‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 56 sur 103 · CIIAP. Y. — RÈGLE DE SAINT BENOIT · texte numérisé non relu

CIIAP. Y. — RÈGLE DE SAINT BENOIT

gnoiir àla nôtre. Le troisième, la soumission absolue à nos supérieurs comme aux repi^éscntants de Dieu lui-même. Le quatrième, l'obéissance parfaite dans les choses qui répugnent le plus à la nature. Le cinquième, l'entière franchise avec laquelle nous confions à l'abbé toutes les mauvaises pensées, tous les secrets mouvements de notre cœur. Le sixième, le sentiment qui nous fait accepter avec joie les charges ou les fonctions les plus viles. Le septième, la persuasion que nous sommes inférieurs à tous les autres. Le huitième, l'attention à ne rien faire extérieurement qui sorte de la règle commune, et puisse attirer sur nous les regards. Le neuvième, la pratique habituelle du silence. Le dixième, la domination sur les sens au point de ne pas se permettre un sourire. Le onzième, la domination sur sa langue au point de ne parler jamais que sobrement, humblement, gravement, doucement, quand il est nécessaire et comme il convient. Le douzième degré est atteint lorsqu'un moine n'est pas seulement humble de cœur, mais quand toute sa personne reflète aux regards cette humilité, partout où il se trouve, au travail, à l'oratoire, au monastère, dans le jardin, en voyage, aux champs; assis, en marche, debout, la tête inclinée, les yeux fixés à terre, dans le repentir continuel de ses fautes et la méditation du jugement de Dieu '. »

30. Après ces préceptes généraux, Benoît passe à la réglemen- Les heures

. canoniques.

tation particulière des exercices religieux. L'office de la nuit, ou vigiles -, commencera en hiver à une heure du matin ; en été à minuit. L'intervalle entre les vigiles et les matines sera consacré à la méditation et à la lecture des Livres saints ^. La psalmodie doit toujoursêtreprécédéedu \erset Deus inadjuto)'ium, etchaque psaume se terminer par le Gloria Patri ■*, doxoîogie dont l'usage paraît remonter au concile de Nicée, et qui fut la protestation solennelle de la foi catholique contre l'impiété arienne. Saint Benoît désigne en ce lieu, sous le nom d'hymne a ambrosien, » le Te Deum qui termine

' S. Benedicl., Reg., cap. vu. ^

* Oq voit que l'ofBce de la nuit pour saiut Benoît s'appelait vigiliœ ou noctumcE, et que notre office actuel de laudes portait alors le nom de matines. — 3 S. Benedict., Reg., cap. vni. — * Id,, ibid., cap. ix.

les vigiles. Les jours ordinaires, l'office était seulement récité à haute voix; les dimanches et fêtes il devait être chanté *. Depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte, V Alléluia sera ajouté aux antiennes et aux répons ^. Les vigiles forment proprement l'office de la nuit ; celui du jour se divise en sept parties : matines, prime, tierce, sexte, none, vêpres, complies, dont la récitation était fixée aux heures correspondantes, savoir : matines au lever de l'aurore, prime à la première heure du jour, tierce à neuf heures du matin, sexte à midi, none à trois heures du soir, vêpres à six heures, complies à huit heures ^. L'ordre à observer dans le choix des psaumes à réciter était laissé à la discrétion de chaque supérieur de monastère, à la condition que tout le psautier fût parcouru en une semaine *. La psalmodie est l'écho terrestre des concerts angéhques du ciel ^. L'oraison en est le corollaire obligé, u Quand nous avons, dit saint Benoît, une requête à présenter aux puissants du siècle, nous ne les abordons qu'avec déférence et respect. Combien plus ne devons-nous pas offrir à Dieu nos supplications en toute humiUté et dévotion? Ce n'est point par la multitude des paroles que notre prière sera agréable au Seigneur, mais par la pureté du cœur et la componction des larmes. La prière donc, même individuelle, doit être courte, à moins qu'une inspiration particulière de la grâce ne la fasse prolonger. Mais en communauté, tous, au signal donné par le prieur, doivent se lever en même temps ^. » l'es 31. « Lorsqu'une congrégation sera trop nombreuse, on élira

punitions. ^ o o i '

quelques frères de pieuse et sainte vie qui auront le titre de doyens. Ils exerceront la surveillance sur leur décanat, pour venir en aide à l'abbé. Dans leur élection, on ne tiendra compte que du mérite et de la vertu, non de l'ancienneté ni du rang hiérarchique ''. Chaque religieux ^ura son lit. Autant que faire se pourra, tous coucheront dans le même dortoir, ou du moins par dix ou vingt dans chaque chambre, sous la surveillance des anciens. Une lumière brûlera pendant la nuit dans le dortoir. Les frères coucheront tout

' S. Benedict., Reg., cap. x-xiv. — * Id., ibid., cap. xv. — 3 jj.^ ibid., cap. XVI. — * Id., ibid., cap. xviil. — * Id., ibid., cap. xix. — '' Id., ibid., cap. XX. — ■' Id., ibid., cap. xxi.

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