‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 141 sur 178 · ER · texte numérisé non relu

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446 (An 1714.) HISTOIRE Les ministres savoyards, ou piémontais de Sicile, attachant la plus grande importance à ce que les Espagnols commencoient à traiter de chimère, prirent leurs mesures pour contenir les peuples, et allèrent leur chemin roide. Le 17 avril 1714, on rendit au nom du nouveau roi un édit dont la cour de Rome se tint fort offensée. On négocia cependant, et l'on employa le cardinal de la Trémouille auprès du saint Père : mais ses sollicitalions, ses mémoires, tous ses bons offices furent inefficaces. Le 19 de février 1715, le pape attaquant de front le tribunal de Ja monarchie, abolit par une bulle expresse le droit de légation des rois de Sicile, puis excommunia tant le juge et les officiers de ce tribunal, que les ecclésiastiques séculiers et réguliers qui n'avoient pas observé l'interdit. Le procureur général du roi de Sicile interjetale20 mars suivant appel du pape malinformé au pape mieux informé, au saint Siége apostolique, et à tous ceux à qui l'on peut recourir suivant les canons : grands mots et petits moyens qui ne servirent qu à donner malière à une foule d'écrits contradictoires, où vingt rhéteurs animés ne firent distiller de leur plume que la diversité de leurs humeurs et de leurs préventions.

L'affaire en étoit là, quand le duc de Savoie songeant à troquer son royaume pour quelque équivalent avec l’empereur, le roi d'Espagne y envoya des troupes, qui en conquirent d'abord la plupart des villes avec d'autant plus de facilité, que les Siciliens désiroient ardemment de vivre sous la domination de cette couronne. Presque aussitôt que ces villes eurent ouvert leurs portes aux Espagnols, elles demandèrent qu'on miît fin aux troubles qu'avoit excités le tribunal de la monarchie, Le roi d'Espagne chargea son ministre à Rome d'en traiter avec le pontife. Il fut réglé d'un commun accord, qu'on rappelleroit tous ceux qui avoientété contraints de quitter l'ile ponr avoir observé l'interdit; qu'on rendroit les charges et l'on restitueroit les biens à tous ceux que les ministres royaux en avoient dépouillés ; que ceux au contraire qui avoient été punis par le pape pour avoir violé l'interdit, y demeureroient soumis jusqu'à ce qu'illes en relevêt lui-même ; que ceux auxquels il avoit conféré des charges ou des honneurs pour avoir exécuté ses décrets, en demeureroient revêtus, et que ceux

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