Histoire de l'Église
Oil convient généralement aujourd'hui que, parmi les histoires ecclésiastiques que nous possédons en français , il n'en est aucune qui soit parfeitement appropriée aux besoins de lepoque actuelle. Elles appartiennent tontes aux deux siècles précédents , et je ne sache pas que notie siècle en ait produit une seule qui puisse nous épargner la peine de recourir aux ouvrages de ce genre qui ont été publiés à Tétranger. Nous allons passer en revue les auteurs ecclésiastiques français les plus remarquables des deux époques dont nous venons de parler. Il ne sera naturellement question ici que des auteurs catholiques, et dans cette courte notice bibliographique et critique, nous suivrons l'ordre chronologique.
Le premier auteur qui se présente est Antoine Godcau, évèque de Grasse et de Vence. Parmi un grand nombre d'ouvrages, nous avons de lui une Histoire de l'Eglise jasqiià la fin du neuvième siècle, publiée à Paris en 1663, en 3 vol. in-fol. Cet ouvrage a eu dans le temps le plus grand succès par la manière noble et énergique dont il est écrit. L'auteur a fait preuve de beaucoup de sagacité en épurant l'histoire de l'Eglise d'une foule de fables qui, avant lui , la défiguraient ordinairement. Cependant son ouvrage a été éclipsé par celui de Fleuri qui , quoique écrit avec moins d'élévation, se distingue néanmoins par plus de précision et plus de simplicité.
VI PRKFACK
Vii'iU ensuite Claude Fleuri lui-mùnie quoii regarde coimiiernndes plnsjndicieux critiques de sou siècle. Entre iuitres ouvrages, il nous a laissé une Histoire ecclésiastique (Paris 1691—1720) en 20 vol. in-4° et in-12. dont le dernier Huit à l'année 1414. Le père Fabre y a ajouté' 16 volumes, et depuis, une table in-4'' ou 4 volinnes in-12. On a iuiprinié séparément les huit Discours sur l'Histoire ecclésiastique qui se trouventà la tête de quelquesvolumes. Os discours, écrits avec goût, respirent partout une saine érudition et un jugement exquis, et Ton y trouve une foule de sages réflexions siu- les révolutions arrivées dans lÉglise. Après la mort de Fleuri , il parut un neuvième Discours sur les libertés de TEijlise Gallicane , avec des notes de l'abbé Débonnaire. Ce discours est moins estimé que les autres, mais ce n'était qu'une ébauche à laquelle lauteur n'eut sans doute pas le temps de mettre la dernière main. L'histoire ecclésiastique de Fleuri cjui depuis longtemps jouit d'une grande réputation, a sans doute du mérite sous plus d'un rapport, mais on lui reproche avec raison plusieurs inexactitudes; elle est dailleurs trop volumineuse pour convenir à toutes les classes de lecteurs. On doit, du reste, rendre à Fleuri la justice que son histoire ecclésiastique aussi bien que tous ses autres ouvrages se distinguent par la pureté et par lélégance du st> le.
Nous devons citer en troisième lieu les Mémoires pour servir à YHistoire ecclésiastique des six premiers si (-clos (Paris 1693. 16 vol. in-4") de Louis-Sébastien Le ISain de Tillemont qui passe pour Tun des plus savants et des plus exacts critiques que la France ait produits. Ces Mémoires qui retracent l'histoire de plusieurs personnages illustres, celle des sectes et des conciles les plus célèbres jusqu'en l'an 513, sont universellement estimés: on y