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462 (ms715) HISTOIRE même manière que celui du roi mon père. En toute rencontre, il parloit de ce qui devoit se faire après sa mort ; ils’entretenoit souvent de son successeur, le nommoit le jeune roi; et comme à ce mot, loin d'en user après lui, on paroissoit frémir : Hé!
pourquoi cette délicatesse, disoit-il ? Cela ne me fait aucune peine. I] dit à madame de Maintenon : J'ai toujours ouï dire qu'il étoit difficile de mourir; cependant me voici parvenu à ce moment si redoutable aux hommes, et je ne trouve pas que cela soit si difficile. Je suis fâché de vous quitter, ajoutat-il avec tous les témoignages d'une amitié fondée sur l’estime; mais j'espère que bientôt nous nous reverrons.
Le lendemain il tomba dans un affoiblissement qui le fit croire à l'extrémité. Comme il revenoit de cet état, il aperçut, au moyen des glaces, deux garçons de sa chambre qui pleuroient au pied de son lit. « Pourquoi pleurez-vous; leur dit-il ? avez-vous donc pensé que j'étois immortel ? Pour moi, je n'ai jamais cru l'être, et depuis long-temps vous avez dû vous préparer à me perdre. » Après avoir encore entendu la messe avec son attention accoutumée, il fit appeler le cardinal de Rohan, et l'évêque de Meaux qui venoit de recevoir la barrette, et il leur tint ce discours : « J’aurois souhaité de mettre fin aux troubles de l'Eglise ; mais Dieu ne l’a pas permis. Il fait tout pour sa gloire; il y veut sans doute employer une main qui lui soit plus agréable que la mienne. Quelque pures qu'aient été mes vues, le public a pu croire que j'agissois par prévention, ou pour signaler mon autorité. Dieu sait ce qui en est. Continuez, il vous l'ordonne, à soutenir la cause de son Eglise avec le zèle que vous avez toujours fait paroître, et souvenez-vous quelquefois de moi dans la célébration du saint sacrifice. Je meurs dans la foi catholique, apostolique et romaine. Toute ma vie, j'ai professé de cœur et d'affection la religion de mes pères : jene changerai point à la mort; j'aimerois mieux perdre mille fois la vie. » On lui demanda cependant s'il n'avoit rien sur le cœur contre le cardinal de Noailles. Qu'il vienne s’il veut tout à l'heure, répondit-il, et je l'embrasserai de tout mon cœur, pourvu qu'il veuille se soumettre au saint Siége : car je veux, ajouta-t-il en répétant sa profession de foi, je veux mourir catholique, apostolique et romain.
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