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CHAP. II. — MORT DE DAVID

l*ombre du niiago, sans laisser nulle trace. Seigneur, Dieu d'Abraham, cl'Ipaac et de Jacob, nos pères, conservez au milieu de votre peuple ces nobles et généreux sentiments, et qu'il reste fidèle à votre amour. Donnez à Salomon, mon fils, la perfection du cœur; qu'il garde vos préceptes et vos lois, qu'il observe toutes les cérémonies de votre culte, et qu'il ait la gloire d'élever le temple préparé par mes soins ! — L'auguste vieillard rentra ensuite dans son palais, d'où il ne devait plus sortir, et cette heureuse journée se termina par des sacrifices solennels et de joyeux feslins *. »

66. « David sentit approcher sa dernière heure; il adressa à Salomon ses instructions suprêmes. Je vais entrer, lui dit-il, dans la voie de toute chair, montre-toi ferme et courageux; observe tous les préceptes du Seigneur, tels qu'ils sont inscrits dans la loi de IMoïse. Ainsi, l'intelligence et le conseil présideront à toutes tes actions et à toutes tes démarches; ainsi s'accomphra la promesse que Jéhovah m'a faite, quand il me dit : Si tes fils marchent dans ma voie et me servent dans la sincérité de leur cœur, leur postérité régnera toujours sur le trône d'Israël. Tu sais, mon fils, quelle a été la conduite de Joab à mon égard; tu sais qu'il a trempé ses mains dans le sang d'Abner et d'Amasa, tués par lui en pleine paix avec une infâme perfidie; tu le traiteras selon ta sagesse, et tu ne laisseras pas ses cheveux blancs descendre en paix au tombeau. Souviens-toi des enfants de Berzellaï, de Galaad ; comble-les de faveurs, qu'ils soient admis à la table royale, car leur père m'a donné la plus généreuse hospitalité, alors que je fuyais devant Absalom, ton frère. Il reste Séméï, le fils de Géra, de Benjamin, qui m'accabla d'outrages à Bahurim; il se présenta le premier à ma rencontre, au moment où j'allais traverser le Jourdain, et je lui ai juré par le Dieu vivant d'épargner ses jours. J'ai tenu parole. Tu agiras avec lui dans ta sagesse, et selon que les circonstances l'exigeront. — Après avoir dit ces mots, David, plein de jours et de gloire, s'endormit du sommeil de ses pères. Il avait soixante»

InstructiouÉ • suprêmes adressées k Salomon.

Mort de David.

t 1 Paralip., cap. xxiî, 1-22,

428 IlISTOlRi: DE l'église. — IV ÉrOQUE. — ÈRE DE LA ROYAUTÉ.

dix ans et en avait rogné quarante. Son fils lui fit élever nn tombeau dans la cité de David, et lui donna la sépulture K n

G7. Telles furent et la vie et lu mort du héros qui réalisa l'idéal d'un grand roi. Si quelque chose peut surprendreNle lecteur, ce Ti'cst pas, comme le dit M. Renan, le souvenir ineffaçable que son règne a laissé au cœur des Hébreux, c'est au contraire la légèreté avec laquelle l'exégèse rationaliste a traité cette majestueuse figure qui rayonne sur l'époque monarchique des Juifs, comme Moïse avait illuminé le berceau de la nation. Tous les caractères qui constituent la véjïtable grandeur sont réunis dans cet homme extraordinaire. La douceur, jointe à la plus énergique activité; la science du gouvernement, alliée au génie des batailles; l'esprit d'organisation et la gloire des conquêtes; la patience dans les revers et la modération dans les succès; l'art de se faire aimer des hommes sans compromettre son autorité, ce sont là des qualités essentielles qui, réunies, forment un héros. Mais elles ne sont pour ainsi dire qu'accessoires dans le caractère de David : un sentiment plus haut les domine, c'est celui de la justice et de la piété. David ne fut si giiind que parce qu'il ne se considéra jamais que comme l'humble serviteur de Jéhovah. Quelle sublimité dans les effusions de son cœur en présence de son Dieu! Comme cette majesté de la terre est puissante quand elle s'incline devant la majesté du ciel! De là une source iutarissable de poésie surhumaine qui déborde de son âme; de là les inspirations prophétiques qui font des p&aumes les cantiques du Messie futur, et que des milliers de générations répèteiont sur tous les points de l'univers, sans épuiser jamais les

* I Par'alip., cap. xxix, 26-28 ; III Reg., cap. n, 1-11. Voyez sur le tombeau de David la dissertation pleine d'intérêt de M. de Suulcy {Dict. des anliq. biU., pag. 83C-879). Ce savant croit pouvoir afOmier qu'il a retrouvé le tombea I de David. Le musée du Louvre a été enrichi p.ir ses soins d'un fragment de ce monument précieux. L'historien Josèplic ajoute au récit hiljlique' une circuuslauce particulière, c'est que Salomon, dans sa piété liiiale, lil d^-poecr dans le lonibcau de David d'immenses trésors qui tentèrent plus tard la cupidité d'JIyrcan et d'Hérode, et amenèrent une violation sacrilège de la EépulUiru royale {io?(;[>h., Anti/. jw/aic, lib. VII, cap. xv, n» 3; iOuf., lib. XVI, cap. vu, 1 ; ibiil., lib. XIII , cap. vni, 3).

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