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DE L'ÉGLISE. (An 1714.) 445 et de plus l'archevêque de Messine, furent aussi obligés de se retirer peu après. Le premier fit en partant ce qu’avoit fait l'évêque de Catane; et les vicaires généraux qu'il avoit nommés pour gouvernerle diocèse en son absence, furent emprisonnés, parce qu'ils sé montroient disposés à suivre ses intentions.
L'affaire en étoit là, quand le duc de Savoie acquit en 1713 le royaume et le titre de roi de Sicile. Les opinions changèrent avec le gouvernement. On a vu ce que pensoient ou faisoient les officiers du tribunal de la monarchie, tandis que la . Sicile étoit sous la domination de l'Espagne. Quand elle eut été cédée au duc de Savoie, ces mêmes officiers dirent hautement que ce tribunal n'étoit qu'une chimère. Ils se confessoient inexcusables de l'avoir soutenu avec tant de scandales, et protestoient ne pouvoir en conscience évacuer la Sicile qu'après les avoir réparés autant qu'il étoit en eux, par un désaveu public de leurs procédés, En effet, le marquis de los Balbazès, ancien vice-roi pour l'Espagne, le président de la monarchie, et plusieurs autres de ‘ses officiers, ne partirent qu'après avoir blämé leurs erreurs par des actes authentiques, et obtenu du pape l’absolution de leurs censures. Cet éclatémut fortement les peuples contre les abus qu'on reprenoit. Ce ne fut qu'un cri d’un bout à l’autre de l’île, pour terminer cette malheureuse affaire à lasatisfaction du saint Siége. Le pape, qui gémissoit tant de l’indécence que des abus de cette juridiction monstrueuse, crut se trouver dans les conjonctures favorables pour l'abolir. Il publia d'abord une bulle contre la sentence qui avoit déclaré nul l’interdit fulminé par l'évêque de Catane, et l'on trouva moyen de l'afficher dans cette ville presque aussitôt que le duc de Savoie arriva dans son nouveau royaume. Peu après, on vit paroître deux monitoires dans la capitale, l'un contre ceux qui avoient signifié le bannissement àl'archevêque de Messine et à l'évêque d’Agrigente, l’autre contre le juge même de la monarchie. La congrégation des immunités fit ordonner ensuite aux religieux divers de Sicile d'observer l'interdit sous peine de suspense et de privation de toute dignité. Un grand nombre crut devoir obéir, et fut obligé de passer en Italie, où le pape pourvut à leur subsistance.
Dans les petits états tous les droits paroissent fort grands,
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