‹ Histoire de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 171 sur 178 · LE QUATRIÈME AGE DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME AGE DE L'ÉGLISE

Le relàchement dans les institutions humaines conduit à la décadence, et

bientôt après à ur .e entière subversion ; pour l'Eglise , au contraire, comme elle n’est pas moins assurée de sa conservation que de la véracité et de la toute-puissance divine, plus le dépérissement est déplorable, plus la réforme et le rétablissement sont prochains. En effet, après les débordements de la barbarie et de l'ignorance ; après les expéditions mai conduites du Levant, et l'oubli des pénitences canoniques ; après que les évêques livrés aux occupations et aux intrigues séculiéres, que les papes mêmes, devenus presque étrangers à Rome, eurent porté une atteinte mortelle à la loi sacrée de la résidence ; quand on vit, en un mot, dans l'Eglise le relâchement le plus long et le plus déplorable dont jamais elle ait gémi, les princes et les prélats eux-mêmes , tous les ordres des fidèles, cherchèrent avec empressement le remède à ce mal.extrème : mais parce que l'esprit de l'homme, jusque dans la recherche du bien, use rarement de la sobriété que recommande l'apôtre et sans laquelle il se convertit en mal, on vit alors beaucoup de témérité, beaucoup d'emportements , et de vrais attentats dans une foule de réformateurs sans titre et sans mission. C’est «ue la réparation de l'édifice tout divin de l'Eglise, ne devoit ni ne pouvait être l'ouvrage de l'esprit humain, dont l’activité présomptueuse ne servit en effet qu'à la reculer, au lieu de l'avancer ; et ce fut par-là que le bras du Seigneur se rendit le plus sensible dans la conduite de cette grande œuvre, comme nous allons nous en convaincre par la simple inspection des faits rassemblés sous deux points de vue faciles à suivre. Nous observerons, en premier lieu, comment le Seigneur a soutenu son Eglise contre la témérité et les attentats des faux réformateurs; en second lieu, comment il a fait servir ces attentats mêmes à la conservation et au rétablissement de l’Eglise.

Réformateurs, ou détracteurs téméraires et vains; réformateurs guidés par l'esprit de schisme et de nouveauté ; réformateurs enfin , ou plutôt destructeurs, animés de toute la fureur de l'hérésie , qui frémissoit à la vue de sa propre turpitude, èt s'en prenoit à la main qui la dévoiloit : tels sont les zélateurs pernicieux contre qui le Seigneur eut à soutenir son Eglise dans ce quatrième âge.

Depuis les préliminaires du concile de Pise, jusqu'à la conclusion de celui de Florence ( 1409-1443 ), on l'a vue continuellement en bute aux censures et aux invectives d'une foule de docteurs obscures etde simples clercs, d'autant plus audacieux qu'ils marquoient moins dans la hiérarchie, et qu'ils

(”) Ce discours doit êue après le livre 72.

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