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Histoire de l'église

291. La plupart des anciens ordres religieux avaient sensiblement souffert de l'apostasie de plusieurs de leurs membres, de la décadence des mœurs et de la disparition de la discipline. Leur état était tombé dans le déslionneur et le mépris, et la vie monastiijue semblait vouée à uneruiue irrémédiable. Heureusement, Dieu suscita toute une phalange de nouveaux combal-

tants, les uns comme fondateurs de nouveaux ordres, les autres ^'ounnc réformateurs d'anciennes corporatiotis religieuses. L'excès mémo du mal fut souvent le cornuiencement d'uu meilleur état de choses. La vie ascétique et contemplative, mêlée aux œuvres actives de l'amour du prochain, de l'éducation de la jeunesse, du soin des malades, de la conversion des païens, de la prédication, s'anima Iticntôt d'une ardeur nouvelle ; les scandales furent expiés, la vie religieuse renouvelée. Des congrégations surgirent qui purifièrent k;s anciennes en les rajeunissant, surtout en Italie et en Espagne, en même temps qu'elles réveillèrent le zèle du clergé séculier. Les papes et tons les évoques éminents favorisèrent ces nobles efl'orts, qui allaient en peu de temps donner les plus magnifiques résultats.

Gilles de Yiterbe, lettre du 30 oct. 1500. Lœmmer, Z. K.-G. des 16 und 17 lalirh., p. 65 et suiv. Vergerius, 11 mai 1534; Lasmmer, Mon. Vat. p. lei.Trid., Sess. XXV, decr. de regul., c. l.

CongTég-alions italienucs.

Les capucins.

292. Des disputes intestines avaient produit de graves inconvénients dans l'ordre des franciscains, et on avait souvent tenté d'y introduire des réformes. Les capucins se proposèrent do ramener les institutions de Saint-François à leur primitive austérité : la prière de minuit, un genre de vie plus exact, une pauvreté absolue et une grande activité dans le ministère des âmes. Matteo de Bassi, de l'étroite observance, réforma les franciscains du couvent de Montefalco, mena une vie pénitente et adapta à la coule un capuchon de forme pointue, comme étant le véritable costume du fondateur de l'ordre. Il déploya pondant la peste, lui et les siens, une bonté vraiment héroïque. Il soumit à Clément VII le plan de son institut, obint pour lui et pour ses frères la permission de porter le capuchon et une longue barbe, de vivre dans des cellules solitaires selon la règle do saint François, de prêcher le peuple et surtout de travailler à la conversion des grands pécheurs (15 juillet 1528). Les églises

LE CATUOUCISME. 3

et les couveuts de l'ordre devaient, par leur simplicité et par l'absence de toute décoration, rappeler vivement la pauvreté évangélique ; les religieux étaient tenus, dans les calamités publiques, de se rendre serviables à tous.

L'ordre grandit rapidement et devint populaire même en dehors de l'Italie. Il est vrai que M. de Bassi rentra dans l'ordre de l'étroite observance en 1537, tandis que Louis de Fossombrone en sortit; mais Jean de Fano multiplia la corporation, qui se développa rapidement ot trouva beaucoup d'adhérents. Il est vrai encore qu'il fut pendant deux ans interdit aux capucins de prêcher, après que B. Ochino, troisième vicaire général, eût passé au protestantisme t^t^^^); mais cette honte fut bientôt effacée et la prospérité des capucins assurée par leur vie de sacrifice. En 1574, Paciûque de Saint-Gervoso introduisit en France la première colonie de capucins italiens ; ils reçurent un couvent à Paris, un autre à Lyon (lo7o), d'autres à Caen, Rouen, Marseille, Toulouse (1582) et Verdun (d585). Le duc Henri de Joyeuse entra dans l'ordre en 1587; Alphonse d'Esté, duc de Modène, en 16-26.

En Allemagne aussi, ils obtinrent un grand nombre de maisons. Le plus céièbra de leurs sujets dans ce pays fut Fidèle de Sigmaringen, martyrisé en 1622 et vénéré à Feldkirch. En 160G, Paul Yleur permit d'accepter les maisons qu'on leur offrait en Espagne, et en 1616 il éleva leur vicaire général à la dignité de général. Urbain VllI déclara en 1626 que l'origine de cet institut devait dater du moment où la règle séraphique avait été établie.

Les capucines furent fondées à Naples en 1538, par la pieuse iMarie-Laurence Longa (morte en 1542; ; elles reçurent ensuite des maisons à Milan, à Piome et en d'autres villes et observèrent la règle des clarisses rigides.

Clem. VII Const. Religionis, 1328. Pauli III Const. Expo7ii Nobis, 1.Ö36; Clem. IX Const. Behitum, 1667, Bull. Rom., IV, I,p. 73, 147; VI, p. 248. Wadding, Annal, minor., an. 1Ö28; an. 1335, n. 30; 1537, n. 19 et seq. ; Acta SS. Mai, IV, 233 ; Zacliar. Boverius, Annal, fratrum minor Capuc, Lugd. Bat., 1632 et seq., 3 t. in-f°; Marco de Pisa, Annali de fratei minori Capuc, Trento, 1708, 4 vol.; M. a Tngio,

i HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

BiiUar. Ord. Capucin., Rom., 1740 et seq., 4 t. in-f°; Aremberg, Flores Serapbici Capuc, Lugd., 1632; Hélyot, t. IV, cap. xxiv, p. 192 et suiv.; Hanke, Rœm. Ptepste, 11, p. 144 et suiv. Lechner, Lel)en der Heiligen ans dem Orden der Kapuziner, Munich, 1863 et suiv., 3 vol. P. Uocco da Casale, Storia delle missioni de Capncini, Roma, 1871, t. 1, 1872, t. II.

Congrégation de Monte-Gorona.

293. Chez los camaldules aussi, il y avait eu des divisions; on y trouvait des ermites et des cénobites, des observantins et des conventuels. Le bienheureux Paul Giustiniani érigea (1520- 1522) une nouvelle congrégation d'ermites qui habitèrent chacun dans de petites cellules, sur de hautes et âpres montagnes et observèrent rigoureusement leurs vœux. Ils obtinrent le couvent de Masaccio. Sous Basciano, successeur de Giustiniani, leur principale résidence fut sur le mont Corona : de là le nom de congrégation de Monte Corona. La réforme se propagea rapidement. Camaldoli lui-même se réunit an mont Corona en 1524, et redevint ensuite le principal siège de l'ordre (1540). Plus tard, les deux congrégations se séparèrent, puis se fondirent de nouveau (1633) et se séparèrent encore (1667). Alexandre de Leva établit, en 1601, la congrégation de Turin, qui eut pour succursale la congrégation de Gros-Bois près de Paris.

Les religieuses camaldules ne sortirent point de l'Italie ; elles

avaient leur siège principal à Rome.

Lettera del B. Giustiniani al Vescovo Teatino, dans Bromato, Paolo V, liv. III, § 19; Helyot, IV, p. 271 ; Ranke, I, p. 170 et suiv. Fehr dans Freib. Kirchen-Lexikon, II, p. 284 et suiv.

Les Somasques.

294. Les Somasques (appelés ainsi de Somascho, petite ville entre Milan et Bergame), formaient une congrégation de clercs réguliers. Leur fondateur fut saint Jérôme Émilien (Miani), fils d'un sénateurde Venise, né en 1481. Après avoir pris deux fois les armes pour sa patrie (1495 et 1508), Jérôme avait été en dernier )ieu fait prisonnier à Castelnuovo, 11 regretta dans sa prison los

égarements db sa vie précédente et prit la résolution sérieuse de s'amender. Devenu libre après la conclusion de la paix, il " s'adonna tout entier à la piété et aux bonnes œuvres, surtout à la visite des hôpitaux, au soin des pauvres et des malades; il s'imposa pendant la peste de 1528 les plus grands sacrifices et tomba lui-même dangereusement malade. Après sa guérison, il redoubla encore de sévérité, s'occupa surtout des enfants devenus orphelins par suite de la peste, et établit pour eux une maison particulière à Venise. 11 en prépara bientôt une seconde à Brescia, deux autres à Bergame pour les deux sexes, puis une maison de refuge pour les jeunes filles tombées et délaissées.

Jérôme trouva bientôt des compagnons qui entrèrent dans ses vues, notamment deux prêtres, avec lesquels il se fixa à Somascho, qui fut désormais le centre de tous ses établissements de bienfaisance. Il les soumit à un régime rigoureusement monastique. Assisté du duc François Sforza, il érigea d'autres maisons à Milan et à Pavie et mourut en 1537, après une vie pleine de mérites. Paul III confirma cette congrégatioi/ (5 juin 1540) ; Paul IV lui accorda divers privilèges; Pie V la classa parmi les ordres religieux (6 décembre 1568) et lui prescrivit la règle de Saint-Augustin. Elle reçut le nom de société des clercs réguliers de Saint-Mayeul, à cause de l'église de ce nom qu'on lui avait donnée à Pavie. Marc Gambarana fut le premier général de l'ordre : vie austère, prières nocturnes, instruction du peuple des campagnes, mais surtout éducation des orphelins pauvres, toutes ces œuvres étaient exercées avec ardeur. De nouvelles maisons furent fondées à Côme, Vérone, Gênes, Ferrare et Rome. Sixte-Quint exempta l'ordre de la juridiction épiscopale et lui donna encore d'autres privilèges.

Vila s. Hieron. ^milliani, Acta SS. Febr., t. II. A. Turlara, Do Vila H. /Emil. Mediol., 1620, iii-8°.; Hülsten, lll, 199 et seq.; Vila di Girol- Erniliano, fondatore délia Gong, dei Chierici regolari di Soin., Veuezia, 1740, in-4» ; Hélyot, IV, cap. m, p. 263 et suiv.; Ranke, I, p. 17S et suiv.

Les théatins.

295. Le principal but de l'ordre des théatins était de préparer les voies à la réforme du clergé. Il y joignit les œuvres de charité depuis 1524. Il eut pour fondateurs saint Cajétan do Thiènc, dans le territoire de Venise, protonotaire du pape, et Jean-Pierre CarafTa (plus tard Paul IV). Ils furent aidés par Boniface Colli, docteur dans les deux droits, et Paul Consiglieri, Romain illustre. Tous résignèrent leurs dignités entre les mains du pape, et renoncèrent à tout ce qu'ils possédaient pour ne vivre désormais que des libres offrandes de la charité chrétienne (de la Providence.) Le 14 septembre 1524, ils prononcèrent leurs vœu.x solennels, en ajoutant à celui fie pauvreté qu'ils s'abstiendraient de mendier et attendraient chez eux les aumônes qu'on leur destinerait. Après un court séjour dans Rome, ils louèrent une petite maison sur le mont Pincio.

Clément VU confirma l'institut, permit à ses membres de vivre en commun, comme clercs réguliers, en portant l'habit ordinaire des prêtres, de recevoir des élèves séculiers et de se donner un supérieur {prsepositus). Leur temps devait être partagé entre la prière et les travaux apostoliques, et leurs travaux se résumer dans la prédication, l'administration des sacrements et le soin des malades. Leur costume et leurs règles n'obligeaient point sous peine de péché mortel. Ils prêchaient en surplis, avec la barette et la croix, souvent sur les places publiques; ils gagnèrent un grand nombre de membres même parmi la noblesse. Le leur sein sont sortis beaucoup de savants théologiens et une multitude d'évêques. Paul IV les confirma de nouveau. L'ordre franchit l'enceinte de Rome et s'établit à Venise, à Naples (1530), à Paris (1544), plus tard à Vienne et à Munich. Cajetan de Thiène (mort en 1547) fut canonisé par Urbain Vlll. Les théatines furent fondées par Ursule Benincasa (morte en 1G18).

Bromato, loc. cit., l. III, c.xxv. CarraccioU, Vita S.Cajetani Thienau, c. II, § 12, 19; Vita éd. Colon., 1612. Clem. VII, approbation, Bull. Rom., 1, p. 659. Helyot, IV, cap. xu, p, 84 et suiv. Holsten-Brockie, V, 342 et seq.; Pie V, Coust. Ad immarcessibileui, 1567, Bull. Rom.

IV, 11, p. 330. Comment, pi'cev. in Act. SS., t. II, Aug., p. 249; Pot- Ihast, Bibl. hist. med. sévi, p. 643. Ranke, I, p. 171-173, J. B. Bagatla, Yitad. veuer. Ursula Beiiincasa, 1696.

Les barnabites.

296. Milan, qui avait tant souffert de la guerre, vit surgir une autre association de clercs réguliers, celle des barnabites, qui cherchaient à adoucir les maux de la guerre et la barbarie qui en était la suite par la bienfaisance, l'instruction, la prédication et le bon exemple. Trois gentilshommes, Antoine- Marie Zaccaria de Crémone (né en toOii), Barthélemi Ferrara et Jacques- Antoine Morigia de Milan, se réunirent en 1530 pour fonder une congrégation qui travaillerait au salut des âmes par le confessionnal et la chaire, par l'instruction delà jeunesse et la direction des séminaires, par les missions et la vie en commun. Zaccaria, élevé dans la crainte de Dieu par une mère très pieuse, revenant de Padoue où il avait fait ses études, fut effrayé de l'immoralité qui régnait à Crémone. Il prit, pour y remédier, tous les moyens que peut suggérer la charité la plus ingénieuse et réunit autour de lui une multitude de citoyens. Devenu prêtre, il ne fut que plus ardent à poursuivre sun dessein. La princesse de Guastalla le choisit pour confesseur, et il se rendit avec elle à Milan, où il essaya d'agir principalement sur le clergé ; il y recruta les deux compagnons qui préparèrent avec lui les voies à saint Charles Borromée.

Le nouvel ordre fut confirmé en 4532 par Clément VII et plus tard par Paul III et Jules III. Le duc de Milan lui permit d'acheter des biens-fonds sur son territoire. A Milan, on lui donna la maison de Saint-Barnabe, près des murs de la ville, et c'est de là qu'ils ont été nommés barnabites, bien que leur véritable nom fût celui de clercs réguliers de saint Paul [decollatiis). Ils apportaient un grand zèle dans l'accomplissement de leurs devoirs : pauvreté rigoureuse, mortifications, mépris du monde et des injures, prière, méditation, œuvres de charité envers le prochain. Sur l'invitation des évêques, ils donnèrent à Vicence, à Pavie et à Venise des missions qui produisirent beaucoup de fruit.

Zaccaria mourut en 1539, âgé de trente -six ans seulement,

en réputation de sainteté et très estimé des saints de son temps, tels que Philippe de Néri, Ignace, Charles Borromée, Pie V et saint François de Sales ; ce dernier appela les barnabites à Annecy et Thonon et procura leur entrée en France (i608). Ferdinand II les établit à Vienne. Dans plusieurs villes, entre autres cà Milan et à Pise, ils reçurent des chaires de professeurs et la direction des séminaires. L'ordre fut illustré par une foule de g-rands personnages. Les religieux portaient au chœur la soutane et le röchet, jeûnaient rigoureusement tous les vendredis, les deux derniers jours du carnaval et depuis le premier dimanche de l'A vent jusqu'à Noël, faisaient abstinence de chair tous les mercredis de l'année et observaient le silence depuis l'examen du soir jusqu'au lendemain après matines. Ils s'obligeaient à ne briguer aucun emploi dans la congrégation ni hors de la congrégation, et à n'accepter aucune dignité sans la permission du pape. Les frères lais n'étaient admis qu'après une épreuve de cinq années.

Aless. Maria Teppa (Barnabit), Vita del Yen. A. M. Zaccaria fondatore délia Congr. dei Chierici Reg. di S. Paolo, Moncalieri, i853 ; Fr. S. Blanchi, Brève vita del ven. Ant. M. Zaccaria, ediz. II, Bologna, 1875. Le 2 février 1849, à Gaète, Pie IX déclara que les vertus héroïques de Zaccaria étaient pleinement constatées. Voyez encore Bull. Rom., I, 689; Holsten, V, 449 et seq. ; Helyot, op. cit, cap. xi p. 119 et suiv. ; Barnabites distingués : Alerandre Sauli, évêque (apôtre des Corses), puis de Pavie, mort en 1592, vener. Rescapé, évêque de Novare, appelé par Innocent XI le second Charles Borromée; Cossino Dossena, évoque de Tortone, ami de Philippe de Néri et de Camille de Lellis, Giusto Guorrini, ami et successeur de saint François de Sales; Constantin Palomolla, familier de saint Joseph de Calasanza ; Giacomo Maria Berna, Jean-Pierre Besozzi, Jean Melso, Jérôme Marta, Paul M. Omodei, Domenico Buverio, Augustin Tornielli, les cardinaux Gerdil, Fontana, Lambruschini. Cf. A. M. Ungarelli, Biblioth, scriptorum e congreg. cleric. Reg. S. Pauh, Rom., 1836, in-4°.

Les obiats. Les clercs de la Mère de Dieu.

297. Une congrégation analogue aux précédentes fut instituée, en 1578, par saint Charles Borromée : les oblats (volontaires) de saint Ambroise, association de prêtres, avaient pour

mission d'aider l'archevêque de Milan à restaurer la vie religieuse dans son diocèse. Leurs principaux devoirs consistaient à vivre continuelleioont dans la crainte de Dieu, à enseigner le peuple, à obéir ponctuellement à l'archevêque et à ses successeurs. Charles aimait profondément cette société do prêtres, qu'il appelait ses enfants, et c'est dans leur compagnie qu'il se plaidait de préférence. Cette congrégation toutefois n'eut guère qu'une importance locale.

Il en fut de même des clercs réguliers de la Mère de Dieu fondés par Jean Léonard, né à Décimo dans le territoire de Lucques, très pieux dès sa jeunesse, d'abord pharmacien, prêtre depuis 1373, et fixé à Lucques depuis 1574. Leur but était de travailler à leur propre perfection et d'instruire la jeunesse. Grégoire XIII les approuva pour la première fois en 1583, Clément VIII les plaça sous la protection immédiate du Saint- Siège, car ils eurent une foule d'obstacles à surmonter. Léonard, très estimé de Philippe de Néri, mourut à Rome en 1609. Grégoire XV rangea l'institut parmi les ordres religieux. Ses principales maisons étaient à Rome, à Naples et à Lucques.

Giussano, Vila di S. Carlo Bor., II, 63 et seq. ; Dieringer, der hl. Carl Bor. p. 371 et suiv. Clerici reguläres matris Dei, Not. in Alex. Nat., H. EccI., t. XVII, p. 473., Seec XVI, c. vii, art. 4. Const. Roncaglia et J. de Mansi appartenaient à l'ordre. Le 27 mai 1861, Pie IX rendit un décret portant qu'on pouvait procéder à la béatification de Jean Léonardi. Civiltà cattol., 13 Giugno 1861, p. 738.

Les Ursulines. Les Dimesses. Communauté de £ianchetti à

Bologne.

298. On fit également beaucoup en Italie pour l'éducation des personnes du sexe. Aiigèle Merici, de Desenzano, sur le lac de Garde, réunit à Brescia, lieu de son séjour (1535-1537), plusieurs vierges pieuses ponr s'adonner avec elle à la vie ascétique et aux œuvres de l'amour du prochain. Dans le principe, elles résidaient encore dans leurs familles, tout en s'occupant déjà de la recherche des pauvres et des malades, et de l'instruction de la jeunesse. Cette pieuse association compta bientôt soixante- dix sœurs ; elles choisirent Angèle (elle mourut en

1540) pour supérieure et sainte Ursule pour patronne : de là leur nom d'ursulines. Paul III approuva l'institut en lo4i, et permit à la supérieure de faire les changements qu'elle jugerait convenables et opportuns. Charles Borromée le prit sous sa particulière protection et le ut de nouveau approuver par Grégroire XIII. Eu 1612, Paul V érigea la congrégation en ordre proprement dit, et ajouta aux trois vœux celui de se consacrer à l'éducation des jeunes filles.

De la haute Italie, l'ordre se répandit en diverses contrées, car il satisfaisait à des besoins urgents ; Madeleine de Sainte- Beuve s'appliqua à le propager en France (1601). Les recommandations et les souvenirs de la pieuse fondatrice Angèle (canonisée en 1807) furent fidèlement conservés.

Une veuve de Vieence nommée Dianira Valmarana (morte en 1607) fonda dans le territoire de Venise la congrégation des Dimesses (honorables, modestes) pour les vierges et les veuves qui désiraient se vouer tout entières à l'exercice de la vertu. Leur directeur, le franciscain Antoine Pagani, rédigea les statuts, qui furent approuvés en 1584. Les dimesses s'adonnaient aussi à l'éducation de la jeunesse et au service des malades. Le noviciat durait trois ans.

Le gentilhomme César Bianchetti fonda à Bologne, pour l'éducation religieuse de la jeunesse masculine et des ignorants, une communauté ou confrérie de riches laïques qui ne faisaient point de vœux solennels.

La chronique de l'ordre des relig. de Sainte-Ursule depuis l'an 1012 jusqu'à 1066, par M. P. U., Paris, 1678, 2 voll, iu-i" Journal des illustres religieuses de l'ordre de Sainte-Ursule, par Jeanne de Chanibounet de la Motlie, Bourges, 1684, 4 vol. in-4° ; Helyot, IV, cap. xx et suiv. ; Henrion-Fehr, II, p. 68 etsuiv.;Das Leben der hl. Angela von Merici, Augsb., 1811 ; Sintzel, Leben der hl. Angela, Regensb., 1842; Sainte-Toix, Annales de l'ordre de Sainte-Ursule, Clermunt- Ferrand, 1838,2 voll. Congreg. delle dimesse Phil. Bonani Catalog. ordin. rehg.,P. II, n. 108; Helyot, VIII, p. 12et suiv.

Les Pères de la bonne mort.

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