‹ Histoire de l'EgliseChapitre 9 sur 253 · DE GRÉGOIRE VII A LA FIN DU QUINZIÈ3IE SIÈCLE · texte numérisé non relu

DE GRÉGOIRE VII A LA FIN DU QUINZIÈ3IE SIÈCLE

ment extérieure, provoquée par l'orgueil solitaire de quelques individus *.

La première moitié de la période dont nous commençons l'histoire , présente un des spectacles les plus sublimes à la fois et les plus réjouissants pour le cœur humain que l'histoire de tous les âges puisse offrir à l'observateur. Déjà sur la fin de la période précédente , nous pouvons constater que les peuples d'Occident s'imprégnaient de plus en plus du génie chrétien, et y puisaient la force de se débarrasser des liens de la matière où il était emprisonné. L'esprit chrétien marchait vers la Uberté^, et il conquit la suprématie. Portée par lui, la hiérarchie, devenue une puissance , étendra son règne sur toute l'Europe. La fleur du génie reUgieux, les ordres monastiques, s'épanouissant avec une beauté et un éclat inouïs jusqu'alors, étalera sous nos yeux une richesse de couleurs incomparable. Dans ce nouvel état de choses, la science catholique prit elle-même une élévation et une profondeur où elle n'avait jamais atteint. A côté d'elle se forme la mystique, qui partage toutes ses vicissitudes : brillante, profonde et intime à mesure que la science présente elle-même ces qualités. Quand la science menace de dégénérer, la mystique s'offre à elle pour la ramener sur son véritable terrain. L'influence de l'idée religieuse s'accroît de jour en jour, et tandis qu'en Occident elle règne sur des millions d'intelligences , elle prépare en Orient le triomphe du christianisme et la victoire de la croix, dont les fruits réjouissent tous les cœurs.

Cette situation change, il est vrai, en grande partie dans la seconde moitié de notre période, qui est, à bien des égards, une ère de décadence et de dissolution souvent irrémédiable. Annoncé clairement dès la fin du treizième siècle, ce déclin se révèle au commencement du quatorzième avec des caractères qu'il est impossible de méconnaître.

* Voir Mœhler, Anselm, Erzbischof von Canterbury (introd.).

Page 1