DE LA PROMESSE DE FIDÉLITÉ QUE FIT SAINT BERTRAND AU ROI CLOTAIRE II
On ne possède guère d'autre document sur l'épiscopat et la personne de saint Bertrand que le testament de ce prélat. Ce testament a été plusieurs fois commenté , et le P. Papebrock lui-même a publié un travail très étendu el très érudil sur ce document important. Malgré cela on y rencontre encore des difficultés dont la solution n'a pas été tentée. L'une des plus importantesesl, sans contredit, celle qui regarde la promesse de fidélité faite par saint Bertrand au roi CIolaireH. Le P. Papebrock, Mabillon, Dom Rivet et les autres qui ont parlé du testament de saint Bertrand, ne se sont point arrêtés à cette particularité; Papebrock paraît même ne l'avoir pas aperçue. Tous les historiens de notre province qui ont écrit en français, Le Corvaisier , BomJonnet , l'anonyme publié sous le nom de Dom Colomb, Pesche, l'auteur des Pohjpliques de l'Eglise du Mans, Re-
(1) Vita sancti Ernœi, num. 2 et 3. — ■ Vita et miracula sancti Constantiniani, abbatis. — Vita sancti Leonardi, num. 5. — Vita sancti Rigomeri, num. 11. — Vita sancti Lenogisili, num. 8 et 9.
(2) Dom Calmet, op. cit. — Naudet, Mémoires de l'Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, tom. vin, pag. 529,
nouard, e(c. ont certainement commis une erreur en disant que ce saint évêque fut lié par un serment de fidélité au prince que nous venons de nommer.
Ce qui a pu occasionner cette méprise , c'est que saint Bertrand lui-même, parlant de la fidélité qu'il avait montrée envers Clotaire, dit qu'il s'y élait engagé par une promesse qu'il désigne par l'expression latine Sacramenliim.
Dans une pièce de meilleure époque, et dont la latinité serait plus régulière et plus pure, cette expression n'eût pas été employée dans le sens qu'elle a ici. Mais ce testament est du vu siècle, et il est écrit dans un langage qui est loin d'être correct. Pour avoir la véritable signification de tous les mots qui le composent, il s'agit moins de recourir aux exemples pris dans les auteurs d'une plus haute latinité, que de consulter les usages et les mœurs de l'époque. Ainsi, dans la circonstance qui nous occupe, il n'est question que d'une simple promesse, et le mot Sacramcnlum , quelle que soit sa valeur habituelle, ne peut dire en ce lieu autre chose.
Et d'abord le mot Sacramenlum , dans les auteurs de la basse latinité, a plusieurs sens qui s'écartent assez de sa signification première. Les glossaires qui les rapportent ne signalent pas , nous le croyons, celle que nous avançons ici ; cependant Du Cange cite un exemple qui s'en rapproche , et dans lequel ces mots Sacramentum propriœ manus doivent se rendre par signature, souscription. C'est aussi l'avis de Carpentier sur le même mol.
Nous établirons maintenant que les mœurs et la discipline du vne siècle n'eussent pas permis à saint Bertrand d'émettre un serment, mais simplement une promesse. Il est bien vrai que le serment de fidélité au roi a été introduit comme une suite de l'intervention de l'autorité royale dans les élections et les nominations des évêques. Mais, quoique celte intervention des rois remonte aux premiers pas que fit la conquête sur le sol de la Gaule, le serment n'apparaît que bien des siècles après , et il n'est reçu d'une manière positive par l'Eglise que vers le xie siècle.
Ce que saint Ouen raconte dans la Vie de saint Eloi , évêque de Noyon, montre qu'une vertu éprouvée et une pieuse répugnance à émettre un serment, inspiraient plus de confiance que les serments même les plus solennels. Dans les premières années de sa jeunesse que saint Eloi passa à la cour, il fut sollicité de jurer fidélité au roi sur les reliques des saints; mais, quelque instance que lui fil le monarque de prêter ce serment , Eloi s'en excusa avec une vigoureuse modestie. Le roi cessa de le presser et assura qu'il aurait
plus de confiance en lui pour avoir évité le jurement que s'il avait juré (1).
Il était d'usage que les leudes qui approchaient du prince s'engageassent à le servir fidèlement par un serment qu'ils lui faisaient, mais le respect pour la sainteté du serment empêchait même de pieux laïques de se soumettre k cette coutume.
Saint Léger , évêque d'Aulun , qui vivait environ un demi siècle après saint Bertrand, étant pressé de reconnaître Clovis qui avait été élevé à la dignité royale par une faction, protesta courageusement qu'on lui ferait plutôt perdre la vie que la fidélité qu'il avait promise au roi Thierry 111 (2). Il n'est cependant question ici que d'une simple promesse de fidélité et non d'un serment.
Nous voyons Didier, évêque de Cahors, dans une lettre au roi Dagobert, se dire évêque par la grâce de ce prince et se reconnaître son vassal ; mais dans celle circonstance il ne s'agit pas plus de serment que dans les autres monuments de cette, époque (3).
Au commencement du règne de Charlemagne, les évêques ne prêtaient pas encore de serment. Les lois lombardes conservent les ecclésiastiques dans le droit de n'être jamais forcés de jurer. On rapporte ces lois à Charlemagne ou à quelqu'un de ses successeurs. Les Capitulaires même de ce grand empereur portent pareillement les marques de l'ancienne et religieuse appréhension qu'on avait des serments.
Le concile de Meaux tenu l'an 845 , sous Charles-le-Chauve, défendit expressément aux évêques de jurer sur les choses sacrées (4). Néanmoins ce fut sous l'empire de Charlemagne que commencèrent les serments de fidélité pour les évêques et les abbés. Le troisième concile de Tours, tenu en 813, fait mention au moins d'une promesse de fidélité (5).
Si ce n'était là, comme il y a bien de l'apparence , qu'une simple promesse, il est à croire que les fréquentes entreprises qui se firent
(1) Vita sancti Eligii, lib. i, cap. vi, apud Dom Luc d'Achery, Spicilegium, tom. iv.
(2) Mabillon, Acta Sanctorum 0. S. /?,, tom. il, Vita sancti Leodegarii.
(3) Bibliotheca Maxima Patrum, tom. m, pag. 413.— On trouve dans une lettre du même évêque Didier au roi Sigebert un passage à peu près semblable.
(4) Labbe, Concilia, tom. vu, col. 38.
(5) Labbe, ibidem.
conlre la personne de Louis le Débonnaire , et dans lesquelles beaucoup d'évêques ne s'engagèrent que !rop avant , obligèrent ce prince d'exiger des prélats, à l'avenir, un véritable serment de fidélité. On n'en peut douter, après un canon du second concile d'Aix-la-Chapelle, de l'an 836, qui l'assure assez clairement (1).
Chaiiemagne et Louis le Débonnaire eurent des raisons particulières pour exiger des évêques ces nouvelles marques de leur soumission. Les évêques avaient désormais une plus grande part aux affaires de l'état; ils tenaient le premier rang dan? les assemblées de la nation connues sous le nom de Champs de mai; leur crédit dans le Conseil d'état était plus étendu ; l'exécution des lois dans l'étendue de leur territoire leur éiait confiée aussi bien qu'aux comtes ; ils avaient des vassaux et même des troupes destinées à grossir les armées du prince ; enfin, les plus grands fiefs de l'empire étaient déjà unis à leurs crosses. Rien n'était donc plus juste que de s'assurer de leur fidélité par des engagements et par des liens plus étroits.
Telle est l'opinion de ïhomassin sur l'origine du serment de fidélité prêté par les évêques et les abbés au souverain (2). Dom Toustain et D. Tassin s'expriment ainsi sur le même sujet : a Avant le « IXe siècle, nos souverains n'exigeaient point des évêques le ser- « ment de fidélité. Mais comme alors ils les comblèrent de richesses « en leur confiant les principaux fiefs du royaume, et que néanmoins « ces prélats influèrent beaucoup dans la déposition de Louis le « Pieux; il leur parut nécessaire de les lier par des engagements a plus étroits et plus solennels, que ceux dont ils se contentaient « auparavant. Dans des conjonctures si critiques, les évêques ne a laissèrent pas de faire les plus grands efforts pour ne pas subir « ce nouveau joug (3). »
En effet, les évêques avaient plusieurs motifs pour trouver de la répugnance à se soumettre à la prestation de ce serment : « On le « prêtait, dit l'abbé de Vcrlol, à genoux, tête nue, les mains jointes « et dans celles du prince, et de la même manière que le prêtaient a les vassaux de la couronne. C'est l'assujettissement à ces difféa rentes cérémonies qui donnait tant d'éloignemenl aux évêques « pour les serments, et ils croyaient que l'obligation dé mettre leurs « mains entre celles du prince, comme une marque de vassalité et a de dépendance, blessait la supériorité de leur caractère. Manibus
(1) Labhc, ibidem. — Concilium Aquisgranense, cap. n, can. 12.
(2) Discipline de l'Eglise, part. Il, liv. n, cliap. xlvii et xlviii.
(3) Nouveau Traité de Diplomatique, tom. i, pag. 280.
o enim datis more francico fideli tas promittebatur. Esl-il juste, « disaient ces prélats assemblés à Cressy <n 858, et qui s'expri- « niaient par la plume éloquente d'Hincmar, que des mains qui ont « été consacrées par une onction céleste, et que la langue des évê- « ques qui est devenue la clef du ciel, soient profanées par des « serments qui ne conviennent au plus qu'à des laïques? Manus o enim chrismate sanclo peruncla etc., et lincjua episcopi, quœ a fada est clavis cœli... ut sccularis super sanclajuret ?
a Cependant ce môme Hincmar ayant rendu sa fidélité suspecte « au roi Charles-le-Chauve ; ce prince l'obligea, dans le concile de « Ponlion, de prêter un serment précis de fidélité. C'est de quoi ce a prélat fit depuis des plaintes si savantes et si amères, dans un « ouvrage qu'il composa exprès en forme d'apologie. Il y emploie « l'autorité de l'Ecriture, il cite les Pères, les Papes, les Conciles, « pour faire voir qu'on devait se contenter, à l'égard d'un évèque, « d'une simple promesse de fidélité (1). »
Plus loin, l'abbé de Vertol fait observer que nos rois n'exigèrent d'abord des évoques que d'émettre ce serment à la simple vue des Évangiles. Hincmar ne fut même obligé qu'à jurer sur les saintes reliques. Aussi son serment porte-t-il simplement ces mots à la fin : Sic me Deus adjuvet, et isla sancta patrocinia (2). Les choses en étaient là, lorsque les évêques témoignaient encore tant d'opposition pour les serments.
Plus on remonte le cours des âges, et plus on trouve dans les clercs en général, et à plus forte raison dans les évoques, cette répugnance à toutes sortes de serment, et surtout aux serments de fidélité. Le motif qui les éloignait de celle pratique se tirait non seulement des circonstances compromettantes qui se pouvaient, joindre à l'émission du serment, mais encore de ce que, dans l'origine, il avait été entaché d'idolàlrie et de coutumes superstitieuses. L'Eglise eut beaucoup de peine pour faire remplacer par des formules chrétiennes ces usages païens; enfin elle y parvint, mais, au commencement du viie siècle, elle n'avait pas encore atteint le but de tant d'efforts (3).
C'est sans doute, le mot de sacramentum traduit par celui de serment, qui a principalement contribué à entraîner quelques au-
(1) Mémoires de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, tom. n, pag. 716.
(2) Labbe, Concilia, tom. ix, col 293,
(3) L'abbé de Vertot, op. cit.
teurs dans uue erreur grave. Des écrivains anciens, mais qui n'en ont pas pour cela plus d'autorité, parce que, s'ils sont anciens par rapport à nous, ils sont récents par rapport aux faits qu'ils racontent, et relativement au siècle où a vécu saint Bertrand, ces écrivains, disons-nous, ont dit que ce puissant prélat avait uni la dignité de comte a celle d'évêque, e, que, en même temps qu'il gouvernait l'Eglise du Mans, il gouvernait aussi la cité et la province en qualité de comte de l'une et de l'autre. Ce fait avancé d'abord par quelque chroniqueur un peu téméraire, a été reproduit avec complaisance par Corvaisier et par du Saussay (4). Les autres historiens, comme D. Bondonnet et D. Colomb se contentent de n'en rien dire; le P. Papebrock rapporte, sans aucune réflexion, ce qu'en d'il du Saussay. Il nous a semblé utile de faire voir que le sentiment de Corvaisier et des autres ne repose sur rien, et qu'il ne saurait soutenir l'effort d'une critique sérieuse.
D'abord, quoique rien ne soit moins sûr que de vouloir retrouver dans les institutions barbares des attributions bien déterminées pour chaque dignité, il résulte cependant d'une manière évidente de l'ensemble de l'histoire à celte époque, que le pouvoir des évoques sur la cité ou la province, était bien plus étendu que celui du comle, et que, par cela seul, les évêques n'auraient pas accepté une dignité qui ne leur conférait aucun avantage, et se trouvait d'autre part en contradiction avec leur caractère et leurs devoirs.
En effet, les fonctions du comte l'obligeaient à rendre la justice et a porter même des sentences de mort; il devait, au besoin, corn" mander les armées comme cola était souvent nécessaire dans un temps où les guerres ne laissaient que peu de repos à la société. Ces deux principales attributions du comte étaient incompatibles avec le caractère des prélats; aussi ne voit-on dans aucun monument relatif au vie et au vir siècle, cette alliance dans les mêmes mains, de la dignité d'évêque et de celle de comle.
Lorsque deux siècles et demi ou trois siècles après le lemps auquel saint Bertrand a vécu, les dignités de comtes, de ducs, etc. furent devenues héréditaires, il n'est pas rare de rencontrer des prélats qui réunissaient ces titres à ceux qu'ils tenaient de l'Eglise ; mais au vu siècle il en est tout autrement. L'épiscopat était brigué
(1) M. Godanl-Faultrier (L'Anjou et ses monuments, tom. I, pag. 136), donne aussi ce fait comme constant.
par les comtes (1), par les recteurs ou préfets des provinces (2), par les maires du palais (3), par les ducs eux-mêmes {A) ; en un mot la dignité épiscopale, la première dans l'ordre civil aussi bien que dans l'ordre ecclésiastique, assignait à ses titulaires le plus haut rang dans l'état , tellement que l'adjonction d'aucun autre titre temporel ne pouvait en relever l'éclat (5).
11 faut observer encore que la dignité de comte ne se conférait jamais sans le serment de fidélité, et on vient de voir que les évêques ne le prêtaient pas.
Enfin, et ici l'argument négatif est d'une grande force, saint Ber- Irand dans son testament rappelle toutes les faveurs qu'il a reçues de Clotaire II, de Chilpéric ou de la reine Frédégonde, et il ne dit pas un mot qui puisse faire croire qu'il leur fût redevable de la dignité de comte.
La fidélité inviolable que Bertrand garda à Clotaire II au milieu de ses disgrâces, a pu aussi contribuer à faire croire, soit h l'existence du serment qu'on lui attribue à tort, soit à la réunion en sa personne des dignités de comte et d'évêque. Mais l'un et l'autre sentiment est également dénué de fondements solides. Il est bien vrai que sur la fin du vic et au commencement du vne siècle, la profondeur du désordre social fut si grande qu'une sorte de vertige sembla quelquefois atteindre les esprits les plus fermes. Sous prétexte que les décrets de la Providence se manifestaient par les révolutions des empires, on se fil peu de scrupule d'abandonner les souverains déchus, et les usurpateurs jouirent en paix du fruit de leurs crimes. Longtemps auparavant on avait vu à Trêves saint Martin, à peu près seul des évêques gaulois, se montrer difficile sur la légitimité du tyran Maxime : encore le saint pontife céda-t-il bientôt lui-même au torrent, et on lui fit prendre la victoire du soldat heureux pour un signe irrécusable de la volonté divine (6).
(1) Gregorius Turonensis, Historia Francorum, lib. vi, cap. xxxvm; lib. vin, cap. xxn.
(2) Idem. op. cit. lib. vi, cap. vu.
(3) Idem. op. cit. lib. vi, cap. ix.
(4) Acta Sanctorum, ad diem xm februarii ; Vita sancti Licinii , num. 9.
(5) Voyez Guérard, Cartulaire de l'église Notre-Dame de Paris, tom. i, pag. xxxix.
(6) Sulpicius Severus, Vita sancti Martini, lib. i, cap. xxi. — Les
Le spectacle des révolutions par lesquelles furent fondés les royaumes barbares, enracina de plus en plus ces idées : les hommes s'accoutumèrent à mettre le droit dans le fait, et peu de voix réclamèrent en faveur des nombreux Mérovingiens qui furent assassinés ou détrônés. On n'abandonnait pas pour cela le principe qui considère la royauté comme la vivante image de la majesté divine; mais malheureusement ce grand élément d'ordre fut plus d'une fois vaincu par la force brutale, décorée du nom de jugement de Dieu, soit dans les luttes politiques, soit dans les contestations privées. Cependant le dogme subsistait et il finit par triompher de l'anarchie (1).
Saint Bertrand contribua puissamment par sa fermeté, par ses trois exils, sa captivité, les spoliations qu'il souffrit, à faire adopter les idées qui produisirent un si heureux résultai. Au reste, les grands prélats tenaient alors une même ligne de conduite; nous citons, dans notre récit, saint Delharius de Chartres, contemporain de saint Bertrand ; saint Léger, à Autun, ne suivit pas d'aulres principes. Cependant il faut convenir que l'on ne possédait pas, en ces siècles, une doctrine bien formulée sur la légitimité des princes et sur les obligations des sujets à leur égard.
Il résulte de ces observations que rien ne prouve que saint Bertrand ail jamais prèle à Clotaire H le serment de fidélité, ni qu'il ait été revêtu de la dignité de comle (2).
paroles de l'historien de saint Martin sont instructives ; elles font connaître les idées alors régnantes au sujet des princes usurpateurs.
(i) L'abbé Clouet, Histoire ecclésiastique de la province de Trêves, tom. i, pag. 305.
(2) Il n'est pas nécessaire de réfuter Terreur de Corvaisier qui dit que saint Bertrand « portait les armes et la couronne de comte ; » les plus simples notions de la science héraldique suffisent pour apprécier cette assertion à sa juste valeur. Nous ne devons pas non plus nous attacher à réfuter ce que Guillaume du Peyrat {Histoire ecclésiastique de la Cour, pag. 100-820), dit du serment des évêques et surtout des clercs de la chapelle du roi; les faits allégués dans cette note démontrent combien cet auteur s'est mépris.
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