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§ III. Progrès de la toi.
Homérites. 21. Pendant que, sur un point obscur de l'Apennin, s'accomplis-
Martyre du , -n i a n; t t
roiAréthas. saieut ces merveilles de grâce, 1 église d Orient renaissait au catholicisme, sous l'influence de Justin, et la foi faisait de nouvelles conquêtes dans la Colchide. Le roi des Lazes, jusque-là vassal et tributaire de la Perse, reconnut la suzeraineté de l'empereur grec et se fit chrétien. Tzathius, c'était le nom de ce prince, fut accueilli par Justin comme un fils; il reçut la main d'une patricienne de Gonstantinople , Valériana, qui porta en dot dans son nouveau royaume la foi de Jésus-Christ (522). L'Évangile avait aussi pénétré dans les tribus arabes de l'Yémen (Arabie Heureuse). Jusque-là les fidèles y avaient vécu sans être exposés aux persécutions qui, dans les régions idolâtres, multipliaient les martyrs. Mais, en 523, le juif Dunaan fut élevé par ses coreligionnaires sur le trône des Homérites. Tel était le nom que les Grecs donnaient à ces peuplades, par corruption du nom oriental d'Hamiar qu'elles portaient réellement. Le nouveau chef se signala par ses cruautés contre les chrétiens. Deux cent quatre-vingts prêtres furent égorgés ; tous les Éthiopiens résidant dans la contrée et soupçonnés d'attachement à la foi catholique, furent massacrés. Dunaan avait donné l'ordre de renverser toutes les églises et de les changer en synagogues. Dans son prosélytisme judaïque, il entreprit une expédition contre Nadiran, ville considérable du nord de l'Yémen, et toute peuplée de fidèles. Défendue par ses habitants avec un courage héroïque, la cité de Nadiran opposa une invincible résistance. Désespérant de l'enlever à force ouverte, Dunaan eut recours à une ruse infâme. Il envoya des hérauts promettre de sa part aux assiégés la vie sauve , la possession tranquille de leurs richesses et le libre exercice de leur religion, s'ils consentaient à lui ouvrir leurs portes. On crut à ses hypocrites protestations. Mais, aussitôt entré à Nadiran, le traître livra les maisons au pillage, brûla l'église avec le clergé et le peuple qui s'y étaient réfugiés. Les habitants qui refusèrent de renoncer à la foi furent mis à mort, sans distinc-
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tion d'âge ni de sexe. Le tyran faisait allumer d'énormes bûchers dans des fosses profondes et y jetait pêle-mêle ces généreuses victimes de la fidélité au nom de Jésus-Christ. Le supplice d'Aréthas, roi vaincu de Nadiran, rappelle les plus belles pages des actes des martyrs. Ce prince, digne d'échanger la couronne terrestre qu'il venait de perdre contre celle du ciel, avait alors quatrevingt-quinze ans. Dunaan le fit venir en sa présence, et, insultant à sa défaite : « Vois, dit-il, où t'a conduit ta confiance dans le Christ ! Abjure ce nom, cause de tes malheurs; et songe à ta vieillesse. — Il n'appartient qu'aux imposteurs et non aux rois, répondit Aréthas, de violer les serments les plus solennels, comme tu l'as fait à l'égard de cette ville infortunée. Les rois, et j'en ai vu beaucoup dans le cours de ma longue carrière, observent leurs conventions; ils abhorrent la duplicité et la trahison. Pour moi je ne trahirai jamais la foi que j'ai jurée au Christ, mon Dieu; je ne deviendrai jamais un vil apostat juif, comme tu l'es. » Se tournant ensuite vers les chrétiens captifs qui l'entouraient : « Mes frères, leur demanda-t-il, avez-vous entendu ce que j'ai dit à ce juif? — Oui, père. — Ce que j'ai dit esMl vrai ou non? — C'est vrai. — S'il en est ainsi, et s'il se trouve parmi vous quelque chrétien lâche et timide, prêt à renier son Dieu, qu'il le déclare et qu'il cesse de souiller plus longtemps par sa présence l'assemblée des saints. » Tous s'écrièrent qu'ils voulaient mourir pour Jésus-Christ. Dunaan les fit conduire au lieu de l'exécution, sur le bord de la mer. Aréthas reçut le premier le coup fatal. Ses sujets, devenus ses compagnons de gloire, furent exécutés ensuite, et à mesure que le bourreau leur avait tranché la tête, on jetait leurs cadavres dans les flots. Un enfant de quatre ans, que sa mère conduisait par la main pendant qu'on la menait elle-même au supphce, fut interrogé par le tyran. « Aimes-tu mieux vivre avec moi que mourir avec ta mère? lui dit-il. — Je ne veux pas renier le Christ, répondit l'enfant : j'aime mieux mourir avec ma mère. — Voyez, dit Dunaan à ses officiers, la perversité de cette race, que le Christ a séduite dès l'enfance ! » Il eut pourtant honte de faire exécuter ce jeune et courageux confesseur de la foi ; il le remit à
l'un de ses officiers, pour qu'il fût élevé avec soin, se réservant, quand il serait parvenu à l'âge de quinze ans, ou de lui faire grâce s'il abjurait sa religion , ou de le mettre à mort s'il persévérait dans la généreuse constance dont il venait de donner une preuve si éclatante. Mais le persécuteur des chrétiens ne vécut pas assez pour atteindre le terme fixé par sa prévoyance vindicative. L'année suivante (524), le roi d'Ethiopie, Elisbaan, encouragé par l'empereur Justin, attaqua le tyran juif, défit son armée dans une bataille sanglante, le tua avec ses principaux partisans, rouvrit les églises catholiques et rendit aux Homérites le libre exercice d'une reUgion qu'ils avaient confessée avec gloire sous le fer des bourreaux. Saint Jacques 22. L'Arménie voyait alors fleurir des merveilles de sainteté
de Batné, . ^ i -r\ , r o
ou sarug. et dc scicnce. Samt Jacques, éveque de Batne ou Sarug, sur- Saint Isaac • 1 • 1 -i deNinive. nommé le Docteur, consacra une vie de soixante -douze ans
à défendre la foi catholique contre les erreurs de Nestorius et d'Eutychès, et à donner l'exemple de toutes les vertus. Il mourut en 522, chargé de gloire et de mérites. Les nombreux écrits en langue syriaque qu'il nous a laissés, se distinguent par l'intégrité de la doctrine et l'harmonieuse élégance d'un style plein d'images et de figures poétiques. Un de ses contemporains, mais qui lui survécut longtemps, fut saint Isaac, évêque de Ninive, Il avait embrassé dès ses plus jeunes années la vie monastique. Le jour de sa consécration épiscopale, deux plaideurs se présentèrent à son audience, caries évêques de ce temps avaient à régler non-seulement les intérêts spirituels, mais les discussions de toute nature qui s'élevaient entre chrétiens. L'une des parties réclamait le paiement d'une créance ; l'autre convenait de la dette, mais demandait quelque délai. Le créancier insista : h Si tu ne me paies à l'instant, s'écria-t-il, je te traduis devant les magistrats. — L'Évangile, dit saint Isaac, nous conseille d'abandonner même ce qu'on nous a pris, à plus forte raison d'accorder un délai à qui l'implore. — Ne me parlez pas de l'Évangile, s'écria le plaideur; ce n'est point là ce dont il s'agit. » Isaac fit alors cette réflexion : « Si ces gens n'obéissent point à l'Évangile, que suis-je venu faire ici ? » Et, songeant à refl"rayante responsabilité de la charge pastorale, il abdiqua l'é-
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piscopat et se retira dans le désert de Sc6té. Il y écrivit son livre de V Institution monastique^ et fut regardé comme le modèle et le docteur des religieux de cette solitude. La ville de Ninive produisit dans le même siècle un pieux et élégant écrivain nommé Jean Sabbas, qui nous a laissé des traités de mysticité, fruits d'une vie passée dans la contemplation des choses célestes.
23. Pendant qu'aux extrémités de l'Orient la vraie foi jetait Terre des
^ "* Angles, îles
de si vives lumières, en Occident la Grande-Bretagne et l'Ir- des Saints. lande méritaient le nom A' Iles des Saints , titre glorieux légué à l'Angleterre par les chrétiens du vi® siècle, titre longtemps oublié et que les nombreuses conversions de ces dernières années nous laissent l'espérance de voir bientôt revivre. Saint David, archevêque et patron du pays de Galles, après avoir édifié l'île de Wight, où il passa quelques années dans la solitude, consacrait une église à Glastonbury; fondait douze monastères, dont le principal était dans la vallée de Ross, près de la ville de Ménévie, aujourd'hui Saint-David ; assistait, en 519, au concile tenu à Brévy, dans le comté de Cardigan, contre les semi-pélagiens, et succédait à saint Dubrice sur le siège archiépiscopal de Caërléon, qu'il transférait à Ménévie. Saint David possédait à un degré éminent le talent de la parole, mais son éloquence avait encore moins d'efficacité que la force de ses exemples. Aussi a-t-il été regardé de tout temps comme une des plus brillantes lumières de l'église britannique. La règle qu'il composa pour ses monastères le rendit le père spirituel d'un grand nombre de saints qui illustrèrent l'Angleterre et l'Irlande (470-344). Saint Dubrice, prédécesseur de saint David sur le siège de Caërléon, ouvrit d'abord dans la province de Warwick une école célèbre, où il expliqua sept ans les saintes Écritures. La réputation du pieux docteur lui attirait des disciples de tous les points de la Grande-Bretagne. On en compta jusqu'à mille, réunis pour entendre sa parole éloquente. Sacré évêque de Landaff, par saint Germain d'Auxerre (446), il passa depuis à l'archevêché de Caërléon, dont il remit (319) le gouvernement à saint David pour se retirer dans un monastère de l'île de Bardsey, où il mourut peu de temps après. — Saint Thélian, son disciple, fit en
l'an 500 un pèlerinage à Jérusalem. De retour dans sa patrie, il fut élevé au siège épiscopal de Landaff, après la translation de saint Dubrice à l'archevêché de Caërléon. Il fit fleurir cette église par sa science, sa piété, son zèle et son attention à ne recevoir dans le clergé que des hommes éclairés et vertueux. Son autorité seule suffisait pour décider sans appel tous les différends. Il donna des preuves de la charité la plus héroïque, durant une maladie contagieuse qui désola le pays de Galles, et mourut (580) dans une solitude qu'il s'était choisie, pour se préparer au passage de l'éternité. Vers le même temps (516), un autre évêque du pays de Galles, saint Daniel, illustrait le monastère de Bangor, près du bras de mer qui sépare l'île d'Anglesey du pays de Galles. La même contrée admirait alors le saint abbé Cadoc, fils d'un prince qui possédait la partie méridionale de ce pays. Un instant Cadoc succéda à son père dans le gouvernement de ses états ; mais il abdiqua bientôt pour embrasser la vie monastique. Il fonda dans le voisinage de Lan-Carvon, à trois milles de Cowbridge, un monastère qui devint une pépinière de grands hommes. Saint Iltut, saint Gildas l'Albanien, saint Samson, saint Magloire sortirent de cette école pour illustrer leur patrie.
Saints 24. L'Ecosse et l'Irlande ne restaient point en arrière du mouve-
d'Écosse et i i -r> o • j.
d'Irlande, mcut rcligicux qui sc pronouçait dans la Grande-Bretagne. Samt Kentigern, issu du sang royal des Pietés (516-001), évangélisait l'Ecosse, sa patrie, fondait l'évêché de Glascow, dans une solitude oîi sa présence amena bientôt une multitude d'habitants, qui donnèrent naissance à la ville actuelle. Kentigern envoya prêcher la foi dans les îles d'Orkney, dans la Norwège et l'Islande. — Dans le même temps, la cathohque Irlande comptait, parmi ses plus glorieux enfants, saint Colomb, de l'illustre maison de Neil, fondateur du grand monastère de Dair-Magh, aujourd'hui Durrog (521- 570) ; saint Finien, évêque de Clonard, l'un des plus illustres évêques d'Irlande, après saint Patrice (500-552) ; saint Tigernake, évêque de Clones, dans le comté de Monagan (490-550) ; saint Albéo, archevêque de Munster, fondateur du monastère de l'île d'Arran, auquel il donna les plus sages règlements (460-525) ; enfin
à saint Rémi.