LES PRÉMONTRÉS
chanoines réguliers, dont les prémontrés faisaient parlie. Leur fondateur était saint Norbert, né en 1081 à Xanten, dans le Bas-Rliin, d'une riche et noble famille. C'était alors une coutume assez générale que les cadets de familles nobles, sans vocation intérieure, fussent promus à des prébondes de collégiales. Il en fut ainsi de Norbert. Nature frivole, mais déliée, il trouva accès auprès de Frédéric, archevêque de Cologne, ainsi qu'à la cour de Henri IV. Personne ne l'eût pris pour un ecclésiastique. Un jour, comme il se promenait à cheval, un éclair passa tout proche de lui et disparut sous terre (1114). Revenu de son éblouissement, Bruno se mita réfléchir sur sa vie antérieure, prit des idées sérieuses et chercha à les inculquer à ses compagnons. Mais il ne recueillit que blâme et sarcasmes, et se vit enfin obligé de fuir. Il embrassa la carrière de missionnaire; mais ici encore la persécution s'acharna sur lui jusqu'au moment où le pape Gélase le prit sous sa protection (1119). Calixte II fit de même, et Norbert put alors prêcher sans aucun obstacle. On affluait à lui de toutes parts, et partout dans les bourgs, dans les villes, dans les villages, il produisait des effets merveilleux. Il réussit à étoufTer les hérésies qui s'étaient implantées autour d'Anvers. En 1120, appelé par l'évêque de Laon à réformer les chanoines de la cathédrale, il échoua et se rendit alors à Prémontré avec l'assentiment de cet évêque. Ses amis se groupèrent autour de lui, et il leur donna une règle qui les astreignait, en dehors de la vie monacale, à se vouer à la prédication, à la conversion des infidèles et des hérétiques (11:20}. L'ordre se répandit au loin, mais surtout en. Westphalie, en Silésie, en Pologne et en Souabe ; il fut confirmé par Ilonorius II en 1124. Nommé, malgré lui, archevêque de Magdebourg en 1126, Norbert entra dans le palais archiépiscopal assis sur un àne et dans le plus simple costume. 11 voulut mettre sérieusement la main à la réforme, mais le clergé et le peuple lui résistèrent et il fut obligé de fuir. Il passa en Italie avec Lothaire III, et mourut après sou retour, à !a grande désolation de son troupeau, qui alors le vénérait comme un sainte
• Vil a sancti Norberti, iconibas expr. per Th. GalliEum. Antv., c. 1630. — Fr.-J. Le Paige, Bibliolheca prœmonstratensis ordinis. Par., 1633,
Moins important est l'ordre de Fontevrault, fondé par Robert d'Arbrissel (1094) ^ qui fut également missionnaire et produisit des fruits abondants. Son principal succès était dans la conversion des personnes du sexe, dont plusieurs, pour ne point retomber, s'attachèrent à lui. Il les réunit dans une maison, et se vit bientôt obligé d'ériger plusieurs établissements. Il leur donna une règle (1400), et mourut en 1117. Il y avait aussi des couvents d'hommes régis par une abbesse. Par ce privilège accordé à une femme, Robert avait voulu honorer la bienheureuse vierge Marie (qui se tenait au pied de la croix du Sauveur, comme il est dit en saint Jean).
§ 3. Ordres mendiants.
Institution des franciscains^.
Les franciscains doivent leur origine à saint François, fils d'un marchand d'Assise. François avait reçu au baptême le nom de Jean, mais parce qu'il avait montré dès son enfance une grande aptitude pour la langue française, on l'avait appelé
in-fol. — La vie de saint Norbert, fondateur de Prémontré y par Gh.-L. Hugo. Luxemb., 1704, iii-4o. — A. Tenckhoff, De S. Norberto. Magd., 1855.
— Chron. eccl. beatœ Mar. Virg. Bonœ-Spei, per Engelb. Maghe. Bonœ- Spei, 1704, in-40. — S. ordinis prœmonstratensis annales, pars prima, monasterologiam historiam complectens, auct. G.-L. Hugo. Nanceii, 1734- 1736, 2 vol. in-fol.
Georges, abbé de Roggenburg, Ephemerides hagiologici ordinis prœmonstratensis. Aug. Vindel., 1764. — F. -G. Gœrlich, Die Prœmonstratenser und ihre Abtei z. hl. Vincenz in Breslau, 2 part., 1836-1841. — Fr. Wiiiter, Die PrœmonstrateJiser des xii Jahrhunderts und ihre Bedeutung fur das nordwestlicJie Deutschland, Berl., 1865, 386 p., traite de douze couvents et de la collégiale de Riga. Daus ce livre, uon dépourvu de mérite, nous lisons que « ce qui était véritablement selon l'esprit de Norbert devait échoir à Luther, » ce qui veut dire saus doute que pour être un vrai moine, il faut cesser d'être moine.
1 Acta sanct., févr., t. HI, p. 593-616. — Mabillon, Annal., t. V, p. 314.
— Yepes, VII, 36. — De Soris, Dissertation apologétique pour Hobert d'Arbrissel. Antv., 1701.
2 Vita sanct i Francisci, auct. Thoma de Gelano sanct. discipulo, lib. III, in Act. sanct., t. II, oct., p. 683-723; Append., III, p. 72'c<-742. — Vita, auct. S. Bonaventura, ibid., p, 742-798. — Fr.-Gand. GhaUppe, Vie de saint François d'Assise. Par., 1727, 1736, 2 vol. Avignon, 1824, 3 vol. — Jos. Gœrres, Der heilige Franz von Assisi, ein Troubadour. Strasb., 1826.
— Hereu. Haid, Leben und Regel des heiligen Franz von Assisi. Mch.; 1828-
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