‹ Histoire de l'EgliseChapitre 197 sur 253 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

et par l'éclat prodigieux avec lesquels il développa son sujet, il attira de nouveau l'attention vers le christianisme et l'on parut tout disposé à retourner à lui.

Une autre apologie des principes chrétiens, intitulée Soirées de Saint - Pétersbourg , fut rédigée par le comte Joseph de Maistre (i^é en 1753, mort en 1821), ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne à Saint-Pétersbourg, sous le règne de Napoléon. Cet ouvrage, qui est proprement une théodicée, justifie la Providence des maux temporels qui visitent les bons aussi bien que les méchants, en s'appuyant sur les vérités et les institutions principales du christianisme. Grâce à la nouveauté du sujet, à la richesse des pensées, à la chaleur du sentiment, et surtout à la clarté, à la variété, à l'énergie et à l'élégance delà diction, si prisées des Français, les Soirées^ produisirent une sensation universelle. Beaucoup plus grand encore eût été le succès de de Maistre, si dans son livre du Pape il avait formulé avec moins de raideur les principes ultramontains. — Une autre voie fut parcourue par M. de Bonald et l'abbé de Lamennais, qui s'occupèrent de l'origine de la connaissance religieuse et des moyens d'arriver à la certitude. Le subjectivisme arbitraire , qui avait si longtemps dominé dans la science française et n'avait jamais abouti à rien de solide ni de satisfaisant, jeta ces deux hommes sui' le terrain exclusif de l'objectivité. Selon eux , l'autorité pouvait seule donner la certitude , et c'était aussi par cette voie que toute connaissance religieuse avait été transmise dans l'origine. M. de Bonald, observateur judicieux de la vie intellectuelle dans l'homme, philosophe profond, doué de très -vastes connaissances en histoire et en philosophie, essaya d'établir, par le rapport qui existe entre la pensée et le langage , que l'homme, s'il n'eut pas été sollicité du dehors par une autre intelhgence, ne serait jamais arrivé à parler, ni par conséquent à penser ; que la raison supposait une révélation antérieure, condition de tout développement intellectuel et surtout religieux. Pom^suivant le cours de ses idées, il s'appliquait aussi à démontrer la nécessité de révélations subséquentes , seul moyen, selon lui, d'atteindre à la vérité religieuse.

FIN DE l'histoire ECCLÉSIASTIQUE DE MŒHLER.

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