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titre. On répliqua donc que le feudataire ne pouvait point se révolter contre son suzerain; on alléguait encore d'autres raisons. Le serment de suprématie eût passé aux yeux de l'Irlande pour une violation de son devoir. Henri y envoya des troupes, on courut aux armes; les Irlandais furent vaincus^ et le serment de suprématie introduit par le parlement. Les couvents furent abolis.

La réforme de l'Angleterre fut continuée sous Edouard VI, et on introduisit le livre de communes prières. La liturgie réformée fut également imposée à l'Irlande, et on abolit l'épiscopat catholique. Le peuple se résigna à une obéissance passive. Il fut privé de ses églises, mais il aima mieux se passer de liturgie que d'adopter une liturgie réformée. Les prêtres anglicans ne régnaient que dans des temples déserts. Sous Marie, le parlement anglais adopta de nouveau le dogme catholique. En Irlande même , le culte catholique et les évêques catholiques furent partout rétablis, et la joie renaquit dans tous les cœurs.

La réforme fut consommée sous Elisabeth*, et le culte réformé introduit par force en Irlande. Les Irlandais prirent de nouveau les armes et succombèrent. Ils avaient des troupes vaillantes, mais pohit de chef commun ni d'armée régulière. L'Irlande fut encore une fois protestantisée. Elisabeth, dont le règne prospère dura plus de quarante ans , échoua contre les convictions religieuses des Irlandais.

Espérant que Jacques I" userait de tolérance, les Irlandais rappelèrent les prêtres catholiques des repaires ou des iles lointaines où ils s'étaient retirés , et on célébra de nouveau le saint sacrifice. C'était une illusion. Une députation envoyée au roi pour lui demander le libre exercice du culte, fut retenue prisonnière, et les prêtres durent évacuer le pays sous peine de mort. Ehsabeth s'était déjà emparée des biens de plus d'un cathoUque pour les transférer à des protestants,

* The alleged conversion of the irish bishops to the reformed religion ai the ascension of Queen Elizabeih, etc., par W. Maziere Brady. London, 1866. Des vingt-six évêques que possédait l'Irlande, il est certain que vingt et un ne se firent pas protestants. Tout ce qu'on sait, c'est que l'archevêque Hugh Gurwin apostasia. Mais il était Anglais d'origine et avait été sacré en Angleterre (par Donner). C'est de cet apostat qu'émane la consécration des évêques anglicans d'Irlande.

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