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qu’elle cherchoit ; car par la suite elle s'adressa de temps en temps à l'un de ces religieux, nommé Laumonier, et en fut très-contente. Elle fit de nouvelles recherches, et trouva dans le canton un bon curé âgé de cinquante-huit ans, qui entendoit ses fautes, et n'en demandoit pas davantage. Elle sentit alors qu'elle avoit besoin de conseils, et recourut aux lumières du père de Bray, à qui toutefois elle n'écrivit qu’en tremblant, et par une voie indirecte, dans la crainte qu'il ne fût plusen vie. Cette lettre, datée du 12 janvier 1693, est la première de leur correspondance, qui a duré jusqu'à la fin de l'année 1699, où mourut Île père de Bray. La solitaire se servoit d'un voiturier, homme simple et sûr, pour porter ses lettres et rapporter les réponses, et de quelque peu d'argent que son charitable directeur avoit l'attention de lui envoyer de temps en temps pour acheter les choses indispensablement nécessaires qu'elle ne pouvoit se procurer autrement. Telles étoient quelques outils de menuisier et de sculpteur, qui servoient à diversifier ses occupations ; des aiguilles, du fil, et quelques morceaux de toile ou d'étoffe pour entretenir ses vêtements, bien simples sans doute, mais toujours propres quand elle paroissoit à l'église. Pour ce qui est de la nourriture, elle alloit deux fois la semaine demander l’aumône dans les deux abbayes de son voisinage, jusqu'à ce qu'elle se fût accoutumée à ne plus manger de pain. Elle ne vécut plus alors que de racines et de fruits sauvages, comme prunes, cornouilles, nèfles, cormes, fênes, châtaignes et noisettes ; encore se reprochoit-elle ces chétives provisions, comme une abondance qui lui ôtoit le mérite de la pauvreté.
. Ce n'est pas là ce qui paroîtra le plus terrible : mais quelle situation plus effrayante, que celle d’une femme absolument seule, et sans abri, durant les ténèbres surtout, au milieu d’une forêt, où l'oreille n'est frappée que des courses et des cris de mille animaux sauvages :! Et dans les plus beaux jours même, quel tourment que l'ennui, durant les semaines, les mois et les années entières! Que faire chaque jour entre quatre rochers, depuis l'aurore jusqu'à la chute du soleil? Mais si
1 Lettre du 27 oct. 1694.
(AN 1676.) il
temps en l'homme animal ne conçoit pas les choses de Dieu, affranchie
et en fut de l'illusion des sens, et déjà participant à la condition des.» JuVA dans pursimmortels, notre divinesolitaire passoit des trois et qua QUE Ÿ [wi enlen- heures, et quelquefois les journées entières, abimée, coi AN Bille senti unséraphin, dans la contemplation du bien suprême, etl'äme «CS «lumières submergée dans un océan de délices. D © remblant, } Rien éloignée toutefois de jamais tenter le Seigneur retde
At plus a | compter sur des faveurs dont elle se réputoit souveraineWgent ee ” remière de | indigne, elle s'étoit prescrit un ordre du jour, qu'elle suivoi éminet née 1699; | ponctuellement lorsque les transports du divin amour ne ra- L d'un voi- vissoient pas son âme jusqu'à lui ôter sa présence d'esprit. res el rap- * Elle se levoit à cinq heures en toute saison, faisoit la prière du
son chari- | matin jusqu'à six, et la terminoit par l’heure de prime; après femps en : quoi, si elle n'alloit pas à la messe, elle l'entendoit en esprit, et nécessaires Jisoil quelque chapitre de l'Ecriture sainte jusqu'à huit heures. ient quel- « Elle dunnoit ensuite environ deux heures au travail des mains, oient à di- | soit à raccommoder ses hardes, soit à la menuiserie et à la Iques mor-
sents, bien Île paroisalloit deux abbayes de eà ne plus cines et de s, cormes , bit -elle ces lui ôtoit le
nais quelle absolument ilieu d'une des cris de burs même, les mois et quatre roil? Mais si