‹ Histoire de l'église (volume 4)Chapitre 2 sur 32 · La congrégation des Pères de la bonne mort, ou con · texte numérisé non relu

La congrégation des Pères de la bonne mort, ou con

grégation des clercs réguliers au service des malades, fut éta- Liie à Rome par saint Camille de Lellis, prêtre du diocèse de Théate, et approuvée, le 18 mars 1585, par Sixte-Quint. La règle fut conurmée le 2i septembre 1591 par Grégoire XIV et réformée par Clément VIII (1" janvier 1600). Sa mission était de soigner les malades et de les préparer à bien mourir, de consoler les personnes souffrantes et surtout les mourants. Camille mourut en juillet 1614, âgé de soixante-cinq ans, et fut cauonisé par Benoît XIV. A Rome et en d'autres villes d'Italie, l'ordre produisit un bien considérable.

Petr. Hallois, Vita Camilli de Lellis; Hélyot, IV, p. 310 etsuiv.; Hcnriou-Fehr, I!, p. 48 et suiv. Natal. Alex., loc. cit., c. vu, a. 3, ii. 17, p. 463.

Les récollets et les mineurs.

300. Les récollets forment une branche des franciscains de l'étroite observance. Quelques frandscains, désireux d'accomplir dans toute son austérité la règle de saint François telle que l'avaient expliquée Nicolas III et Clément V, fondèrent cette congrégation en prenant pour base la réunion de ;tous les observantins opérée par Léon X. Elle fut approuvée de Clément VII (novembre 1532).

Les clercs réguliers mineurs furent institués par le prêtre Jean-Auguste Adorno de Gênes, et approuvés par Sixte-Quint, le 1" juillet 1588. Ils eurent pour co-fondateurs saint François de Carracciolo (mort en 1608, canonisé en 1807) et Fabricius Caracciolo. Outre les trois vœux, ils en faisaient un quatrième, celui de ne jamais briguer aucune dignité ecclésiastique.

Natal. Alex., loc. cit., n. 12, p. 461, 464; Hélyot, IV, p. 38 et suiv., Iloroni, Diz. XI, 201 ss, Vita di. S. Franc. Carracciolo, Roma, 180ö.

Les Oratoriens.

301. Les Oratoriens furent institués par saint Philippe do Néri, né à Florence en 1515. Adonné dès sa jeunesse aux études et à la piété, Philippe joignait à ses autres travaux l'éducatioa

de la jeunesse et la visite des malades. Il établit à Rome, en 4548, la confrérie de la Sainte-Trinité pour rediOcation porsonnolle de ses associés, qui, à certains jours, se réunissaient dans une église pour entendre ses instructions sur la morale. Cette confrérie s'étendit bientôt, et, ave • l'aide de plusieurs bienfaiteurs, elle construisit un vaste hôpital pour les pèlerins pauvres; elle obtint pour ses exercices de piété un local spacieux situé au-dessus d'une église, que Philippe convertit en oratoire ; de là le nom de prêtres de l'oratoire donné à la congrégation. On y lisait aussi l'Écriture sainte en l'expliquant. Philippe, qui était lié avec les meilleurs et les plus grands hommes de son temps, reçut une autre église de Paul lY. En 1574, Grégoire Xfll confirma la confrérie, qui s'était construit un oratoire plus étendu et se composait de prêtres et de frères sans vœux perpétuels. Le but du fondateur avait été de fournir un asile à ceux qui ne voulaient point entrer dans un ordre religieux proprement dit.

Des maisons semblables s'élevèrent bientôt hors de Rome, à Lucques,Naples, Palerme et autres villes d'Italie. Les Oratoriens s'occupaient de l'éducation du peuple et cultivaient les sciences. Philipppe de Néri était lui-même versé dans les lettres et s'appliquait aux études théologiques. Il chargeait ses confrères de faire des conférences dans leurs assemblées, et leur confiait des sujets à traiter selon leur capacité individuelle. On comptait dans leurs rangs César Baronius, Antoine Galloni, Odoric Rinaldi et autres savants.

Philippe avait une grande influence sur les Romains et jouissait d'un crédit considérable par les miracles qu'il opérait ; il assista Pie IV au lit do la luort et prédit à Pie V le souverain pontificat. Mort en 1595, à l'âge de quatre-vingts ans, il fut inscrit par Grégoire XV au catalogue des saints en 1622 ; il fut bientôt honoré comme l'un des protecteurs de Rome.

Gallonius, Vita Phillipi Nerii, Moguiit., 1602 ;l^ietro Giov. Bacci (Orat.), Vi ta di S. Fil. Neri Fioreut., accresciula da un altro prête dell' Oratorio, Venez., 1794. — Coli' aggiunta délie lettere originali del Santo, Pisa, 1874; Rayn., an. loGon. 28; Van Espen, Jus eccl. univ., P. I, tit. xxxui, c. I. Pœsk, Leben des hLPliitippiNeri, Regensb., 1857. Reicliing, Leben des liL Philipp Neri, Regensb., 1839. Hist-pol. Bl., t. xxii ; Hé-

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lyot, Vil, cap. x; Hülsleo, VI, p. 234 et seq., 529 et seq; Capecelatru, La vita di S. Filippo Neri, Napoli, i879. 2 voll.

Société du Saint-Clou. Congrégation de Saint-Joseph.

302. Sur le modèle de cette congrég-ation, Matthieu Guerra de Sienne (1567) institua une société de prêtres, qui furent appelés prêtres du Saiut-Clou {de Sancto Clavo), parce qu'ils se réunissaient dans l'église de l'hôpital délia Scala, où l'on vénérait entre autres reliques des clous de la sainte Croix. Leur occupation consistait à catéchiser la jeunesse, prêcher et administrer les sacrements. Mentionnons aussi la congrégation de Saint-Joseph, fondée à Rome en 1620 par le Père Paul Motta ; elle se proposait de former des ecclésiastiques, d'entendre les confessions, de prêcher, convertir et édifier le peuple sans accepter aucune récompense : elle faisait profession d'une obéissance rigoureuse envers le pape. Des sociétés analogues se formèrent en différents endroits.

Congreg. de S. Clavo et Congreg. S. Josephi.

Corporalioiis relig^icuses de la France,

L'Oratoire français.

303. La France ne demeura pas en retard sur l'Italie. Elle vit paraître sur le modèle de l'Oratoire de Philippe do Néri, la congrégation de l'Oratoire de Jésus, fondée par Pierre de BéruUe, fils d'un conseiller au parlement do Paris, né en 1575, prêtre depuis 1599. BéruUe s'appliquait surtout à la conversion des hérétiques; il résolut de fonder une société pour l'amélioration du clergé. Aidé de quatre autres prêtres, il en posa les fondements en 1611, et Paul V l'approuva en 1613. Ses membres pouvaient posséder des biens tout en pratiquant la pauvreté ; ils devaient remplir exactement tous leurs devoirs de prêtres, ne pas aspirer aux emplois et obéir aux évéques sans se lier par des vœux de religion. La société se composait de membres proprement dits (incorporés) et de candidats du sacerdoce (associés). Son premier général fut Pierre de BéruUe. EUe obtint à Paris plusieurs maisons et se propagea dans les provinces. BéruUe fut nommé

ii HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

cardinal en 1027 et mourut en 1G29. La f.ongrégation, après sa mort, reçut des statuts plus précis. L'autorité souveraine résidait non dans le général, mais dans la congrégation ; le général devait avoir trois assistants. A la société fiu^ent annexés des écoles et des séminaires. Elle a produit des savants remarquables.

Habert de Cerisie, Vie du Père de BéruUe, I^aris, 1646, 111-4°; Tabaraud, Hist. de Pierre de Bertille, Paris, 1817, 1823, voll. 2 ; Nourisson, le Cardinal de Bôrulle, i'aris, \Sr>l ; Houssaye, hist. deP. de BéruUe, Paris, 1871; Henrion-Fehr, II, p. 247 et suiv. ; Herbst, Liter. Leislimgen der fraiizœs. Oratorianer, Tiib. Quartalschr., 1835, lU (tels sont notamment Maleb rauche, Jean Morin, Richard Simon, Bern. Lamy, Louis Thomassin, Houbigant, Le Long, Massillon) ; Reuchlin, Gesch. der Oralorianer in Frankreich, dans Niedner's Ztschr. für hist. ïheol. iS59.

Réforme des Cisterciens et des Bénédictins.

30-4. Bientôt on vit paraître aussi des hommes qui entreprirent de réformer les ordres anciens. Jean de La Barrière (Barrierius), de Cahors, avait abusivement reçu en commende, dès l'âge de dix-neuf ans, l'abbaye des feuillants cisterciens, près de Toulouse. En 1377, il se fit instituer abbé régulier, prit des novices et rétablit l'ancienne austérité de Cîteaux, selon les règles de saint Benoit et de saint Bernard. Cette mesure fit grande sensation. Mandé à la cour, qui résidait alors à Vincennes, il traversa une grande partie de la France avec soixantedeux compagnons, sans se relâcher en rien des pratiques monastiques. Sixte-Quint approuva cette réforme (3 mai 1586 et 13 novembre 1587) ; Clément VIII et Paul V accordèrent plusieurs privilèges aux cisterciens réformés de la congrégation des feuillants.

Les bénédictins de France trouvèrent également un réformateur dans la personne de dom Didier de la Cour. Né près de Verdun en 1550, Didier avait été, par l'entremise de parents influents, reçu dans l'abbaye de Saint-Vannes (Sancti-Vitonis), quoiqu'il n'eût encore que des connaissances ordinaires ; il réussit, par son application infatigable, à devenir maître es arts

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libéraux à i'uiiiversilé de rout-à-Moussou. Rentré dans l'abbaye, il essaya, longtemps sans succès, d'amener ses confrères à une vie religieuse pbis régulière et de leur inspirer le goût de l'étude. Sou zèle ne fut récompeusé que vers 1600. il réforma sou abbaye, puis celle de Moyen-Mou tier, dans le Velay. ('es deux établissements formèrent la congrégation de Saint-Vannes et de Saint-Hydulphe^ où la règle de saint Benoît fut restaurée dans toute sa pureté. Clement VI 11 confirma cette réforme (1604.), qui fi>H)ieiitôtadopîée dans beaucoup de monastères français. Cet exemple fut d'abord suivi par plusieurs maisons de la Lorraine ; plus de quatre cents couvents furent successivement réformés et se réunirent à cette congrégation.

A Limoges, l'abbaye de Saint-Augustiu donna le branle. Lo nombre des congrégations qui embrassèrent la réforme fut bientôt si considérable que l'abbaye de Saint-Vannes se vit insuffisante à gouverner de la Lorraine toutes les abbayes réformées de France. C'est pourquoi il fut résolu, dans un chapitre général tenu à Saint-Mausuy (1618), à Tulle, qu'on érigerait pour la France une congrégation particulière de bénédictins réformés sous le ixnn de Saint-Maur, afin qu'aucune des deux abbayes n'eût la prééminence sur l'autre. Lo pape Grégoire XV confirma la congrégation de Saint-Maur, le roi l'approuva de son côté, et le cardinal de Richelieu lui porta un vif intérêt. Elle comprit bientôt au-delà de cent quatre-vingts abbayes et prieurés conventuels. Elle avait à sa tète un abbé général et jouissait de tous les privilèges accordés par les papes au Mont- Cassin et à Saint- Vannes. Son siège était au couvent de Saint- Germain, à Paris.

Outre la règle de saint Benoît, la congrégation avait des statuts particuliers. Elle organisa de bons séminaires et forma des savants très distingués. Ou apportait le plus grand soin dans la réception et l'éducation des candidats; le noviciat se faisait dans des maisons particulières, et le temps des études était religieusement observé. Ontre Saint-Germain-des-Préa, à Paris, les abbayes de la Normandie, de la Sainte-Trinité à Vendôme, de Saint-Bénigne à Dijon, de Saint-Denis, jouis.saicnt d'une haute célébrité.

Feuillants, OU Coiîgreg. B. M. V. Fuliensis, Felibien, hist. de Paris, t. II, p. 1158; Ferraris, Prompta Bibl., V. Religio, an.4, n. 61, t. VI, p. 1253, éd. Par. [1865; Ranke, II, p. 143 etsuiv. (Haudiquer) Hist. du ven. Didier de la Cour, réformateur des Bénéd., Paris, 1772 (Tassin), List, litler. de la Congr. deSaint-Maur, Paris, 1726, in-4'>, Bruxell., 1770, in- 4°, en allem, avec des remarques (par Meuse)), Francf. et Leipzig, 1773, 2 voll; Cliavin de Malan, Hist. de D. Mabillon et de la Congreg. de S. M. Paris, 1843.Hélyot, VI, cap. xxxv, xxxvii, p. 318 etsuiv., 335 etsuiv. Henrion-Fehr. I, p. 187-189; Herbst, die Verdienste der Mauriner um die Wissenscbaft, Tüb. Quartalsclir., lS33,I,Pez, Bibl. Bened. Maur. Aug. Vind, 1716, avec la dissert, praevia de orlu et progressu celebr. Bened. Congr. S. Mauri, Ziegelbauer, Hisl. rei lit. ord. S. B. in 4 partes distributa, Aug. Vindel, 1754, 4 vol. in-f°.

Les Prémontrés et les chanoines de Saint-Augustin.

305. Les Prémontrés eurent pour réformateur Servais Lairuels, né en 1560, entré dans l'ordre en 1580 (mort en 1631). Il rétablit, après de nombreux obstacles, la discipline dans les couvents de Lorraine et de Ç^rauce. Pierre Fourier, né en 1565, fut admis en 1585 au couvent de Chaumonsay ; mais comme la discipline y était complètement tombée, il lui fut impossible d'y demeurer malgré tous ses efforts ; il réforma les chanoines de Saint- Augustin. 11 fut, depuis 1597, curé de Mataincourt en Lorraine, où il obtint de remarquables succès. Il fonda pour les personnes du sexe, d'après la règle de saint Augustin, la congrégation de Notre-Dame, vouée à l'éducation des jeunes filles. La nouvelle société eut, dans Alice Le Clerc (morte en 1622), une supérieure distinguée et compta bientôt trente-deux maisons. Taudis que le cardinal Charles de Lorraine, nommé légat du pape pour la réforme des ordres religieux (1591), s'efforçait vainement de rétablir l'ordre dans les couvents déchus, Fourier travaillait dans le silence à réformer ses confrères. Jean Porcelet, évêque de Toul, investi des pleins pouvoirs de Grégoire XV (1621), le chargea de cette difficile mission, qu'il commença à Lunéville et exécuta avec succès. Il obtint de Boiiiface VIll que les monastères réformés seraient placés sous un général nommé à vie (1628), fut élu malgré lui deuxième général (1632) et mourut, au mois de décembre 16-40, en odeur

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de sainteté (il fut béatifié en 1730). La princesse Antoinette d'Orléans, aidée du capucin Joseph du Tremblai, fonda en 1617, pour réformer les béuédictines, la congrégation des religieuses du mont Calvaire.

Calmet, Hist. de Lorraine, t. III, p. 149 et seq; Jean Bedel, Vie du R. P. Fourier, Paris, 1645 ; Cari Ritter, der Selige Petrus Fourier, ein regul. Chorherr'^es hl. Aug., Linz, 1855 (avec indication des ouvrages à consulter. Religieuses du Calvaire: Ferraris, loc. cit., a. 6,. n. 19, p. 1278.

Les Pères de la doctrine chrétienne. Autres associations en

Italie.

306. L'enseignement du peuple fut le principal objet des Pères de la doctrine chrétienne. Leur fondateur. César de Bus, naquit en 154-4 à Cavaillon, dans le comtat pontifical du Venaissin. Élevé par des parents très chrétiens, il prit du service militaire contre les huguenots, s'égara pendant quelque temps, se convertit en lisant la vie des saints, entra dans l'état ecclésiastique et travailla avec ardeur au salut du prochain. Par ses pressantes exhortations, il décida les béuédictines de Cavaillon à rétablir chez elles la discipline monastique.

En parcourant le catéchisme du coucile de Trente, la pensée lui vint de former une congrégation qui s'occuperait d'enseigner la doctrine chrétienne. Cinq jeunes clercs entrèrent dans ses vues ; il les initia à sa méthode et les envoya enseigner. Des ecclésiastiques renommés, ainsi que Jean B. Romillon, calviniste converti, se joignirent à lui. Le 29 octobre 1592, César rassembla tous ses associés à l'Isle, dans le territoire du Venaissin. Là ils résolurent de demander au pape l'autorisation d'enseigner dans l'église de Sainte-Praxède. ^Clément VIIl accéda à leurs désirs et confirma la congrégation en 1597. Son premier supérieur fut César de Bus.

Dans le principe, les Pères de la doctrine chrétienne (doctrinaires) ne faisaient que le vœu d'obéissance. En 1616, ils se réunirent aux Somasques, mais chacune des l^ux congrégations conserva ses propriétés. Ils se soumettaient à un noviciat et faisaient profession. Des querelles ayant éclaté sur l'observance des statuts réciproques, Innocent X (1647J sépara les

doctrinaires des Somasqiies, et Alexandre YII décida qu'après lin noviciat d'un an ils foraient les trois vœux ordinaires. Leur costume était, pour le fond, celui des prêtres séculiers. Ils se répandirent bientôt à travers toute la France ; ils possédaient quinze maisons et vingt-six collèges.

L'Italie avait depuis longtemps, outre les Somasques, d'autres établissements qui distribuaient l'instruction religieuse, notamment celui de Sadis Cusani (loO'S), gentilhomme milanais, dont les membres enseignèrent d'abord à Rome dans l'église de Saint-Apollinaire. Ils reçurent ensuite de Grégoire;XIII l'église de Sainte-Agathe; de Léon XI, l'église de Saint-Martin. Sur la demande de Clément VIII, ils enseignèrentd'après le catéchisme de Bellarmin. Blrigés en archiconfrérie par Paul V, ils eurent bientôt des établissements dans beaucoup de villes d'Italie. Les prêtres portaient le costume du clergé séculier, avec un petit collet ; les laïques avaient des habits plus courts.

Abelly, Vie du veii. César de Bus, Carpentras, 1864; Ranke, 11, p.

Les Lazaristes.

307. Un ordre fort utile, et qui s'étendit Iiors des frontières de l'Europe, était celui des prêtres de la Mission, ou Lazaristes. Leur fondateur fut saint Vincent de Paul, né en 1576, de parents pauvres, mais pieux dans le village de Pouy, au pied dos Pyrénées. Élevé depuis l'âge de douze ans dans un couvent de franciscains, il fut ordonné prêtre après ses études à l'université de Toulouse (1600). Il débuta par l'enseignement de la jeunesse, et éleva rotamment deux petits-neveux du grand maître de Malte, Jean de la Valette, tout en continuant ses études. Il obtint le baccalauréat en 160i.

Dans un voyage sur mer qu'il faisait de Marseille à Toulouse, il fut, lui et SOS compagnons, enlevé par des pirates (1604) et vendu comme esclave à Tunis. Il parvint à convertir son troisième maître, un renégat de Nice, et l'accompagna dans son pays (1607). Ce maître s'associa aux frères de la Miséricorde de Rome, et Vincent fut envoyé au roi Henri IV par l'ambassadeur de France. Henri IV, après l'avoir soumis cà diverses

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épreuves, le fit recevoir parmi les chapelains de la relue Marguerite. Cette place ne convenait pas à la nature active de Vincent. 11 s'attacha à Bérnlle, devint, sur sa recommandation, curé de Clichy, puis précepteur et aumônier daus la maison du comte de Gondy, général des galères royales. Vincent exerça par sa piété une heureuse influence sur les enfants comme sur les parents ; il ne rendit pas moins de services comme confesseur, prédicateur et catéchiste.

La confession générale qu'il fit faire à un malade illustre fut le point de départ de ses missions populaires. La comtesse, étonnée et réjouie des fruits magnifiques qu'elles produisaient, demanda qu'elles fussent renouvelées tous les ans, ou du moins tous les cinq ans, et offrit un legs de soixante mille livres pour la société de prêtres qui voudrait s'en charger.

Devenu curé de Chàtillon, Vincent opéra dans un temps très court les plus merveilleux changements. Rentré une seconde fois dans la famille de Gondy, il procura des missions à Ville- Preux, fonda diverses associations de hienfaisance et montra tant de dévouement aux malheureux condamnés aux galères, que Louis XIII le nomma grand aumônier des galères royales. La société des prêtres de la Mission, qui se proposait, avec rapprobation des évêques et l'assentiment des curés, de conduire le peuple des campagnes dans les voies de salut par des instructions pieuses et édifiantes, par la dispensation assidue des sacrements, fut érigée en 1624. La dotation fut augmentée, l'institution approuvée par le pape et par le roi. Urbain VIII autorisa Vincent à rédiger une règle (1632).

Les membres delà corporation devaient être prêtres séculiers, mais faire les trois vœux ordinaires et celui de persévérance, consacrer huit mois de l'année à l'œuvre des missions, diriger des séminaires tout en continuant de travailler à leur propre perfection^ concourir à la réforme du clergé par de fréquents examens, des exercices spirituels donnés daus la maison des missions, par des prédications et des conférences pastorales.

La maison de Saint-Lazare, qu'ils avaient acquise à Paris leur a valu le nom de Lazaristes. Ils ne tardèrent pas à obtenir la direction de plusieurs séminaires. Déjà saint Vincent de Paul avait la surveillance de vingt-cinq établissements de missions en France, en Savoie et en Itahe. Eu 1642, leur nombre

âO HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

était considérable. Lambert, ami de saint Vincent, arriva en Pologne, sur la demande de la reine Marie-Louise, au moment où la peste y sévissait. Il mourut, ainsi que son successeur Ozenne, victime de sa charité. Cependant, les missions continuèrent de fleurir. Vincent, dans un âge avancé, donnait encore des missions, fondait des hôpitaux sous le vocable du nom de Jésus, et vivifiait l'esprit d'association dans toute la France. Il mourut à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, le 27 septembre 1660 (canonisé en 1737). Depuis Innocent XI, les lazaristes travaillèrent aussi avec beaucoup de succès parmi les païens. La congrégation des eudistes, fondée (1644) par Eudes, à Caen en Normandie, produisit des fruits analogues.

Abelly, Vie de saint Vincent de Paul, Paris, 1664, en allemand, Brentano, Regensb, 1839, 5 vol. Stolberg, Leben des hl. Vincenz von Paul, Münster, 1817-i8{9. Orsini, Leben des hl. Vincenz en allem, par Steck, Tüb., 1843; Ferraris, loc. cit. n. 21, p. 1279 ; Henrion-Fehr, II, pi 328 et suiv.

Les sœurs de la Charité.

308. Une seconde fondation de Saint Vincent, ce sont les sœurs de la Charité ou sœurs grises , vouées au soin des malades, aux œuvres de bienfaisance et à l'enseignement des jeunes filles. Il avait déjà posé les bases de cet institut quand il était curé de Châtillon ; il en rédigea le règle en 1618. Après la mort de la comtesse de Gondy (1625), il fit la connaissance d'une veuve nommée Louise Le Gras (née de Marillac), aussi distinguée par les dons de l'esprit que par les qualités du cœur. Après l'avoir examinée avec soin pendant quatre ans, il lui confia en 1629 la surveillance de toutes les maisons des sœurs grises, qu'elle ne cessa désormais de visiter pour ranimer leur zèle. L'institut fut approuvé des évêques en 1633, et la règle confirmée en 1668 par Clément X. Les Sœurs grises ne tardèrent pas à se répandre eu Allemagne, en Pologne et en d'autres pays. Leurs hôpitaux devinrent des établissements grandioses destinés à la guérison et au soulagement des misères humaines.

Gobillon, Leben und Geist der ehrw. Louise von Marillac, en allem.,

Augsb., 1837. (Clemens Brentano) die barmherzigen Schwestern in Bezug auf Armen und Krankenpflege. Coblenz, 1831. Clemens August, von Drösle, Ueber der Geuossenschat der barmherzigen Schwestern, Münster, 1843. Eremites (Busz), Der Orden der barmherzigen Schwestern, 1845; Bartholomse, Die barmherzigen Schwestern, Augsbourg, d 836 ; Schmidt, Ueber die barmherzigen Schwestern.jBerlin, 1 847; Wulf, Das segensreiche Wirken derbarmh. Schwestern, 2» éd., Augsbourg,

Les Salésiennes.

309. L'ordre de la Visitation de Notre-Dame fQtfondéeii 1610, à Annecy, en Savoie, par saint François de Sales, assisté de la veuve Jeanne-Françoise Frémiot baronne de Chantai. Les visitandines (nommées plus tard Salésiennes), après être demeurées renfermées pendant le noviciat, devaient sortir ensuite librement pour soigner les malades. 'François de Sales leur donna plus tard la règle de saint Augustin, mais avec des constitutions particulières. Paul V (JG18) fit de la congrégation un ordre proprement dit, les astreignant non seulement à soigner les malados, mais encore à instruire les jeunes filles. Pour le régime intérieur, la règle était fort douce, mais l'obéissance à la supérieure rigoureusement exigée. Introduit à Lyon par Marquemont, cardinal archevêque de cette ville, l'ordre se propagea en France, en Italie, en Allemagne et en Pologne. François de Sales mourut en 1622, âgé de cinquante-cinq ans seulement (canonisé par Alexandre Vil) et Jeanne-Françoise en 1641 (canonisée par Clément Xlllj. A la mort de celle-ci, l'ordre comptait quatre-vingtsept maisons.

Ferraris, loc. cit., n. 16 p. 1278; Hélyot, IV, cap. îlui. (Euvres de saint François de Sales, Paris, 1834; 16 vol. Paris, 1836, 4 vol., en allemand parSintzel, Schaffouse, 1846 et suiv. Biographies, par G. A. Sales, Paris, 1634, par Marsollier, 1747; Vie de saint François de Sales, par le curé de Saint-Sulpice, Paris, 1866; précédemment Par., 1858, en allem, par Lager, Regensb, 1871); par Capello (Milano, 1862; Boulanger, Studien liber den hl. Franz von Sales, trad. du franc. Munich 1861, 2 vol. Baudry, Supplém. aux (Euvres de saint François de Sales, Lyon, 1836; Lettres inédites. Par., 1833; Nouvell. lettres inédiles publ. par Dalta, Paris, 1835; Daurignac, S. Jeanne Fr. de Chantai, Paris, 1858, en allem. Ratisb. 1860; II«. éd. 1867; par Clarus Hildesheim 1870. L. Clarus, Leben

dcrhl. Joli. Fr. von Chantai, Schaffhouse, 1861 ; Bougaud, Sa vie en franc, et en allem, Frib., 1871.

Autres congrégations de femmes.

310. A Bordeaux, en 1638, Marie Delpech de l'Étang forma une association nouvelle pour l'éducaliondes jeunes orphelines. L'archevêque lui donna des règles. En 1647, déjà^ elle reçut à Paris la maison de la Providence, puis d'autres encore, qui furent placées sous le patronage de saint Joseph.

Les sœurs de Saint-Joseph du Puy, formées par le jésuite Médaille à l'éducation de la jeunesse et au soin des malades, furent approuvées par l'évêqueen 1630, et par le gouvernement en 1660. Elles dirigeaient des hôpitaux, des écoles, des maisons de refuge, et soignaient les malades. Elles se propagèrent en Auvergne et dans le Dauphiné.

Les dames du Verbe incarné furent établies à Lyon en 1625 par Jeanne-Marie Chézard de Matel (1596-1670) et approuvée, par Urbain VIII (1633). De 1639 à 1644, elles reçurent des maisons à Avignon, Grenoble et Paris ; elles se sont conservées jusqu'à notre époque. Elles s'occupent des malades et de l'éducation des jeunes fuies.

Une autre société, qui a également survécu aux orages de la révolution, c'est la société de Notre-Dame de la Charité ou de Saint-Michel, fondée à Caen en 1641 par le Père Eudes, aidé de la pieuse Madeleine Lamy, pour l'amendement des femmes perdues de mœurs ; la direction en fut confiée à une visitandine, Marguerite Patin. Le pape le confirma en 1666 et obligea les sœurs à suivre la règle de saint Augustin. Les pénitentes qui leur sont confiées par les parents ou par les tribunaux se partagent en trois classes, séparées les unes des autres.

Les Annonciades.

311. La France possédait encore la congrégation des Annonciades, érigée par la bienheureuse Jeanne de Valois, fille de Louis XI, et femme répudiée de Louis XII. Sa règle fut com posée par le confesseur de Jeanne, le franciscain Gilbert-Nicolai (Gabriel-Maria), et approuvée par Alexandre VI et Jules II. La congrégation fut enrichie de privilèges par Grégoire XV. Les sœurs

portaient un vêtement gris clair, un manteau blanc et sur la poitrine un scapulaire rouge en forme de croix.

Une autre congrégation distincte de celle-là, plus récente et portant le même nom, fut instituée à Gènes en 1(304 par Marie- Victoria Fornari (uée en 1562). Les religieuses, qui travaillaient aussi pour les femmes, mais surtout pour les églises, portaient un vêtement blanc et un manteau bleu. Elles se nommaient aussi célestes, tiirchines. Au temps de leur prospérité, elles possédaient cinquante couvents, la plupart en Italie, peu en France et en Allemagne.

Henrion-Fehr, II, p. 356 et suiv., 399, 23 et suiv.

Lics ordres rclig-ieux et los réformes iiionasliciues d*orig'iue

espagpnole.

Les Frères de la miséricorde.

312. Les Espagnols et les Portugais disputaient de zèle avec les Italiens et les Français pour la rénovation de la vie claustrale et pour l'établissement de congrégations iiouvolles. ('e fut d'abord saint Jean de Dieu, né en 1495 à Monte-Major El Nos'o en Portugal; il suscita un nouvel ordre destiné à l'exercice de la charité envers le prochain ; ses membres se nommaient les frères de la liberté hospitalière ou de la charité chrétienne; en Allemagne, frères de la miséricorde. Après des vicissitudes diverses, tantôt berger et tantôt soldat, Jean, remué par le souvenir de l'éducation profondément religieuse qu'il avait reçue dans sa jeunesse, revint sincèrement à Dieu.

Un sermon prêché à Grenade par le pieux Jean d'Avila, surnommé l'apôtre de l'Andalousie, l'ébranla jusqu'au fond de son être. Il commença par servir les malades dans les hôpitaux, travailla avec ardeur et amassa un petit capital avec lequel il loua une maison (1540) pour y recevoir des malades.

Pierre Guerrero, archevêque de Grenade, encouragea cette bonne œuvre par des subsides importants, et l'évêque de Tuy, président de la chambre royale de celte ville, l'appela Jean « de Dieu » {de Deo)^ parce qu'il se faisait l'émule de la miséricorde divine. Jean eut bientôt autour de lui plusieurs jeunes

2i HISTOIRE DE l'ÉGLISE.

gens et compagnons qui l'assistèrent dans le service des malades et la collecte des aumônes. Il agrandit ses établissements et mourut après avoir accompli une foule d'œuvres de charité héroïque (1550 ; béatifié en 1630, il fut canonisé en 1690). La première règle de la congrégation était de marcher sur Jes traces du fondateur et d'observer l'ordre domestique qu'il avait tracé. Jean mort, tous les frères furent placés sous un supérieur appelé major.

Déjà la congrégation possédait plusieurs établissements, lorsque Pie V la confirma (1" janvier 1572) ; il lui imposa la règle de saint Augustin, lui assigna son costume, lui permit d'élire dans chaque maison un supérieur sous le nom Aq Major, de faire ordonner prêtre quelqu'un de ses membres pour admi" nistrer les sacrements aux religieux et à leurs malades. Ils reçurent deux supérieurs généraux, l'un en Espagne, pour les provinces de cette couronne ; l'autre à Rome, pour l'Allemagne, la Pologne, la France et l'Italie. Placés sous la juridiction des évêques, ils faisaient^, outre les trois vœux monastiques, le vœu de soigner gratuitement les malades. Cet ordre si méritant fut de nouveau confirmé par Paul IV en 1617.

Noms italiens : Fate ben fratelli, buon fratelli; français : frères de la charité. — Vita S. Joli, de Deo a Fr. de Castro, Acta SS., t. III April. ; Holsten-Brockie. VI, 264 et seq.; Hélyot, IV, cap. xviii, p. 156 et suiv. ; Wilmet, Leben des hl. Joh. von Gott, trad. du franc. Regensb., 1862; Pie V, const. Licet ex debito, an. 1572.

Réforme des Carmes.

317. En Espagne, l'ordre sévère des Carmes, depuis longtemps relâché, fut régénéré par sainte Thérèse de Jésus. Née à Avila en 1515, d'une famille illustre, portée à la piété dès sa plus tendre jeunesse, appelée de Dieu pour diriger les autres dans la perfection, Thérèse fut visitée par toutes les infirmités humaines et connut les alternatives du zèle et de la tiédeur, avant d'atteindre à la fermeté et à la constance de la vertu. Elle y fit d'utiles expériences dans la vie intérieure et se forma un caractère vraiment viril. Dans sa biographie, qui rappelle les Confessions de saint Augustin, elle décrit avec beaucoup de

lucidité ce qui s'est passé dans les profondeurs de son âme. Ses nombreux écrits devenus classiques en Espagne, instruisent, consolent et nourrissent d'une doctrine toute céleste une foule innombrable d'àmes. Ses poésies aussi attestent son amour pour le Sauveur, son ardent désir d'être unie à Dieu et la joie qu'elle ressent de s'immoler à lui.

« Ne pas mourir, mais souffrir », telle était la devise de Thérèse. Investie des pleins pouvoirs de Pie IV, elle commença en 1362 la réforme de la ligne féminine de l'ordre des carmes, et persévéra dans cette tâche ardue malgré les plus vives résistances et parmi tous les genres de persécution. La résistance fut surtout opiniâtre dans les couvents d'hommes ; cependant, depuis I0G8, la plupart acceptèrent ses réformes.

La sainte fut assistée par des hommes spirituels, tels que Antoine Heredio de Jésus et surtout Jean de Yepes, surnommé de la Croix, ou le Séraphin incarné, écrivain ascétique et poète; par Pierre d'Alcantara, qui essaya en Espagne de ramener l'ordre des franciscains à sa primitive austérité. Thérèse mourut le 4 octobre 1582; elle fut mise au rang des bienheureux le 24 avril 1611, canonisée le 12 mars 1622, et déclarée, le 21 janvier 1627, la protectrice de l'Espagne. Jean de la Croix mourut en 1591 et fut canonisé par Benoît XIII.

Ces deux saints, non contents de réformer les anciens couvents de carmes, en avaient fondé une multitude de nouveaux pour les deux sexes. Grégoire XIII approuva la nouvelle congrégation des carmes déchaussés (1580); Clément VIII la sépara complètement des carmes chaussés, non réformés, et lui donna un général distinct (1593). Ces deux branches se distinguaient par une vie exemplaire, se livraient à l'enseignement, au soin des malades et aux missions. La réforme se propagea de l'Espagne dans plusieurs contrées de l'Europe.

L'ordre des augustins donna naissance à la congrégation espagnole-portugaise des carmes déchaussés, fondée par Louis de Montoja, Thomas de Jésus et Louis Ponce de Léon (1588), à laquelle se rattachèrent (depuis 1392) la congrégation italienne, et (depuis 1396) la congrégation française des ermites de Saint- Augustin déchaussés. Les Nolasques furent réformés sous Clément VIII, par J.-B. Gonzalez, et les Trinitaires par J.-B. de la Conception (1594).

OaVRAGtCS A C0N3ULTEH ET REMARQUES CRITIQUES SUR LE N° 313.

Franc, de Ribera, S. J., Vida de la Madré Teresa di Jesus, Salam, {S90; Diego de Yepes, Vita della gloriosa vergine S. Teresa di Gesu, Roma, 1623; Acta SS., oct. die 15, Rayn.,an. 1561 ; n.61 el seq. Hélyot, I, cap. XLViir, p. 42Ö et suiv; Hennés, Das Leben der h\. Theresia, 2° éd., Mayence, 1866; Boui.x;, Leben der hL Theresia, trad. du franc, Aachen, 1865 ; Ida Grsefin Hahn-Halin, Leben der hl. Theresia, de l'espagnol de Vincente de la Fuente, Mayence, 1867; de sainte Thérèse : Exclamaciones e meditaciones de S. Teresa con algunos otros tratadillos, Bruss., 1682. Vincenz de la Fuente dans la bibliothèque des auteurs espagnols, Madrid, 1861; Bonne édition italienne : Opère di S. Teresa per la prima volta fatle interamente italiane col presidio de MSS. orig., Modena,1871 et ss., par Mella S. J. En France, plusieurs écrits de sainte Thérèse furent altérés par le janséniste Arnauld. Cf. Bartoli, Vita di S. Ignazio, lib. Il, cap. x ; Acta SS., loc. cit. Les éditions allemandes, faites en partie sur le français, laissent beaucoup à désirer, notamment Schriften der Iil. Theresia par Schwab, Sulzbach, 1831 et suiv., 5 vol; Auserlesene Schriften von Fr, Schlosser, Francf. 1827-1832 Jocham, Die Schriften der hi. Theresiaim Auszug, Regensb., 1863. Das Buch der Klostergründungen, Mayence, 1868. — Todas las poesias de S. Juan de la Cruz e de S. Teresa de Jesus recogidas por Storck, Ssemmtl. Gedichte des hl. Joh. vom Kreuz und der hl. Theresia übersetzt von Storck., Münster, 1864; Werke des Joh. vom Kreuz übersetzt von Schwab, Sulzb., 1830, Part. II, ibid., par Jocham, id. 1838; 3 vol. Ferraris, loc. cit. a. 6, n. 5et seq., p. 1275. Grégoire XIII, const.Pm consideratione, 2 juin 1580 ; sur Pierre d'Alcantara. 0. S. F., canonisé par Clément IX, 1669; voy. Acta. SS., oct. die 19 t. VIII, p. 623 et seq. Natal. Alex., StEc. XVI, c. vii, a. 4, n. 6, q. 459. Ferraris, loc. cit. a. 3, n. 37 et seq., 82, 83, p. 1230, 1233.

Les Piaristes.

3J4. Un autre Espagnol, saint Joseph de Calasanza, renonçant à sa charge de vicah^e général du diocèse d'Urgel, vécut à Rome dans toutes les rigueurs de l'ascétisme et se signala dans nne peste affreuse par le zèle de sa charité ; il s'intéressa surtout aux orphelins, qui retrouvaient en lui la tendresse d'un père. Il devint le fondateur des piaristes ou pères des pieuses écoles {scuole pie),i\\n, après s'être voués à l'instruction élémentaire, s'adonnèrent principalement à l'enseignement de la jeunesse dans les gymnases. Encouragé par le pape Cléineut

VIII, Joseph fonda vers 1600, pour l'éducation des garçons, une suiùété de prêtres séculiers, qui fut approuvée par Paul V et élevée à la dignité d'ordre religieux par Grégoire XV. En 1643, Calasanza abdiqua les fonctions de général, et l'ordre ne fut plus désormais composé que de prêtres séculiers. Le saint fondateur mourut en 1648 et fat canonisé par Clément XIII. Ramené par Clément IX à son état primitif, l'ordre se répandit promptement en Italie, en Allemagne, en Hongrie et en d'autres pays.

Patres scholanim piarum,Holsten-Brockie, Vt, 439 et seq., Ferraris, a. 6. u. 13, p. 1277. Hélyot, t. IV, cap. xxxix, p. 331 etsuiv. Leben und WunderthatenJos. Calasanza'strad. de l'ital. Vienne, 1748. Le jésuite Pietrasanta, nommé par urbain VIII, le 9 mail 643, visiteur de l'ordre ne se montra pas hostile à Calasanza, comme on l'a souvent prétendu, mais il chercha à le main tenir dans le généralat et à le conserver à son ordre. Voir les preuves dans G. Boero, S. J., Sentimenti e fatti del P. Silvestro Pletrasanta d. c. d. G. in difesa di S. Giuseppe Calasanzio e deir Ordiue délie scuole pie, Roma, 1847.

Les Jésuites.

315. Le plus universellement répandu et le plus grandiose des ordres religieux modernes doit également son origine à un Espagnol. La Compagnie de Jésus fut instituée par Ignace de Loyola (don Jnigo Lopez de Piecaldo), le plus jeune des fils d'une maison illustre, né en 1491, au château de Loyola, entre Azpeitia et Azcoitia, dans la province du Guipuscoa. Élevé comme page à la cour de Ferdinand le Catholique, Ignace devint chevalier, aima les armes, les aventures, la poésie, et se signala en Ld21 dans la défense de Pampelune contre les Français, mais il reçut aux jambes une double blessure. Pendant les douleurs de sa convalescence, rendues plus vives encore par un traitement mal entendu, Ignace parcourut la vie de Jésus- Christ et les légendes des saints. Ces grands modèlesd'abnégation, de charité et de vertu firent sur lui une profonde impression. Saint François et saint Dominique lui semblèrent plus dignes d'imitation que les héros qui s'étaient le plus signalés dans les combats de la nationalité espagnole. Touché d'un véritablo esprit de pénitence, il aspira désormais vers les magnificences

du ciel, qu'il concevait d'après les idées qu'il avait puisées jusque-là dans la chevalerie.

Revenu à la sauté, Ignace dit adieu à ses parents et se hâta vers la montagne de Montserrat, pour se disposer devant une image de la sainte Vierge à faire le pèlerinage de Jérusalem. Il prit le vêtement grossier des ermites, fit une confession générale et se rendit dans la petite ville de Manresa, où il se livra aux plus austères mortifications dans un hôpital consacré aux classes indigentes. D'abord méprisé, puis honoré de la foule, il se retira dans une caverne inaccessible, au sein d'un vallon solitaire, à six cents pas de la petite ville ; après de cruelles macérations et de rudes combats, il y trouva d'abondantes consolations intérieures. C'est là qu'il écrivit son admirable livre des Exercices spirituels. Sans ressources, tourmenté de la fièvre, il s'embarqua à Venise pour la Palestine. Le 4 septembre 1523, il s'agenouillait au tombeau du Rédempteur; son dessein était d'y travailler à la conversion des infidèles ; mais le supérieur des franciscains, croyant devoir modérer son zèle, lui en refusa la permission.

Ignace rentra à Venise (janvier \ 524) et se rendit de là à Barcelone, sans renoncer au projet de travailler à la conversion de ses contemporains. L'ancien chevalier, comprenant que la science lui était nécessaire, ne rougit point, à l'âge de trentetrois ans , d'aller s'asseoir parmi les jeunes garçons pour apprendre les éléments de la langue latine. Il continuait en même temps ses austérités, suivait les conseils de son confesseur et montrait un zèle ardent pour le salut du prochain. Après deux années d'études à Barcelone, il fut jugé capable d'étudier la philosophie à l'université d'Alcala. Il poursuivit plus tard ses études à Salamanque. Il fut plus d'une fois accusé auprès des autorités ecclésiastiques, notamment de faire partie des Alambrados (illuminés), qui prétendaient avoir des lumières directes sur les mystères de la religion. Deux fois emprisonné, il fut reconnu innocent et il édifia par son obéissance.

En février 1528, Ignace se rendit à la célèbre université de Paris, où il lui fallut, pour se conformer aux règlements, assister de nouveau aux leçons de grammaire et de philosophie avant d'être admis aux leçons théologiques. Là aussi il fut signalé à l'inquisiteur, mais renvoyé absous. Sa bienfaisance

s'étendit bien au-delà do sa sphère. Pendant quatre ans et demi, il étudia la philosophie au collège de Sainte-Barbe, et en 1534, après un examen sévère, il devint maître ès-arts.

Biographies de saint Igaace, Acta SS., t. VII, Jul., p. 409 et seq., 634 et seq.; Ribadeneira, Vita Ignatii libri V, Neap., 1572, en allem. Ingolstadt, 16i4; Maffei, de Vita et moribus Ignalii Loyolse, Romse, 1585, in-4°, Bouhours, S.J, Vie de S. Ign.. en allem, par Haza-Radlitz, Vienne, I835Genelli, S. J., Das Leben des hl. Ignatius von Loyola, Innsbruck, 1847; Ignatii exercitia spiritualia, Romse, 1548; Belleccii MeduUa asceseos, éd. Westhoff, Monast. 1845. Manresa oder die geistl. Uebungendes hl. Ignatius, trad. dufranc, Regensb., 1848; Ravignan, Von der Existenz und Anstalt der Jes. en allem., par Reiching, Schaohfuse, 1844, p. 11 et suiv.

Premiers compagnons de saint Ignace.

316. A Paris, Ignace avait déjà groupé autour de lui une foule de jeunes hommes pieux et remplis de talents. C'étaient : 1° Pierre Le Fèvre (Faber), pieux fils d'un berger de Savoie, qui répétait avec Ignace le cours de philosophie, en même temps qu'Ignace lui enseignait à combattre ses défauts; 2° François Xavier, gentilhomme de Navarre, né le 7 avril 1506, spirituel, gracieux, aimable et déjà professeur de philosophie : Ignace, comprenant que François était appelé à de plus hautes destinées, se donna beaucoup de peine pour l'arracher aux passions ambitieuses et mondaines et l'initier à l'humilité chrétienne; 3** Jacques Lainez, né à Almazan, en Espagne, âgé de vingt et un ans et admirablement doué ; 4° Alphonse Salmeron de Tolède, âgé de dix-huit ans; ,j° Nicolas- Alphonse Bobadilla, déjà professeur de philosophie à Valladolid ; 6° le Portugais Simon Rodriguez d'Azevedo.

Le 15 août 1534, après s'être préparés par des prières ferventes et des jeûnes austères, les sept compagnons se réunirent dans l'église de Montmartre, près de Paris; Le Fèvre, déjà prêtre, y célébra la sainte messe et les autres communièrent. Tous firent vœu de chasteté et de pauvreté, et promirent, leurs études achevées, d'aller à Jérusalem se dévouer au soin des chrétiens et à la conversion des Sarrasins; en cas d'empêchepaerit, ils offriraient leurs services au pape et se rendraient

partout où il les enverrait sans condition ni récompense. Ils venaient de jeter les fondements d'un admirable édifice. Tous les sept opérèrent le bien et se livrèrent avec zèle aux services de la piété. Ils résolurent de faire chaque année la rénovation de leurs vœux en la fête de l'Assomption.

En 1535, Ignace se rendit en Espagne, principalement pour régler les affaires de ses compagnons originaires de ce pays, prêcha avec beaucoup de fruit et fut atteint d'une nouvelle maladie. Il ne visita pas le château de ses pères. Au commencement de 1537, ainsi qu'il avait été convenu, tous ses compagnons se trouvèrent avec lui à Venise. Sur ces entrefaites , leur nombre s'était accru de trois : 7° Claude Le Jay (Jajus), de Savoie; 8° Jean Codure, du Dauphiné; 9° Pascal Broet, de Picardie. A Venise, ils se livrèrent à l'enseignement et au soin des malades.

Tous, avec Ignace , allèrent à Rome solliciter la bénédiction du pape pour leur voyage de Palestine. Paul III fut très satisfait de la manière dont ils répondirent à ses questions théologiques, mais il leur déclara que la guerre entre Venise et la Turquie s'opposait à leur voyage. Il leur accorda diverses faveurs. Ceux qui n'étaient pas encore prêtres reçurent les ordres à Venise, et prononcèrent leurs vœux entre les mains du nonce. Comme l'Orient continuait de leur être fermé, ils prêchèrent en différents endroits (1538), et résolurent cette fois d'accomplir la seconde partie de leurs vœux. Ignace, Faber et Lainez allèrent à Rome pour exposer au saint Père le plan de leur société, tandis que les autres s'occupaient dans les villes d'Italie où se trouvaient des universités.

Boero, S. J., Vita del P. PietroFabrod.C.d. G.îMonza, d874 ; R. Cornely, P. Faber, Frib., 1873. Boero, Vital del servo di Dio P. Pascasio Broet, Fir., 1877. Le même, Vita del servo di Dio P. Claudio Jaio libri II, Fir, 1878; Ranke. Rœm. Pœpste, I, p. 176 etsuiv.j Henrion-Fehr, II, p. 92 et suiv.

Approbation de la compagnie de Jésus.

317. Fortifiés par une apparition de Jésus-Christ, Ignace et ses compagnons, après avoir levé une infinité d'obstacles,

LE CATHOLICISxME. ' 31

trouvèrent un accueil favorable auprès du Saint-Siège. Paul III sut apprécier la valeur de ces hommes qui, dans un temps si fertile en prévarications^ promettaient une obéissance ponctuelle au chef de l'Église. 11 nomma Faber et Lainez professeurs à l'université romaine, et chargea Ignace de travailler à corriger les mœurs de Rome. Mais une congrégation était seule capable de remédier aux maux de la chrétienté, et Ignace appela ses compagnons à Rome. Ils prêchèrent en plusieurs églises, réfutèrent les erreurs d'Augustin de Piémont, religieux augustin infecté de luthéranisme, et gagnèrent les cœurs des Romains par leur dévouement pendant la famine de l'hiver de 1539.

Ignace fit présenter au pape, par le cardinal Cantareni, le plan de son institut. Toutes les difficultés ayant été aplanies, l'ordre fut approuvé, sous le nom de Compagnie de Jésus, fort attaqué à cette époque, par une bulle datée de loiO, qui exposait les grandes hgnesde la constitution et fixait le nombre des membres à soixante. Cette restriction fut supprimée tr 1543 par Paul III, à raison des services considérables rendub par la compagnie.

En 15i0, de nouveaux candidats sollicitèrent leur admission, et le roi de Portugal demanda quelques-uns de ces ouvriers apostoliques Le Fèvre fut envoyé en Allemagne par le pape pour assister à un colloque religieux; il reçut (1543) dans la Compagnie Pierre Canisins, qui fut le premier jésuite allemand. Ignace, élu général à l'unanimité des voix, hormis la sienne, prit la direction de la Compagnie naissante, le 15 avril 1541; il transcrivit en latin un abrégé de ses constitutions et renvoya le reste à l'avenir. Après sa mort, elles furent publiées d'après la version espagnole de son secrétaire P. Polanco.

But et organisation de la Compagnie de Jésus.

318. Le principal but de l'ordre était de procurer la gloire de Dieu (0. A. M. D. G.) ; il devait travailler tout ensemble à leur propre salut et au salut du prochain : à leur propre salut, par l'observation des vœux, l'usage fréquent des sacrements, les lectures et exercices spirituels, l'examen de conscience et la méditation ; au salut du prochain , par la prédication publique, les exercices, les catéchismes, les missions, l'enseigne-

ment de la jeunesse, la lutte contre les hérétiques, l'audition consciencieuse des confessions.

Les réceptions dans l'ordre sont faites par le général ou par son mandataire, après un examen attentif des qualités d'esprit, de la conduite et de la santé du suppliant. Sont exclus : les incapables, les apostats, les criminels, les malades, ceux qui ont appartenu à d'autres ordres. Les récipiendaires doivent être soumis à une longue épreuve et connus de la Compagnie. Ils ne peuvent commencer le noviciat qu'après une épreuve de douze à vingt jours. Le noviciat dure deux ans, et on s'y occupe à la fois du corps et de l'âme. Les novices doivent s'adonner exclusivement aux exercices religieux, interrompre leurs études, purifier leur cœur, s'exercer dans l'humilité, converser avec des collègues plus avancés dans la perfection, dépendre en tout du supérieur et du confesseur.

Le noviciat terminé, on fait les vœux simples, puis on commence les études dans des collèges érigés à cette fm. Ces collèges doivent être dotés , afin que maîtres et disciples soient exempts des soucis temporels, tandis que les autres maisons de l'ordre observent la pauvreté. Les études des scolastiques sont la grammaire, la poétique, la rhétorique, le philosophie, les mathématiques et la physique, sur lesquels ils subissent de sévères examens. Ce cours parcouru , les scolastiques enseignent pendant quelques années dans les classes inférieures, puis étudient quatre ans la théologie; ils consacrent six autres années à d'autres études et reçoivent ensuite la prêtrise (ordinairement à trente ans) .

Un second noviciat d'un an après les études a pour objet de perfectionner la vie ascétique, bien qu'elle doive continuer pendant le temps des études. On y peut joindre la prédication, les catéchismes et l'enseignement. On doit congédier tous ceux qui n'ont point de vocation, qui sont inutiles à eux-mêmes et à leurs collègues, mais toujours après mûre réflexion, et d'autant plus difficilement qu'ils sont liés davantage à la Compagnie. Le pouvoir de congédier appartient à toute la société réunie en congrégation générale; ou bien, elle revient au général et à son mandataire. Celui qui est renvoyé doit quitter la maison sans honte et sans déshonneur, être secouru même après son départ ; mais on ne doit plus le recevoir qu'après des

épreuves toutes particulières. Le général peut accepter les collèges qui lui sont offerts quand l'uffre n'est accompagnée d'aucune condition incompatible avec les fins de la société, II peut aussi y renoncer après les avoir acceptés. Les collèges doivent être pourvus de bibliothèques suffisantes et de tout ce qui sert à la culture des sciences. Les écoles de l'ordre sont accessibles aux étrangers.

Les différents membres de la Compagnie de Jésus.

319. Les membres de la Compagnie sont : 1" des novices; 2** des scolastiques; 3* des frères lais (coadjuteurs laïques); 4° des coadjuteurs spirituels ou prêtres; 5" des profès qui font un quatrième vœu, se mettent sans réserve à la disposition du pape pour les missions et arrivent seuls aux emplois supérieurs de l'ordre. Ils résident d'ordinaire dans des maisons de profès, sous un préfet {vice-präepositus); ils doivent avoir subi les examens du doctorat et avoir fait leurs preuves pendant plusieurs années. Les collèges sont placés sous un recteur, les petites résidences et les maisons do missions sous un supérieur. Chaque province a un supérieur provincial. Le général de l'ordre {prœposittis generalis) assigne son rang à chaque religieux, trace des règles pieuses, mais seulement dans les limites où la congrégation générale a décidé que la législation pouvait être modifiée. Il est élu par la congrégation générale, pourvoit à tous les emplois de l'ordre après avoir consulté le provincial et trois autres profès. Il reçoit les rapports de tous les supérieurs et il est entouré d'un conseil d'assistants qui appartiennent chacun à une nation particulière (d'abord cinq nations, puis six : l'Italie, le Portugal, l'Espagne, l'Allemagne, la Pologne et la France). Les assistants sont choisis par l'assemblée générale; ils contrôlent le général et peuvent même, dans des cas urgents, lu déposer. Sans cela, l'assemblée générale seule en a le pouvoir. Le général est en outre pourvu d'un moniteur {admoniior), qui l'assiste de ses conseils particuliers.

Toute la Compagnie forme donc une monarchie tempérée par une sage législation et vivifiée par l'obéissance, le contraire de l'esprit d'indépendance {]ui régnait à cette époque. Elle a yi. — Hi ST. DE l'église. 3

Si HISTOIRE DE l'ÉGUSE.

pour base les ancionncs règles de la vie ascétique. La pratique de l'humilité est imposée à tous, et les plus savants eux-mêmes ne doivent pas dédaigner de catéchiser les petits enfants. Les prêtres de l'ordre ne récitent point le bréviaire au chœur, mais en particulier. Tout concourt au progrès scientifique, mais ce progrès doit être entièrement conforme à l'esprit do l'Église.

Sur les opinions controversées dans les écoles, on recommanda d'adopter les sentiments qui prédominaient, tout en permettant de se mouvoir librement dans les limites de l'orthodoxie. Le général reçoit ses fonctions à vie. La congrégation générale se réunit après sa mort, et, de son vivant, chaque fois qu'il la convoque. De grandes difficultés s'opposent à l'acceptation des dignités ecclésiastiques ; les honoraires de messes sont refusés. Ordre sévère, charité réciproque, telles sont les qualités qui distinguent les jésuites. Toujours attachés à leurs règles, ils n'ont jamais eu do statuts secrets et immoraux, comme ceux que leur ont attribués leurs ennemis, qui les ont ou fabriqués eux-mêmes ou adoptés comme règle de conduite.

OUVRAGES A CONSULTER SUR LES N°ä 317-318-319.

Conslitutiones, regulse, décréta Congr., etc. InstituLum Soc. Jesu, Prag., 1703, 1732, 2. voll. Holsten-Brockie, t. III, p. 121 et seq. const. de Paul m Jnjunctum Nobis, 1 i mars löiS ; Cum inter, 3 jtiin 1543; Eœponi iYoôis, 5 juin 1546; Licet debilum, 18 oct. 154!J; de Jules lll. Exposai debitum,2[ juillet 1550; Sacrse religionis, 22 oct. 1552. Busz, Die Gesellschaft Jesu, mai 1853, p. 681-688.

Travaux de la Compagnie de Jésus.

320. L'ordre déployait partout une activité extraordinaire. A Romo, saint Ignace no connaissait point de repos ; il convertit un grand nombre de pécheurs, des juifs même, fonda pour les nouveaux convertis une maison de catéchumènes, érigea pour les filles tombées la société de Sainte-Marthe; pour les femmes en péril, le couvent de Sainte-Catherine; il établit deux maisons d'orphelins pour les deux sexes, fut le promoteur du collège romain, dirigé par sa Compagnie, ainsi que du collège germanique (1552) ; il envoya des missionnaires au dehors, négocia la paix entre le pape et le Portugal, et dirigea par ses lettres la Compagnie déjà répandue au loin.

A Parme, Ignace fut favorisé par les Farnèse ; bientôt des princes et des princesses se soumirent aux exercices spirituels, et la vie religieuse refleurit à vue d'œil. A Venise, Lainez expliqua l'Évangile de saint Jean devant la noblesse et, en ioi2, il posa les bases du collège de cette ville avec l'aide de Lipomanno, évêque de Vérone. Bobadilla, Le Jay, Pasquier, travaillaient avec profit dans différentes villes d'Italie.

Souvent, comme à Faenza, les jésuites réconciliaient les plus mortels ennemis; ils fondaient des écoles et des sociétés de bienfaisance. Des collèges florissants surgirent bientôt de toutes parts. En Portugal, Rodriguez obtenait les plus beaux succès. En 154-2, Jean III institua un collège à l'université de Coïmbre ; la cour de Lisbonne fut complètement renouvelée et réformée par les jésuites. L'Espagne avait le Père Arajoz. A Barcelone, le vice-roi François de Borgia, duc de Candie, entra dans la Compagnie. A Valence, Arajoz fut obligé de dresser sa chaire en pleine campagne, aucune église ne pouvant contenir ses auditeurs. Dans les villes d'universités, à Alcala, à Salamanque, le nombre des disciples d'Ignace allait en augmentant ; à Madrid, ils devinrent les confesseurs du cardinal de Tolède et de plusieiu\s grands personnages.

En 1540 déjà, Ignace envoyait quelques jeunes gens faire leurs études à Paris, d'où la Cornpagnie se répandit dans les Pays-Bas. A Louvain, dix-huit jeunes hommes, parmi lesquels plusieurs docteurs, se rattachèrent au Père Le Fèvre. L'ordre ne tarda pas à se répandre en Bavière et en Autriche. Les universités d'Allemagne étaient à la veille de tomber ; la barbarie régnait partout, le peuple était ignorant et infecté d'hérésie, môme dans les pays catholiques. Depuis vingt ans, l'université de Vienne n'avait pas formé un seul prêtre. Partout les prédicants fanatisaient les populations. L'œuvre de Le Fèvre, appelé en Espagne, fut continuée par Le Jay à Ratisbonne, Ingolstadt et Dillingen ; à Insbruck et à Vienne, par Bobadilla, En 1549, le duc de Bavière, Guillaume IV, demanda à saint Ignace trois de ses religieux pour l'université d'Ingolstadt. Le Jay y fit des leçons sur les Psaumes, Salmon sur les Évangiles et les Épîtres de saint Paul, Canisius sur le dogme. Plus tard ce dernier et Le Jay se rendirent à Vienne sur la demande de l'empereur Ferdinand (1551) ; ils rétablirent les études et la disci-

Sfi HISTOIRE DE l'ÉGLISÈ.

pline à l'iiniversitf^, et refusèrent les dignités qui leur furent offertes;: Le Jay, par exemple, l'évêché de Triestc. Les exercices spirituels, approuvés par le pape en 1548, eurent partout lin grand succès; beaucoup de protestants rentrèrent dans le giron de l'Église catholique.

Nicol.Orlandini (historien de l'ordre depuis 1598, soigneux et exact, mort en 1606), Hist. Soc. Jesu (jusqu'à la mort, de saintignace), contintié par François Sacchino, morten 1625, historiendistingiié(Ranke, III, p. 380 et seq.), jusqu'en 1580, 3 vol. en 8 livres chacun; les dix premières années du général Aquaviva, également en 8 livres, 4 vol. in-f° ; par Jouvency jusqu'en 1615 (1710), Cordara, 1616-162Ö ;Anlwerp. 1715- 1750. Un autre volume de Cordara (de P. VI), parut à Rome en 1859 et suiv., p. 728. Jac. Gretser, S. J., Hist. ord. Jes., Ingolst., 1594; Stewart, Apol. pro. Soc. J.jib., 1593 ;Ribadeneira, Alegembe etjSotwel, BiblioLh. script. S. J., Antwerp., 1643; llom., 1676; Lagomarsini.,Testimonia viroruni iilustr.,S. J. Rom.. 1736, Bartoli, Gesch. des Jesuitenordens, en allem. Wurzb. 1835. Crétineau-Joly, Ilist. de la Comp, de Jésus, Paris, 1844 et s. 5 voll, en allem. Vienne, 1845 et suiv., 5 vol. d'après lui, M. Brühl, Gesch. der Gesellschaft Jesu, Würzb. 1846; Daurignac, Jes. en allem, par Clarus, Rcgensb. 1865, 2 vol. Stoeger, Ilistoriographi S. J., Ratisb., 1851 ; Locher, Hist. S. J. prov. Anstriacae, I, p. 21 et seq.; Frid. Reiffenberg, S. J., Hist. S. J. ad Rhen. infer., I, p. 7 etseq.î Riesz, Der sei. Petrus Canisius, Frib, 1865, surtout p. 81 et suiv.

Privilèges de la Compagnie de Jésus. Mort de saint Ignace. Situation de l'ordre depuis 1556.

321. Plus la nouvelle société multipliait ses travaux, plus les papes multipliaient ses privilèges. En 1543, Paul 111 lui accorda le droit de faire des constitutions et de les modifier ; en 4545 le droit de prêcher dans toutes les églises et sur les places publiques, d'entendre les confessions, d'absoudre des censures et des péchés réservés, hormis ceux de la bulle in Cœna Domini ; do commuer tous les vœux, sauf les cinq principaux, do célébrer avant le jour et ju.squ'à midi, puis (1546) de recevoir des coadjuteurs ecclésiastiques et laïques ; il fixa les attributions du général, permit à l'ordre de recevoir des donations, qui seraient censées approuvées par le pape, l'exempta des dîmes et accord. i aux missionnaires de l'ordre des facultés spéciales. Il fut décidé

en outre qu'aucun des membres ne pourrait, après avoir fait ses vœux, entrer dans un autre ordre sans la permission du général ou du Saint-Siège, l'ordre des chartreux excepté ; qu'ils ne pourraient accepter des dignités, que le général ne serait déposé que dans certains cas déterminés.

Jules III, en 1550, confirma les précédentes facultés et en ajouta de nouvelles, notamment celle de conférer les grades académiques dans le collège romain et dans les universités de la Compagnie. Plusieurs princes, désireux de fonder de nouveaux collèges, s'adressèrent à saint Ignace, notamment en 1554 l'empereur Ferdinand pour celui de Prague (érigé en 1556, la même année que celui do Cologne). Quand le grand fondateur mourut le 31 juillet 1556, la Compagnie comptait déjà plus de mille membres dispersés dans 'cent collèges et autres maisons ; elle possédait, outre la province extraordinaire do Rome, douze autres provinces (Italie, Sicile, Portugal, France, haute et basse .\llemagne, Aragon, Castille, Andalousie, Indes, Ethiopie, Brésil). Des premiers compagnons du fondateur il n'en restait plus que cinq, et l'ordre, non compris ces derniers, ne comptait que trente-cinq profès, tant saint Ignace avait été sobre dans ses admissions.

Mort de saint Ignace, Genelli, p. 374 et sniv. État de la société eu 1556, Sachini, Hist. S. J., Anlw., 1621, P. II init.

Les successeurs de saint Ignace dans le généralat. Études et travaux scientifiques de l'ordre.

322. Jacques Lainez fut le second général de l'ordre (1556- 1565). Il tempéra un peu la rigueur de la discipline, imprima aux études un nouvel essor et donna lui même des preuves de son savoir théologique, tout en gardant une profonde humilité. Quand Paul IV obligea la société à l'office du chœur, il se soumit ; le même pape ne tarda pas à rapporter cette mesure. Lainez était un génie pénétrant, organisateur. Le cuncile do Trente, auquel il assista et où il révéla son profond savoir, donna à l'ordre, sur le désir de saint Charles Borromée, une approbation expresse, et Pie IV le protégea lui-môme contre ses calomniateurs,

La Compagnie fit de remarquables progrès, tant sous Lainez que sous ses successeurs. Saint François de Borgia (1565-1572, canonisé par Clément X) veilla au maintien de la discipline de l'ordre avec une tendre sollicitude, permit à ses religieux de se charger des fonctions de confesseurs à la cour suprême, mais leur défendit toute immixtion dans la politique humaine; Eberhard Mercurian, de Belgique (1573-1580), s'occupa beaucoup des missions et de la discipline de la Compagnie; Claude Aquaviva (1581-1615) organisa les affaires scolaires de l'ordre et compléta le plan des études. Les établissements d'instruction tenus par les jésuites eurent partout une vogue exceptionnelle, principalement en Allemagne ; les jésuites étaient plus méthodiques que les autres maîtres, s'occupaient à former le cœur aussi bien que l'esprit, et leur enseignement était toujours gratuit.

Ils avaient des hommes distingués pour l'enseignement des langues latine et grecque et de la littérature, tels que : Tursellin, Viger, Jacques Pontanus, Jean Perpinian, Nie. Vernuleeus. On leur doit quantité de belles productions dans la poésie latine et dans la poésie populaire (Bälde, Spée, Avancini, etc.); plusieurs étaient des mathématiciens et des astronomes de valeur (Clavius, Hell, Scheiner, Schall, de Bell, Pozcobut à Vilna, Grégoire de Saint- Vincent, Guldin, Riccioli, Grimaldi); d'autres étaient physiciens, chimistes (Athanase Kircher, génie universel, Gaspard Schott, Nieremberg, Raczynsky) ; géographes (Acunha, Charlevoix, Gerbillon, Dobrizhofer, Biard, Lallemant) ; un grand nombre s'adonnaient aux sciences politiques, comme Ribadeneira, Mariana, Aquaviva, qui écrivit aussi sur les maladies de l'âme, etc.

Des travaux classiques sur l'histoire ont été fournis par Strada, Mariana, Maffei, TurseUin, etc. « Jamais le monde n'avait vu jusque-là et n'a revu depuis tant de science unie à tant de zèle, tant d'étude et d'éloquence, de pompe et de mortification, une si vaste extension et tant d'unité dans les principes de conduite. » (Rauke.)

Sur l'approbation de l'ordre par le concile de Trente. Conc. Trid., Sess. XXV, deregul, c. XYi.;PaUav.,XXIV, 6, 3-8. Boero, Osservazioni

(contre Theiner), Monza, 1855, vol. II, p. 181 et seq. Pie IV, en ftiveur de l'ordre. Rayn., an. 1561, n. 65-67; 1564, n, 53 et seq. Ribadeneira (mort en 1611), Vita S. Franc. Borg., en allem., Ingoist. 1613. Vie de S. Fr. de B. Bruxell. 1824, Bartholi, Der hl. Franz Borg. trad. de l'italien, Vienne, 1838, 2 vol. Sur les écoles des jésuites, Ranke, I, p. 225. Cf. Die Jesuiten und ihre Schulen, Passaiier lath. K.Ztg., 1842. (Carl) Die alten und die neuen Schulen, Mayence, 1846, Kleutgen, Die Theol. der Vorzeit, Münster, 1853 et suiv., 3 vol. Verzeichnisz von Gelehrten des Ordens, dans Busz, Ges. Jesu p. 1571-1628. Voy. encore Robertson, Gesch. Amerik's, III, p. 391 ed. Bâle, 1790. Macaulay, Gesch. von Engl, en allem, par Bülau, III, p. 67, Leipzig, 1850. Ranke, II, p. 35.

Travaux d î l'ordre en Allemagne. Ses destinées en France. Les saints de la Compagnie.

323. Dans la partie catholique de l'Allemagne, la Compagnie obtint les plus heureux résultats. Pierre ('anisius acquit une haute réputation par son grand et son petit catéchisme (15o4- 4566), ainsi que par d'autres ouvrages. Il fut obligé pendant quelque temps d'administrer l'évêché de Vienne, enseigna à l'université et prêcha sans relâche. L'ordre fut employé à Munich à partir de 1559, et c'est grâce à ses travaux qne la religion catholique fut bientôt en Bavière à l'abri des attaques de l'hérésie. Vinrent ensuite les collèges de Trêves (1561), Mayence (1562), Augsbourg et Dillingen (1563), Ellwangen et Paderborn (1585), Wurzbourg (1586), AschafTenbourg, Munster, Salzbonrg (1588), Bamberg (1595) et Constance (160-4).

Cauisius (1556), nommé provincial de l'Allemagne, produisit un bien considérable en diverses localités ; il fonda le collège de Fribourg en Suisse, où il mourut en 1597, âgé de soixante-dixsept ans (béatifié en 1864). Des établissements florissants existaient déjà à Gran (1561), Hall, Innsbruck (1589), Luceri.e (1574-1578), Douai (1568), Anvers, Braunsberg (1564), Posen (1571), et leur nombre ne faisait que s'accroître.

Il n'y eut que la France où la Compagnie de Jésus rencontra des obstacles dès le début ; ces obstacles venaient de la haine des Français contre les Espagnols, de la guerre qui existait entre ces deux peuples, de l'esprit de rivalité, de l'aversion de la Sorbonne et des parlements. Cependant Duprat, évêque de Clermont, avait établi uu collège à Billom en 1545, et après le

colloque religieux de Poissy (1561) la course montra favorable aux jésuites. Ils furent autorisés sous certaines conditions ; mais en 1564 l'université de Paris souleva une multitude de difficultés contre le nom, les travaux et la doctrine de la Compagnie. Des discours furent prononcés pour et contre l'institut; on craignait que l'université ne souffrît dans ses droits et déjà on voyait d'un mauvais œil les petits collèges établis à Tournon et ailleurs. Cependant les jésuites reçurent la permission d'enseigner à Paris et à Lyon. Ils comptaient dans leurs rangs des talents distingués, notamment Edmond Angier, dont les protestants eux-mêmes admiraient les sermons et les écrits. Dans Paris seulement, trente-huit mille exemplaires de son catéchisme furent répandus dans l'espace de huit ans.

Maldonat y enseignait aussi avec nue vogue qui excitait la jalousie. A. Lyon, la Compagnie reçut un grand collège en 1567. Le cardinal de Guise, qui le protégeait, fonda pour elle, en 1574, l'académie de Pont- à-Mousson, qui fut fréquentée par les princes de la maison royale. Un autre collège fut établi par le duc d'Eu en Normandie ; on y reçut des Anglais exilés. D'antres collèges florissaient à Rouen, Verdun, Dijon, Bourges et Nevers. Henri IV, malgré toutes les calomnies dont il était assailli, favorisa la Compagnie, dont le Père Richeome, qu'on appelait le Cicéron de la France, fit l'apologie sous une forme populaire.

La persécution de 1594, provoquée par la haine et la jalousie plus encore que par la faute d'un disciple des jésuites, servit à faire éclater leurs vertus et leurs mérites. Us furent pleinement réhabilités (1603-1605), et reçurent neuf autres collèges. La majorité de l'épiscopat avait pris la défense de la Compagnie, mais il ne put éteindre l'animosité des parlements et des universités. Celles-ci se coalisèrent pour exclure les jésuites de l'enseignement de la théologie. Elles s'opposèrent avec la même étroitesse d'esprit (1622) à l'extension des barnabites, qui finirent par renoncer à l'enseignement dans Paris (1631).

Somme toute, la Compagnie de Jésus demeura fidèle à sa haute mission, forma une jeunesse instruite et de mœurs pures, et réalisa dans plusieurs de ses jeunes membres l'idéal de la vertu : Stanislas Kostka (mort en 1568), Louis de Gonzague, de Mantoue (mort en 1591); et Jean Berchmans (mort en 1621).

Elle fournit de plus une multitude de saints, notamment le premier et le troisième général de l'ordre, François-Xavier, Jean-François Régis, l'infatigable missionnaire du midi de la France (mort en 1640, canonisé par Clément XII), et le bienheureux Alphonse Rodriguez (mort en 1617, béatifié en 1825), sans compter une foule de martyrs qui portèrent les missions à un haut point de prospérité.

Canisii Summa doctrinse christ. Vienn., 1554; Instilutiones christ. pietatis,et Catechismus minor, 1566; Maderus, De Vita Canisii, Ub. II, c. ]i. Sachin., III, m, p. 22. Daurignac, La Vie du R. P. Canisius» Avignon, 1829; Flor. Riesz, loc. cit., surtout p. 110 et sui\., Sur les travaux de l'ordre, déclaration de Seid ministre de l'empereur à Commendone, en sa lettre du 19 févr. 1563; Ranke, III, p. 306. Voy. ibid. II, p. 25 et suiv. 45, et témoignages rendus à la société de Jésus par des papes, des princes, des ecclésiastiques et laïques. Vienne, 1841. Collège de Douai, Sachin, IV, iv, p. 124. Objections du parlement de Paris et de l'évèque Eustache de Bellay contre les bulles des Jésuites 1o52-1od4. Du Plessis d'Arg., l. I, App. p. XVIII; t. II, I, p. 191,194. Négociations de 1564, ib., 11,1, p. 341-390. Le père Augier, Orland- Sachin., P. I, 1. VI, n. 30; P. II, 1. IV, n. 84; III, m, [p. 1C9 et seq.; Jouvency, V, 25, 769 ; Ranke, II, p. 144. Académie de Pont-à-Mousson, conlirmée par Grégoire XIII, le 5 décembre 1572 ; Calmet, Hist. de Lorraine, t. III, Preuves, p. 658 et seq.; t. II, p. 1375-1377. Henri IV, sur l'ordre. Jouv., P. V, lib. XII, n. 59; Ranke, II, p. 299-304. Persécution de 1594-1603 :du Plessis d'Arg., II, i, p. 510-529; Sismondi, Hisl. des Français, XXI, 323 et seq.; Crétineau-Joly, t. Il, p. 449 et seq. ; III, p. 43 et seq.; J. Prat, la Comp, de Jésus en France du temps de P. Coton, Lyon, 1877, vol. in-4°; Iticheome, Plainte apologétique au ruy de France pour la Comp, de Jésus, Bord., 1603; Remonstrance et requeste des religieux de la Comp, de Jesus présentée au roy, 1598, Bord., 1603. Plus tard, eu 1609 et 1610, la Sorbonne s'opposa à ce qu'il fut permis aux jésuites d'enseigner publiquement la théologie, dans la crainte que tout le monde ne courût à eux, et elle résista au décret du roi :du Plessis d'Arg. (II, II, p. 2-8, 13, 14. En 1611, le parlement décréta que les jésuites auraient à se conformer à la Sorbonne concernant les libertés gallicanes, ibid., 53-38. Les démarches contre l'acceptation des jésuites furent renouvelées en 1615 et 1618; il y eut même de vives discussions, en 1619 au sujet do leur admission aux. disputes publiques (ibid, p. 96 et seq., 109 et seq., 119-125). D'autres démarches eurent lieu en 1623 contre leurs collèges, (ibid, III, m, p. 274) et en 162i

l'université de Paris, alliée à d'autres universités du royaume combattit le droit qu'ils revendiquaient de conférer les grades académiques (ibid.,

II, n, p. 149-158. Cette alliance fut renouvelée en 1623 quand l'ordre voulut fonder une université à Angoulôme et eut obtenu des rescrits à cette tin (ibid, p. 183-190, 208-227, 266-274. Eu 1628, on se plaignit d'une construction nouvelle faite au collège de Glermont, et en 1630 et seq., de nouveaux décrets furent lancés contre la propagation de l'ordre (ibid., 280-282, 312 et seq., 318, 36o-367j. Vinrent ensuite

les censures portées contre de nombreux ouvrages dus à des jésuites, notamment depuis 1640) 111,1. p. 28 etsuiv., 40 et suiv. 49, 57 et seq. surtout contre la Somme de théolog. du père Garasse, (né en 1583, mort en 1631), auteur de plusieurs écrits satiriques et de mémoires. Récit Jdes persécutions soulevées contre les Pères de Jésus dans la \illcde Paris, 1624-1628; Mémoires, ed., Nisard, Paris, 1860. Mesures contre la propagation des Barnabites : du Plessis d'Arg. II, n, p. 132, 274, 275, 319. Les Monita sécréta furent imprimés pour la première fois à Cracovie, 1612, et réimprimés à Paris en 1761 . L'évêque de Cracovie, avait procédé contre l'auteur, et en 1616 Rome condamna cette œuvre comme une falsification ; cependant les ennemis de l'ordre ne cessèrent de le remettre au jotir, et le curé protestant Bergmann le lit rééditer à Leipzig. Cf. Barbier, Diction, des Anonymes et es Pseudon.

III, p. 20 985; Crétineau-Joly, III, p. 372 et seq; Binterim, die geheimen Vorschriften der Jesuiten, Düsseldor, 1854. Die geh. Verordnungen der Jes. ein Schanddenkmal, das sich ihre Feinde selbst errichtet haben, Paderb., 1853, Bonner theol. Lit-Bl; I, 1867, Nr. 9 p. 329 et suiv., Germania, II déc. 1874, Nr. 287. Sur Vobligdre ad peccutiim usité dans la langue ecclésiastique et si souvent mal interprété, môme par Ranke, I, p. 220. voy. S. Thom., 2a 2,=« q. 186, an. 9., Regula Tertiär. S. France, xx. Regula Domin. c. 4-6 voy. Steitz (Herzogs Real- Encyklop, VI, p. 533 et suiv.; XIX, p. 671, Jarhb. für d. Theoï. IX. p. 148 et suiv. Gotha, 186i), Riffel, Die Aufhebung des Jesuitenordens, Mainz, 1845, p. 217 et suiv. von Kettler, Kann ein Jesuit von seinen Obern, zu einer Sünde verptlichtet werden ? Mainz 1874. Sur l'obéissance da l'Ordre voy. Laacher Monatsschr. livrais. I, 6. p. 453 et suiv. , 548 ; II. livrais. 1, p. 72-82. Pierre d'Orléans, Vie de Stanisl. Kostka, Paris, 1732. Cepari, Vita di S. Luigi Gonzaga, Rom. 1627. Daurignac, Gesch. des hl. Aloysius, trad. du franc, par Clarus, Francf. 1866; Daubenton. Vie de S. Franc. Régis, apôtre dn Velay. Lyon, et Paris, 1863.

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