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LE CHRISTIANISME EN ASIE

Sous Dschingis-Clian, les Mongols firent la conquête de la Chine, et en 1215, ils s'emparèrent de Schung-Tieng-Fu, ou Péking, comme on l'appelle aujourd'hui. Le christianisme put donc aussi pénétrer en Chine, et grâce à la protection des Mongols, il y fut longtemps accueilli. Ce sont encore les franciscains que nous voyons appliqués à cette œuvre. Entre les missionnaires qui travaillèrent avec le plus de fruit à évangéhser la Chine vers la fm du treizième siècle, le plus en relief est le franciscain Jean de Monte-Corvino (1291-1309). Sa traduction de l'Ecriture sainte en langue mongole atteste que le nombre des chrétiens, et des chrétiens catholiques, devait y être considérable ; on ne s'expliquerait point autrement qu'il eût entrepris ce travail. En 1307, Jean de Monte- Corvino fut nommé par Clément V archevêque de Péking (Cambalu), et mourut en 1330. On le voit, les plus belles perspectives s'ouvraient à la prédication évangélique sous les Mongols et partout où s'étendait leur domination. Dans l'Asie orientale, ces espérances subsistaient encore au commencement du quatorzième siècle; mais dans la seconde moitié elles s'évanouirent complètement. Le redoutable Timur ou Tamerlan favorisa partout l'islamisme, et d'abord parmi les Mongols eux-mêmes. Quelque temps encore, et le christianisme allait disparaître jusque dans ses derniers vestiges, et, avant même que nous nous en doutions, toute activité chrétienne aura cessé parmi les Mongols. Leur expulsion de la Chine (1369) arrêta la fécondation des germes que le christianisme avait poussés en Chine dans le cours des treizième et quatorzième siècles. Ici encore, comme on le voit, l'heure des vastes conquêtes de l'Evangile parmi les Asiatiques n'avait point encore sonné. Il s'éteignit aussi par degré dans d'autres régions où il s'était conservé dès les premiers siècles de notre ère. Violemment comprimé par le dehors, développant rarement au dedans la force et la beauté divine qui lui sont inhérentes, il ne pouvait exercer sur les sectateurs des religions étrangères l'impression qu'il doit produire pour gagner les cœurs. Il était donc encore frappé de stérilité là même où il était adopté depuis longtemps. Espérons-le toutefois, lorsque la rosée céleste tombera sur les semences encore existantes, la disette se changera en une fécondité

abondante, car le mahométisme , qui déploie sa principale force en Asie, n'est au fond, quelque apparence qu'il revête, qu'une préparation au christianisme. Il faut d'abord qu'il manifeste sa nature tout entière, qu'il révèle sous mille formes diverses qu'il est en contradiction flagrante avec lui-même et ne répond point à l'idéal religieux, en un mot que le cœur humain aspire à quelque chose de plus élevé. Quand il sera ainsi descendu au plus intime de sa nature, comme il semble vouloir le faire de nos jours, àen juger par divers indices, alors , mais alors seulement , le christianisme se répandra en Asie ; il y produira des œuvres bénies et y jettera de solides racines.

Au quinzième siècle, quand les Portugais naviguèrent autour de l'Afrique et acquirent des possessions dans les Indes orientales, de nouveaux essais furent tentés à Goa et dans les alentours pour implanter le christianisme au cœur de l'Asie. Ces essais, qui du reste avortèrent en grande partie, seront plus convenablement exposés quand nous aborderons les missions qui s'étendent du seizième siècle jusqu'au temps présent. — Après avoir étudié les missions de l'Asie, nous allons entreprendre le même travail dans les diverses contrées de l'Europe.

§ 3. Conversions^ dans le nord de F Europe ^

Au commencement de notre période, il restait en Europe de vastes étendues de territoire en partie ou totalement étrangères au christianisme. L'œuvre des missions européennes, dans le cours de cette période, offre absolument le

* J. Baazi, Inventarium Sueo-Gothorum continens integram historiam Ecclesiœ suecicœ lib. Vlll (hscriptam. Lincop., 1642. — Cl. Ornbjalm, Historiée Sueonum Gothorumque ecclesiasticœ libri IV ... usque ad finem sœculi XII. Stockh., 1G89, m-A».

01. Magniis, Historia metropolitanœ Ecclesiœ upsaliensis. Rom., 1560, in-fol. — Erich Bcnzfil , Momnnenia historica veteris Ecclesiœ sueogothicœ. Ups., 1704-1709, 6 vol. iu-4o. — E.-M. Fant, Scriptores rerum succicarum medii œvi, 1818; 1828, 2 t. in-fol. — Rictz, Scriptores suecici medii œvi. Lund., 1842, 3 vol. in-S». — G.-G Warmholtz, Biblioth. hist. sneO'(joihica. Stockh., 1782-1793; Upsal., 1801-1817, 15 vol. in-S». — Gejnr, Geschichte Schwedens , 1832, t. I. — Statula synodalia veteris Eccles. suevo-rjothicœ, ed Reuterdahl. Lond., 1841, in-i».

Gfrœrcr, Gregor Vil, t. II, c. viii, ix (p. 528-559).

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