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réhabilité. Telle devait être la machine de guerre qui accablerait Chrysostome. Cepeudant,tous les métropolitains et les évoques de Sj'rie, de la Cappadoce, de la Phrygie et du Pont, arrivaient à Constantinople et communiquaient publiquement avec l'archevêque. C'était leur devoir et leur droit. Mais Eudoxm s'en montra fort irritée. Les courtisans répandirent le bruit que l'impératrice ne souffrirait pas longtemps une conduite aussi injurieuse pour sa majesté. Dans un groupe de prélats cii l'on parlait ainsi, se trouva par hasard le vénérable Théodore, évêque de Tyane. Il comprit sur-le-champ qu'il s'agissait d'une conjuration nouvelle, où l'on se promettait de reprendre en sous-œuvre la ténébreuse assemblée du Chêne. A l'instant même, et sans prendre congé de personne, il quitta la ville et retourna dans sa province, jurant de ne plus jamais remettre le pied dans une cour dégénérée, et déclarant qu'il resterait fidèle à la communion de Rome, celle dont l'Apôtre a dit : « Votre foi est annoncée dans tout l'univers *. » Théodore fut fidèle à son serment. Il n'en fat pas de même de Pharétrics, évêque d'Argée. Ce prélat n'avait pas même quitté son diocèse. Mais, effrayé du bruit qui se faisait autour du nom de Chrysostome, il prit les devants et écrivit aux adversaires de ce bienheureux qu'il adhérait à toutes les mesures qu'on jugerait à propos de décréter contre lui. Leontius d'Ancyre et Ammonius de Césarée, les deux chefs de la cabale, ne trouvèrent pas non plus grand obstacle du 3Ôté des évêques présents à Constantinople. La plupart se montraient disposés à faire tout ce que voudrait la cour. On n'eut pas snême besoin d'employer la menace; les séductions d'Eudoxia suffirent à les convaincre. Ce fut dans ces dispositions que se fit l'ouverture du deuxième synode, continuation de celui du Chêne. Acacius de Bérée et Antiochus de Ptolémaïs en furent nommés présidents. Selon le perfide conseil émané de Théophile, on convint qu'il serait superflu de procéder à une nouvelle enquête contre Chrysostome, puisque d'après le canon arien déjà cité, la première sentence de déposition avwt toute sa valeur. Voici le texte exa
CHAP. V. — SECOND EXIL i>s CHRYSOSTOME. 563
de ce canon impie, unanimement repoussé par le concile de Sardique, par le siège de Rome et par tous les catholiques du monde, tt Tout évêqueou prêtre frappé, justement ou non, d'une sentence de déposition, qui sera sans réhabilitation préalable reiîtrè dans son église, ne pourra plus être admis à se justifier, et restera déposé à tout jamais. » Telle était l'arme dont les sectaires avaient prétendu jadis frapper l'immortel Athanase et les papes Jules et Libérius. Mais il se présenta une difficulté imprévue. Un certain nombre d'évêques protestèrent contre la validité de ce prétendu canon, et déclarèrent qu'il n'avait jamais été ratifié par les catholiques K »
§ m. Second exU de Chrysostome»
15. « En présence de cette fin de non-recevoir, continue Palla* dius, Acacius de Bérée, Cyrinus de Chalcédoine, Severianus de Gabala, Ammonius de Césarée et Leontius d'Ancyre, eurent l'idée d'en appeler à l'intervention impériale. Ils obtinrent une audience d'Arcadius, lui exposèrent la situation et le prièrent de terminer par une sentence définitive le débat engagé entre ceux qui soutenaient 12. validité du canon d'Alexandrie et ceux qui la rejetaient. L'empereur manda aussitôt Elpidius, évêque de Laodicée, et Tranquillus, tous deux vénérables par leur sainteté non moins que par leurs cheveux blancs, et en présence des émissaires du coHcilia» bule, il les consulta sur la question. Ce serait, dirent-ils, une affreuse iniquité de condamner Chrysostome sans l'entendre. Il n'a point été déposé canoniquement. 11 a été expulsé par un ordre émané de vous. Il n'est pas revenu spontanément. C'est votre majesté qfû lui a intimé, par un de ^es notaires impériaux, l'ordre de remonter sur son siège. Dès lors, la cause est complètement entière, guant au canon dont on.parle à votre majesté, c'es*- une œuvre notoirement arienne qui n'a pas la moindre autorité dans Église. — A ces mots, les adversaires de Ghrysostom® élevèrent
» Pallad., DiaU de Vita Chry:., cap. ix ; Pair, grcec, tom. XLYII, col, 30, 31.
la voix et firent entendre les plus bruyantes réclamations. Elpidius, don^ la science canonique était universellement admirée, laissa s'écouler ce flot de colères et d'injures. Puis, quand le silence se fut peu à peu rétabli, il continua en ces termes : Auguste empereur, il serait non moins ridicule qu'inconvenant de prolonger devant votre majesté une pareille scène de violences. Il est un moyen beaucaup plus simple de terminer la controverse. Ordonnez aux évêques qui soutiennent la validité de ce canon, de signer un« attestation écrite dans laquelle ils déclareront partager la croyance et la foi de ceux qui l'ont jadis formule. — L'empereur admira la simplicité del'expédient qu'on lui proposait. Il se tourna, en souriant, vers Antiochus de Ptolémaïs : Yoilà, dit-il, qui me paraît aussi ingénieux que péremptoire ! — En parlant ainsi, l'empereur était de bonne foi. Arcadius d'ailleurs était innocent des crimes commis sous sonrègneparl'intrigueetraudaeede quelques ambitieux, qui boule- -^ersaient au gré de leurs passions toutes les lois ecclésiastiques et civiles. Cependant, la proposition d'Elpidius et surtout la faveur marquée avec laquelle le prince venait de l'accueillir, déconcertèrent Severianus de Gabala et ses cinq acolytes. On les vit tout à coup changer de couleur et perdre contenance. Toutefois, comme il fallait prendre une décision, ils répondirent que la signature qu'on leur demandait ne les embarrassait point, qu'ils la donneraient quand le temps serait venu, et après cet échappatoire, il? prirent congé de l'empereur et se retirèrent *. »
16. « Ils étaient loin cependant, continue Palladius, de vouloir tenir une promesse de ce genre. C'eût été se déclarer ouvertement ariens. Aussi, quand on les somma de tenir leur parole, ils répondirent que leur engagement avait été irréfléchi, involontaire, el qu'ils ne se croycdent pas obligés en conscience de le remplir. Cette première machine de guerre ainsi brisée dans leurs mains, ils en chtsfcbaient une autre, sans pouvoir la trouver. Neuf ou dix mois s'écoulèrent sans résultat. Dans l'intervalle, les quarante évêques fidèles au bienheureux Ghrysostome ne le auittaient pas. L'homme
Pallad., loc. cit.