‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 4)Chapitre 60 sur 77 · Le libelle diffamatoire accusait enfin l'homme de Dieu · texte numérisé non relu

Le libelle diffamatoire accusait enfin l'homme de Dieu

XVII. i< D'avoir ordonné prêtre le diacre Sérapion, au moment où ce di»rnier était sous le coup d'une procédure ecclésiastique intentée contre lui. »

Ce grief absurde faisait allusion aux censures irrégulièrement portées contre l'archidiacre par l'hypocrite évêque de GabalEL

XVIII. « D'avoir fait mourir en prison des ecclésiastiques unis de communion avec tout l'univers catholique, et de ne s'être pas même préoccupô de leur faire rendre les honneurs de la sépul ture. »

Il s'agissait là des émissaires du patriarche incarcérés par le^ magistrats civils, et dont quelques-uns, ainsi que nous l'avons dit, étaient morts dans les fers.

XIX. « D'avoir traité outrageusement le vénérable Acacius de Bérée et de n'avoir pas daigné l'inviter à sa table. »

On se rappelle le propos d'Ac-icius de Bérée à ce sujet : a L'évêque de Constantinople, avait-il dit, me dédaigne comme convive ; je lui servirai un plat de ma façon ! »

XX. « D'avoir livré les prêtres Porphyre et Benerius au consul Eutrope, afin de les envoyer en exil. »

Porphyre était devenu le patriarche intrus d'Antioche. Il n'eu* que trop mérité en effet l'exil auquel il avait fait condamner le saint prêtre Constantius. Nous ignorons ce qu'était le Berenius dont il est question ici. Mais nous savons d'une part que Chrysostome, loin de recourir à l'intervention de l'État en matière ecclésiastique, la repoussait toujours énergiquement, 6, nous savons d'autre part qu'Eutrope, au temps de sa grandeur, n'accordait aucune espèce de crédit à l'illustre archevêque.

XXI. « De n'admettre personne dans la salle des thermes où II

prenait son bain ; de le faire chauffer pour lui seul, en sorte que l'archidiacî® Sérapion lâchait l'eau du réservoir, après que l'arehevêque s'était baigné , de façon à ce qu'elle ne pût servir à d'autres. »

Avec ttos mœurs actuelles, nous ne nous faisons que difficilement l'idée qu'on pût trouver dans ce fait un prétexte à une accusation quelconque. Toujours est-il que cet usage fréaueat du bain nous prouve surabondamment que Chrysostome n'était nas aussi étranger que la critique moderne paraît le croire, aux habitudes sociales de son temps et de son pays.

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