ANNO. CID. Q. LXXXVII. KAL. APRIL1S
La nouvelle de la mort de Charles d'Angermes arriva au Mans le 7 avril; et les chanoines célébrèrent le 22 du même mois un service solennel pour le repos de 1 ame de ce grand évêque. Nous achèverons de le faire connaître en exposant l'état de la discipline durant la période que nous parcourons.
La vacance du siège épiscopal ne fut pas longue, et néanmoins elle vit s'introduire un abus contre lequel le chapitre avait toujours protesté. Le 8 août 1587, Richef, docteur en théologie, fut pourvu de la prébende serve en vertu de la régale. Ce fut la première provision de cette nature qui réussit au Mans, le chapitre ayant fait échouer toutes les tentatives précédentes. On ne voit pas qu'il y ait eu protestation en cette circonstance. Le 30 mars suivant, un nommé d'Amboise prit possession d'une prébende par la môme voie; et désormais la digue fut rompue. Chose singulière! à aucune époque de la monarchie, l'autorité royale n'était tombée en un aussi grand mépris qu'au moment où elle se permettait ces envahissements. Au reste,
830 BISTOIRI i>i: l ÉGLISE DU MANS.
bestoile nous dit sur cette même époque i<> janvier !.. « Le roi donne comme devant les bénéfices aux seigneurs et gentilshommes, el aux damée, pour eu jouir par économat, sans parler au Pape. (Et contre le serment et promesse qu'il avoit faits au clergé, de n'en oommer plus dès lors en avant, pour la provision d'iceux, autre* que persoonages bien idoines.) »
Durant cette même vacance du siège épiscopal, le chapitre obtint des commissaires pontificaux la permission de poursuivre les détenteurs de ses biens (11 mai 1587). Depuis l'année 1562, il ne cessait de réclamer celte restitution; mais ses plaintes n'étaient guère écoutées. Chaque année, au contraire, il lui fallait lever sur ses propres fonds pour venir au secours de l'état, et il voyait avec peine l'église de Saint -Julien privée des réparations les plus urgentes. En 1577, après avoir vendu le lieu du Bourg, en Saint-Pavin-des-Champs, pour payer la taxe imposée par le roi, les chanoines résolurent de ne plus désormais employer qu'aux réparations de leur église les deniers qui avaient été dans l'origine affectés à cette destination. En 1586 (15 septembre), obligés de fournir encore onze cents écus au roi, ils demandèrent l'autorisation d'aliéner plusieurs de leurs propriétés pour subvenir aux dépenses qu'exigeait impérieusement l'église cathédrale. Nous pourrions multiplier ces exemples, qui se répétaient au moins chaque année.
Les entreprises de l'autorité séculière n'étaient pas moins inquiétantes pour le clergé. Nous venons d'en citer une preuve; avant que le siège épiscopal fût rempli, les chanoines eurent encore de nouveaux embarras à ce sujet. Les magistrats avaient tenté de faire par eux-mêmes une description et une estimation de tous les bénéfices du diocèse, dans le but évident d'en venir à une imposition uniforme; le clergé résolut de s'opposer par toutes les voies possibles à cette entreprise, qui menaçait ses prérogatives les plus importantes.
clAude d'anoennes. 331