‹ Histoire de l'EgliseChapitre 135 sur 253 · CHARLES- OL' INT · texte numérisé non relu

CHARLES- OL' INT

comme lorsqu'il a rendu la liberté à tant de princes captifs : à François, roi de France, au pape Clément, au duc Jean-Frédéric, prince électeur de Saxe, et à Philippe, landgrave de Hesse *. »

A ceux qui le félicitaient de sa victoire de Scbmalcalde et lui citaient l'exemple de Jules-César pour lui montrer qu'il ne fallait pas seulement vaincre, mais poursuivre la victoire jusqu'à l'entière destruction de son eunemi, l'empereur répondait : « Les auciens n'avaient qu'une chose en vue, l'honneur; pour nous, chrétiens, nous en avons deux, l'honneur et la conscience. »

Les nombreux documents publiés de nos jours sur Charles-Quint confirment la vérité de ce jugement. Charles-Quint était un grand et noble caractère, une âme honnèle, un chrétien pieux et croyant. Mais seul et sans alliés en face de confédérés puissants, Français, Turcs, princes allemands, il succomba dans la lutte. — En Espagne, son nom et sa mémoire ont toujours été en honneur ; les Espagnols le placent à côté des rois catholiques. Depuis sa mort, ce pays n'a pas eu de souverain qui l'ait égalé. Il aimait les mœurs de ce peuple, et voulut finir ses jours au milieu de lui. — Les Belges l'affectionnaient, parce qu'il leur portait un attachement particulier. — En Allemagne, les sentiments étaient partagés ; les catholiques lui reprochaient sa faiblesse, ses perpétuelles concessions, son immixtion dans les affaires religieuses. La prise et le sac de Rome par les mercenaires allemands lui fut particulièrement funeste (1527); il fut vivement affligé de ce malheur. On a donné à son grand-père Maximilien I*»" le nom de dernier chevalier du moyen-àge. Maximilien avait des qualités brillantes et extérieures, mais peu de fond , tandis que son petit-fîls se diàtiuguait par des vertus solides et intérieures, sous des dehors simples et saus prétention. Aussi le croyons-nous volontiers lorsqu'il disait qu'il lui était plus avantageux d'être prince de Catalogue qu'empereur romain*.

* Corpus re format., IX, 708.

* Sa correspondance a été publiée par Lanz, ses commentaires, par Kervyu de Lettenhove. — Fr. Guiccardini , S(07'ia d'Italia , l'iQS-lSSS. Pisa, 1819, 10 tomes. — P.Giovio, Hisioria sui /ew,/jor-?'5 (1498-1513 , 1521-15'27). Flor., 1550, 2 tomes in-fol. — De Thou, Historia sui temporis [lotti-liiOl). Franef., 1625, 4 tomes in-fol. — Monumenta habsburgica, 1 473-1 57G. Wien, 1853. — Will. Robertson, Histovy of the emp. Charles V. Lond., 1769, 3 tomes in-4o (en allem., par Remer. Braunschw., 1772, 3 tomes). — P. Salazar, Cronica del emperadur D. Carlos quhito. Sevilla, 1552, 1 vol. iu-fol. — Historia de la vida y hedios del emperadur Carlos V, por Pr. de Sandoval, 0. S. B. (évêque de Tuy et Pampolune). Pampl., 1034, 2 vol. in-fol. — Epitome de la vida y hechos del emp. Carlos V, por D. Juan Anton de Vera y Zunniga. Madr., 1622, 1 vol. in-4o. — Commentario de la guerra de la Alemana, hecha de Carlo V, por E. Avila y Zunniga. Anvers, 1550, 1 vol. in-80. — Historia de la (jnerra y presa de Africa. Napoles,

1550, 1 vol. iu-fol. — Nouvelles de la cité d'Africque en Barburia. Antw.,

1551. — Rerum a Carolo V in Africa gestarum commentât ii (a Cornel. Scheppero collecti, Antw., 1554 (1555). (Les deux expéditions de Charles en Afrique (1535 et 1541) sont surtout exaltées dans le Tunisias du patriarche

l44 HISTOIRE DE L EGLISE.

§ lA. Ouvrag'es concernant la réforme.

Parmi les auteurs catholiques qui ont écrit sur la réforme, on distingue : Cochlée, dont le véritable nom est Jean Dobeneck, de Wendelstein, près de Nuremberg, né en 1457, mort en 4552. Il fut notamment doyen de l'église de Notre-

Pyrker). — Histoire du règne de Charles- Quint en Flandres, par Alex. Henné. Bruxelles, 1858-18G0, 10 vol. in-8o.

Lettres de Guill. van Maie sur la vie intérieure de l'empereur Charles- Quint, publ. pour la première fois par le baron de Reiffenberg. Bruxelles,

Cloister-life of the emperor Charles V, par Stirling, 3^ édit., eularged. Lond., 1853, 1 vol. in-S». (W. Stirling, Das Klosterleben Karl's V, uus dem Engl. von Lindau. Dresde, 1853.) — Prescott, Klosterleben Karl's V, aus dem Englischen. Leipz., 1857. (W. Prescott, mort en 1859, a publié une nouvelle édition de l'histoire de Charles V, due aux soins de W.. Robertson, en y ajoutant : An account of the emperor' s life after his abdication. Bost., 1856 (1857), 3 vol. in-8o.) — Char les -Quint , son abdication, son séjour et sa mort au monastère de Yuste, par M. Mignet, 3e édit. Par., 1857. — Retraite et mort de Charles-Quint nu monastère de saint Juste. — Lettres inédites publiées par M. Gachard. Bruxelles, 185'«-1855, 3 vol. iu-8o. — Relation des ambassadeurs vénitiens sur Charles-Quint et Philippe II, publ. par M. Gachard. Bruxelles, 1850. — Correspondance de Charles- Quint et d'Adrien VI, publiée pour la première fois par Gachard, 1859. — Des Kaisers Karl V. Correspondenz. Aus dem kgi. Arc/iiv und der IHbliothek von Bourgogne zu Brûssel mitgeth. von Karl Lauz (1513-1556). Leipz., 1844-1846, 3 vol. — Cartas al emperador Carlo V, escritas en los anos 1530-1532 por su confesor (Garcia de Loaysa) copiadas de las autografas conserv. en el archiv. di Simancas y public, por G. Heine. Berl., 1848. — Correspondance of the emperor Charles V, and his ambassadoi-s at the court of England and France, from the original lettres in the impérial family archives at Vienna, published by W. Bradfort. Lond., 1850, 2 vol.

Le couvent de San Jeronlmo de Yuste, où s'était retiré l'empereur, était situé près de Placencia, province d'Estramadure. Dans l'excellente histoire littéraire de cotte province, publiée dernièrement sous ce titre : Cutalogo razonado y cntico de los libros, memorias y papeles impresos y manuscritos, que tratan de las provincias de Exfremadura, compuesto por Vincente Barrantes. Madrid, 1863, on trouve, à l'article S. Yuste, la criticpie des ouvrages qui ont été composés sur la vie claustrale de Charles V (p. 231- 242), neuf en tout, dont plusieurs manuscrits, entre autres ceux d'un contemporain, Fray Martin de Angulo, hiéronyniite, et d'un anonyme, vers 1580. — En 1578, Philippe H fit transporter solennellement le corps de son père à l'Escurial.

A l'occasion de l'ouvrage de Maurenbrecher, cité plus haut, sur Charles V et les protestants d'Allemagne, voir Studie ûber den Kaiser Karl V, von eincm profestantischen Forscher — dans Historisc/i.-pol. Blœfter, année 1867, II, livraisons i-vii.

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