oratoire s'appelle : « Saint- Hippolyte in fonte. » Or, on y voit encore aujourd'hui une soure souterraine, où la tradition nous apprend que saint Hippolyte fut baptisé par le diacre Laurent. Ces détails que îa tradition romaine avait inviolablement conservés, ne reposaient jusqu'ici sur aucun monument authentique ; mais voici qu'une découverte inattendue vient attester leur valeur et renverser les prétentions d'un certain nombre d'érudits qui niaient que saint Hippolyte eût jamais mis le pied en Italie. Cette déconvenue devra leur apprendre à ne pasrépudier à /^mn les traditions de la Rome chrétienne, uniquement par le motif qu'on ne peut en re.»trouver les traces dans les mon ments écrits. Combien de fois n'est-il pas arrivé que ces trace longtemps et inutilement cherchées dans les historiens ou dans les manuscrits des bibliothèques, se sont tout à coup révélées à l'apparition inattendue d'une inscription que la pioche faisait sortir de terre ! » Il en fut encore ainsi pour le nom du prêtre Maxime, contemporain de saint Siricius. et son pollaborateur dans la restauratiori de ia basilique Pudentiana. Deux lignes mutilée? et frustes d'une plaque de marbre conservée au musée du Vatican, parmi les inscriptions profanes dans le rang desquelles on l'avait rangée à tort, ont permis de restituer à ce nom si longtemps oublié soi; dentité propre. L'iascription est ainsi conçue :

MAXIMVS HAS OtIM THERM*»...." DIVINAE MENTIS DVCTV CVM C...

« Madme, par l'inspiration de l'Esprit divin, a rétabli cet édifie©

410 PONTIFICAT DE SAIST SIRICIUS (385-398).

Jadis occupé par les thermes.... » Cette formule : divinab mentis DVCTV, si parfaitement conforme aux expressions fameuses de l'arc •de driomphe. Constantinien, ne peut laisser de doute sur l'origine et la date de ce monument fruste. « Il appartient très-certainement, dît M. de Rossi, au christianisme et à l'époque du iv* siècle. Le MAXIMYS désigné ici est le prêtre de l'inscription de Siricius. La mention d'un édifice restauré par lui sur l'emplacement des olim THERMAS, coïncide à merveille avec les antiques notices qui nous apprennent que le titre de Pudens était contigu aux Thermes de jSovatus, Il serait difficile de désirer une concordance plus frappante et plus complète entre ce titre monumental et les indications précises de la science historique. » Cet ensemble de découvertes nous permet enfin d'assigner une époque certaine à la célèbre mosaïque que toute l'Europe a vue, et qu'on admire à l'abside de la basilique Pudentiana. Poussin, qui s'y connaissait, la regardait comme un chef-d'œuvre. Elle passait de tout temps, à Rome, pour l'un des plus anciens monuments de l'art chrétien. Mais les critiques, en observant de près, avaient découvert, à une clef de voûte de Tabside, un monogramme portant les lettres hadrianvs. Or, comme les trois premiers papes de ce nom, vécurent dans l'intervalle du vm' au IX' siècle (772-885), on s'était habitué à attribuer cette date à la mosaïque elle-même. Nibby l'avait consacrée dans son ouvrage, malheureusement trop répandu, et qui a fait si longtemps l'unique guide des étrangers à Rome. « Désormais, dit M. de Rossi, l'erreur n'est plus possible. Le monogramme Hadrianus^ placé à l'une des clefs de voûte de l'abside est parfaitement indépendant de la mosaïque elle-même. Il se rapporte à une restauration architecturale faite à l'édifie par l'un des premiers papes du nom d'Adrien. La mosaïque lui est de beaucoup antérieure. Cette œuvre magistrale est définitivement restituée à l'époque et au pontificat de Baint Siricius. Le Sauveur du monde, assis sur le trône mystique de ^a gloire, tient, de la main droite, un livre ouvert, sur la page duquel on lit ces mots : dominvs conservatob ecclesiae pvdentianae ; de la gauche, il porte la croix triomphante, enrichie à son «entxâ d'un médaillon reproduisant les emblèmes prophétiques des

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quatre évangélistes. Autour de lui, et partageait son triomphe, les apôtres sont assis sur des trônes. Les vierges Pudentiana et Praxède sont introduites dans ce royaume céleste; elles portent à la saain, en symbole de victoire, une couronne qu'elles offrent à Jésus-Christ, auteur souverain de leur béatitude. Cette scène principale se développe sur le sommet d'une montagne qui représente la Jérusalem des prophètes, cité de l'Église triomphante, dont la perspective laisse apercevoir dans le lointain les portiques et les tours. Au plan inférieur, l'Église militante est figurée par des emblèmes faciles à reconnaître, bien qu'ils aient plus particulièrement souffert des ravages du temps. On distingue l'Agneau de Dieu, au sommet d'un rocher dont les flancs entr'ouverts laissent découler les eaux vives de la grâce. A ces pures fontaines, comme des cerfs altérés, les fidèles venaient boire. Au-dessus des eaux régénératrices, apparaît le Saint-Esprit, sous la forme traditionnelle de la colombe versant l'onde baptismale sur la tête de l'Agneau immaculé '. » Tel était le symbolisme chrétien, à l'époque de Siricius. Tels sont aussi lîîS témoignages lapidaires que la science des derniers jours retrouve en faveur des pontifes si longtemps calomniés ou méconnus de l'Église romaine, a l'Église sainte! » salvo slRicia £PISC0P0

PCCLESIAE SANCTAE.

* M. ae ÂOBSi, Boîletino di Archeologia chrittiana, juillet et août 1867. Rooïij

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