AUSTRALIE : BATAVIA. A1T
Malheureusement, l'Abyssinie « boit le sang des missionnaires sans produire aucun fruit de salut. » La situation des missionnaires était et est restée très-critique. « La corruption des mœurs, principal fléau de ces tribus, est le plus redoutable ennemi du christianisme*. » Le fétichisme et le mahométisme y dominent. Des persécutions cruelles se renouvellent incessamment, et toutes choses y sont dans un état précaire',
L'Australie.
Dans les Tndes postérieures, les Hollandais régnent sur une étendue de territoire qui renferme 16 millions d'âmes (selon d'autres, 20 à 28 millions), dont 30,000 protestants seulement, tous Européens. En deux siècles et demi, les protestants ont été incapables d'opérer une seule conversion. L'entrée du pays était interdite au clergé catholique, et ce fut en 1808 seulement que deux prêtres purent se fixer à Batavia, capitale de l'île Java. La première éQ:lise fut consacrée en 1829. Avant 1845, Batavia avait cinq préfets apostoliques : Nélissen (1808, mort à Batavia en 1817), fondateur de l'Eglise de Batavia; Priessen, qui retourna en Hollande en 1830; J. Scholten, rentré dans son pays en 1842 (mort en 1865); J. Gastenstat, vice-préfet (1842, mort en 1845). — Le premier vicaire apostolique, Groof, arriva à Batavia en 1845, accompagné de quatre ecclésiastiques : il n'y trouva que cinq prêtres en tout. Chassé, lui et ses compagnons, le 16 janvier 1846, il retourna en Europe. Les 16 à 17,000 catholiques de la colonie restèrent sans pasteurs pendant un an. Sur ces entrefaites, un accord ayant été conclu entre Rome et les Pays-Bas, la colonie obtint pour vicaire apostolique F. -M. Vrancken, qui emmena avec lui sept prêtres fort estimables. Le gouvernement céda sur le reste ^. Cette mission a fait de
» Annalen 1849, V, 34; 1851, 1852, 1854, III, 82; 1865, p. 117-137.
« Sur les Missions d'Afrique : Marshall, II, 315-473. — Gams, III, 723- 739. — L. Bel, premier vicaire apostolique depuis le 11 juillet 1865, est raort à Alexandrie le 11 février 1868,
' Denkschrift ûber die Lnge der Katholiken in den Niederlanden, 1850, p. 47-57. — Verfolgunrj icider die kath. Geistlichkeii im niederlœndischen Indieii , dans Histor.-polit. Blœtt., t. XVIII, p. 21-28. — Annalen dev Verbreitung des Glaubens , de Munich, 1867, 555-566 {ApostoL Vie. von Batavia). — Ida Pfeitîer, Meine zweite Weltreise, III, 1856.
grands progrès depuis dix-huit ans. Le vicariat apostolique se divise en 8 stations, occupées par 18 missionnaires. En 1848, il possédait 3 églises; en 1865, 18 et autant de chapelles publiques ou privées, outre 6 églises simultanées. Le 1" janvier 1850, on n'y comptait que 5,670 âmes{?); en 1866, le chiffre des cathohques s'élevait à 23,553; à Batavia même, en novembre 1864, on l'estimait à 2,669, dont 956 soldats ; à la fin de ] 864, la station de Samarang renfermait 2,733 cathohques, y compris 712 soldats.
Avant la suppression des couvents en Portugal (1833), les dominicains dirigeaient les missions portugaises de Timor, Solor et autres îles; mais le gouvernement sécularisa jusqu'aux barques, qui servaient à ces religieux de point de ralliement entre les différentes îles, qui dépérissaient sous le rapport économique et religieux. Macao lui-même offrait le plus triste aspect. En 1839, Timor n'avait que 8 prêtres. (Certaines parties de Timor, ainsi que les îles Flores, avec 11,000 chrétiens, appartiennent depuis 1859 aux Hollandais.) Quand on essaya d'agrandir la mission, il n'y eut guère que l'écume du clergé de Goa et de Portugal, qui se décida à partir pour ces îles délaissées. C'est grâce à leur cession aux Hollandais, que ces îles ont conservé quelques vestiges de religion. Depuis le conflit de 1846, l'accès des îles Moluques et des grandes îles de Célèbes et de Bornéo, est de nouveau permis aux catholiques.
Le vicariat apostolique de Malaya (Malésie, Malabar, ou Siam occidental) date de 1841. Il comprend les possessions de Malacca (l'évêché portugais de Malacca fut supprimé en 1838), toute la côte occidentale de Siam, Pulo-Pinang, Singapore et plusieurs îlots de l'Archipel indien, qui n'appartiennent ni au Portugal ni à la Hollande. A Pulo-Pinang, se trouve le grand séminaire des missions fondée en 1808 par l'abbé Letondal pour la jeunesse chinoise au temps de la persécution de Chine; il renfermait en moyenne 150 élèves. La ville de Malacca contient 2,000 catholiques ; Pulo-Pinang, au delà de 4,000; Singapore en a autant*. — En 1851,
1 MûUbauer, art. Indes postérieures, dans Encyclop. de la théol. cathoL, édit. Gaume.