LE SCHISME DE GO A. M
de Ceylan (23 décembre 1830) et pour le Madurée (3 juin i838). Enfin, les anciennes constitutions apostoliques relatives à l'Eglise des Indes orientales furent supprimées par le bref Multa prœclare du 24 avril 1838, qui détermina les diocèses de chaque vicariat*. Les évêchés de Cranganor, Cochin et Méliapur ou Saint-Thomas furent supprimés. Le territoire de Méliapur fut assigné au vicariat apostolique de Madras, celui des deux autres diocèses au vicariat de Malabar, déjà institué en 1659 (1701) pour les carmes déchaussés. Son siège est Vérapoly. Il obtint aussi les chrétiens unis de Saint- Thomas : 200,000 fidèles, 330 prêtres et 160 clercs. Il comptait environ 80,000 catholiques latins.
Les prêtres de Goa essayèrent alors de créer un schisme. José da Sylva y Torrès fut confirmé le 19 juin comme archevêque de Goa, en même temps que Rod. Pereira de Borja devenait évêque de Macao. Sylva y Torrès arriva à Goa en 1844, et d'un seul coup ordonna 800 prêtres, et quels prêtres ! Des prêtres dont toute la théologie consistait dans le patronage portugais. Tels qu'une bande de loups affamés, ils se lépandirent sur le territoire des vicariats apostoliques, employant le fer et le feu pour supplanter leurs adversaires. La plupart des églises tombèrent entre leurs mains, et les prêtres catholiques furent réduits à célébrer dans des cabanes ou sous des arbres : 240,000 âmes tombèrent dans le schisme. En vain, le 1" mars 1845, Grégoire XVi adressa-t-il une admonition à Sylva y Torrès. Cependant, après de longues négociations, le Portugal finit par céder. Le 22 décembre 1848, Sylva fut proclamé archevêque de Palmyre in partibus^ en même temps que coadjuteur de l'archevêque de Braga, et retourna en Portugal. Pie IX, dans son allocution du 17 février 1851, exposa l'état des affaires^. Les schismatiques continuèrent leurs menées. Le nouvel évêque de Macao, Joseph Matta, arriva dans les Indes pour y appuyer le schisme, et exerça les fonctions épiscopales à Colombo sur l'île de Ceylan. En février 1858, il entra solennellement à Bombay et brava les vicaires apostoliques; il conféra les ordres et
1 Voir ce bref dans Bussierre, Histoire du schisme portugais dans les Indes. Par., 1854, appendice 3.
« Acta pontif. PU IX, I, 265-273.
donna la confirmation. A Goa , dans l'espace de sept jours, il conféra différents ordres à 536 individus ; il méprisa deux monitoires du pape. Le vicaire apostolique, Anastase Hartmann, fut enfermé depuis le 13 jusqu'au 20 mars 1853 dans l'église paroissiale de Saint-Michel (Upper Mahim), près de Bombay; on voulait le faire mourir de faim. Un bref sévère adressé le 9 mai 1853 à l'évêque de Macao, l'obligea enfin de céder. Les adhérents du schisme diminuèrent de plus en plus.
Le vicariat d'Agra et de Thibet, fondé en 1808, fut divisé et donna lieu au vicariat de Patna (1845). Le vicariat français de Pondichéry, établi depuis 1770, et destiné aux prêtres des missions étrangères, fut démembré en 1846 et partagé en trois : Maissur et Coimbatur, desservis par les prêtres des missions étrangères, et le Maduré, où depuis 1846 les jésuites ont repris leurs anciennes missions. Le vicariat de Yizigapatnam fut créé en 1848 par les prêtres de la congrégation de saint François de Sales. Vinrent ensuite les vicariats de Dacca, d'Hyderabad, dont le siège est à Secunderabad. En 1854 , on comptait 19 vicariats apostoliques pourvus de 786 prêtres et de 800,000 âmes; en 1857, 20 vicariats et environ 1,200,000 chrétiens, y compris les schismatiques de Goa. En 1859, 2,614 adultes furent convertis dans le seul Maduré. Dans la province de Vérapoly, «on baptise annuellement plus de 1,000 païens, outre plusieurs nestoriens et quelques protestants indigènes. »
Tant que les Hollandais dominèrent dans l'île de Ceylan (1642-1796), ils y livrèrent à l'EgUse catholique une guerre implacable. Sous les Anglais, la situation s'améliora ; quelques années après, File tout entière ne renfermait plus que des païens et des catholiques : les « chrétiens du gouvernement, » c'est-à-dire les protestants, avaient apostasie. Quoique la pénurie des prêtres se fit douloureusement sentir, le nombre des catholiques ne laissait pas d'augmenter. L'ile de Ceylan dépendait alors du diocèse de Méliapur. — Jusqu'en 1848, il n'y eut que 30 missionnaires catholiques pour 400 églises et environ 200,000 chrétiens. En 1849, l'ile fut partagée en deux vicariats, Jaffna et Colombo. Dans la seule province de Jaffna, 15 églises étaient en voie de cens-