OBSERVATIONS
Deux dissertations d'une certaine étendue devaient terminer ce volume, l'une sur la manière violente dont la réforme fut introduite dans quelques pays : nous y aurions parlé en même temps de l'Autriche, de la Hongrie, des Pays-Bas, de la Pologne, de l'Italie et de l'Espagne ; l'autre, sur la situation intérieure de l'Eglise catholique depuis 1517 à 1550. Nous aurions complété cette revue par le portrait de tous les évêques d'Allemagne en l'année 1517, afm de prouver que répiscopat de ce pays n'était point alors, à le prendre dans son ensemble, tel qu'on se le représente communément. Ce qu'il y avait de pire se trouvait à Cologne, à Munster et à Paderborn; ce qu'il y avait de meilleur était précisément dans les diocèses dont les habitants furent contraints dans la suite d'abjurer le cathoUcisme. La réforme n'a triomphé que par la force physique; les évêques, bons ou mauvais, n'y ont été pour rien, et il est absurde de dire que si l'épiscopat eût été alors à la hauteur de l'époque, la réforme ne l'eut point emporté. Il n'y a rien de pire en histoire que les assertions générales. Aux excellents évêques qui administraient les diocèses que nous venons de nommer, il faut joindre ceux de Bàle, Strasbourg, Constance, Augsbourg, etc. Les évêques de Mersebourg, Meissen*, Brandebourg, Schwérin, Schleswig, ces mêmes pays où la réforme a triomphé par la force brutale des souverains, sont cités avec les plus grands éloges, souvent même accablés de louanges, par les contemporains.
Malheureusement, ces deux dissertations ne pouvaient guère trouver place dans ce volume. Mon dessein est de les publier à part sous le titre de : Situation intérieure de l^Eglise catholique depuis 1450 jusqu'en 1550; les pages 33-92 du présent volume en feront partie. Elles auront pour but de démontrer que les couleurs sous lesquelles on dépeint ordinairement cette période, même chez les catholiques, sont beaucoup trop sombres, et que la prétendue réforme n'avait pas même les apparences d'une justification.
* Voir le beau livre de Pasig , Johannes VI, Hischof von Meissen. Leipzig, 1867.