‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 102 sur 178 · RAT · texte numérisé non relu

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258 (An 1699.) HISTOIRE en despoles et en vrais tyrans. Ils avoient enlevé les églises dés Indiens convertis à la foi catholique, et les maisons des missionnaires , pour y loger leurs facteurs. Réduits à se réfugier dans les bois, ces pauvres néophytes ne relâchoient rien de leur ferveur. Leur persévérance fit tant de honte à leurs oppresseurs, qu'il prit fantaisie à ceux-ci de devenir convertisseurs. Un ministre appelé de Batavia, entreprit de les retirer, ainsi qu'il s'en exprimoit, de leur aveuglement : mais quoiqu'il n’eût affaire qu'à ces bons Indiens qui n’ont d'autre occupation que la pêche, sa mission, émanée du comptoir, ne fut pas heureuse. Dès la première fois que le prédicant voulut pérorer, le chef de la caste des Paravas, les plus simples de tous les Indiens, lui dit au nom des autres : « Vous savez ou vous devez savoir que la foi n'a pris racine dans nos cœurs que par la multitude ct l'éclat des miracles que le grand père, ( c'est-à-dire, saint François Xavier leur apôtre,) a opérés dans ces cantons. Il faut donc, avant que vous nous parliez d'en changer, il faut qu'à nos yeux vous fassiez non pas seulement autant de miracles qu'il en a fait, mais un beaucoup plus grand nombre, puisque vous avez à nous faire voir que votre religion est beaucoup meilleure que celle qu'il nous à transmise. Ainsi commencez par ressusciter dix à douze de nos morts, puisque le grand père en a ressuscité cinq ou six ; griérissez tous nos malades, rendez nos mers deux fois plus poissonneuses qu'elles ne le sont : avant cela, nous n'avons rien à vous répondre. »

Le ministre, n'ayant point de solution pour cet argument, demeura muet, et d'autant plus déconcerté, qu'il l'attendoit moins d'un pêcheur. Il ne se remontra plus, et ne songea qu'à se rembarquer. Cependant au défaut de la raison, les marchands hollandais, employant la violence, se mirent en devoir de forcer les Paravas à venirau prèche : elle leur fut également honteuse. Le chef de la caste fit afficher à la porte même de la loge hollandaise, un écriteau qui défendoit de s'y rendre, sous peine d'être puni sur l'heure comme traître à la patrie et rebelle à Dieu. Un seul osa désobéir par attachement à uoesorte de fortune qu'il tenoit des Hollandais : mais, au mépris de ses patrons, il subit la proscription dans toute sa rigueur.

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DE L'ÉGLISE. (An :1f99) 299 Les Hollandais se tinrent pour insultés ; ils firent grand bruit, ils promirent d’en tirer une vengeance éclatante : mais elle s’exhala tout entière en paroles; tout leur zèle, ainsi que leur honneur, céda paisiblement à l'intérêt de leur commerce.

Des côtes du Malabar, les pères Hyppolite Desideri, et Manuel Freyre, résolurent d’éteindre le royaume de Jésus-Christ au-delà du mont Caucase, jusque dans le T'ibet le plus reculé :. 11 s’agissoit de traverser d'abord toute l'étendue de l’empire du Mogol; et ce fut une marche de quatre-vingts jours avant d'arriver au pied de ces montagnes fameuses. Là, passant tout à coup d'un climat brûlant dans un air glacial, le froid fit sur nos voyageurs une impression qui leur parut !plus vive qu'on pût ressentir : mais comme ces montagnes sont entassées les unes sur les autres, et qu'après avoir passé la première qui sembloit toucher aux nues, on en retrouve une seconde, puis une troisième plus haute que les précédentes, et ainsi de suite jusqu'à perdre espérance d'y trouver une fin, plus on s'élève, plus la rigueur du froid devient insupportable. Enfin ils parvinrent au sommet nommé Pirpangial par les gentils du voisinage, dont les superstitions parurent aux missionnaires provenir de la fiction des poètes au sujet de Prométhée, et du vautour quilui dévoroit les entrailles sur le Caucase.

Ils employèrent douze jours à traverser cette vaste chaîne de monts accumulés, dans un danger continuel de rouler dans les précipices, ou d'être entraînés par les torrents qui séparent ces monts : mais il : ioit pas encore question du Tibet, dont ils ne prirent ure “o:noïissance même imparfaite que dans la ville de Cache::::.:, ont les grandes et bell: campagnes contrastent singulièrement avec les monts affreux qui les environnent. Elle est encore de la domination du Mogol. Là, ils apprirent qu'il y avoit deux Tibets, dont le petit, nommé Balistan, s'étendoit à l'ouest, et le grand, appelé Buton, au nord-est. Comme la religion du petit Tibet, ainsi que du Mogol, est la mahométane, et que l'Evangile rencontre beaucoup plus d'obstacles parmi les mahométans que chez les ido-

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