‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 146 · ON EN · texte numérisé non relu

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VE L'ÉGLISE. (AN 442.) 137 de l’auteur, au concile æcuménique de Chalcédoine; la seconde pour les maximes même qu’elle contient, et qu'on regarde encore aujourd'hui comme très-importantes par rapport au droit canonique. L’évêque Pierre avoit demandé la recommandation du savant patriarche d'Alexandrie, dans la plainte qu'il faisoit de ce que, sur la simple accusation d’avoir abusé des revenus de son église, il avoit été condamné sans être entendu. Saint Cyrille, dans sa réponse, soutint qu'un évêque ne devoit point de compte de ses revenus, et que tous les évêques du monde s'élèveroient contre l'assertion contraire, parce que, bien qu'ils dussent conserver à l'Eglise ses immeubles et ses meubles précieux, on laissoit à leur prudence la libre administration de tout le reste.

Quelques personnes éclairées ayant visité les moines du mont Célamon , rapportèrent au saint patriarche que plusieurs contcmplatifs égarés dans les chimères d'une imagination échauffée , donnoient des corps aux objets les plus intellectuels , et attribuoient une forme humaine à la Divinité; qu'ils avoient imaginé pareillement que la sainte eucharistie perdait sa vertu quand elle étoit gardée d’un jour à l’autre, et qu’elle ne servoit pour la sanctification qu'autant qu’on en faisoit usage sans retardement. Le saint docteur tâcha de dissiper leurs illusions dans un livre qu'il fit contre ces anthropomorphites, et où il les traita plutôten visionnaires qu'en sectaires obstinés.

Cet ouvrage n'est pas moins propre à confondre les sacramentaires que Cyrille combat plus fortement encore dans son homélie sur la science mystique, où il n'avoit toutefois en vue que les nestoriens Quelle est, leur demandoit-il2, la pâture des troupeaux de l'Eglise, et quel est leur breuvage ? Si c'est le corps d'un Dieu , Jésus-Christ est donc vrai Dieu et non pas un pur homme. Si c'est le sang d’un Dieu, le Fils de Dieu n'est donc pas seulement Dieu, mais Verbe incarné. Que si cette nourriture et ce breuvage sont la chair et le sang de celui qui a'est que fils de Marie, et par conséquent un pur homme, comment enseigne-t-on que cet aliment confère la vie éternelle ? Comment est-il distribué en cent lieux divers, sans être moins

3 Lib, X1, cap. 2, -— 2 Tom. v, Conc. part. 2, p. 378.

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