‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 138 sur 178 · PR RER · texte numérisé non relu

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442 (An 1714.) HISTOIRE cette époque, on ne donneroit les magistratures qu’à des ca+ tholiques; que les évêques et le reste du clergé, les religieux, les religieuses, les chevaliers de Malte, jouiroient de tous les droits et revenus dont ils jouissoient sous la domination française ; que si en avr «es : "droits on les en avoit dépouillés, en quelque manière et sous quelque prétexte qu'on l'eût fait, on les yrétabliroit sans retard, et qu'on en feroit la restitution, si elle étoit différée, à dater du jour où on l’ordonnoit.

Le traité conclu, Passioneï fit encore plusieurs démarches très-heureuses. Les biens d'une #b+-e d'Allemagne, trop opulente pour ne pas exciter la convoitise hérétique, avoient été saisis par un prince protestant, qui sans autre procédure en avoit chassé l'abbé. Le ministre du zélé pontife obtint un rescrit de l'empereur, qui obligea le ravisseur à remettre le mouastère à l'abbé, et les biens au monastère. Il rendit un service pareil à quelques églises de Trèves et de Liége qui gémissoient sous une pareille appression. Par les ordres et sur les errements du pontife, il entreprit de convertir la famille des ducs de Brunswick et de Lunebourg. Le pape en même temps écrivit à ces princes les lettres les plus touchantes et les plus pressantes. Henriette Christine, fille du duc Ülric, princesse accomplie, et de mœurs très-pures, se rendit sans peine. Le duc son père permit aussitôt le libre exercice de la religion catholique dans toutes les terres de son obéissance. Il détestoit lui-même au fond de son cœur l'hérésie qu'il avoit malheureusement sucée aver le lait, et qui le retenoit encore. Enfin, pressé depuis près de quatre ans par les tendres sollicitations du pape ei par le: remords de sa conscience, à céda aux recherches du céleste pasteur et de son vicaire. Dès qu'il se vit catholique, la joie qu'il en eut fut si grande, et sa foi, si vive, qu à chaque rencontre il disoit qu'il ne manquoit à son bonheur que de mourir bientôt. Il mourut en effet peu après sa conversion, et avec tous les senti: :nts qui accompagnent la mort des justes. La princesse * 'éonore de Schwartzenbourg, autre fille de ce prince, déjà : ; anlee par la conversion de sa sœur Christine, le fut encore davantage par celle de son père. Elle délibéroit néanmoins encore, lorsque le pape la conjura de lui exposer tous ses doutes. Elle le fit avec une entière

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DE L'ÉCUISE. (Awauyig) 443 confiance, et fut si satisfaite des réponses, qu'elle condamna sur-le-champ ses délais, et ne balança plus à professer la foi catholique. Elle abjura de même toutes les pompes du siècle, tous les attraits du plaisir, et ne fut pas moins utile à la religion par sa vie constamment exemplaire, que par son crédit et son zèle.

L'hérésie frémit des triomphes de la foi romaine, et fit les plus grands efforts auprès du jeune duc de Brunswick, pour

u’au moins il révoquât la concession de son père en faveur du culte catholique. Elle cabala surtout à Brunswick et à Volfenbuttel, pour soulever les peuples contre cette concession : mais la vigilance de Clément XI ne lui laissoit jamais perdre de vue ce qu'il avoit une fois ménagé pour le bien de la religion. 1] recourut à l’impératrice Elizabeth, nièce du feu duc Ulric, et, par l'entremise (le cette princesse, il obtint du nouveau duc que les volontés de son père seroient exécutées religieusement. Jamais le jeune duc ne voulut souffrir qu'on lui donnât la plus légère atteinte.

Au milieu de tant d'occupations si dignes du chef de l'apostolat, le pape étoit fortement inquié‘é par des princes de sa propre communion. Les rois de Sicile prétendoient qu’en vertu d'une bulle accordée jadis au comte Roger par le pape Urbain IT, ils avoient à perpétuité toute la puissance pontificale à peu près dans les terres de leur domination. Le savant cardinal Baronius avoit attaqué l'authenticité de cette bulle par des arguments assez solides, pour qu'ils lui répondissent en antagonistes mieux pourvus de force que de raison, c’està-dire, en le faisant exclure du pontificat dans le conclave suivant : mais les Romains, et tous les critiques sensés, n’en ont pas moins soutenu que cette bulle est supposée, ou du moins qu'elle a été révoquée dans la suite. Quoi de plus étrange en effet qu'un prince séculier et ses descendants à perpétuité, exerçantles fonctions spirituelles de légat apostolique, et leurs officiers également laïques, relevant des censures, comme il s’est pratiqué en ce différend 1?

2 Voir le tome V, p. 5ot , et la note sur la bulle d'Urbain IT. Baronius ne révo-

que point en doute l'authenticité de cette bulle; il montre seulement qu'elle a été altérée. On voit dans Labbe, qui la donne avec toutes ses variantes ( 4. 10, p. 437),

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L'évêque de Lipari, pour un sujet bien léger à ja vérité, avoit excommunié quelques magistrats de juridiction subalterne. Ils s’adressèrent au tribunal de la monarchie, c'est-àdire, aux dépositaires du pouvoir accordé par la prétendue concession d'Urbain II, et ils en obtinrent l'absolution que nous appelons ad cautelam. L'évêque se rendit à Rome, et l'année suivante 1712, il obtint de la congrégation de l'immunité, une lettre circulaire pour tous les évêques de Sicile, portant que les légats même n'avoient pas le pouvoir de donner ces sortes d’absolutions, ou de connoître des censures décernées par les ordinaires, et que ce droit étoit réservé au pape. Trois de ces prélats renvoyèrent la lettre circulaire au ministre du roi ; trois autres représentèrent à la cour de Rome les suites que pouvoit avoir sa publication : mais les évêques de Mazare, de Catane, et d'Agrigente, jugèrent à propos de la publier, et prétendoient que traitant de matières dogmatiques , elle n’étoit pas sujette au pareatis royal. Le vice-roi pressentant qu'on en vouloit au tribunal de la monarchie, ordonna aux trois évêques de révoquer leur publication, et déclara, tant Ja lettre publiée, que toutes celles qu'on pourroit publier à l’avenir, nulles et de nul effet. Cette déclaration ayant été publiée à son tour dans la ville de Catane, l’évêque du lieu en donna une toute contraire ; ce qui lui attira un ordre de sortir du royaume. Il obéit; mais en partant, il interdit son diocèse, et prononça l'excommunication contre les deux officiers qui lui avoient signifié l’ordre du vice-roi. L'évêque d’Agrigente,

qu'elle ne contient qu'un privilége personnellement accordé à Roger et à son fils Simon , ou à un autre légitime héritier de Roger. Les expressions du pontife ne peuvent clairement s'appliquer qu'à deux générations. Aussi cette pièce étoit-elle depuis long-temps oubliée dans les ténèbres, lorsqu'elle fut insérée dans un recueil, en 1513, par Jean Luc Barberius qui l’avoit assez inutilement tirée de la poussière. (F. Historia eccles., t. 68 , p.443, Augsbourg, 1782. )

Dans les circonstances où se trouvoient les sectaires de France, ils ne manquêèrent pas de soutenir la prétendue légation des rois de Sicile contre Clément XI; et c'est alors que parut la Defense de la monarchie de Sicile , attribuée à Dupin par l'art de vérifier les dates. Toutefois ce démêlé ne fut entièrement terminé que sous le pontificat suivant ea 1728; car, bien que Clément XI eût supprimé par une bulle expresse ( 1714 ) ce tribunal de la monarchie , les prétentions parlementaires et les chicanes de la secte qui s'insinuoît partout , ressuscitérent la querelle sous Be-

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