CUAP. III, — PROGRÈS DE LA FOI
sainte Brigide, vierge, abbessc et patronne de l'Irlande. Fort jeune encore, elle reçut le voile des mains de saint Mel, neveu et disciple de saint Patrice. Elle se construisit, dans le tronc d'un gros chêne, une cellule qui fut depuis appelée Kill-Dara, ou cellule du chêne. Une foule de vierges étant venues se placer sous sa direction, sainte Brigide les réunit en un corps de communauté, qui donna naissance à plusieurs autres monastères d'Irlande (470- 523).
25. Cependant le pape saint Hormisdas achevait la carrière de Mort de
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son glorieux pontificat (523). La question de la grâce s était réveil- sa lettre lée de nouveau dans l'église d'Afrique, si cruellement décimée par le roi Thrasamond. Possessor, évêque africain, consulta le pape au sujet des écrits de Faustus, évoque de Riez, dont nous avons eu précédemment occasion de parler. Hormisdas le renvoya aux traités de saint Augustin sur cette matière *. Le pape donnait, à la même époque, le titre de primat d'Espagne à l'évêque de Tarragone, tout en confirmant le vicariat apostolique érigé par Simplicius en faveur de l'évêque de Séville, pour les provinces de l'Andalousie et du Portugal. Par une lettre décrétale adressée à tous les évêques d'Espagne, Hormisdas défendit d'ordonner des prêtres per saltum, c'est-à-dire sans observer les interstices prescrits par les canons. Les pénitents publics ne pouvaient recevoir les ordres. Il fallait s'enquérir longuement de la probité et de la science (Jes ordinands. Enfin des synodes provinciaux devaient être célébrés au moins une fois chaque année, «parce que, disait le pape, c'est un moyen trèsefficace de conserver la discipline-, d Nous avons vu, en effet, la pratique constante des souverains pontifes dirigée dans ce sens. Les conciles sont les grandes assises de l'Église. C'est dans leur sein que se discutent les lois qui la régissent; que se promulguent les règles de la discipline, les mesures qui intéressent le salut des peuples; que se résolvent les difficultés, les conflits d'opinions, les objections soulevées par les novateurs et les hérétiques. L'Église a toujours
1 S. Hormisd., Epist. lxx ; Patr. lai., tom. LXIII, col. 490. — "■ S. Hormisd. Epist. xxvj tom. cit., col. 423.
attaché le plus grand prix à la liberté de ces réunions solennelles, 011 l'on pourvoit, avec l'assistance du Saint-Esprit, aux besoins des fidèles. Hormisdas mourut le 6 août 523, après neuf ans de pontificat. Il avait employé à orner les diverses basiliques de Rome cinq cent soixante et onze livres d'argent, produit de la charité des fidèles, somme énorme pour le temps. On peut citer saint Hormisdas comme un exemple de modération et de fermeté, les deux qualités les plus précieuses pour celui qui est chargé de gouverner les hommes. — Notre église des Gaules lui doit l'érection du siège de Reims en un vicariat du siège apostolique. Dès la première année de son pontificat, Hormisdas écrivait à saint Rémi la lettre suivante : a Nous avons reçu avec joie les félicitations que votre fraternité nous a transmises, et c'est pour nous un bonheur de vous exprimer nos sentiments à votre égard. Il vous appartiendra désormais de veiller à l'exécution des décrets du siège apostolique et des saints canons dans les Gaules. Nous vous confions la charge de nous représenter dans toute l'étendue des états conquis par notre fils spirituel et bienaimé, le roi Clovis, que vous avez récemment régénéré avec la grâce de Dieu par l'eau du baptême, en des circonstances qui ont rappelé la série de prodiges accomplis autrefois par les apôtres. Le privilège que nous vous conférons ici ne devra préjudicier en rien aux droits ordinaires des métropolitains. Nous voulons augmenter votre dignité personnelle en vous associant d'une manière plus éminente à notre sollicitude pastorale et nous reposer sur votre vigilance du soin de pourvoir plus efficacement aux besoins généraux des églises des Gaules '. » Telle est cette lettre pontificale. On a prétendu contester son authenticité parce qu'elle renfermerait une erreur chronologique, en parlant de Clovis, mort en 511, comme vivant encore en 514. Dans la réalité, Hormisdas ne dit point que Clovis fût encore vivant au moment où il écrit. La juridiction spirituelle dont le pape investit le saint évoque de Reims devant s'étendre à toute l'étendue de la monarchie franque, Hor-
* S. Hormisd., Epist. i; Pair, lat., tom. LXIII, col. 568.
CRAP. III.