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LA FRANCE ECCLÉSIASTIQUE

et plus encore ceux de l'athéisme devaient naturellement trouver peu de crédit parmi les habitants des campagnes et dans la classe bourgeoise des villes. Les scènes affreuses qui se passèrent quand on essaya de les généraliser, contribuèrent beaucoup plus à les avilir auprès des esprits impartiaux que les plus savantes réfutations, et servirent plus que tout le reste à affermir dans leurs convictions religieuses des milliers d'intelligences. Pendant que d'horribles tragédies ensanglantaient le sol de la France, des multitudes de personnes se réunissaient en secret, et s'habituaient à des idées religieuses d'une intimité et d'une profondeur qu'on ne retrouve que dans les siècles des premières persécutions chrétiennes , avec lesquels cette époque offre tant d'analogies extérieures. L'histoire des martyrs de la révolution française présente des tableaux admirables et qui remuent toutes les puissances de l'âme. Plusieurs familles en ont conservé des souvenirs d'un prix inestimable^, qu'elles ont gardés comme des reliques domestiques et dont l'heureux effet s'est perpétué dans toute leur parenté. Sous le directoire, alors que le fanatisme irré- ^ ligieux était en décroissance, trente -deux mille paroisses avaient déjà recouvré leurs pasteurs ; on peut donc en conclure que le déisme, qu'on essayait alors de propager, ne trouvait d'écho que parmi les soi-disant philosophes, et nullement dans la masse du peuple. Ce qui le prouverait encore, c'est la rapidité avec laquelle il disparut.

Malgré le peu d'attention qu'on donnait à la culture scientifique du clergé, il ne laissa pas de produire d'excellents apologistes du christianisme et de l'Eglise ; et, à défaut du clergé, c'était la classe laïque qui les fournissait. Le vicomte de Chateaubriand, l'un des plus spirituels écrivains de ce temps, provoqua par de nombreux écrits et notamment par le Gëtiie du christianisme, un enthousiasme et un élan rehgieux indescriptibles. Il avait eu l'heureuse idée de travailler à reconquérir des partisans au christianisme non par des démonstrations historiques et philosophiques, mais par des peintures capables d'émouvoir les âmes et d'y éveiller les nobles sentiments. Son siècle n'était pas mûr pour les recherches sérieuses. Par la manière habile dont il envisagea le christianisme au point de vue esthétique, par la façon siirpreruuit.c

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