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CONGRÈS DE VIENNE. — NAPLES

I à la confédération , article si souvent invoqué en pure perte I par les catholiques) porte que « les différents cultes de la * religion chrétienne jouiront d'une parfaite égalité de droits. » Rentré à Rome, Consalvi reprit la direction des affaires (1815-1823), et adopta pour principe d'appliquer au gouvernement des Etats de l'Eglise celles des institutions nouvelles qui lui sembleraient les plus convenables. Les Français avaient amorti la majeure partie des dettes pontificales par la vente des biens ecclésiastiques. En 1800, Pie VII avait endossé une dette de 74 millions (de scudis), avec 3 millions de revenus; en 1815, il se chargea de 33 millions de dettes avec un revenu de 6 à 7 millions*. Son grand but était de rétabhr l'unité de gouvernement dans les Etats de l'Eglise. En 1817 et 1818, plusieurs concordats furent conclus avec divers Etats, notamment avec Naples. — En 1815, lorsque Ferdinand revint de la Sicile (qui lui restait seule et était sous la garde d'une flotte anglaise) et rentra à Naples, l'Eglise se trouvait dans une triste situation. « Les couvents étaient supprimés, dit le radical Coletta, la rehgion affaibhe, les cérémonies rehgieuses honnies ou parodiées, et ces inconvénients n'étaient pas rachetés par de nouvelles vertus, ni tempérés par l'amélioration des mœurs, qui étaient dans la plus grande décadence. Le dévergondage et la servitude marchaient de pair. Le clergé était avih et en médiocre estime; les moines, transformés en prêtres séculiers, nuisaient à la société 2. Les nouveaux ministres de Ferdinand, surtout le chevalier Médici, étaient hostiles à l'Eglise. Mais comme le roi désirait vivre en paix avec l'Eglise, il ne cessait de demander un concordat : il fut conclu à Terracine le 16 février 1818 entre Consalvi et Médici. Les 132 évêchés qui avaient existé jusque-là, et dont 43 seulement étaient

Kirche Deutschlands. Schaffh., 1851, p. 790. — Menzel, Neuere Geschichte der Deutschen bis zur Bundesakte XII, part, il (1848), p, 620.

1 Etudes statistiques sur Rome et la partie occidentale des Etats romains par le comte de Tournon, préfet de Rome, de 1810 à 1814. Par., 1831 3 vol. — J. Hergeurœther, Der Kirchenstaat seit der franzœsischen Révolution. Freib., 1861. — Dœllinger, Kirche und Kirchen, etc. Mûnch., 186] p. 546, Der Kirchenstaat von 1814-1846. — (Farini, Lo stato romano. Storia dell'Ualia del a. 1814. ïorino, 1854.)

» Goletta, t. m, Gassel, 1854, p. 5.

encore occupés, furent réduits à 109. Les couvents devaient être relevés, l'Eglise pourrait de nouveau acquérir, et les biens ecclésiastiques étaient reconnus inviolables. Aucune entrave ne serait mise aux relations des évêques avec le pape et les fidèles. Le roi nommerait les évêques^ le pape les approuverait et leur donnerait l'institution canonique*.

Les moines retournèrent à la primitive observance , et des missions innombrables furent données dans le pays par les ordres religieux. Le concordat conclu, le roi se rendit à Rome pour remercier le pape.

Malheureusement, son trône était miné par la société des carbonari, fondée depuis 1799. Le grand but de cette secte, qui comptait plusieurs milliers de membres, surtout parmi la jeunesse, était d'éloigner les hautes classes des charges publiques pour y élever les classes inférieures, c'est-à-dire, d'aspirer aux emplois et d'accaparer l'iniluence ^. Aussitôt la révolution déchaînée en Espagne, les carbonari se soule-j vèrent, et le 6 juillet 1820 Ferdinand abdiquait en faveud de son fils, qui prêta serment à la nouvelle constitution espagnole le 13 juillet. En janvier 1821, Ferdinand parut au congrès de Laibach ; les Autrichiens marchèrent contre Naples, et à leur approche les armes tombèrent des mains des rebelles. Le 24 mars 1821, Naples était déjà occupée. Tout ce qui avait été fait depuis le 5 juillet 1820 jusqu'au 23 mars 1821 fut considéré comme non avenu, et le 15 de mai, le vieux Ferdinand rentrait joyeusement à Naples, accompagné de quelques ours dont l'empereur Alexandre lui avait fait présent à Laibach. L'enseignement fut rendu aux jésuites, et tout fut rétabli sur l'ancien pied. Ferdinand mourut le 3 (4) janvier 1825. Ses aumônes annuelles s'élevaient à 24,000 ducats. Il avait vécu soixante- seize ans et régné soixante-cinq, mais non gouverné.

Le prince de Calabre lui succéda sous le nom de François I"

» Coletta, p. 80-84. — Artaud, t. II. — Garas, II, G07, 608. — Ern. Mûnch, Sammlung aller Concordate , t. IL — Liberatore, Délia Polizia ecclesiastica nel regno délie due Sicilie. Napoli, 1842. — Concordato fra sua Santitù Pio VU S. P. e S. M. Ferdinando I re del regno délie due Sicilie, part, i; Napoli, 1818; part. Ii, 1825 ; part, m, 1826; part, iv, 1829; part. V, 1832 ; part, vi, 1835.

« Coletta, III, iOl-107. — Ad. Helffericli, Reisebriefe ans Sicilien, 1853.

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