‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 4)Chapitre 4 sur 77 · VII. SACRE DE SAINT AUGUSTIN ET DE SAINT CHRYSOSTOME · texte numérisé non relu

VII. SACRE DE SAINT AUGUSTIN ET DE SAINT CHRYSOSTOME

5. Conférence de saint Augustin avec l'évêque manichéen Fortunalus. — E6. Éloquence et célébrité du prêtre Augustin. — 57. Augustin coadjuteur de Valère. Son sacre. — 58. Jeunesse et éducatitto de saint Jean Chrysostome. — 59. Lettre de sa.int Jean Chrysostome à son ami Théodore, depuis évêque de Mopsueste. — 60. Election de saint Jean Chrysostome au siège de Coostantinople. — 61. Son ambassade au pape Siricius. — 62. .Mort de esiiat Siricius. — 63. Epitaphe de saint Siricius. Monuments lapidaire».

CUAP. 1. — PREMIERS TRAVAUX DE SAINT AUGUSTIN.) 3f

§ I. Premiers travaux de saint Avigastin.

1. Il est des époques, où, comme Josué, l'on voudrait arrêter lo

soleil de l'ii^stoire, et dire au temps : Tu n'iras pas plus loin ! Ces haltes que l'esprit humain souhaiterait d'introduire au miheu des siècles, pour y prolonger à loisir le règue de la justice, de la vérité et du bien, sont des tentations posthumes qui ne prouvent que notre ignorance et notre faiblesse. Le gouvernement divin de la Providence est au-dessus de ces aspirations de notre vaine pensée; il prépare, dans les vicissitudes du présent, les grandeurs et les gloires de l'a- Yenir. Si, d'un trait de plume, nous avions la puissance de ressusciter l'ancien monde, nous choisirions de préférence l'ère Théodosienne, grande et subhme époque oîi l'Orient et l'Occident, d'un concert unanime, travaillaient au règne de Jésus-Christ. A saint Basile, succédait Chrysostome; à saint Ambroise, Augustin, Partout le souffle de l'esprit de Dieu faisait éclore des génies et des saints. Notre terre des Gaules comptait alors des légionfif de grands hommes et d'héroïques évoques, qui marchaient sur les traces du thaumaturge de Tours : saint Delphinus et saint Amand à Bordeaux ; saint Illydius (Allyre), Nepotien et Artemius,' à Clermont; saint Euverte et saint Anianus (Aignan), à Orléans;* saint Justus, àLyon; saint Aper, à Toul; saint Romanus, à Blabla (Blaye); saint Phœbadius, à Agen; saint Eladius, à Autissiodorum (Auxerre); .saint Mathurin de Sens; Sulpice-Sévère, et surtout saint Victricius (Victrice) de Rouen, l'apôtre des contrées habitées par les Morins et les Nerviens, qui formèrent depuis les provinces de Picardie, du Hainaut et de la Flandre. Un seul point du monde voyait alors fleurir ces grandes renommées dont chacuas suffirait à illustrer tout un siècle. Ce n'était là cependant qu'une des gerbes de sainteté et de gloire dont l'ère Théodosienne enrichissait les greniers du Père de famille. L'Italie, l'Espagne n'étaient pas moins fécondes ; Rome, sous la direction du pape Siricius, voyait éclore une génération de saints de toute condition et de tout sexe, qui trans. formaient en une école de vertus et de miracles l'ancienne capitale de Jupiter Capitolin, devenue la métropole de Jésus-Christ. Pendant

que saint Grégoire de Nazianze se préparait à la mort dans la solitude et l'obscurité qu'il s'était choisies, saint Isidore de Scété, saint Macaire d'Alexandrie, saint Jean d'Egypte, saint Théotime, évêque des Scythes, saint Amphiloque d'Icône, saint Epiphane de Salamine, saint Sérapion de Thmuis, et tant d'autres, recueillaient le double héritage de sa foi et de son talent. Jamais l'efflorescence chrétienne du génie et de la vertu ne fut plus brillante. L'historien doit ici s'avouer vaincu. Contraint de faire un choix parmi tant de noms illustres, il ne peut les mettre tous en relief. Heureuse irapuissance de l'esprit humain devant les merveilles de la grâce divine I Mais on se tromperait étrangement, si, dans cette fertilité prodigieuse et simultanée d'une seule époque, on ne voyait que la richesse présente, sans considérer ses rapports avec l'avenir. L'expansion religieuse du iv* siècle était ménagée, dans le plan de la Providence, afin de préparer la conversion des barbares au v". Les grands génies, les grands saints, étaient postés comme à l'avantgarde du monde romain, pour attendre les envahisseurs qui allaient venir et les transformer en disciples de l'Évangile. L'unité du Gésaiisme n'avait jamais été complète; elle laissait en dehors de la civilisation des multitudes immenses, de race et de nationalité diverses. L'unité par la foi en Jésus-Christ, allait créer des sociétés nouvelles, de nouveaux royaumes, des empires nouveaux, où l'indépendance légitime de chacun se combinerait avec la croyance générale de tous, et grouperait le monde social autour de la chaire de saint Pierre, devenue le centre religieux, le trône auguste du monde moral, le royaume de Jésus-Christ qui n'aura pas de

fin.

2. Saint Augustin, qui devait, par ses immortels travaux, contribuer plus puissamment que personne à ce résultat providentiel, voyait s'ouvrir sous ses pas, et malgré les résistances sincères de son humilité, la route des dignités ecclésiastiques. Après son baptême à Milan, il s'était associé trois néophytes ses amis, Alypius, Nébridius et Evodius. Avec eux, sous la direction de sainte Monique,- il étudiait la vérité, et trouvait dans cette contemplation des charmes qui enivraient son intelligence et son cœur. L'bea-

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