‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 137 sur 178 · HIER · texte numérisé non relu

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loient surtout faire révoquer l’article quatrième du traité de Ryswick, par lequel il avoit été statué, nonobstant les pacifications ou conventions antérieures de l’emrire germanique, que la religion catholique seroit maintenue dans tous les pays que le roi de France auroit occupés à titre de réunions et de dépendances, et qu'il n’auroit voulu rendre que sous cette condition. Ils demandoient encore que les calvinistes de France fussent remis sur le pied où ils étoient avant la révocation de l'édit de Nantes, et que ceux qui étoient détenus dans les galères pour cause de religion, ou plutôt comme perturbateur, et séditieux, fussent mis en liberté.

Si le roi s'étoit rendu inflexible à ce sujet au milieu des revers les plus accablants, et dans un état de foiblesse qui l’avoit réduit à demander la paix comme une grâce, il étoit bien plus éloigné de mollir depuis que le ciel, touché de cette magnanimité religieuse, avoit rendu aux armes françaises leur ancien ascendant, et que le maréchal de Villars, déconcertant à Denain toute l'habileté du prince Eugène, avoit réparé par un seul combat tous les échecs précédents. Alors il trouva si mauvais qu'on prétendit en aucune manière lui dicter des lois pour ses sujets naturels, et comprendre ces mutins obscurs dans un traité public, qu'il ne daïgna pas seulement répondre aux instances de leurs protecteurs. Cette noble fierté réduisit tous les solliciteurs au silence.

Le pape, de son côté, avoit envoyé au congrès le comte Passioneï, depuis cardinal, homme de génie supérieur. de caractère insinuant, et d’une dextérité infinie dans les affaires. Il avoit encore adressé au confesseur de Louis XIV un bref trèshonorable, où il le conjuroit de s'employer de tout son pouvoir dans une affaire si propre et si digne de son ministère, afin d'engager ce prince et ses ministres à s'opposer avec vigueur aux adversaires des catholiques :. Les sollicitations du pontife et du confesseur eurent peu à faire auprès d’un roi qui dans le temps de ses égarements mêmes, avoit toujours protégé puissamment la vraie foi, et qui, revenu sincèrement au seigneur, n'omettoit plus rien de ce qui pouvoit contribuer à

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DE L'ÉGLISE. (AN 1714.) f4x Ja gloire, aussi-bien qu’à l'avancement de la foi qu'il professoit. Ainsi l’article fameux et très-cuntesté de Ryswick fut néanmoins maintenu. Cependant Passioneï eut encore besoin de ses talents pour la Valteline et quelques autres contrées qui appartiennent aux Grisons. Il avoit été statué autrefois, que les hérétiques n'y pourroient faire aucun exercice public de leur secte ; et les protestants vouloient qu'on dérogeît à ce réglement. Passioneï repoussa d’abord la demande avec autant d’éloquence que de vigueur; puis agissant auprès de tous les ministres des princes cathoiïiques, en homme qui savoit manier les esprits, il leur fit sentir parfaitement qu'il avoit le droic de son côté, et il obtint tout ce qu'il voulut.

Nonobstant ces accords, les princes protestants d'Allemagne avoient toujours sur le cœur le quatrième article du traité de Ryswick. Ils ne pouvoient souffrir que la religion romaine füt rétablie dans les lieux d'où elle avoit été bannie par ce qu'ils appeloient pacification de l'empire, et qu'ils regardoient comme faisant loi fondamentale. Ils revinrent encore là-dessus dans le traité de paix qui se fit en 1714, entre l'empire et la France, au château deRastadt, ancienne demeure des princes de Bade : mais Clément XI, qui connoissoit toute l’opiniâtreté des zélateurs hérétiques, s’y étoit bien attendu ; et pour parer à leurs artifices, il envoya de nouveau l'habile Passioneï, qui ne démentit point à Rastad!t l'idée qu'il avoit donnéede lui à Utrecht, L'article ne fut pas seulement maintenu dans toute son intégrité; mais on ordonna de plus, relativement à l'exécution, que s'il y avoit quelque état, quelque ville, ou tout autre lieu dans lequel il ne seroit pas encore exécuté, ou ne le seroit qu'imparfaitement, on eut à s'y conformer sans délai et sans aucune sorte d'altération, sous quelque prétexte qu’on pôt alléguer. L'archevêque de Cologne, Joseph Clémer Bavière, qui avoit essuyé des violences contraires à tous les canons, fut rétabli dans ses droits, comme aussi dans les biens et les prérogatives de l'église d'Hildesheim, malgré toutes les entreprises faites sur elles trois ans auparavant par le duc d'Hanovre. Quant aux lieux cédés par Louis XIV, on arrêta que tout c: :; a rapport à la religion, y seroit remis dans l’état où il éloit + ant la guerre; qu'ainsi dans les villes catholiques à

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