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GIËRRE DE 1 RENTE ANS

inclina du côté de l'empereur. Sous la conduite de Tilly et du duc Maximilien de Bavière, les Bohémiens furent battus sur la Montagne-Blanclie, près de Prague (20 novembre 1620), et Frédéric V, surnommé le Roi de l'hiver (parce qu'il n'avait été roi que pendant l'hiver de 1619 à 1620), retourna dans son Palatinat par des chemins de détour. Le calme fut de nouveau rétabli en Bohême. La lettre de majesté fut retirée par Ferdinand il. Frédéric V du Palatinat fut mis au ban de l'empire pour avoir accepté la couronne de Bohême, et le haut Palatinat échut à Maximilien de Bavière, qui reçut bientôt après la dignité d'électeur. Maintenant, les protestants craignaient que les catholiques n'eussent la prédominance dans le collège des électeurs.

Telles furent les origines de la guerre de trente ans, qui inonda l'Allemagne de désastres et livra son sort à la merci de l'étranger*.

Après les victoires réitérées de Tilly et de Wallenstein, Ferdinand II pubha en 1629 l'édit de restitution, suivant lequel tout ce qui avait été enlevé aux catholiques depuis la paix religieuse d'Augsbourg devait leur être restitué : il s'agissait de deux archevêchés, de douze évêchés et d'un

* K.-Ad. Menzel, Neueste Geschichte der Deutschen, t. VI-VIII, 2e édit. Brpsiau, 1855. — Gfrœrer, Gustav Adolph, Kœnig von Schweden und seine Zeit, 4e édit., par Onno Klopp. Stuttg., 1863. — Barthold, Geschichte des grossen deutschen Krieges vom Tode Gustav Adolpli's, etc., mit hesonderer Riicksicht auf Frarikreich, 2 vol. Stuttg., 1842. — Hurter, Geschichte Ferdinand's II und seiner Eltern., 9 vol. Schaffh., 1850-1859 (le t. VII traite des troubles de la Bohème). — A. Ginzel, Legatio apostolica Pétri Aloysii Caraffœ (1G24-1634). Wirceb., 1839. - Carlo CaratTa, Vescovo d'Aversa. Relatione dello stato deW impero e délia Gernmnia fatta ... 1628, publié. par J -G. Millier. Wien , 1860. — Hurter, Friedcnsbestrebungen Kaiser Ferdinand's II nebst des apost. Nuntius Cari Caraffa Bericht ûber Ferdinand's Lebensweise, Familie, Hof, Rœthe und Politik. Wien, 1860.

Villerraont, Tilly oder der dreissigjahrige Krieg v. 1618-1632. Schaffh., 1860. — Onno Klopp, Tilly ira dreissigjœhrigen Krieg., 2 vol. Stuttg., 1861. — Klopp, Das Restitutionsedict ini nordwest lichen Deufschland , dans Forschungen zur deutschen Geschichte, t. I, l^e livrais., p. 75-132. Gœtlg.,

1860. — Sur Wallenstein, voir surtout les deux ouvrages suivants : Hurter, Wallenstein' s vier letzte Lebensjahre. Wien, 1862. — Dudick, Waldstein's Correspondenz, 1805. — F. Keym, Geschichte des dreissigjœhrigen Krieges, 2 vol. Freib., 1863. — W. Koch, Geschichte des deutschen Krieges nnter Ferdinand III. Wien, 1865. — J. Janssen, Zur Characteristik neuerer Forschungen ûber den dreissigjœhrigen Krieg, dans Tûb. theol. Q.-Schrift

1861, p. 532-568. — Katholik, II, 1862, p. 733-765.

nombre considérable de couvents et d'abbayes. L'empereur avait parfaitement le droit de rendre cet édit ; il avait pour lui la lettre du traité de paix religieuse, reconnu des deux partis et accepté comme base. D'autre part, les protestants avaient longtemps joui de ces biens, et comme on juge souvent d'après le succès extérieur, la mesure de l'empereur passa et passe encore pour impolitique. Gustave-Adolphe et le cardinal Richelieu intervinrent dans le débat, le premier, parce qu'il était inquiet du sort des protestants et très-avide de conquêtes*.

Vainqueur de Tilly à Leipzig (1631) , il l'emportait déjà sur Wallenstein, à Lutzen, lorsqu'il tomba sur le champ de bataille. La France jeta alors le masque, et combattit avec les protestants contre l'Autriche. La grande victoire des impériaux près de Noerdhngue (1634) servit de peu aux catholiques. Quand l'Allemagne fut réduite à la dernière extrémité, chacun soupira après la paix. La population n'était pas seulement décimée par la guerre et par ses désastres, elle était anéantie. Là où l'on comptait un demi- million d'habitants avant la guerre , il n'en restait plus que quarante ou cinquante mille.

Après trois années de négociations poursuivies à Munster et OsnabrïLck, une paix fut conclue à Westphalie en 1648 2, presque toute au désavantage des catholiques. Il fut décidé que quiconque se trouverait en possession d'un bien ecclésiastique ou d'un droit quelconque, à dater du i^^ janvier 1624, pourrait le garder. Le Reservatum ecclesiasticum fut donc légalement reconnu au moins à partir de cette année-là. Partout où un culte était publiquement pratiqué depuis ce jour, protestantisme ou catholicisme, ou l'un et l'autre simultanément , il était toléré. Le droit d'émigration fut

* La Suède, riche en pierres, mais pauvre en argent et en hommes, était trop étroite pour l'àme ambitieuse de Gustave.

2 Instrumenta pacis Westphal., éd. Berninger, Monaster., 1648; éd. Meyern. Hannov., 1734-173G, 6 tom. in-fol. Le même, 3 tom. in-fol., Gott., 1747. — Urkunden d. Friedensschlûsse zu Munster u. Osnabrùck. Zûr., 1848. — Senkenberg, DarstelL d. westfœl. Friedens. Francf., 1804. Woltmann, Geschichte d. westf. Friedens, 2 vol. Leipz., 1808. — A. Goutarini, Relazione del congresso di Muenster. Vened., 1864. — Ber vjestf» Frieden. {Hist.-pol. Blœtter, t. LI, p. 557-597.)

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