LES PHILIPPINES
Cambodja et Laos, dans l'empire anamite, ont été réunis en un seul vicariat apostolique*.
Dans les Philippines espagnoles s'élève l'archevêché de Manila. Don Salazar, premier évêque de ces îles, en prit possession en 1581. Manila fut érigé en archevêché l'an 1595. On institua ensuite les évêchés de la Nouvelle-Ségovie , de la Nouvelle-Cacères et de Cébu {Nominis-Jesu). Manila possède environ 1,000 paroisses ou stations ; le diocèse de la Nouvelle- Ségovie, principale station des célèbres missions dominicaines, en compte environ 500 ; celui de la Nouvelle-Cacères, 600; celui de Cébu, 900. Les 12 membres du chapitre de la cathédrale sont tous indigènes. Les dominicains, les bénédictins, les jésuites, les augustins ont rendu à cette mission d'inappréciables services; le nombre des chrétiens y est estimé à 4 millions; ils envoient des secours continuels aux missions de Chine et de Tonkin. Plusieurs de ces missionnaires sont morts pour la foi. Le clergé séculier et régulier a fait des merveilles. Les Phihppines doivent à l'Eghse catholique, et à l'Espagne en particulier, une reconnaissance immortelle.
Trois archevêques remarquables se sont succédé sur le siège de Manila ^ : P. Jean-Antoine Zulaibar, dominicain de Burgos (sacré le 8 septembre 1804) ; Hilarion Diaz, augustin (1826); Fray Joseph Segui, également augustin. Ce dernier, qui avait habité Manila depuis l'âge de quinze ans, était versé dans tous les dialectes de l'Océanie et de la Chine, où il avait été seul missionnaire pendant plusieurs années et avait baptisé 30,000 néophytes ; il fut admiré plus tard comme missionnaire des Philippines. Adoré des indigènes, M^' Segui, archevêque de 1830 à 1844, était vénéré de toute l'Océanie. Il eut aussi des démêlés avec les autorités espagnoles. Il mourut le 4 juillet 1844. « Père chéri de toute la population, tuteur aimant , maître et docteur dévoué de tous les peuples
* Annalen (de Munich), 1856, p. 97-126.
* Chronicas de la apostôlica yrovincia de S. Gregorio de religiosos descalzos de S. Francisco en las islas Philipinas, China, Japan, etc., por J. Fr. San Antonio. Manila, 1738-1744, 3 vol. in-fol. — Compendio historico de la apostôlica provincia de San Gregorio de Philippinas, por Dom. Martinez. Madr., 1756, 1 vol. in-fol. — Diccionario geogràfico, estadistico, historico, de las Islas Filipinas, por Man. Buzeta, 2 tom. Madr., 1850,
confiés à sa sollicitude pastorale , Segui fut regretté de tous comme un père*. »
Si le joyau des Philippines brille encore à sa couronne, dépouillée déjà de tant de pierres précieuses, l'Espagne le doit en grande partie à ses missionnaires.
Les Français et les missionnaires eux-mêmes divisent la cinquième partie du monde en Polynésie, Micronésie, Malésie et Mélanésie ; les Anglais la partagent : 1** en îles de l'archipel indien; 2° en Australie, et S*" en Polynésie*. Dans le Nouveau- Sud-Wales, ou côte orientale du continent d'Austrahe, on comptait 100,000 habitants en 4838 ; les catholiques formaient tout au plus le quart. Le prêtre Flinn, qui y fut envoyé en 1818, fut d'abord incarcéré, puis renvoyé en Angleterre. Des temps meilleurs ne se levèrent qu'avec l'émancipation des catholiques anglais. Le prêtre Therry (1820) activa la construction de l'église Notre-Dame à Sidney. Deux autres prêtres s'y rendirent en 1829 et 1832. L'année 1832 vit arriver le bénédictin UUathorne (aujourd'hui évêque de Birmingham), un véritable apôtre ; il était alors coadjuteur du vicaire apostohque de Saint-Maurice, dans la Nouvelle-Hollande depuis 1818. Il parcourut le Nouveau-Sud-Wales, et envoya dans son pays des récits terriliants sur la situation des catholiques. Il prêchait souvent trois fois par jour dans diverses localités très-éloignées les unes des autres.
Vers la fin de 1835 arriva, suivi de trois prêtres, le bénédictin Jean Polding, évêque de Gérocésarée depuis le 3 juin 1833. Sidney n'avait alors que 6 prêtres et 6,000 cathohques; la situation s'améliora. L'île même de Norfolk, séjour des plus grands criminels, eut elle-même son église cathohque. Les prêtres commencèrent aussi à s'approcher des sauvages ^ Polding se rendit à Rome en 1841. Sidney, érigé en archevê-
1 Voir sa biographie dans Bernard Wagner, puis dans V Encyclopédie des connaissances utiles, t. XII, p. 44 {édit. allemande).
2 Memorie storiche deW Australia, particolarmente délia missione benc' dettina di Nuova Norcia e degli usi e costumi degli Australiam , per Rudesindo Salvado, 0. S. B., Vescovo di Porto-Vittoria. Roma, 1851.
3 Sidney, Der Welttheil Australien, 1854. — Katholische Missionen in ^w5/ra/ie/i (Rapport d'UUathorne), t. IV des Histor.-polit. Blœtter, p. 437- 445, 454-464, 530-539. — The Tahlet, 17 janvier 1852. — Gams, art. Sidney, dans le Dictionn the'oloy., édit. Gaume.
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ché (1842), obtint pour suffragants Adélaïde et Hobarttown. Le nouvel archevêque construisit plusieurs églises sur différents points, et fonda à Sidney le collège Sainte-Marie, confié aux bénédictins. En 1845, le premier synode, fréquenté par quatre évêques et plusieurs prêtres, fut célébré sur le sol de l'Australie. Sidney vit s'élever dans son sein une cathédrale qui est, avec les plus anciennes églises des Philippines, la plus magnifique église de l'Australie. En 1851 déjà, il fallut aviser aux moyens de l'agrandir. En 1852 , Sidney comptait 57,000 catholiques , 40 prêtres, un archevêque, 2 coadjuteurs, 1 vicaire général, 32 prêtres missionnaires; le diocèse avait 800 milles de longueur sur 400 de largeur. Maitland est après Sidney la place la plus importante. Erigée en évêché en 1847, elle eut pour premier évêque le bénédictin Davis, qui était en même temps coadjuteur de l'archevêque. — J.-A. Sheehy, évêque de Bethsaïda (après la mort du premier) est devenu coadjuteur en octobre 1866.
Entre le Nouveau-Sud-Wales et Adélaïde, ou Australie du sud, est située l'Austrahe- Félix , nommé aussi Port-Philippe et Melbourne, qui fut quelques années le rendez- vous des chercheurs d'or. L'évêché de Melbourne fut fondé en 1847. L'augustin Jacques -Alype Goold y est évêque depuis le 9 juillet 1847 (consacré le 6 août 1848). Le premier évêque d'Hobarttown , dans la Vandémie, fut ^\'. \V^ilson (22 avril 1848, mort le 30 juin 1866) ; il eut pour successeur son ancien coadjuteur Daniel Murpliy. L'évêché d'Adélaïde existe depuis 1842 ; il a déjà son troisième évêque. Ce diocèse renferme un grand nombre de communautés allemandes, la plupart protestantes. Des jésuites allemands possèdent un collège et une mission à Sevenhill * .
Le nombre actuel des prêtres de l'archidiocèse de Sidney est de 73, dont 1 archidiacre et 5 doyens ; celui du diocèse de Melbourne est de 55 , dont 4 jésuites au collège Saint- Patrice à Melbourne; Hobarttown compte 19 prêtres; Adélaïde 22 seulement, y compris 7 jésuites. Chaque missionnaire administre plusieurs églises. — - Le diocèse de Maitland, rétabh en 1865, n'a que trois prêtres. Celui de Goulbourne,
î Missions- Annalen, 1867, p. i72-283.
fondé en 1862, a un second évêque depuis 1867. Le premier évêque de Brisbane est James Quinn, sacré à Dublin le 29 juin 1859; il n'est entouré que de 13 prêtres. Plus récent encore est le diocèse de Bathurst; son premier évêque, Matthieu Quinn, a été sacré le 14 novembre 1865.
En 1845 fut fondé pour l'Australie occidentale le diocèse de Perth, dont le premier évêque, Brady, avait travaillé plusieurs années à la conversion des aborigènes d'Australie ; son lexique de la langue du pays a été imprimé à la Propagande de Rome en 1845. A son retour de Rome, il fut accompagné de deux bénédictins espagnols, Rudesindo Salvado, né à Tuy en 1814, sacré à Rome le 15 août 1849 évêque de Porto-Yittoria, et Joseph -Marie-Benoît Serra, né à Mataro en 1810, sacré à Rome en 1848 évêque de Porto- Vittoria, transféré le 7 août 1849 comme administrateur du diocèse de Perth. Salvado et Serra, avec deux frères plus jeunes qu'eux, pénétrèrent dans les forêts vierges, pour y fonder une Nouvelle - Nurcie , destinée à être le centre de la civilisation parmi les sauvages. Ils se perdirent dans les forêts et tombèrent dans la misère; couverts de peaux et marchant pieds-nus, ils furent réduits à se nourrir de vers et autres reptiles. Salvado retourna à Perth, et se mit à mendier, avec ses vêtements en lambeaux, sous les portes de l'église. Comme il était excellent pianiste, il y donna un concert de piano-forté. « Ma figure, dit-il à ce sujet, excitait à la fois le rire et la pitié ; ma barbe, pour ne point parler du reste, n'avait pas été faite depuis trois mois; j'avais l'air plus sauvage que les sauvages euxmêmes. » Avec le produit de son concert, il acheta des vivres. Ses deux seuls compagnons ( Serra excepté ) , les catéchistes Gormann et Fonteine, moururent dès 1846. — Salvado et Serra défrichèrent les terres incultes et les ensemencèrent. Ils abandonnèrent leur premier poste, et leur condition s'améUora progressivement. Ils construisirent un couvent qu'ils nommèrent Nouvelle-Nurcie ; c'est là que fut célébré en 1848 le premier synode de Perth. Serra devait rentrer en Europe, afin d'y recueillir des secours pour la mission. — En 1848, les champs donnés à la mission par le gouvernement étaient déjà dans le meilleur état, et les sauvages d'alentour commençaient à se rapprocher de la culture. En 1849,
L^AUSTRALIË. ASi
après un séjour de trois ans, Salvado rentra en Europe pour s'y occuper des intérêts de la mission. Il fut sacré évêque, et arriva comme tel à Barcelone (15 août 1849). Après quatorze ans de troubles politiques, les Barcelonais étonnés revirent pour la première fois le costume de saint Benoît. Salvado y donna l'habit à 28 missionnaires qui partirent pour Cadix. Les deux évêques Serra et Salvado s'y rencontrèrent après une séparation de dix-huit mois. Le 6 octobre 1849, Serra partit de Cadix avec 30 bénédictins profès, novices , prêtres et manœuvres , arriva à Perth le 29 décembre 1849 et à la Nouvelle-Nurcie le 28 janvier 1850, où ses sauvages le reçurent en triomphe. Le séjour de Salvado en Europe dura encore longtemps; il ne quitta le port de Cadix que le 16 avril 1853, suivi de 44 bénédictins d'Espagne.
' A quatre lieues de Perth fut élevé le couvent de Subiaco , presque achevé en 1851. Les ^Annales des ynissions sont muettes pendant de longues années sur la Nouvelle-Nurcie et Subiaco. L'affaiblissement de sa santé obligea l'évêque Serra à rentrer en Espagne. L'évêque Salvado s'y trouvait en 1865, puis de nouveau en 1868. Nous craignions qu'on n'eût renoncé à l'œuvre de la civilisation des sauvages , à cause des immenses difficultés qu'elle présentait.
Cependant, de nouveaux renseignements sont arrivés à la fin de 1867 : l'œuvre n'est pas abandonnée. Le succès n'est pas merveilleux au point de vue des chiffres, mais il l'est quant au résultat en lui-même ; les missionnaires ont accompli ce qui ne l'avait jamais été avant eux : ils ont prouvé qu'il était possible de gagner à la civilisation chrétienne ces sauvages de l'Australie, bien inférieurs sous le rapport intellectuel aux adorateurs du grand esprit en Amérique. Les indigènes d'Australie sont anthropophages*; il fallait les désaccoutumer de la vie nomade et leur enseigner l'agriculture. Ce fut en 1859 seulement que Salvado put construire une maison de son ordre à la Nouvelle-Nurcie. Ce couvent nourrit et instruit une multitude de sauvages. On y a établi des logements, et, afin de ne pas mourir de faim, on s'est appliqué à l'agriculture. La colonie occupait un espace de 35 arpents labourables
* Annalen 1867, p. 567-575 (préfecture apostolique de la Nouvelle- Nurcie).
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AH^ HISTOIRE DE l'ÉGLTSE.
et présentait, avec l'église, un ensemble de 18 bâtiments , enfermés dans une haie de palissades et habités par 50 AustraUens. Un ministre protestant écrivait à son évêque, après avoir visité l'établissement : « Ce que j'ai vu dans la mission des bénédictins de la Nouvelle-Nurcie m'a rappelé les premiers temps de l'Eglise. » Chaque logement se compose de deux chambres. Ces nouveaux chrétiens défendent vaillamment leur doctrine et repoussent avec mépris ceux qui veulent les engager à quitter la mission. Levés de bon matin, ils s'en vont gaiement au travail el à la culture des champs. Les habituer au travail, c'était là en effet le seul moyen d'en faire des chrétiens. Pie IX, par une bulle du 12 mars 1867, a érigé la Nouvelle-Nurcie en préfecture apostolique. Présentement Salvado est de nouveau en Espagne, où il se consacrei à la consolidation de son œuvre vraiment apostolique. Nous sommes heureux et nous bénissons le ciel qu'il ait été donné aux disciples de saint Benoît d'asseoir les fondements de l'Eglise d'Australie, si jeune encore et déjà si florissante *. Le vicariat apostolique de l'Océanie occidentale (Nouvelle- Zélande), fondé en 1836, a été confié aux maristes, sous le vicaire apostolique J.-B. Pompallier^.
Les catholiques de la Nouvelle-Zélande , occupée par les Anglais depuis 1839, sont Anglais et Irlandais. Sous l'évêque Pompallier, ils étaient au nombre de 30,000. Il y a quatrevingts ans, la Nouvelle-Zélande possédait 1 million d'habitants. Des guerres dévastatrices, — car les Néo-Zélandais sont aussi anthropophages, — les ont réduits à 200,000. L'Eglise catholique a combattu avec succès ces mœurs barbares; quant aux missionnaires protestants, ils en étaient incapables : les indigènes « mangeurs d'hommes » ne voyaient en eux que des « mangeurs de territoires. » Les missionnaires protestants sont devenus les plus grands propriétaires fonciers , mais ils ont arrondi leur fortune au détriment des indigènes, lesquels ne se soucient point d'un christianisme si égoïste.
* Dernièrement, les jésuites du diocèse d'Adélaïde ont aussi tenté avec succès l'œuvre de la civilisation des sauvages. [Atînales, 1867, p. 274, lettre du jésuite Hinterœker.)
* Histoire de la première mission catholique au vicariat de Mélanésic , par G.-N.-Léopold Verguet, de 1848-1854. Carcassone, 1854. (Sur la Nouvelle-Zélande, p. i08-226.)
L'ArSTRAMK. 483
En I8i0, la Nouvelle-Zélande fut divisée en deux évêchés. Viard devint évoque de Welling^ton ou de l'ile méridionale, et Pouipallier , évêque d'Auckland , ou île septentrionale. Plusieurs églises s'élèvent dans le pays *.
Sur l'île de Calédonie, habitée par environ 50,000 hommes, qui sont les plus féroces anthropophages, les maristes se fixèrent en 18i3. Le vicariat apostolique de la Nouvelle- Calédonie se compose de trois groupes d'îles, habitées par un peuple cruel et sauvage. La résidence n'était possible qu'à Annaton, dans la Nouvelle-Irlande et sur l'île de Fichte. Douarre, évêque d'Amata in parlibus, alla dans cette dernière, mais il revint en 18oi, suivi des chrétiens qu'il avait formés, et fonda deux stations à Ballade et à Poëro. 11 mourut en 1843. Le pro vicaire Pierre Rougeyron a fondé une nouvelle mission en 1855 2.
Grégoire XVI éleva les îles de Salomon au rang de vicariat apostolique de Mélanésie et de Macronésie. Le P. Epale fut sacré à Rome évêque de Sion : 12 maristes l'accompagnèrent. Il mourut le 29 décembre 1846 des suites d'une blessure mortelle^. En 18-47, l'évêque Collomb se chargea de la mission. Après le massacre de trois missionnaires par les sauvages , il se retira de San-Cristoval sm^ llle de Woodlarck, et mourut le 16 juillet 1848'*. En 1851, la mission de Woodlarck n'avait encore obtetm que peu de succès. Les maristes se retirèrent. En 1652, les prêtres de la mission de Milan se fixèrent sur l'île Rook , mais ne firent rien d'important. Le
* Depuis 1860, les Annales des Missions sont muettes sur la Nouvelle- Zélande. — Selon le In'sh Cath. Directory pour 1868 et le English Catholic Dii^ectory pour 1868, J.-B. Pompallier, de la congrégation de Picpus, est encore aujourd'hui le premier évêque d'Auckland. En juin 1860, il a été transféré de l'évèché de Maronea in partions (et sacré comme tel à Rome le 30 juin 1836); il est en même temps administrateur du diocèse d'Auckland depuis sa fondation (29 septembre 1848). — James-Philippe Viard est encore, lui aussi, le premier évêque de Wellington; il a été transféré de l'évèché d'Orthosias in partibus eu juin 1860, consacré à Sidney le 4 janvier 1846; administrateur apostolique de Wellington depuis le mois de mai 1850. On voit par là que le rétablissement des deux diocèses nommés ci-dessus tombe dans les années 1848, 1850 et 1860.
* Voir l'ouvrage de Verguet. — Ses renseignements vont jusqu'en 1864.
* Cf. Verguet, qui s'occupe spécialement de cette mission.
* Verguet, p. 292.
ÂM HISTOIRE DE l'ÉGLISE.
P. Mozzuconi fut assassiné en 4856. Les données manquent depuis plusieurs années; le vicariat apostolique est vacant*.
L'Océanie centrale possède, au contraire, une mission florissante. La plus vaste des îles de Gambie, Mangareva, a une population d'environ 2,500 habitants. Les prêtres Caret et Laval y entrèrent le 7 août ISSi-. Le grand prêtre de l'île, le roi et toute la population se firent baptiser. La mission des îles de Gambie est la plus belle et la plus prospère. Chacune des quatre îles possède une église. Celle de Mangareva est superbe : son couvent renferme 60 sœurs, toutes indigènes. Autrefois anthropophages, déréglés et voleurs, les habitants sont aujourd'hui inoffensifs, de mœurs irréprochables et d'une loyauté à toute épreuve ^. Le mariste P. Bataillon est évêque d'Enos et vicaire apostohque depuis le 23 août 1842. Par bref du 27 mars 1863, ce vicariat fut de nouveau partagé, et on étabht une nouvelle préfecture apostohque qui comprend le grand archipel des îles Viti ou Fidschi. Parmi les 180 îles environ, 80 sont habitées et renferment une population d'environ 100,000 barbares, anthropophages et de mœurs horribles. Pendant cinq années, les maristes ont lutté contre ces coutumes inhumaines. Depuis 1859, les conversions se sont accrues, et en 1863 on comptait déjà plus de 12,000 chrétiens. Il n'y avait alors que 7 prêtres ; plus tard , il y en eut 9. Le P. Breheret, après s'être voué pendant vingt ans à la conversion des Vitianiens, est devenu préfet apostolique. En 1863, le mariste Louis Elloy fut nommé évêque de Tipasa in parlibus et coadjuteur du P. Bataillon^. (Elloy était arrivé dans la mission en 1859; Bataillon dès 1837.)
Présentement, l'archipel de Tonga, les îles Wallis, Futuna, Rotuma, Tokelau et Samoa forment le vicariat de l'Océanie centrale. Samoa est l'archipel des îles de Bateliers. M^' Bataillon réside à Apia, principale localité des îles Samoa, qui en 1866 possédaient 4,150 catholiques. L'archipel de Tonga en compte 2,200. En 1866, Fîle Valhs possédait 3,000 catho-
• Annales de la foi, 1857, I, 45, daos Kalkar, p. 305.
* Ed. Michelis, Die Vœlker der Sûdsee und die Geschichte der kathol. und protest. Missionen unter denselben. Munster, 1847. (Livre excellent, mais qui aurait besoin d'être revu.)
' Annales, 18G4, p. 191-192. (Voir Annales, 1862, 1867, p. 251-271.)