CHAP. I. — SYNCHRONISME
V tienne, asiatique et grecque. — C'est au xv' siècle, de 1500 à » 1400 avant notre ère, qu'on rapporterait avec le plus de proba- » bilité les conquêtes, les entreprises, les constructions de Sésos- » tris, le pli>s grand éclat de la puissance des Égyptiens. L'Assyrie » et la Perse n'offriraient ici que des noms obscurs et mal connus, » auxquels il est réellement impossible d'assigner une place tant » soit peu distincte dans le cours des temps. La dynastie des Hia se » continue chez les Chinois sans laisser aucun souvenir digne de B l'histoire. Le règne d'Érichtonius, à Athènes, est resté mémora- » ble dans les fastes de l'agriculture. Au temps du roi Érechtée, » l'un de ses successeurs, Cérès et Triptolème visitèrent, dit-on, » l'Attique; leurs noms annoncent de nouveaux développements » agricoles. — Alors s'élevaient les murs de Lacédémone; Laïus » montait sur le trône de Thèbes, et Dardanus s'établissait en » Phrygie. — Nous attacherons au siècle suivant, c'est-à-dire au » xiv% la mort de Laïus, l'histoire d'CEdipe, d'Éthéocle et de Poly- » nice; celle de Tantale et de Pélops, qui laissa son nom au Pélo- » ponèse, presque en même temps que Tros donnait le sien aux » Troyens. Danaé, fiUe du roi d'Argos Acrisius, devenait la mère » de Persée, le libérateur d'Andromède. C'est le siècle de plusieurs » autres héros, mais surtout d'Hercule, dont la légende, enrichie » de presque tous les exploits les plus renommés, a pris peu à peu » des teintes allégoriques et astronomiques, et a fini par convenir » au soleil même. Les Héraclides, descendants du véritable Her- » cule, furent chassés du Péloponèse par le roi d'Argos Eurysthée, » fils d'Amphytrion et d'Alcuzène.Ils se réfugièrent dans l'Attique, » où régnait Thésée, le compagnon d'Alcide. Les premiers poèmes » sur l'enlèvement deTroserpine peuvent remonter à cette époque, » aussi bien que l'institution des mystères d'Eleusis, auxquels » Hercule fut initié. — Selon toute apparence, le règne de Thésée » s'est prolongé au-delà de l'an 1300 avant notre ère. Ce roi par- » vint à réunir les douze cantons des Athéniens en un seul corps » de cité; il ébaucha la constitution politique de ce peuple juste- » ment célèbre. Le conseil Amphictyonique, eipèce de congrès de » la confédération grecque, existait déjà peut-être depuis un demi
96 HISTOIRE DE l'Église. — iy'' époque. — ère des juges (1580-1080).
» siècle ; il avait pris naissance en Tliessalie, sous le règne d'Am- » pliictyon; et ce qui n'était d'abord qu'un point central des petits t) cantons thessaliens, devint peu à peu un lien général de la Grèce » entière. Il se pent que l'expédition des Argonautes ait été résott lue dans ce conseil. En rapportant cette expédition au xiii* siècle, D nous croyons adopter l'opinion la plus conciliable avec les meilt> leures traditions. Il s'ensuivrait que ce siècle est celui d'Orpliée, fi jd'Esculape, de Jason et de Médée. On y place aussi les sanglantes » querelles des fils de Pélops, Atrée et ïliyeste. C'est avec plus de » confiance que nous y rattfetchons, d'apiès les récits d'Hérodote, » le règne de Ninus et les quarante premières années de la vie d& ;) Sémiramis, en Assyrie. Mais la clironologie égyptienne retombe 1) dans des ténèbres profondes, qu'à notre avis aucun genre de re- » cherches et d'hypothèses ne pourra jamais éclaircir. — La guerre » de Troie ne s'ouvrira pour nous qu'après l'année 1^00, et nous prent drons 1184, 1183 ou 1182 pour la date la plus probable de la ca-
> tastrophe de cette ville. Ce sera donc là l'époque de tous les hé- » ros troyens et grecs qui figurent âansV Iliade, V Odyssée eiV Enéide, » Nous ne distinguerons aucun autre grand événement dans le » xii* siècle, sinon pourtant les règnes de Sémiramis, après la mort » de Ninus, et de Ninyas, après Sémiiamis; l'avénemeut de Wou- » Vang, et, par lui, le commencement de la dynastie de Tchéou à » la Chine. Quant à la Perse, à l'Assyrie et à l'Egypte, la confusion a règne encore dans toutes les nomenclatures royales. — Nous ré- » servons au xi* siècle le rétablissement des Héraclides dans le Pés loponèse ; ils s'emparèrent de Lacédémone et occupèrent ensuite » Argos, Mycènes, Corinlhe et l'Elide. Les anciens habitants, exi> puisés par eux, se réfugièrent dans la Thrace et sur les côtes de n l'Asie. De là diverses colonies et la fondation de plusieurs villes j> fameuses, telles que Srayrne, dans l'ÉoUde, Ephèse, Clazomène D et Samos, dans l'Ionie. Les Héraclides ayant fait une irruption
> jusqu'aux portes d'Athènes, un oracle promit, dit-on, la victoire
> à l'armée dont le chef périrait dans le combat, et les Athéniens
> durent leur triomphe au dévouement de leur roi Codrus. — Il » importe d'observer ici, à l'éjard de J'%ypte, que certains au*