LA BAVIÈRE
deux lettres adressées au pape le 8 décembre 1817 et le 15 mars 1818*. Après de longues et pénibles négociations sur l'incompatibilité du concordat avec l'édit de religion, le roi envoya de Tegernsée, le i5 septembre 1821, une déclaration portant que « le concordat serait pleinement observé dans toutes ses parties, et qu'aucun obstacle ne s'opposerait plus à la publication et à l'exécution de la bulle de circonscription donnée en conséquence du concordat. » On assure que le serment prêté à la constitution ne concerne que les intérêts civils, que le concordat oblige comme loi de l'Etat, et que toutes les autorités sont tenues d'y conformer scrupuleusement leurs actes *. — Telle est cette longue période pendant laquelle Vesuvius avait intrigué derrière les coulisses ; il avait réellement déchiré le concordat et planté dans le sein de l'Eglise une flèche qu'après un demi- siècle elle n'a pu encore extirper.
Le nouvel archevêque de Munich-Frisingue obtint pour suffragants Augsbourg, Ratisbonne et Passau ; celui de Bamberg, Wurzbourg, Eiclistsedt et Spire. Au fond, aucun évêché ancien ne fut supprimé, et on n'en créa aucun nouveau ^. Le second édit de religion conserva jusqu'à la mort du roi Maximihen I" (12 octobre 1825) une influence illimitée*. Toutes les prescriptions relatives au jeune devaient porter en tête le place t du gouvernement. On fermait la bouche aux évêques récalcitrants et on les rappelait à l'ordre^. Une ordonnance de 1822 leur défendit de se nommer évêque « par la grâce de Dieu ; » ils devaient se contenter de l'être « avec la grâce de Dieu. »
Le roi Louis I" inspirait aux ennemis de l'Eglise une ter-
* On les trouve en guise d'appendices dans l'ouvrage cité plus haut (n. V-VI). Voir les autres négociations dans Gams, III, p. 389. Les actes complets figurent dans Concordat und Constitutionseid, etc.
* Loc. cit., p. 162. — Dus Recht der Kirche und die Staatsgewalt in Bayern seit dem Abschlusse des « Concordâtes. » Schaffh., 1852, p. 84-101.
* Voir la bulle de circonscription dans le Catholique, 1821, t. II, p. 321-
* Concordat, p. 165-174. — Das Recht der Kirche und die Staatsgewalt in Bayern, p. 138-183.
* Georges Dœllinger, Sammlung der bayerischen Verordnungen, etc., VIII, p. 71-72, 292, 522.
reur profonde *. En décembre 1829, le placet royal fut remis en vigueur o comme un droit nécessaire et inaliénable de là couronne. » Au mois d'avril 1830, les relations avec Rome furent rigoureusement interdites, malgré la lettre du concordat. Tout envoi à Rome , toute réponse de Rome devaient passer par les mains du gouvernement. Les dispenses mêmes de mariage émanées du pape étaient soumises à son inspection; mais le 1" janvier 1841, la Prusse ayant accordé la liberté des relations avec le Saint-Siège, la même concession fut faite en Bavière le 25 mars 1841, notamment par le retrait de la lettre ministérielle du 18 avril 1830; le placet fut cependant maintenu^. Quant à la fondation et à l'entretien de couvents en Bavière, on n'invoqua point la commisération du gouvernement ^ ; stipulés par le concordat , ces couvents furent en partie fondés et dotés, et en partie approuvés par le roi Louis I".
Les sœurs des Ecoles établies en Bavière en 1834, se répandirent bientôt hors des frontières du pays, et en 1847 elles se transplantèrent en Amérique. — De 1826 à 1835, de graves démêlés éclatèrent en Bavière à propos des mariages mixtes*. L'évêque de Ratisbonne , Michel Sailer, et son successeur nommé, Michel Wittmann, furent les deux hommes qui montrèrent le plus de fermeté. Le ministre Wallerstein (1832-1837) menaça les évêques d'une soustraction tempo-
* On en trouve de nombreuses preuves dans les deux volumes intitulés : Anselm Feuerbach's Lehen und Wirken in Bayern. — Si les mauvaises dispositions de Louis I^r avaient commencé dès 1825, au lieu de commencer en 1847, il aurait recueilli de ce côté des éloges infinis; car ses grandes qualités de souverain étaient incontestables.
' Sur les libres relations de la Bavière avec le Saint-Siège, voir t. VII, Histor.-pol. Blœtter, p. 593-627. — Das Recht der Kirche in Bayern, p. 183-
* Si le gouvernement refusa de concourir à la construction de la maisonmère des sœurs de la Miséricorde à Munich, c'est parce qu'on construisait dans le même temps un hospice général pour les pauvres. Un état moderne qui dédaigne les établissements religieux destinés au soulagement des pauvres, et qui livre les malades aux mains des fonctionnaires, provoque le mépris de toute l'Europe, au jugement du comte de Gavour luimême.
* Das Recht der Kirche und die Staatsgevalt in Bayern, p. 219-289. — Kunstmann, Gemischte Ehen. — Kutschker, Gemischte Ehen. — Roskovany, De matrim. mixtis, II, 179-221 (ne donne que les documents publiés avant 1833).
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raire de leur traitement. Pendant le ministère Abel* (1837- 1847), la question fut ainsi résolue, probablement sous l'influence immédiate des événements de Cologne en 1837 : le gouvernement abandonnerait aux parents, conmie étant une aff*aire de conscience, le choix de la religion de leurs enfants ; les parents pourraient s'entendre à ce sujet au moyen de contrats qu'ils concluraient et modifieraient à leur gré. L'Eglise conserverait sa liberté d'action. Les catholiques d'Allemagne goûtent encore aujourd'hui les fruits du règne de Louis 1". Ce prince a restauré les anciennes églises, et c'est grâce à lui que les cathédrales de Ratisbonne, Bamberg* Spire, etc., déploient leur magnificence rajeunie; dans ses nouvelles constructions, il a ressuscité les divers styles des siècles chrétiens, encouragé et protégé la peinture religieuse, et fait de la capitale de sou royaume une des villes les plus curieuses de l'Allemagne, non seulement sous le rapport profane, mais encore sous le rapport religieux. Il a pris sous son patronage la société des missions étrangères ( Ludwigs- Missions-Verein), et a soutenu jusqu'à la fin de sa vie, avec une magnificence toute royale, les Allemands du nord de l'Amérique.
En suite des orages de 1848, une réunion des évêques allemands , suscitée et présidée par l'archevêque de Cologne , Jean Geissel, eut lieu à Wurzbourg depuis le 21 octobre jusqu'au 16 novembre 1848. Ces évêques envoyèrent à tous les catholiques d'Allemagne une lettre pastorale, au clergé une exhortation, et aux divers gouvernements un mémoire dans lequel, conformément à la mission qu'ils avaient reçue de Dieu pour instruire et élever les peuples, ils revendiquaient la liberté absolue en ce qui concernait l'enseignement, la surveillance des écoles, la fondation d'établissements indépendants, l'introduction d'ouvrages religieux, l'enseignement de la religion dans les écoles supérieures et inférieures , la direction exclusive des séminaires. Ils se prononçaient contre la participation de l'Etat aux examens de ceux qui se présentent pour les séminaires et pour le concours des paroisses,'"*^ l'Etat n'ayant pas le droit de s'enquérir de la conduite et du
* Kirche und Staat in Bayern unter dem Ministerium Abel,
savoir de ceux qui sont appelés à une mission ecclésiastique. La faculté d'établir des couvents est inhérente à la nature de l'Eglise et ne peut dépendre du consentement de l'Etat. Le droit de fonder et d'entretenir de tels établissements fait également partie des droits dont chaque citoyen est investi dans un état constitutionnel. Ils revendiquaient aussi le droit d'administrer la fortune de l'Eglise et de n'être point entravés dans leurs relations avec le Saint-Siège ; ils rejetaient par conséquent le placet sous quelque forme qu'il se présentât. Le branle donné, on vit les évêques de chaque pays, Prusse, Autriche, Bavière, Allemagne sud-ouest, unir leurs efforts pour reconquérir l'autonomie de l'Eglise. Ces efforts, couronnés de succès sur quelques points, se terminèrent en Autriche par la catastrophe de 1868, tandis qu'en Bavière et dans les provinces du Haut-Rhin, ils se continuèrent sous un ordre de choses incomplet et provisoire. — Des conciles provinciaux furent célébrés à Gran et à Vienne en i 858, à Venise en 1859, à Cologne et à Prague en 1860, à Colocza en Hongrie en 1863, à Utrecht en Hollande en 1865*. En Bavière et dans les diocèses de la province ecclésiastique du Haut- Rhin, on n'a pas encore pu s'entendre pour le rétabhssement des synodes. En Bavière , on a essayé des réunions d'évêques libres, mais non publiques.
En suite d'une déhbération qui eut Heu à Rome entre les évêques d'Allemagne, à l'occasion de la fête du 29 juin 1867, le prince-évêque de Salzbourg avait invité tout l'épiscopat d'Allemagne à se réunir à Fulde, pour y discuter d'abord dix-sept questions proposées par la congrégation du concile, outre différents points relatifs à l'Eghse d'Allemagne. Seize évêques, deux vicaires apostoliques et trois délégués épiscopaux s'y rencontrèrent le 16 octobre 1867. Les évêques d'Autriche excusèrent leur absence en alléguant les attaques
* Décréta et acta concilii provinc. strigoniensis anno 1858 celebrati. Pesth, 1859. — Acta et décréta concilii provinc. colocensis anno 1863 ce/eôra^î. Pesth, 1864. — Acta et décréta concilii veneti primi. Venet., 1863. — Acta et décréta concilii provinciœ viennensis anno 1858 ^celebrati. Viennae 1859. — Acta et décréta concilii prov. coloniensis anno 1860 celebrati. Goloniae, 1862. — Acta et décréta conc. prov. pragensis anno 1860 celebrati. Prag., 1863. — Acta et décréta synodi prov. utrajectensis anno 1865.
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dirigées contre le concordat. Rottenbourg et Limbourg , Posen, Munster, Trêves n'y prirent aucune part; l'évêché d'Ermeland était vacant; à Trêves, l'évèque n'était pas encore intronisé. Sept évoques de la Bavière, tous excepté un seul, s'y étaient transportés. Neuf séances lurent tenues. Les délibérations ne furent point publiées, mais on imprima un protocole qui fut remis à chaque membre de la conférence. Les délibérations se terminèrent le 21 octobre*.
Depuis que des laïques catholiques (et des prêtres) se furent réunis en société sons le titre de Pîusvereine^ des associations analogues ont eu lieu à Mayence en octobre 1848, et elles se sont renouvelées tous les ans (deux fois en 1819). Par leur nature même, elles n'ont qu'un caractère délibératif : ce sont de pures sociétés d'encouragements
En 18i9, fut fondée l'association de saint Boniface pour le soutien des catholiques disséminés dans des pays protestants ; son siège fut d'abord à Paderborn. C'est une des sociétés les plus utiles et les plus nécessaires. D'autres non moins fructueuses sont les corporations d'ouvriers , d'artistes catholiques, d'étudiants, etc., fondées par Adolphe Kolping.
Des 32,000 catholiques qui résident en Saxe, 20,000 environ habitent les anciennes communes catholiques qu'enferme la Lausitz, et dépendent de l'ancien chapitre catholique de Bautzen. Dans le royaume même, ils forment 11 communes; celle de Dresde compte environ 6,000 âmes, celle de Leipzig 1,200. Le vicaire apostohque est fixé à Dresde. Ces catholiques sont toujours opprimés^. Le vicariat apostolique de Saxe comprend également les 300 cathohques de l'Altenbourg, et 100 autres dispersés dans les contrées de la Reuss. Les catholiques de Saxe-Meiningen appartiennent au diocèse
* Schematismus cler Geistlichkeit des Erzb. Mûnchen-Freising fur das Jahr 1868, p 270-272.
* Voir sur l'histoire et les travaux de cette association le rapport officiel de la onzième assemblée générale tenue à Fribourg en 1860. La dixhuitième assemblée a été tenue à Innsbruck en 1867.
3 Katholik de 1849, n. 18. — Miss. Blttr.. 1846, n. 32; 1847, n. 138, de 1851, t. II, 84-89. — Garas, art. Lausitz, dans Freib Kirchen-Lex. — J.-A. Forwerk, Geschichte und Beschreibung d. kathol. Hof-und Pfarrkirche in Dresden. Nebsteiner kurzen Geschichte der kathol. Kirche in Sachsen, etc. Dresde, 1851. — Ed. Machatschek, Geschichte des Kœnigreichs Sachsen. Leipz., 1862.
de AVurzbourg ; ceux de Cobourgà l'archevêché de Bamberg. Ceux du Scbwarzbourg, 500 environ, dépendent en partie de Bamberg et en partie de Paderborn. Les principautés de Waldeck et de Lippe-Detmold appartiennent à Paderborn ; les catholiques de Buckebourg sont régis par le vicariat apostolique du Nord. Les deux communes d'Anhalt forment le vicariat de ce nom et sont placées sous le nonce apostolique de Munich. Les anciennes principautés de Hohenzollern appartiennent àFribourg; Birkenfeld et Meisenheim, à Trêves; Hombourg, à Mayence.
Le vicariat apostolique du nord, qui ressortit maintenant au diocèse d'Osnabruck, comprend les catholiques des villes hanséatiques Brème, Hambourg, Lubeck; du Mecklembourg- Schwérin, Buckebourg, Holstein et Lauenbourg; en tout moins de 10,000 catholiques ^ Les catholiques de Mecklembourg-Strelitz étaient administrés par des prêtres de Berlin.
La condition ecclésiastique du Hanovre a été réglée par la bulle Impensa du 25 mars 1824 ^^ qui a restauré le diocèse d'Hildesheim (environ 70,000 catholiques). L'érection de celui d'Osnabruck (150,000 âmes environ) a été ajournée faute de ressources. Ces deux diocèses, séparés par le Weser, dépendent immédiatement du pape. Celui d'Osnabruck a été administré par Antoine Lubcke, évêque d'Anthedon in partibiis depuis 1830 jusqu'à sa mort (8 avril 1855)^. Ce diocèse, restauré avec le concours du gouvernement de Hanovre, a eu pour premier évêque l'ancien archevêque de Cologne (1855-1866). Les catholiques du duché de Braunschweig , 2,000 environ, sont subordonnés à l'évêque d'Hildesheim ; ceux du grand-duché d'Oldenbourg, près de 70,000, dépendent de l'évêque de Munster.
Une paroisse existe à Copenhague depuis 1848. Les données sur le chiffre des catholiques du Danemark oscillent entre
* Voir l'histoire de ce vicariat dans Mejer, Die Propaganda, 11, 1853. — Lebr. Dreves, Geschichte der kathol. Gemeindeti zu Hamburg und Altona. Ein Beitrag zur Geschichte der nordischen Missionen. Schaffli., 1866. (2e édit. entièrement revue : la première est de 1850.)
2 Othon Mejer, Propaganda, II, 419. — La bulle se trouve en appendice dans Walter, Kirchenrecht,
» Gams, III, 460-470.
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600 et 3,000 ; leur isolement les empêche de s'accroître. Les catholiques de Stockholm, 1,200 environ, gémissent sous l'ancien esclavage. — Depuis vingt ans, les (quelques catholiques de la Norwége jouissent du libre exercice de leur culte. Une nouvelle éghse a été construite à Christiania*.
Que dire de l'Autriche cisléthanienne? Joseph II, mort en 1790, avait choisi cette épitaphe : Ci-gît Joseph II, walheureux dans toutes ses entreprises. Le règne éphémère de Léopold II (1790-1792) fut suivi du long règne de son fils François II (I"), qui, pendant plusieurs années, essaya, sans y parvenir, de fixer par un concordat les rapports entre les deux pouvoirs civil et rehgieux. Avant de mourir, il recommanda cette affaire à son ministre, le prince de Metternich, en lui disant : « Je place mon repos dans la tombe entre vos mains. » Aucune résolution ne fut prise sous le règne de son fils Ferdinand I" (1835-1848), qui fut obligé d'abdiquer, et Metternich de prendre la fuite. François-Joseph II conclut le concordat du 5 octobre 1855, ce même concordat qu'on vient aujourd'hui lui faire déchirer. « Les jugements de Dieu sont impénétrables'. »
Ce sont les propres paroles de Grégoire XVI à propos de trois évêques qui avaient apostasie en Russie dans l'année 1839. Du moins s'en trouva-t-il un qui vint à résipiscence, Joseph Siemaszko ; le fit-il assez tôt? Dieu seul le sait. En 1848, une espèce de convention fut conclue entre Rome et la Russie, en vertu de laquelle de nouveaux diocèses du rite latin devaient être érigés. Les cathohques unis ne furent plus persécutés, parce qu'ils avaient disparu ; mais le sort des catholiques du rite latin ne fut pas changé avant la mort de Nicolas I" (mort le 2 mars 1855). Sous Alexandre II, son successeur, les espérances qu'avaient d'abord conçues les catholiques ne tar-
* Die katholische Kirche in No^egen, par J.-N. Jentsch, dans Oesterreich. Vierteljahrsschrift fur Théologie, 1864, p. 2o5--290.
* Relativement à cette partie de la population autrichienne qui, pour être baptisée, trouve le catholicisme et le christianisme également incommodes, nous renvoyons aux dernières ligues écrites par Mœhler et déjà citées plus haut. « L'esprit du christianisme se retire ordinairement des peuples démoralisés et endurcis dans leur misère; après avoir attiré à lui tout ce qui était susceptible de délivrance, il les abandonne à leur corruption. »
dèrent pas à s'évanouir. Aujourd'hui, Alexandre II marche sur les traces de Nicolas. Ces mots : Finis Poloniœ^ sont redevenus la devise de la Russie, et les puissances européennes sont tellement occupées de leurs propres affaires que les cris de détresse de la Pologne mourante n'arrivent plus à leurs oreilles. La voix du représentant de Jésus-Christ ne trouve point d'écho au dedans ni en dehors de la Russie, et il ne reste plus d'espoir qu'en Celui qui a dit : « La vengeance m'appartient, et je saurai la rendre ; » Mihi vindicta, et ego rétribuant^ .
L'histoire de l'Italie, depuis 1858, se divise en deux périodes : la période de 1848 à 1859, et la période de 1859 jusqu'au temps présent. Durant la première, le gouvernement spoliateur du Piémont persécute et dépouille l'Eglise dans ses propres domaines, exile les évêques, abolit les couvents, foule aux pieds les droits éternels du catholicisme. Dans la seconde, pour donner un nouvel ahment à sa passion du brigandage, il s'est débarrassé d'un pays héréditaire, la Savoie, puis de Nice, malgré tout l'attachement des Savoisiens pour sa dynastie, sauf à se compenser, avec l'aide de Garibaldi, en accaparant le reste de l'Italie par l'invasion, la corruption, le mensonge,, la perfidie et la trahison. Ce qu'il avait fait d'abord chez lui, il l'a répété exactement dans le reste de l'Itahe : persécution de l'Eglise sous toutes les formes, expulsion, exil, emprisonnement arbitraire des évêques, suppression des couvents, incamération des biens d'Eglise, en un mot, mépris de toutes les choses saintes. Allié maintenant avec la Russie et bientôt peut-être avec l'Autriche cisléthanienne, il marche à la tête des gouvernements persécuteurs de l'Eghse. Le Piémont a pour mobile et pour système la spoliation et la ruine d'un peuple au profit des heureux qui sont au pouvoir. Maintenant que l'Italie possède l'unité où elle aspirait depuis si longtemps, rien ne s'oppose plus à ce qu'elle siège comme grande puissance dans l'aréopage des principaux Etats de l'Europe. L'ancienne Rome avait mis près de sept siècles pour s'incorporer « toute l'Italie. » De nos jours, la chétive Sardaigne a dépensé moins de sept ans à la
> Hebr., x, 30.
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même besogne ; mais, aussi , à parler luimainement, il est très-vraisemblable qu'elle ne subsistera pas sept siècles, ni même sept années; car « les choses s'en vont comme elles sont venues : » Maie parta, maie dilabunlur^ .
1 Cette déplorable histoire est relatée, jusqu'en 1853 , dans l'allocution pontificale des 22 janvier et 26 juillet 1855, et dans le document officiel qui l'accompagne {Pu IX acta, t. Il, p. 5-440), avec 68 pièces à l'appui. — L'histoire subséquente jusqu'en 1857 se trouve dans Margotti, /e Pape Pie IX; — l'histoire de 1857 à 1862, dans Histor.-pol. Blœtter, t. XXXV-L; celle de 1862 à 1867, dans le Monde et dans l'Univer^s.