‹ Histoire de l'église depuis la creation (volume 5)Chapitre 90 sur 103 · II. HAGIOGRAPHIE DES GAULES · texte numérisé non relu

II. HAGIOGRAPHIE DES GAULES

8. Saint Maur et le roi Théodebert à Glanfeuil. — 9. Saint Maur et Clotaire I. — 10. Retraite de saint Maur. La pesti dans les Gaules. — 11. La peste à Glanfeuil. Dernières années de saint Maur. — 12. Les moines et Childebert I. — 13. Les moines dans les Gaules au vje siècle. — 14. Sainte Radegonde, reine des Francs. — lo. Retraite de sainte Radegonde. — 16. Mort de sainte Clotilde. — 17. Premières années de saint Médard. — 18. Épiscopat et mort de saint Médard. — 19. Saint Germain de Paris.

§ I. Lettres pontilicales.

1. (( Pelage, né à Rome, dit le Liber Pontificalis, eut pour père Notice de Jean Yitalianus. Il siégea quatre ans, dix mois et dix-huit iours. «l'après le

° ^ ' •* Liber Pond-

On ne trouva pour le sacrer que deux évêques, Jean de Pérouse et ficaUs Bonus de Ferentino, lesquels avec André, prêtre d'Ostie, lui conférèrent l'ordination pontificale. Les autres avaient refusé. Le clergé de la ville, les monastères, les plus nobles et les plus pieux du sénat et des fidèles romains se séparèrent de sa communion, parce qu'on l'accusait d'avoir trempé dans les persécutions que Vigilius avait !;ubies, et qui avaient précipité sa mort. Narsès conseilla au pape

de faire tomber ces soupçons odieux par une manifestation publique. Pelage, dans une litanie (procession solennelle), se rendit, au chant des psaumes et des cantiques sacrés, de la basilique de Saint-Pancratius à celle de Saint-Pierre. Il tenait élevés sur sa tête le livre des Évangiles et la croix du Seigneur. Du haut de l'ambon il parla au peuple et n'eut pas de peine à convaincre tous les esprits, en prouvant que jamais il n'avait songé à faire le moindre mal au pape Vigilius. Enfin, dit-il en terminant, mon vœu, et vous le confirmerez, est celui-ci : Le plus digne doit être placé à la tête de l'Église, sans distinction de rang, depuis Vostiaînus (portier) jusqu'à l'évêque, pourvu que ni l'or, ni les promesses, ni les brigues ambitieuses ne soient pour rien dans sa promotion. Autrement, vous le savez tous, ce serait un simoniaque. Mais le clerc instruit dans la science divine, de mœurs saintes, de vie édifiante, celui-là sans promesses et sans intrigues peut être porté au premier rang. — Le clergé, le sénat et le peuple applaudirent à ces paroles et acclamèrent le pape Pelage. Ce pontife chargea le notarius Valentin, homme craignant Dieu, de rechercher et de faire rendre aux églises les vases d'or et d'argent, les pallium dont elles avaient été dépouillées durant les troubles de la dernière guerre. Il fit commencer la basilique des saints apôtres Jacques et Philippe, et mourut peu de temps après, le 2 du mois de mars (oGO) *. Il fut enseveli dans la basihque du bienheureux Pierre apôtre. En deux ordinations faites au mois de décembre, il imposa les mains à neuf diacres, vingt-six prêtres et quarante-neuf évêques destinés à diverses églises. Après lui, le siège épiscopal demeura vacant trois mois et vingt-cinq jours ^. »

1 Obiit die 2 mensis martii. C'est )a première fois que le Liber Pontificalis abandonne l'ancien usage de dater les jours par les calendes et les ides. Nous le verrons plus tard y revenir et reprendre ce comput qui est encore usité dans la chancellerie romaine.

2 Lib. Pojitif., Notit. lxti, Pclagius ; Pair, lat., tom. CXXVIII, col. 611. Voici l'épitaphe de Pelage, telle qu'elle fut inscrite sur son tombeau dans la basilique de Saint-Pierre de Rome :

Terrenum corpus claudant hœc forte sepiilcra, Nil sancti mentis derogaiura viri.

Page 1