‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 88 sur 103 · CUAP. YII. — II'' CONCILE DE CONSTANTINOPLE, V'^ ŒCUMÉNIQUE · texte numérisé non relu

CUAP. YII. — II'' CONCILE DE CONSTANTINOPLE, V'^ ŒCUMÉNIQUE

56. Cette définition du pape Vigilius, confirmant indirectement confirmaet sans môme en prononcer le nom, le concile qui venait de se pap" cf œcu tenir à Constantinople, suffit pour imprimer à celui-ci le caractère vc^conciu" d'œcumônicité dont il n'a cessé de jouir depuis. Le fait est remar- s n ra • quable,mais il est incontestablement vrai. A partir de ce moment, un concile exclusivement composé d'orientaux, tenu en dehors du pontife romain, sans être présidé par les légats du siège apostolique, un véritable concile provincial enfin, à partir de ce moment, dis-je, ce concile devenait œcuménique. Le successeur immédiat de Vigilius, Pelage, le reconnaissait comme tel. Saint Grégoire le Grand, trente années plus tard, déclarait qu'il révérait le cinquième concile général de Constantinople à l'égal des quatre premiers. Photius luimême, convenait que la confirmation implicite de Vigilius avait seule donné le caractère d'œcuménicité au v*^ concile général. Le lecteur aura remarqué de plus, dans l'encyclique pontificale, l'insistance avec laquelle Vigilius, séparant la question des personnes de celle de la doctrine, sauvegardait l'autorité du concile de Chalcédoine. Là, en effet, pour les occidentaux était tout le nœud de la difficulté. Les ouvrages de Théodore de Mopsueste et de Théodorct, ainsi que la lettre d'Ibas, tous écrits en grec, étaient à peine connus de nom dans l'Église latine. Au contraire, les décrets du concile de Chalcédoine se trouvaient dans toutes les mains, comme l'expression de la foi orthodoxe opposée aux erreurs d'Eutychès. Autant le-s évoques d'Orient mettaient d'ardeur à provoquer la condamnation des trois Chapit7'es, autant ceux d'Occident craignaient de voir sous ce prétexte affaiblir l'autorité d'un concile œcuménique. Les lois canoniques défendaient absolument de revenir d'un concile à l'autre sur une question jugée. Cette règle si sage est encore en vigueur de nos jours. C'est pour cela que le pape Vigilius, chef de l'Église universelle, ne voulut point présider l'assemblée de Constantinople en l'absence des évoques d'Occident. Justinicn avait beau vouloir trancher de son épée les discussions théologiques. Ce n'était point à lui ni à ses prédécesseurs qu'il avait été dit : Pasce oves meas. L'entêtement du César byzantin troubla toute l'Église. Plusieurs évêques africains et un certain xiY. ' 36

562 PONTIFICAT DE VIGILIUS (337-555).

nombre d'autres en Germanie, dans les Gaules et jusque dans la Grande-Bretagne, refusèrent longtemps de recevoir les décrets du concile de Constantinople. Cette résistance se prolongea en Occident, par groupes isolés, durant près d'un siècle. Est-il donc si difficile aux souverains de rester dans leur sphère, et de laisser aux vicaires de Jésus-Christ le soin de gouverner l'Église ? Mort 57. Après sept années de luttes, de discordes et de violences,

Justinien finit par où il aurait dû commencer. Il permit à Vigilius de retourner à Rome. Le pontife s'embarqua aussitôt, avec les fidèles compagnons que ni l'exil, ni les chaînes, n'avaient pu séparer de lui. Il aborda en Sicile vers le mois de novembre 544. La maladie dont il souffrait depuis si longtemps, la pierre, le retint à Syracuse. Il y mourut le 11 janvier 555, après dix-sept ans d'un pontificat irrégulier dans son début, malheureux dans son cours et glorieux dans sa fin.

de Vigilius

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